Zeitgeist de marde…

Samedi soir, 8h46. Je suis allongé sur mon futon. Je pleure. Je suis tanné. Je m’ennuie. Je me sens seul. La solitude est écrasante. Et la vie sociale, ça ne change rien à la solitude. Y’a des moments plus facile que d’autre. Ce soir, c’en est pas un.

J’aurais dont été bien ce soir, collé contre quelqu’un d’autre, sous une couverture chaude, à écouter de quoi, n’impirte quoi.

Ça fait un an que je ne suis plus avec ma copine. Si au moins on s’était laissé parce qu’on se détestait, ou que ça ne marchait plus. T’en connais des gens toi qui se sont laissés parce qu’ils s’aiment? Ben moi, oui. Moi. Tsé quand ça prend trois mois avant de décider de se séparer parce qu’on ne veut pas le dire ni un ni l’autre, parce que si on le dit, ça devient vrai, et qu’on ne veut pas que ça devienne vrai, mais qu’un moment donné, il le faut? Surtout qu’après plus de 4 ans d’une belle relation épanouissante, c’est souffrant, c’est douloureux, c’est « dla colisse de marde ».

Chu tanné.

Parfois on est tanné de quelque chose. Parfois, on est vraiment tanné. Mais quand on dit « chu tanné », c’est que là, t’es tanné en tabarnac. Pis ta patience est sur le point de lâcher.

Là, chu tanné.

Pis chu tanné pour plein de raisons.

Pis j’aimerais vraiment beaucoup ne plus être tanné.

Mais je suis un homme blanc hétéro cisgenre dans la 40aine.

Est-ce que tu sais comment c’est rendu presqu’impossible de rencontrer des femmes?

 

J’ai pu le goût de sortir. J’ai pu envie d’aller dans des soirées mondaines, des soirées d’anniversaires, ou autre pour rencontrer du monde. J’ai trop peur de tomber sur une féministe militante sauvage, une justicière sociale débile, ou juste une conne qui va automatiquement assumer que je suis un agresseur sexuel. Surtout que dans beaucoup  de ces rencontres, il y a une majorité de libérales gauchistes. Si je rencontre une femme dans ces soirées, est-ce que je suis automatiquement misogyne ou si ça peut attendre à jusqu’à ce que je commence à parler?…

J’ai peur de me retrouver seul avec une inconnue.

Moi : « Salut, moi c’est X. »

Elle : « Au viol!!!! »   :-/

Je ne sais pas si j’exagère. Mais j’ai juste pas envie de le savoir.

 

Pourquoi est-ce que j’ai développé le réflexe de vouloir enregistrer mes conversations sur mon cellulaire quand je rencontre du nouveau monde? Juste au cas où je me fais accuser de quelque chose peut-être? Parce qu’on ne se le cachera pas, si t’es une femme et que tu te plains d’une agression par un homme, il faut absolument et inconditionnellement te croire. #BelieveAllWomen ça d’l’air… En tout cas, Hillary Clinton dit ça, sauf quand c’est son mari qui est accusé par 18 femmes différentes… Dans ce cas c’est #BelieveNoWomen, mais ça c’est une autre histoire… De toute façon, c’est pas comme si on n’étais pas habitués aux double standards du féminisme moderne…

Si t’es l’homme qui se fait accuser, tu seras absolument et inconditionnellement déclaré coupable dans la cour d’opinion publique avant même d’essayer de te défendre.

Y’a pas de #metoo pour les hommes

 

Aux USA, y’a une femme qui a accusé un nominé à la cour suprême de l’avoir agressée sexuellement lors d’une supposée soirée entre amis 36 ans plus tôt.

Pour les sénateurs démocrates, les médias de masse et la gauche libérale :

  • Ce n’était pas important qu’elle ne se rappelle pas de comment elle est arrivée là.
  • Ce n’était pas important qu’elle ne se rappelle pas de comment elle a quitté.
  • Ce n’était pas important qu’elle ne se rappelle pas de tous les détails du party.
  • Ce n’était pas important qu’elle dise avoir appelé quelqu’un une fois sortie afin de venir la chercher, même si elle ne se rappelle pas qui elle aurait appelé.
  • Ce n’était pas important qu’elle dise avoir appelé quelqu’un une fois sortie afin de venir la chercher, même si les cellulaires n’existaient pas encore.
  • Ce n’était pas important qu’elle se rappelle de tout, de toute façon elle a 4 témoins.
  • Ce n’était pas important que le témoin #1 jure, sous serment et sous peine de jusqu’à 5 ans de prison, qu’il n’a aucune idée de ce que l’accusatrice raconte.
  • Ce n’était pas important que le témoin #2 jure, sous serment et sous peine de jusqu’à 5 ans de prison, qu’il n’a aucune idée de ce que l’accusatrice raconte.
  • Ce n’était pas important que le témoin #3 jure, sous serment et sous peine de jusqu’à 5 ans de prison, qu’il n’a aucune idée de ce que l’accusatrice raconte.
  • Ce n’était pas important que le témoin #4 jure, sous serment et sous peine de jusqu’à 5 ans de prison, qu’il n’a aucune idée de ce que l’accusatrice raconte.
  • Ce n’était pas important que sa meilleure amie dise « On se parlait d’absolument tout, et jamais elle n’a parlé de ça depuis qu’elle a 15 ans ».
  • Ce n’était pas important que sa meilleure amie dise qu’elle ne se rappelle absolument pas de cette soirée-là.
  • Ce n’était pas important que son témoignage soit différent des notes prises par son thérapeute concernant la supposée soirée en question.
  • Ce n’était pas important qu’elle refuse de donner accès à ses notes thérapeutiques.
  • Ce n’était pas important que la soirée avant leurs témoignages, un homme ait contacté le sénat américain en disant qu’il est l’agresseur, pas le juge.
  • Ce n’était pas important que l’accusatrice soit une chercheure en psychologie qui a publié une étude sur l’auto-hypnose et l’implantation de fausses mémoires.
  • Ce n’était pas important que l’agresseur allégué ait prouvé qu’il n’était même pas dans la ville où l’agression serait supposément survenue la fin de semaine du party.
  • Ce qui était important est qu’elle soit 100’% et totalement convaincu que le nominé était son agresseur.

Pour les démocrates, les médias de masse et la gauche libérale, tout ce qui comptait, était qu’elle était formelle que le juge l’ait agressée il y a 36 ans. That’s all they needed!

C’est une femme. Donc on la croit. Par défaut. Même si tous les éléments de preuves la contredisent. Pas grave, dans le doute, #BelieveAllWomen.

Le juge, c’est un homme, donc par défaut c’est un agresseur sexuel. Et dans le doute, c’est un violeur. #DoNotBelieveAnyMan

 

Alors, si un nominé à la cour suprême peut subir ce traitement, qu’il ne puisse bénéficier d’absolument aucune présomption d’innocence malgré l’absence totale de preuves et de témoignages par la totalité des témoins contredisant directement les allégations de l’accusatrice, peux-tu comprendre pourquoi j’ai juste envie de rester dans mon appart, et à souffrir de ma solitude malgré moi, contre ma volonté, en silence?

 

J’ai passé plus de trois ans à étudier dans un programme universitaire presqu’entièrement rempli de femmes. Dans ma cohorte de quelques centaines d’étudiantes, à part moi, il y avait 3 autres gars, dont deux gais. J’ai appris beaucoup de chose dans le cadre de mon baccalauréat. Un grand nombre d’étudiantes m’ont apprise des choses que, selon elles, en tant qu’homme blanc hétéro cisgenre, je devais absolument savoir:

  • J’ai un pénis, donc je suis automatiquement un agresseur sexuel.
  • J’ai un pénis, donc je suis automatiquement coupable.
  • J’ai un pénis, donc je n’ai aucune présomption d’innocence.
  • J’ai un pénis, donc je suis le patriarcat incarné.
  • J’ai un pénis, donc je ne peux pas me mettre à la place d’une femme.
  • J’ai un pénis, donc je dois absolument croire toute femme qui se dit victime.
  • J’ai un pénis, donc je n’ai pas le droit de chialer.
  • J’ai un pénis, donc je n’ai pas le droit de souffrir.

Ce n’est pas tout.

  • Je suis blanc, donc je suis un oppresseur de toutes les minorités.
  • Je suis blanc, donc je m’approprie automatiquement la culture des autres.
  • Je suis blanc, donc je dois laisser un poste que je convoite à une ‘minorité visible’.
  • Je suis blanc, donc je suis automatiquement raciste.
  • Je suis blanc, donc je n’ai pas le droit de chialer.

Et je suis cisgenre, le crime ultime pour les «LGBT+AàZ+Symboles+#SaveurDuJour.»

Le monopole de la souffrance, il appartient à tout ce qui n’est pas « homme blanc ».

J’fais quoi rendu là? Est-ce normal que je sois fâché? Triste? En colère? Malheureux?

 

L’ancienne association étudiante pour mon programme organisait, et organise encore, des soirées où les [femmes, LGBT++, personnes qui s’identifient comme une femme, gender blenders, personnes d’expérience transgenre, ou n’importe quelle autre patente] sont invitées, mais les hommes blancs cisgenres sont inconditionnellement exclus.

I shit you not.

Et quand on s’en plaint, on se fait traiter de racistes, de sexistes, d’homophobes, de misogynes, et on se fait dire que c’est pour éviter les traumas pour les autres…

Comme si seulement les hommes blancs étaient des criminels dans ce monde…

 

Criss de Zeitgeist

 

Moi : « Pardon madame, est-ce que je peux prendre la chaise svp? »

Elle : « TABARNAC, T’AS PAS FINI D’ASSUMER MON GENRE?!?!?!?! »

Moi : « Pardon, je suis perdu, je cherche X, pourriez-vous me pointer vers… »

Elle : « Aye, j’ai tu l’air de t’avoir donné la permission de me parler?!?!? »

 

Je m’y connais bien en politique américaine. Aye, si j’ai le malheur d’oser dire le nom « TRUMP »… Ta    bar    nac      que je suis mieux de savoir courir vite…

 

On vit dans un monde où même si Manon Massé peut avoir une criss d’idée de marde, si t’es un homme, « farme ta yeule. » Sinon t’es un misogyne et tu utilises ton patriarcat oppressant pour rabaisser une femme, même si ton argument est valable…

 

Je me suis ajouté à un groupe de rencontre sur Facebook. Il y a 2’200+ membres à l’heure actuelle.

La liste des règlements est horriblement longue. La liste des gens à ne pas offenser est juste débile. Tu ne peux même pas contacter quelqu’un en privé sans d’abord lui demander la permission dans un commentaire public, selon une formule prédéterminée par les administrateurs du site, sinon tu te fais expulser.

Non mais criss là, un moment donné…

Ah, et il faut qu’on se présente quand on se fait accepter dans le groupe…

Criss. No fucking way… Faque je ne l’ai pas fait.

 

Anyway, qu’est-ce que je dis? « Salut, est-ce possible de rencontrer quelqu’un qui va m’accepter en tant qu’homme blanc hétéro cisgenre? » Faut-il que je dise « Trigger warning » avant? Que je liste mes choix de pronoms pour la journée? Si j’ai le malheur de dire une seule chose hors-norme, quelles sont les chances qu’avant que je ne me fasse expulser du groupe, les 1’700 artistes & 400 non-artistes du groupe m’attaquent?

Si je dis « je suis grand », faut-il aussi m’excuser pour les petits qui seraient offensés?

Si je dis « j’aimerais être avec quelqu’un autour de mon âge », est-ce de « l’âgisme »? (Ça m’écœure que mon correcteur automatique ne me dise pas que « âgisme » n’est pas une erreur de frappe… What kind of a fucking world are we living in?…)

Si je dis « je n’ai pas envie de rencontrer une pratiquante de l’Islam », est-ce que je vais me faire attaquer pour ma fermeture d’esprit et me faire dire que je suis raciste? (Comme si ne pas vouloir d’une religion était raciste… Faut vraiment être cave…)

Je ne dis pas que c’est ce qui va se passer. Je dis que je n’ai pas le goût de le découvrir.

 

Ce zeitgeist me décourage et me freine.

 

Aujourd’hui, les victimes professionnelles et les SJW ont pris le contrôle de la narrative.

I hate them.

Pas pour rien que je ne veuille pas risquer rencontrer du nouveau monde.

Pas pour rien que la solitude frappe.

Pas pour rien que chu tanné.

Je fais quoi rendu là? Quand est-ce que je vais enfin pouvoir risquer rencontrer du monde sans devoir me sentir comme une marde au préalable?

 

Y’a des gens qui vont lire ceci et dire « check l’osti ‘d’incel’. » (Incel = involuntary celibate, soit un célibataire qui aimerait ne pas l’être. Évidemment, c’est un terme dérogatoire qu’on donne uniquement aux hommes, parce que tsé, ça serait sexiste sinon…)

Pourquoi tu ne remplacerais pas « incel » par « homme qui souffre? »

 

J’aimerais ça dire à une inconnue « tsé, chu un bon gars », sans risquer qu’elle veuille appeler la police.

  • Ils se rencontrent dans un bar et vont chez elle.
  • Elle attend 4 mois pour l’accuser de viol.
  • Lui dit qu’ils ont eu une relation consensuelle.
  • Le jury dit « non coupable, zéro preuves, elle n’est pas crédible. »
  • Elle le poursuit donc au civil.
  • Malgré l’absence totale de preuve, le juge le déclare coupable.
  • WHAT THE FUCKING FUCK!!!!
  • Il va devoir lui payer 135’000$.
  • Sa vie est détruite.

Pis après, des femmes osent demander pourquoi les hommes ne ‘cruisent‘ plus…

 

Mesdames qui vous ennuyez du temps où les hommes prenaient les devants, vous faites quoi maintenant? Si vous approchez vous-même un homme, est-ce habituel pour vous de vous attendre à voir la peur [d’être accusé de quoi que ce soit] dans ses yeux?

Et ce qui fait sérieusement chier est qu’il n’y a qu’une voix unie qu’on entend partout, soit celle de ce petit groupe de féministes militantes misandres qui crachent sur tout ce qui est « homme ». Elles sont une minorité pourtant. Pourquoi, mesdames de la MAJORITÉ, pourquoi on n’entend pas VOTRE voix aussi? Tsé, cette voix qui vient rappeler à tous que la majorité des hommes ne sont pas des agresseurs… Et qu’eux aussi souffrent dans tout ça. Votre aide serait VRAIMENT apprécié. Vraiment beaucoup… Dans le genre « Enfin! »…

 

Plus le temps passe, plus la technologie avance. Pis un jour, y’aura un programme que je pourrai implanter dans ma tête qui va satisfaire ces besoins d’amitié, de connexion mentale/physique, de proximité, de chaleur, de bien-être, de confort, qu’on a tous besoin, sans risquer de tomber sur une débile profonde qui dit que je « mansplain » si je réponds à une de ces question, ou que je « manspread » si mes jambes sont ouvertes plus que ce qu’elle aimerait. Criss, je ne suis pas Justin Trudeau moi, j’ai des couilles, ça prend de la place. Deal with it.

 

Zeitgeist de marde…

 

Elle est tellement adorable & sweet mon ex. Elle avait laissé son futon ici temporairement quand elle a déménagé. Elle me l’a donné vlà un mois… Faque maintenant, au moins c’est sur mon futon que je pleure.

 

Pas de chats icitte…

 

 

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Les conséquences à long terme de l’abus à l’enfance

 

« On t’a tapé les fesses toute ton enfance, pourtant tu t’en es bien sorti! »

Prologue

Je suis dans la quarantaine. Pendant toute ma vie d’adolescent et d’adulte, je vivais avec une certitude : je ne voudrai jamais d’enfants. Quand on me demandait pourquoi, je répondais « je n’en veux juste pas ». En 2011, je suis tombé sur une vidéo (http://bit.ly/2xfFgKr) dans laquelle deux personnes discutent des conséquences à long terme du châtiment corporel continuel. Ce que j’ai appris m’a jeté par terre. Non pas parce que j’étais étonné de ce que j’apprenais, mais parce que j’ai alors réalisé et compris l’origine d’une grande partie de mes problèmes, envies, désirs, comportements & mécanismes de défense. Et ça m’a fâché. Beaucoup. Je le suis encore d’ailleurs, je l’admets. Mais depuis, j’ai entrepris des démarches d’évolution personnelle et d’exploration de soi. Éventuellement j’ai compris pourquoi je ne voulais pas d’enfants: « je ne voulais pas reproduire les comportements abusifs de mes parents. » Aujourd’hui, ça va mieux.

J’ai hésité longtemps avant d’écrire ceci. Non pas parce que je considère l’information présentée comme importante, mais parce que je me demandais à quel point j’allais personnaliser le tout. FInalement j’ai décidé de révéler beaucoup de choses intimes parce que je considère qu’elles peuvent servir d’exemples concrets à d’autres. Il est possible que quelqu’un lisant ceci pourrait se dire « Moi aussi j’ai ce genre de comportement » ou « moi aussi j’ai vécu ceci », dans l’espoir que ça puisse l’aider à comprendre des choses concernant sa personnalité. Avec ce texte, je ne cherche pas à me faire passer pour une victime. Au contraire, j’assume pleinement qui je suis, avec mes failles et mes faiblesses.

Pour ce billet, quand je parle d’abus, je parle autant de la menace de violence (abus psychologique) que de la correction physique, aussi connue sous l’expression « châtiment corporel » (généralement donnée à main ouverte sur une partie du corps, mais qui inclut aussi les coups donnés avec des ceintures, cuillères de bois ou autres objets du genre).

Je serai bien heureux si ce partage se révèle utile pour quelqu’un.

À toi je dis « it gets better ».

Lien court: http://wp.me/s4MO4u-abus

Introduction

J’avais 13 ans, une fille était intéressée par moi à l’école. Ayant peur de me faire écœurer par les bullies de ma classe s’ils apprenaient que « j’ai une petite amie », j’ai mis fin à la potentialité de la relation en lui donnant un coup de pied sur le tibia. Elle est allée le dire à sa mère, qui est venue le dire à mon père. Lui m’a dit « on ne frappe pas ça une femme », puis m’a donné une fessée tellement forte que je ne me suis pas assis pendant 3 heures. C’était trop douloureux. La leçon que j’ai retenue est « il n’y a que mon père qui peut utiliser la violence afin de faire passer ses messages. »

Quand un enfant frappe un enfant, on parle « d’agression ». Quand un enfant frappe un adulte, on parle « d’hostilité ». Quand quelqu’un frappe un animal, on parle de « cruauté envers les animaux ». Quand un adulte frappe un adulte, on parle « d’assaut ». Mais quand un parent frappe son enfant, ce n’est ni de « l’agression » ou de « l’hostilité », ni de la « cruauté » ou un « assaut », mais de la « discipline ».

On appelle ce genre de pensée « dissonance cognitive ».

La relation parentale

Mes parents utilisaient la correction physique à profusion (tapes sur les fesses avec les mains, une cuillère de bois ou une ceinture de cuir) et les menaces de correction physique (« attendez que votre père arrive! », « restes tranquille si tu ne veux pas que te faire taper les fesses », etc.) sur mon frère et sur moi afin de maintenir l’illusion de discipline. Quand ce n’était pas le stress de l’abus physique lui-même que nous subissions, c’était le stress de sa possibilité. Un jour, bien des années plus tard, alors que mes parents n’osaient plus mettre la main sur nous, mon père m’a dit « Tu sais, on a fait ce que nous pouvions avec les outils que nous avions. » J’accepte que l’information scientifique aujourd’hui disponible à ce sujet était moins rapidement accessible back in the days, même si ça fait au-delà de 50 ans que le sujet est étudié avec attention (http://bit.ly/2g838vo).

Mais ça, c’est la phrase facile à dire quand la cible de la violence est maintenant rendue capable de répliquer physiquement avec une force égale ou supérieure, ou quand on tente de justifier moralement l’utilisation de la violence sur des cibles sans défense. Cette phrase est issue d’un instinct d’auto-préservation, du désir de maintenir sa propre intégrité physique et pour se déresponsabiliser de l’abus commis. Mon père sait que s’il osait mettre sa main sur moi aujourd’hui (ce qu’il ne le ferait pas de toute façon), je répondrais avec force, et avec toute la colère accumulée depuis mon enfance. De plus, il sait aussi qu’un jour, ce sera lui qui sera plus faible que moi, que la position de pouvoir physique sera renversée, et que s’il ne veut pas subir le même sort (ce que je ne ferais pas de toute façon), qu’il doit bien se tenir et « investir » dans le respect. Ce n’est pas de l’amour ça, c’est de l’hypocrisie alimentée par l’instinct de survie.

La loi

Selon le « Center for Effective Discipline », près de 50 pays ont rendu illégal le châtiment corporel à la maison et une centaine ne le permettent pas à l’école (http://bit.ly/2wIGdgx). Mais le Canada ne fait pas partie de cette liste. Grâce à l’article 43 du Code criminel du Canada, il est légalement permis à un parent, un gardien ou un instituteur de frapper l’enfant dont il a la charge légale (http://bit.ly/2wqP32U):

Protection des personnes exerçant l’autorité

Discipline des enfants

43 Tout instituteur, père ou mère, ou toute personne qui remplace le père ou la mère, est fondé à employer la force pour corriger un élève ou un enfant, selon le cas, confié à ses soins, pourvu que la force ne dépasse pas la mesure raisonnable dans les circonstances.

Suite à une étude sur la violence faite aux enfants et commandée par le Secrétaire général des Nations-Unies (http://uni.cf/2w7OOqZ), le Haut-commissaire des droits de l’Homme Kyung-wha Kang (http://bit.ly/2w1a2rT) a déclaré:

« La violence à l’encontre des enfants, incluant le châtiment corporel, est une violation des droits de l’enfant. Elle entre en conflit avec la dignité humaine de l’enfant et le droit de l’enfant à son intégrité physique. Elle empêche aussi les enfants d’atteindre leur plein potentiel, en mettant en jeu leur droit à la santé, la survie et le développement. Le meilleur intérêt de l’enfant n’est jamais une raison justifiant de telles pratiques. »

L’excuse souvent utilisée par les gens favorisant le châtiment corporel dans le but de corriger le comportement d’un enfant est « qu’il n’a pas compris ».

Depuis plusieurs décennies, des centaines d’études dans plusieurs pays ont systématiquement démontré que le châtiment corporel ne règle absolument rien. Au contraire, il empire les comportements que la correction physique cherche à casser. De plus, elle risque de créer chez le futur adulte un pattern; il risque d’utiliser la violence à son tour parce que c’est ce qu’il a connu. En soit, le parent qui violente son enfant investi dans le potentiel de continuité du cycle de violence.

Des données

Des données sur les conséquences de la violence à l’enfance, il y en a maintenant depuis plusieurs décennies elles sont faciles à trouver. Je vais vous épargner cette liste et plutôt mettre l’emphase sur les conséquences (que vous trouverez plus bas) d’un comportement parental contre lequel l’Académie Américaine de Pédiatrie s’oppose avec force, et ce, peu importe la raison (http://bit.ly/2wITupx). Les études démontrent que le châtiment corporel ne change strictement rien. Si le parent croit avoir acheté la paix, elle ne durera que moins de 10 minutes dans 73% des cas (http://bit.ly/2vjeXSo). C’est le temps moyen avant que l’enfant ne reprenne le comportement qui a agacé le parent. C’est aussi l’opinion d’Alan Kazdin, professeur en psychologie de l’enfant à l’Université Yale et directeur du « Yale Parenting Center ». Selon lui, « La correction physique fait cesser un comportement spécifique pour un petit moment, suite au choc et à l’étonnement mais quand nous faisons le suivi du comportement que le parent tente d’enrayer, nous observons que sa répétition au cours des jours suivants ne varie aucunement » (http://bit.ly/2viWnKc).

De plus, la recherche démontre que les « time outs », les explications et le fait de priver l’enfant d’un privilège spécifique afin de changer un comportement ne fonctionnent pas mieux que le châtiment corporel (http://bit.ly/2wr3Iej).

Avant de procéder avec la longue liste des conséquences, une petite note : En 2011, le professeur de psychologie à la Southern Methodist University George Holden (http://bit.ly/2w7wFJJ) a présenté une étude (http://ti.me/2w87k2i, http://abcn.ws/2wBwHwm (entrevue vidéo)) démontrant que les parents frappent leurs enfants régulièrement, souvent avant même l’âge de 7 mois, et ce, pour des comportements aussi banals que d’avoir tourné la page d’un livre avant d’avoir terminé de la lire.

Sept mois…

Quel genre d’horrible personne frappe un bébé de 7 mois parce qu’il n’écoute pas…

La réponse biologique aux traumas

Pour comprendre les conséquences à long terme de l’abus à l’enfance, que celui-ci soit physique comme le châtiment corporel (et l’abus sexuel) ou psychologique, il faut d’abord savoir pourquoi ces conséquences sont possibles.

Le cortisol est cette hormone qu’on appelle « l’hormone du stress ». On la surnomme ainsi grâce à sa fonction particulière d’empêcher temporairement l’interférence d’un stress sur les mécanismes de défense de l’individu (flight-fight-freeze reflex) suite à un trauma pour ainsi favoriser l’intégrité physique de l’individu. Par exemple, lors d’une explosion, vous aurez le réflexe de vous sauver le plus vite possible en premier, puis par la suite vous subirez le stress relié au trauma. Entre-temps, le cortisol aura fait son travail de maximiser vos mécanismes de survie.

Chez le jeune enfant, le cerveau grossit jusqu’à atteindre 95% de sa taille adulte maximale vers l’âge de 9 ans (http://bit.ly/2xvuq2v). Il continuera à se développer quand même, mais il ne grossira pas beaucoup plus. Lorsqu’un stress survient, le corps sécrète du cortisol. Afin de maximiser les mécanismes de défense, cette hormone vient isoler deux parties du cerveau : le cortex préfrontal (http://bit.ly/2vTLeCh) et l’amygdale (http://bit.ly/2wsfMMH). Le cortex préfrontal est le centre de la moralité et l’amygdale est le centre de contrôle des émotions. Le cortisol, afin d’aider à préserver la survie, vient encapsuler ces deux parties du cerveau afin de les isoler du reste. En retirant temporairement les contraintes émotives et morales d’une situation dangereuse, les mécanismes de survie contribuent à la préservation de la vie. C’était pratique quand l’Humain chassait le mammouth et que soudainement un tigre à dents de sabres lui sautait dessus. Ce n’était pas le moment de se questionner sur la justification morale de tuer cet animal, ni de se mettre en boule et pleurer sur son sort. Non, la survie est en jeu, et donc le cortisol entre en action. Il n’y a plus de ce genre de prédateurs dans notre société moderne, mais ce n’est ni la violence ni les traumas qui manque. Ni le cortisol…

La conséquence des traumas réguliers à l’enfance est la sécrétion en continue de cortisol. Lorsque sécrété ici et là, le cortisol ne cause pas de dommages permanents. Par contre, lorsque sécrété sur une base régulière, il impacte négativement sur le développement du cortex préfrontal et de l’amygdale cérébrale. Ces parties ne vont pas évoluer comme elles le feraient dans un environnement d’amour, d’empathie, d’affection et dépourvu de violence. Et donc l’enfant grandira pour devenir un adulte avec un sens de la moralité moins bien développé et une plus grande difficulté à contrôler ses émotions. Il sera plus susceptible d’avoir des comportements jugés immoraux, criminels et autodestructeurs. Les conséquences mentales et physiques à long terme d’une telle carence sont pratiquement toutes irréversibles et sont fortement dommageables sur la vie de l’adulte.

« Je vais te dire pourquoi je te frappe »

« Oui, je t’ai tapé sur les fesses, mais là je viens t’expliquer pourquoi. » Cette phrase, qui est ni plus ni moins du « victim shaming » (blâmer la victime pour ce qu’elle subit) et que mon père m’a trop souvent dit étant jeune, sert à justifier les raisons de la violence et tenter de faire comprendre à l’enfant qu’il est le seul responsable de la douleur qu’il ressent & de l’abus qu’il subit. L’explication se termine souvent par un « je t’aime » manipulateur et l’enfant répondra aussi « je t’aime » mais sans sincérité car il sait qu’il risque encore plus de violence s’il ne satisfait pas aux désirs de son agresseur. Que ce soit avec les mains, la ceinture ou la cuillère de bois, ces parents ne font que montrer aux enfants que seule la violence règle les conflits, et ils accompagnent cette violence d’une explication sommaire, irréfléchie et ridicule…

« On m’a tapé sur les fesses toute mon enfance et pourtant je m’en suis bien sorti! » Cette phrase, répétée ad nauseam par plusieurs victimes d’abus à l’enfance est en fait un aveu de capitulation et un refus d’accepter qu’elles possèdent le pouvoir d’améliorer leur sort. Nous la prononçons quand nous refusons consciemment d’explorer les conséquences de l’abus que nous avons subi à l’enfance. Cette phrase est si commune qu’on la croirait vraie, si ce n’était du fait que c’est un sophisme de conclusion hâtive. En fait, avec la technologie actuelle, il est impossible de le savoir. Bien au contraire, selon toutes les études faites sur le sujet, tout porte à croire qu’elle est absolument fausse. Pour la vérifier, il faudrait une machine à voyager dans le temps et faire une étude longitudinale contrôlée en recommençant sa vie à plusieurs reprises et selon des paramètres très précis.

« Good luck with that, buddy… »

En 2002, l’APA (American Psychological Association) publiait un article sur le sujet de la correction physique comme moyen de discipline (http://bit.ly/2g9cKpG). Voici ce qu’elle avait à dire :

While conducting the meta-analysis, which included 62 years of collected data, Elisabeth Gershoff looked for associations between parental use of corporal punishment and 11 child behaviors and experiences. /…/ Gershoff found « strong associations » between corporal punishment and all eleven child behaviors and experiences. Ten of the associations were negative such as with increased child aggression and antisocial behavior. The single desirable association was between corporal punishment and increased immediate compliance on the part of the child.

Conséquences générales

Voici une partie des conséquences physiques, cognitives, psychologiques, comportementales et sociales de l’abus à l’enfance & de la négligence (des enfants) jusqu’à la vie adulte (http://bit.ly/2g1p4s5 & http://bit.ly/2w1qnNd). Les enfants qui ont été abusés à l’enfance sont plus à risques de :

  • perpétuer le cycle de violence, d’abus ou de négligence sur leurs propres enfants;
  • perpétuer le cycle de victimisation rendus à la vie adulte (par exemple, 72% des femmes abusées à l’enfance vont plus souvent se retrouver victimes de d’autres formes d’abus une fois adultes);
  • de commettre de la violence sexuelle, du kidnapping et de la traque furtive (stalking);
  • développer une dépendance (alcool, drogues, sexe, travail, etc.) ou de s’engager dans des comportements à hauts risques (promiscuité non-protégée, drogues par injection, etc.);
  • développer des problèmes de santé comme diabète, problèmes gastro-intestinaux, arthrite, mots de têtes chroniques, troubles gynécologiques, crises cardiaques, maladies du cœur, hépatite, troubles neurologiques, troubles musculaires et squelettiques, troubles respiratoires et cardiovasculaires, haute pression, troubles du foie, etc.;
  • développer des troubles de santé mentale comme troubles de la personnalité, stress post-traumatiques, troubles dissociatif de l’identité, dépressions, crises d’anxiété et psychoses;
  • souffrir de troubles psychiatriques et mentaux comme TDAH, bipolarité, attaques de paniques, abus de drogues, dépendance à la nicotine, troubles d’anxiété généralisée et dépressions majeures tôt à l’âge adulte. Les études démontrent que plus l’abus est présent, plus les risques de souffrir de troubles psychiatriques & mentaux sont élevés;
  • souffrir d’obésité, de boulimie ou d’anorexie (2 à 5 fois plus de chances);
  • devenir des criminels, d’être agressif et d’utiliser la violence;
  • s’engager dans des comportements sexuels risqués, à avoir des grossesses non-désirées, à attraper des ITSS, à avoir un plus grand nombre de partenaires, à s’engager dans du sexe en groupe et à se prostituer.

De plus, les enfants ayant vécus de l’abus à l’enfance:

  • ou qui ont été témoins de violence conjugale sont plus à risque de développer des troubles de santé mentale & physique. Ils consulteront plus fréquemment les services de santé que ceux qui n’ont pas vécu d’abus;
  • ont 2 fois et demi plus de chances de vivre des dépressions majeures et ont 6 fois plus de chances d’avoir des stress post-traumatiques que ceux n’ayant pas subis d’abus. Ces chances augmentent significativement si l’enfant a aussi vécu le divorce de ses parents;
  • ou qui ont subis seulement 4 épisodes distincts d’abus avant l’adolescence ont 12 fois plus de chances de tenter de se suicider ou d’avoir des comportements & idées suicidaires. Ils ont aussi 7 fois de chances d’être alcooliques, 5 fois plus d’être accrocs aux drogues et 10 fois plus de s’injecter de la drogue dans les veines directement. Il est possible que cet abus de drogues soit un mécanisme pour tenter de s’auto-médicamenter afin de limiter l’impact des traumas, de l’anxiété ou des dépressions causés par les conséquences de l’abus à l’enfance. Imaginez s’ils en subissent plus que 4 pendant leur enfance…;
  • ou qui furent exposés à seulement 4 épisodes distincts d’abus avant l’adolescence ont 3 à 5 fois plus de chances d’avoir une ITSS;
  • ont plus de chances d’avoir un quotient intellectuel moins élevé que ceux n’ayant pas vécu d’abus à l’enfance. De plus ils auront tendance à ne pas terminer leurs études, ou du moins à cesser d’aller à l’école plus tôt que ceux n’ayant pas vécu d’abus à l’enfance. Ceci est un facteur important dans l’itinérance à l’âge adulte;
  • ont 26 fois (oui, vingt-six) fois plus de chances de devenir itinérant à l’âge adulte. Le docteur Gabor Maté, (spécialisé en neurologie, psychologie et psychiatrie) gère une clinique dans le sud de Vancouver depuis près de 35 ans et il affirme que tous les itinérants qui passent par sa clinique ont subi de l’abus à l’enfance. Pour en savoir plus, il a écrit une série de livres, dont « In the realm of Hungry Ghosts»;
  • ont plus de difficulté avec la gratification prolongée. Par exemple, si on leur offre le choix d’avoir 3 bonbons maintenant mais d’en avoir 5 s’ils attendent 10 minutes, ils auront plus de chances de prendre les 3 bonbons maintenant. Cette problématique se transporte dans toutes les sphères de la vie adulte : ils ne mettent pas d’argent de côté car ils privilégient le besoin du moment, ils achètent impulsivement, ont peu ou pas d’investissement pour la retraite, etc., avec toutes les conséquences que ça implique.

Conséquemment, suite aux problèmes de santé mentale & physique causés par la violence à l’enfance, les enfants ayant vécus de l’abus régulier sous une forme ou une autre ((selon les différentes études)) peuvent vivre en moyenne 21 ans de moins que l’espérance de vie nationale.

Conséquences personnelles

J’ai vécu et vis encore plusieurs des conséquences citées plus haut, mais je veux vous détailler celles qui sont propres à moi et que j’ai réalisé à-travers les années.

  • J’ai fait pipi au lit jusqu’à mes 12 ans. Ça s’est terminé quand mon père, vraiment écœuré de laver mes draps à chaque soir, m’a crié après vraiment fort et a été extrêmement menaçant. Ma logique : je faisais pipi au lit parce que si je ne suis pas propre, il ne me frappera pas. Faire pipi au lit était pour moi un mécanisme de défense, d’auto-préservation. La peur de subir encore plus de violence a fonctionné, j’ai immédiatement cessé de faire pipi au lit, preuve que mon problème était psychosomatique, et non un manque de contrôle sur ma vessie.
  • Pour compenser, j’ai commencé à faire caca dans mes sous-vêtements. De temps en temps, je n’allais pas aux toilettes, et je me laissais aller dans mes sous-vêtements. Mon père me demandait souvent si je m’étais mal essuyé parce que ça sentait vraiment mauvais. Pour moi, c’était une autre façon d’éviter qu’il me tape sur les fesses pour me punir de quoi que ce soit qui ne faisait pas son affaire cette journée-là. À mes yeux, c’était de loin préférable de chier dans mes pantalons et d’aller prendre une douche en fin de journée que de subir de la violence. Ma logique : il n’allait certainement pas me taper les fesses si elles étaient couvertes d’excréments.
  • L’abus subi à la maison a grandement affecté ma confiance en moi. À l’école, je dégageais une très faible estime de moi, ce qui a ouvert la porte aux prédateurs et aux « bullies ». Pendant l’absolue totalité de mes études secondaires, à chaque jour et plusieurs fois par jour, je me faisais battre, frapper, cracher dessus, voler mes choses, traiter de tous les noms, insulter, et ce, par un bon nombre d’étudiants. Y’a même un d’eux qui pratiquait son karaté sur moi. Je ne me souviens pas des noms de beaucoup d’étudiants de mon secondaire, mais je me rappelle encore de ceux de mes agresseurs. Dany (le karaté-dude), Christian, Maxime, Sébastien, Giovanni, Steve, etc. La liste est plus longue. Un jour, en secondaire 4, je faisais un exposé oral en anglais et Richard m’a insulté haut et fort. J’ai eu le culot de lui répondre devant tout le monde (et le professeur m’a dit d’arrêter et de mettre le focus sur mon exposé au lieu de réprimander l’étudiant fautif). Après le cours, Richard m’a cogné d’une solide droite dans l’escalier parce que « je l’ai fait mal paraître ». Ça, c’était ma réalité quotidienne et mes parents ne faisaient rien.
  • Cet abus constant pendant mon enfance a sapé ma vision positive de l’avenir. Suite à cette relation de traumas quotidiens, j’ai développé une haine viscérale de l’autorité (qu’elle soit parentale, sociétale ou gouvernementale). Je suis profondément anti-état, je déteste la police et je ne crois pas du tout au système de justice. De plus, quand quelqu’un prend une décision qui impacte négativement ma liberté (par exemple les militants de l’AFESH avec leurs criss de levées de cours et leurs grèves (excusez mon langage mais je les déteste vraiment…)), je réagis très fort, souvent de façon totalement disproportionnée. Cette vision négative de l’avenir est aussi ce qui explique pourquoi je ne termine pas souvent ce que je commence (l’incapacité d’investir dans la gratification prolongée). Éventuellement, je ne crois tout simplement plus que ça vaille la peine car je suis convaincu que je ne vivrai pas vieux, alors à quoi ça sert? Je tente de me convaincre que je suis un pragmatiste, mais au fond, je suis un pessimiste qui porte le masque d’un pragmatiste.
  • Cette relation avec mes parents fait en sorte que ma vision de la famille est différente de celle généralement véhiculée en société. Pour moi, la famille, c’est « overrated ». Tu subis ta famille, tu ne la choisi pas. Tu espères simplement avoir une bonne famille. Chaque fois qu’on se parle au téléphone (4-5 fois par année) ou qu’on se voit (1-2 fois par année), ma mère me dit qu’on ne se parle ou vois pas souvent. Et chaque fois je dis « effectivement. » Mais cette relation actuelle est une conséquence directe de l’abus vécu à l’enfance. Je n’ai aucun intérêt à maintenir une relation avec des individus qui sont directement responsables de la majorité de la violence que j’ai subi à l’enfance, et qui sont directement responsables d’une grande quantité des conséquences générales physiques & mentales (et de la totalité des conséquences personnelles) que j’ai cité plus haut. Ça fait aussi que je n’ai absolument aucune intention de m’occuper d’eux quand ils seront vieux. Finalement, ils sont en partie responsables de mon désir de quitter ce pays et d’aller très loin, car mon père ne prendrait jamais l’avion aussi longtemps (14 heures) pour venir me voir et ma mère ne peut pas prendre le bateau, ça lui donne trop mal au cœur. C’est ainsi que je peux couper quasi-définitivement les ponts avec mes parents avant leur mort (ou la mienne).
  • Je ne veux pas d’enfants (j’ai d’ailleurs été passer un test de fertilité et il s’avère que je suis pratiquement stérile…). Pour 2 raisons principales. La première est ma vision fataliste du monde. À quoi ça sert d’avoir des enfants quand tu penses que « le monde, c’est d’la marde » et qu’il y a de la violence partout. Mais la deuxième m’a pris beaucoup plus de temps à la réaliser. Pendant longtemps je ne connaissais  pas d’autres façons d’éduquer des enfants, et puisque je ne voulais pas reproduire malgré moi ces mêmes comportements sur mes propres enfants, j’ai jugé préférable de ne jamais en avoir. En gros, je ne voulais pas risquer de reproduire le cycle de violence. Et puisque j’ai l’habitude de ne pas terminer les choses que je commence parce que j’ai besoin d’avoir cette liberté de faire ce que je veux, avoir des enfants devient un obstacle immuable.
  • J’étais très généreux quand j’étais adolescent & jeune adulte. Je donnais beaucoup de mon temps et énergie aux gens autour de moi parce que c’était un moyen pour moi de vivre du positif, de me sentir aimé, d’être reconnu. Conséquemment, beaucoup de gens ont abusé de ma générosité. Je me rappelle comme si c’était hier de la première fois que j’ai dit « non » à quelqu’un qui me demandait quelque chose et que je ne voulais pas. J’avais 21 ans, j’étais au téléphone, j’ai dit « non » puis j’ai raccroché. Je me suis senti tellement bien, tellement libéré. Je venais de découvrir le pouvoir du « non ». Plutôt, les bienfaits de se respecter soi-même.
  • Mon incapacité à me défendre en tant qu’adolescent, accompagnée par l’absence d’intérêt de mes parents de nous aider à nous défendre, m’ont mené, une fois adulte, vers l’étude du droit (par moi-même, et non sous la supervision d’une université puisqu’elle représentait « l’autorité »). Principalement, l’étude des mécanismes existants pour qu’on n’abuse plus de moi. Que ce soit de connaître mes droits et libertés ou les limites des pouvoirs policiers, en passant par les lois du code du travail ou de la régie du logement, j’ai tout étudié. Si au secondaire je me faisais manger la laine sur le dos, à l’école de la vie, je suis devenu le loup.
  • Jusqu’à il y a moins d’un an, ça me prenait toujours près d’une heure avant de m’endormir. C’était ainsi dans ma jeunesse et je suis convaincu que c’était un mécanisme de survie. Si je dors, je ne peux pas me défendre, ou du moins je ne peux pas voir quand un abus peut survenir. Et puisque mes parents utilisaient la violence de façon régulière, rien ne leur empêchait de venir nous chicaner pendant notre sommeil, alors j’étais toujours sur mes gardes. Le stress me gardait éveillé. Une nuit, mon père a décidé de rentrer dans notre chambre (mon frère et moi avions un lit superposé) et il a marché sur un bloc Lego. Il était tellement en colère, il a ouvert la lumière, nous a crié après (nous réveilliant subitement et créant un stress intense) et nous avons dû ranger tous nos jouets et faire tout le ménage de la chambre avant de nous recoucher. Pendant ce temps, il restait dans le cadre de porte et nous, nous étions stressés. Oh cortisol, quand tu nous tiens… C’est donc normal que nous étions toujours aux aguets, on ne savait jamais quand la prochaine session de violence allait arriver. (Maintenant je dors mieux, j’ai une machine pour l’apnée du sommeil. J’ai découvert que je souffrais de ça depuis au-delà de 20 ans… (Y’a t’il un lien? Who knows!)).
  • Ça fait plus de 9 ans que je ne parle plus à mon frère. Je suis certain que son comportement a été une conséquence directe de la violence parentale. Il est devenu un adulte désagréable et j’ai décidé de couper les ponts avec lui. Étant donné qu’il représente un lien familial, il entre dans la catégorie de ceux dont je veux rester loin.
  • Il y a au moins un point positif que je peux mentionner, et c’est que j’ai développé une grande résilience aux stress intenses. J’ai été victime de vol à main armée 7 fois dans ma vie; 4 fois l’assaillant était armé d’un couteau, 1 fois d’une machette, 1 fois d’un fusil à plomb et 1 fois, les 3 assaillants avaient des 12 à pompe tronçonnés et j’ai eu leur arme sur la tempe et dans les côtes pendant près de 20 minutes alors qu’un d’eux battait mon patron à coups de crosse. J’ai aussi travaillé comme premier répondant médical pour des activités populaires (j’ai vu plein d’urgences médicales). J’ai déjà eu à m’occuper d’une dame (réanimation, déblocage des voies respiratoires, contrôle de l’hémorragie) qui avait été frappée par une voiture et qui était complètement couverte de sang. J’ai aussi été pris dans un carambolage en pleine tempête de neige et j’ai aidé une famille à sortir de leur camionnette renversée alors que les conducteurs des autres voitures arrivant à toute vitesse près de nous faisaient ce qu’ils pouvaient pour nous éviter (la visibilité était de moins de 100 mètres et la route était glacée). Même qu’à un moment, j’ai tenté de diminuer le trafic en courant à contre-sens sur la 20 afin d’éviter que toutes les voitures se rentrent dedans. Voir un camion de 53 pieds arriver en éventail dans ta face en sachant qu’il ne pourra jamais freiner à temps, ça t’aide à mettre ta vie en perspective. Pourtant, pendant tous ces évènements, je n’ai jamais paniqué et j’ai toujours pris le contrôle de la situation. Et après chacun d’eux, la nuit suivante, je dormais très bien. J’ai appris à compartimentaliser ces évènements, à les rationaliser en me disant que ça ne m’arrive pas à tous les jours.

Ce qu’il faut comprendre est que pendant une bonne partie de mon enfance et de mon adolescence, il n’y avait presque pas d’endroits où je pouvais aller où je pouvais être en sécurité émotive et physique. Je vivais de la violence à la maison et à l’école. [La violence à la maison n’arrivait pas à tous les jours, mais nous savions qu’elle pouvait survenir à tout moment.] C’est pour ça que j’ai fait des activités parascolaires avec des gens que je ne voyais pas à l’école. J’ai fait de l’improvisation pendant quelques années, j’ai joint les cadets de l’air, et je me suis lié d’amitié avec un homme de l’âge de mon père (daddy issues?) qui travaillait dans un hôpital pour enfants handicapés car il semblait bien s’occuper d’eux alors c’était rassurant. Il s’est avéré être un agresseur sexuel mais il ne s’est jamais essayé sur moi. Pendant plus de deux ans il a agressé un autre adolescent que je connaissais (chose que j’ai appris quelques années plus tard). Bref, je cherchais des échappatoires. C’est ce qui m’amène à ma vie sexuelle.

Selon les standards traditionnels, j’ai eu vraiment beaucoup de partenaires sexuels. Sans faire de lien de cause à effet, il est probable que mon manque de confiance en moi fût le mécanisme qui motivait mon besoin de vivre des rencontres sexuelles avec plein de partenaires (la promiscuité mentionnée précédemment). Je me disais qu’ainsi, j’ai de la valeur, je suis reconnu, je peux réussir, j’existe, et surtout, JE suis en contrôle. J’ai eu quelques blondes et je les aie toutes trompées. J’ai été marié, je l’ai trompée plein de fois aussi. Jeune adulte, j’ai été 5 ans avec une fille absolument formidable. Elle fait partie de ces rares femmes qui ont eu un profond impact sur ma vie. Mais malgré ça, je l’ai trompée avec 18 filles différentes. Ce n’est pas que je ne l’aimais pas, au contraire, je l’ai tellement aimée, j’aurais tout fait pour elle, mais j’avais un très fort besoin [alors inconscient] de me prouver continuellement que « j’étais capable » afin de pallier à mon manque d’estime de soi. Certains dans mon cercle d’amis me voient comme une espèce de « rock star » du sexe, mais moi je me suis longtemps vu comme une créature blessée qui ne cherche qu’à survivre et cesser de souffrir. Aujourd’hui, j’ai une relation ouverte avec ma copine car j’accepte ce passé et je reconnais que ces besoins font encore surface de temps en temps. Oui j’ai grandement évolué, mais je n’ai pas grand chemin à faire pour me rappeler de comment je me sentais il n’y a pas si longtemps.

J’ai été marié aussi. J’ai été presque 7 ans avec elle jusqu’à ce que je demande le divorce. Quand je l’ai rencontrée, j’étais dans un moment sombre de ma vie. Une ex-blonde m’avait laissé pour mon meilleur ami de l’époque et ça m’a envoyé dans une courte mais sérieuse dépression. Puis j’ai rencontré cette femme qui me donnait de l’attention, qui me faisait sentir bien, etc. Elle aussi était une personne avec une faible estime d’elle, issue d’une famille adventiste (religieuse) avec une mère très matrone et un père à la confiance personnelle absente. Il se considérait handicapé suite à ses acouphènes (une excuse de merde à mon avis…). Avoir eu une bonne estime de moi, je ne serais pas tombé dans le piège d’être amoureux des sensations que je ressentais (car je n’ai jamais été amoureux d’elle) et de l’attention qu’elle m’accordait. Je ne me serais pas marié et je n’aurais pas perdu 7 ans de ma vie avec quelqu’un qui ne me convenait absolument pas. Bien des années plus tard, en parlant de la cérémonie de mariage avec mes parents, ma mère m’a avoué avoir dit qu’elle nous donnait 3 mois avant de divorcer, puis mon père se demandait ce qu’il faisait là. Mes amis proches nous donnaient entre 2 et 5 ans avant le divorce. Ma faible estime de moi a fait que le mariage a duré 6 ans au total. D’ailleurs, 2 jours après lui avoir annoncé que je voulais me divorcer, elle a fait une tentative de suicide. Je l’ai retrouvée ensanglantée dans notre lit, les veines des poignets et du cou ouvertes. Des boîtes de pilules vides était sur la table de chevet. J’ai appelé au 911 et pendant ce temps, j’ai mis des gants, j’ai tâté son pouls, puis j’ai mis les boîtes de pilules vides dans un sac Ziploc. À l’arrivée des policiers, et en attendant les ambulanciers, une des policières de demandait comment je pouvais être aussi calme et serein et je me rappelle avoir répondu « À quoi ça sert de paniquer? Ça ne changera rien. » J’avais déjà compartimentalisé la chose.

Ça m’a pris beaucoup de temps avant d’apprendre à me respecter. (Par exemple) Il y a deux ans, ma mère voit que j’ai posté un statut sur Facebook concernant l’achat de billets d’avion pour un voyage que je veux faire depuis près de 15 ans. Elle m’appelle et la conversation se déroule comme suit : « Allo », « Salut, t’appelles pas souvent. », « Effectivement. », « Pis là j’apprends plein d’affaires sur Facebook. », « Ok, à part pour tenter de me manipuler et essayer de me faire sentir coupable pour quelque chose, pourquoi t’appelles? » « Ben là, je suis ta mère, j’ai le droit de prendre de tes nouvelles », « Non, ça c’est un privilège, pas un droit, mais bon, t’appelles sûrement pas pour qu’on s’obstine sur de la sémantique hein? ». Elle soupire au téléphone, mon attitude la dérange. Mais au fond, ce qui la dérange réellement est que sa manipulation ne fonctionne plus et elle ne peut plus obtenir ce qu’elle veut en essayant de me faire sentir coupable pour quoi que ce soit. Je reconnais la manipulation et je l’attaque directement. Je n’accepte tout simplement plus ça, peu importe de qui ça provient. Mais je ne peux pas demander à ma mère de 66 ans de changer. That time is over.

Mes parents se positionnent comme des phares de moralité dans leur communauté chrétienne et me disent parfois qu’il est important de pardonner. Quand le sujet se présente, je me demande toujours s’ils essaient subtilement de me demander de les pardonner pour les abus qu’ils ont commis, ou s’ils pensent qu’ils n’ont simplement rien fait de mal. Depuis que j’ai appris que les gens qui s’identifient comme chrétiens ou catholiques sont ceux qui frappent le plus souvent leurs enfants, j’ai compris que c’est leur voile religieux qui obstrue la qualité de leur moralité. À mon avis, si un psychiatre évaluait le catholicisme et/ou la chrétienté, il arriverait à la conclusion que cette religion est bipolaire. Des lèvres ont dit d’aimer son prochain & de traiter les autres comme on aimerait être traité, puis avec les mains ont utilise la violence afin de « guider vers la lumière ». Un peu comme ce pasteur chrétien qui raconte avoir donné un solide coup de poing à un enfant pour « lui montrer le chemin vers le seigneur » (http://bit.ly/2w7pUaS). La bible est une fontaine de violence et de contradictions. Peut-être qu’au fond, je devrais remercier mes parents de m’avoir démontré les mensonges de la religion. C’est possiblement un des avantages…

Avant de conclure, j’ajouterais que dans mon cas, il n’a pas de démonstration absolue de lien de cause à effet entre l’abus subi et toutes les conséquences générales & personnelles citées plus haut. Par contre, ces conséquences (générales) sont documentées depuis plusieurs décennies, et je me retrouve dans trop parmi elles. Pour ce qui est des conséquences personnelles, le même argument peut être fait. Je ne fais que vous raconter ce que je crois être la vérité pour moi.

Accepter et aller de l’avant

Il sera plus facile pour certaines personnes de changer un comportement ou une façon de voir la vie après l’avoir accepté. D’autres ne réussiront pas et certains ne veulent tout simplement pas. Et c’est correct. Ce qu’il faut comprendre est que les expériences vécues à l’enfance sont le point de création de nos connexions synaptiques. Ces connexions, à force de répéter une expérience ou un comportement, optimisent nos réactions, réflexes et schèmes de pensées. Plus l’expérience est répétée, plus la connexion est optimisée. Pour changer une idéologie ou un comportement, il faut parfois énormément de travail qui peut s’échelonner sur des semaines, des mois ou des années. Même si j’ai accepté d’avoir développé certains mécanismes de défense (et comportements, réflexes, attitudes, façons de penser, etc.) suite à cet abus, je n’ai pas terminé de tous les transformer et il est possible que je ne réussirai jamais pour certains. Ça je l’ai compris quand j’ai visionné cette vidéo (http://bit.ly/2xiuUcP) d’un ingénieur qui a tenté d’apprendre à conduire un vélo dont le guidon, lorsque tourné à droite, envoyait la roue à gauche, et vice-versa. Ça lui a pris des mois à reconfigurer ses connexions synaptiques pour cette activité très précise. Mais une fois qu’il eut réussi, il n’était plus capable de conduire un vélo non-modifié. Son cerveau avait changé.

Quand le cerveau de l’enfant est en construction, ses connexions synaptiques vont se former en conséquence de son environnement. S’il vit dans un environnement d’amour, elles prendront telle ou telle forme et s’il vit dans un environnement de violence, elles en prendront une autre. Plus l’environnement se répète, plus les connexions deviendront solides et seront difficiles à défaire rendu à l’âge adulte.

Ce que je tente de dire est que parfois, changer est plus fort que nous, même si on y met beaucoup d’effort. Par contre, nous avons aussi le potentiel de nous transformer pour le mieux. Notre neurologie a un impact spectaculaire sur nos comportements, et il faut se donner le temps nécessaire & être patient quand nous voulons changer. Il faut accepter que nous avons des limites et que pour évoluer, il faut y aller un pas à la fois.

Un dernier point important à mes yeux

Un bébé qui pleure est un humain qui n’a pas encore appris comment exprimer, avec des mots clairs et précis, le besoin qu’il ressent dans le moment présent. Quand il pleure quand tu le couche, tu te dis probablement « bah, il va s’endormir éventuellement ». Oui, tu as raison, mais tu ne sais juste pas pourquoi il va s’endormir. Alors que tu penses qu’il pleure parce qu’il est fatigué et qu’il va s’endormir, lui, pendant ce temps-là, vit un trauma important. Pour un bébé qui n’a pas le concept du temps et qui ne sait pas que tout va bien aller éventuellement, c’est immédiatement qu’il a besoin de se sentir en sécurité, et pour lui, ce besoin n’aura jamais de finalité. Alors puisqu’il vit un trauma important, son corps sécrète du cortisol. Le cortisol vient le déconnecter graduellement de ses émotions (son amygdale cérébrale) et il finit par s’endormir parce que le cortisol a fait la job de le dissocier de la réalité. En gros, il devient drogué par un afflux d’hormones et il « oublie » pourquoi il pleure, donc il s’endort. Quand tu le laisse pleurer tout le temps, il génère constamment du cortisol et graduellement, tu investis dans un enfant qui risque d’avoir une grande quantité de problèmes dans le futur.

Conclusion

Aujourd’hui, je suis franchement plus solide. J’ai fait un énorme voyage à l’intérieur de moi-même. J’ai une forte estime de moi, je connais mon potentiel, mais j’accepte aussi mes limites. Il y a du travail à faire encore, je le sais, mais j’ai fait beaucoup de travail & de ménage dans ma vie. Je suis incroyablement imparfait, mais je navigue dans mes imperfections avec aisance & compréhension. Je suis aussi très confortable avec mes choix de vie et la distance que j’ai décidé de prendre de ma famille. Je ne déteste pas mes parents. Au contraire je les apprécie et je sais qu’ils sont là pour moi quand j’en ai besoin. Eux aussi sont imparfaits et malgré notre historique, nous trouvons le moyen de passer du bon temps ensemble quand nous nous voyons.

S’il y a une chose à retenir de tout ceci, c’est que la correction physique (et sa menace) ne règle rien. Quand tu frappes ton enfant régulièrement afin de « faire son éducation », ou que tu menaces de le faire, en réalité, tu le condamne à mourir à petit feu…

94% des parents américains d’enfants en bas âge ont affirmé avoir frappé leur enfant au moins une fois dans la dernière année…

L’auteur et historien Lloyd Demause a publié un livre intitulé « The Origins of war in child abuse » dans lequel on peut lire que tous les dictateurs et tyrans modernes ont subi de la violence à l’enfance, ce qui pourrait être un lien direct avec leurs attitudes meurtrières à l’âge adulte. Le livre est disponible en audio gratuitement sur Youtube (http://bit.ly/2v9EfGD) et est lu par Stefan Molyneux.

JFK

Considérant qu’il existe maintenant plusieurs centaines d’études qui démontrent que la correction physique est nuisible et ne produit aucun résultat positif, et qu’au contraire elle est responsable d’une grande quantité de problèmes, il est temps de mettre fin à ce cycle de violence et d’essayer la parentalité positive (peaceful parenting en anglais (http://bit.ly/2xvMRE0)).

  • Pas de chats icitte

P.S. : Maman, papa, je sais que vous étiez malgré tout bien intentionnés. Ça, je l’accepte. Il y a quand même eu beaucoup de choses positives dans ma vie grâce à vous. Mais respectez mon désir de distance relationnelle. Se voir une fois de temps en temps, c’est suffisant pour moi. Après tout, chaque adulte se doit d’accepter la responsabilité de ses actions, ainsi que leurs conséquences.

Et oui, je vous pardonne.

Sources

http://bit.ly/2w1qnNd, http://bit.ly/2vje8ZJ, http://bit.ly/2wqg2vy, http://bit.ly/2wB5fiq, http://bit.ly/2xfJgux, http://bit.ly/2wrgWri, http://bit.ly/2vjeXSo, http://bit.ly/2wIJBbm, http://dailym.ai/2wBgzuP, http://bit.ly/2wISfqr, http://ti.me/2va6ftH, http://bit.ly/2vj1qu0, http://bit.ly/2vsnXUi, http://wb.md/2wrdRI9, http://uni.cf/2xfCncw, http://bit.ly/2v9U5kj, http://cnn.it/2is6avg, http://bit.ly/2wIQb1A, http://bit.ly/2w1sIYv, http://bit.ly/2vj2sGq, http://bit.ly/2g838vo, http://bit.ly/2g9cKpG, http://bit.ly/2xfzd8R, http://bit.ly/2isskxx, http://bit.ly/2xfDpVY, http://bit.ly/2vjwcD9, http://bit.ly/2xvsCpV, http://bit.ly/2xvMRE0, http://bit.ly/2w7ZWUz, http://bit.ly/2xfqPpV & http://bit.ly/2v9EfGD.

L’école étatique, la conformité et le déficit d’attention

À part de voler la richesse du peuple par la force, une des fonctions du gouvernement québécois (et canadien) est d’assurer une couverture égale d’un service ou d’un droit à toute la population dans son territoire. Quand il implémente un service, une réforme, une loi, etc., ça s’applique à tout le monde (du moins on l’espère, mais tsé, si tu fais une fraude et que tu n’es pas un ancien député comme Tony Tomassi, t’aura sûrement de la prison à faire, pas des travaux communautaires…). C’est la même chose en education. Il y a, à quelque part, un groupe select de gens qui croient savoir ce qui est bon pour tous les enfants de la province et donc ils mettent en place un programme éducatif généralisé ayant des objectifs obligatoires pour tous, par lequel on impose la conformité, sans tenir compte de chaque enfant. Cette conformité, ce nivellement par le bas, est partiellement ce que j’adresse ici, ainsi qu’un moyen pour l’obtenir.

Cet article fait suite à celui sur l’origine du système d’éducation au Québec, que vous pouvez lire ici: http://wp.me/p4MO4u-e (je vous suggère de le lire avant d’ailleurs afin de mieux comprendre celui-ci).

Je dois vous avouer d’entrée de jeu que je déteste le système d’éducation au Québec. Celui de l’État. Je considère que ce système est monstrueux, horrible et est, après l’abus venant des parents, la pire chose qui peut arriver à un enfant. Vous devez le savoir car vous percevrez certainement mon opinion dans mes textes à ce sujet. Bien que je tente d’être neutre le plus possible (quand c’est mon objectif), le simple fait de parler d’un sujet au minimum soulève un doute sur notre neutralité. Suffit de rester le plus impartial que possible. Même s’il y a des passages où mon opinion est clairement formulée, je tente quand même de fournir des sources pour supporter ce que j’avance.

J’ai écrit la première partie de cet article pour la rentrée scolaire québécoise 2013-2014. Je l’avais postée sur ma page Facebook puis elle est disparue sans que je ne l’enlève. J’ai donc cru bon la reposter sur ce blogue et en même temps d’inclure une deuxième partie, soit celle du nivellement par le bas de la performance scolaire entreprise par l’État. À quelque part, j’ai le sentiment que les deux sujets sont étroitement liés. À vous d’en juger.

Bonne lecture et merci de votre temps.

 

               – Pas de chats icitte.

Lien court: http://wp.me/p4MO4u-w 

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Introduction

Pendant les cinq premières années de votre vie on vous incite à bouger, courir, apprendre, découvrir, parler et autres activités de développement du genre. Ensuite, pendant 12 ans, alors que vous êtes dans le système d’éducation étatique, vous devez rester silencieux, assis et vous devez lever la main en espérant obtenir la permission pour aller aux toilettes.

Bienvenue à l’école. Et bienvenue dans le monde du déficit d’attention.

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Pour comprendre cet article, quelques définitions :

  • TDA : Trouble déficitaire de l’attention
  • HDA : Hyperactivité avec déficit de l’attention
  • HDAA : Handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage
  • EHDAA : Élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage
  • TDAH: Trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité

J’utilise TDAH partout pour faciliter la compréhension.

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Ressources manquantes

D’abords, je ne suis pas un spécialiste en éducation ni un professionnel de la santé. Je ne cherche pas à invalider les souffrances réelles ou imaginées du TDAH (et autres acronymes) et à attaquer le Ritalin (et autres médicaments du genre). Ce texte cherche à mettre la lumière sur la prévalence élevée de Ritalin au Québec comparé au reste du Canada et de la planète. Faites-en ce que vous en voulez.

 

Selon l’article d’Ariane Lacoursière, 20% des élèves du primaire souffriraient d’un handicap ou d’un trouble de l’attention. L’article prétend qu’il manque 264 professionnels pour supporter les étudiants de la Commission Scolaire de Montréal. Il y aurait plus de 12 000 des 61 342 étudiants du primaire et du secondaire de la Commission Scolaire de Montréal (CSDM) qui seraient handicapés ou qui souffriraient d’une difficulté d’apprentissage.

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Définitions

Voyons d’abords ce qu’est une « difficulté d’apprentissage », ou encore le « trouble d’apprentissage scolaire »: « Un trouble d’apprentissage scolaire se caractérise par un dysfonctionnement dans le processus d’acquisition des connaissances. » « Un trouble d’apprentissage est identifié lorsque les performances du sujet à des tests standardisés montrent un retard d’au moins deux ans entre le niveau actuel de l’enfant et le niveau attendu, compte tenu de son âge. » Mais qu’est-ce qu’un « dysfonctionnement dans le processus d’acquisition des connaissances »? Est-ce quelqu’un qui ne comprend pas la façon dont l’enseignant explique? Est-ce quelqu’un qui ne réussit pas absorber la matière de façon acceptable? Voyons un exemple de dysfonction, la dyscalculie: « La dyscalculie rend difficile l’apprentissage des premiers éléments de calcul ». Cette définition prend pour acquis que la méthode d’enseignement est adéquate pour l’enfant. Que peut-on apprendre sur le traitement de la dyscalculie? « Les recherches continuent pour trouver les causes de la dyscalculie. » et « Aucun traitement n’a été proprement vérifié et n’a prouvé son efficacité. » Question : Peut-être que changer l’approche d’enseignement aiderait à enrayer un problème qui pourrait, en réalité, être inexistant?

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 La consommation de Ritalin et ses effets

Comment est-ce qu’une « difficulté d’apprentissage » est évaluée? On prend un enseignant, un professionnel de la santé quelconque, un directeur, bref un individu pouvant évaluer l’enfant ou encore un individu qui dit simplement « votre enfant souffre de difficulté d’apprentissage ». Ensuite, le ou les parent(s) vont voir le médecin qui se fait un plaisir de prescrire des médicaments. Le Québec détient le record canadien de prescription de Ritalin (un stimulant du système nerveux central obtenu par prescription pour traiter le TDAH, selon son fabriquant) avec 44% de toutes les ordonnances faites au Canada alors que la population québécoise compte pour 23% de la population canadienne. Selon le rapport 2009 de l’Organe international de contrôle des stupéfiants, le Canada est au 3e rang mondial de la consommation de méthylphénidate (l’ingrédient actif dans le Ritalin) et autres drogues du genre utilisées à des fins médicales, principalement pour le traitement du trouble déficitaire de l’attention, après l’Islande et les États-Unis. En 2006, les docteurs canadiens ont prescrits des analeptiques (Ritalin, Adderall XR, Biphentin et Concerta) 1 125 000 fois à des enfants de 17 ans et moins contrairement à 2 900 000 de prescriptions en 2009. Entre 2005 et 2009, c’est une augmentation de 43%. On parle d’une augmentation annuelle de prescriptions variant entre 10 à 13% et d’une progression constante depuis 20 ans au Canada.

 

Au Québec, on préfère prescrire des médicaments pour le trouble de déficit d’attention chez les enfants (et les adultes aussi) sans trop se soucier des autres problèmes ou troubles du patient ou de la possibilité de dépendance. Avant de médicamenter pour le TDAH, il faut prendre le temps d’éliminer les autres possibilités comme le stress de la rentrée scolaire, l’âge de l’enfant, la violence à l’école, la situation familiale, les difficultés dans sa vie, etc. Si l’enfant est stressé en classe (peu importe la raison du stress), il aura de la difficulté à suivre et puisque l’idée d’un TDAH vient presque toujours par l’enseignant, on force les parents à médicamenter l’enfant « pour son bien ». « Il ne s’agite plus alors le problème est réglé ». Selon le code de déontologie des médecins du Québec, « le médecin a le devoir primordial de protéger et de promouvoir la santé et le bien-être des individus qu’il sert, tant sur le plan individuel que collectif ». De plus, « le médecin doit élaborer son diagnostic avec la plus grande attention, en utilisant les méthodes scientifiques les plus appropriées et, si nécessaire, en recourant aux conseils les plus éclairés. ». Questions : quand la consultation dure 5 à 7 minutes et que le médecin donne une prescription de Ritalin, respecte-il réellement ces règles? Est-ce qu’il prend réellement le temps de considérer toutes les sphères de la vie de l’enfant avant de lui prescrire des pilules?

 

Il est totalement justifié de se demander si ce n’est pas pour le bien de l’enseignant plutôt (ce qui ne veut pas dire que je mets tous les enseignants dans le même panier ici, les influences externes sont nombreuses et souvent invisibles). Sachez qu’en accord avec la Loi Médicale du Québec, seul un médecin (et médecin psychiatre) peut émettre un diagnostic de maladie. Un enseignant n’est (généralement) pas qualifié pour émettre un diagnostic. Si l’école insiste, je suggère que le parent/gardien devrait exiger que la demande soit faite par écrit. Ceci n’empêcherait pas l’école de menacer les parents d’expulser l’enfant par contre. La molécule active dans le Ritalin inhibe une partie du cerveau et désensibilise l’enfant envers une grande quantité de stimuli. Forcer la prise de Ritalin à un enfant dans une classe entre 30 et 35 enfants est plus facile que d’utiliser des techniques différentes d’enseignement qui pourraient aider l’enfant à mieux gérer ses émotions, sa concentration et sa capacité d’apprentissage.

 

Dans le début des années 90, le Ministère de l’Éducation du Québec suivait la tendance canadienne et coupait dans le nombre d’heures par semaine de cours d’éducation physique, obligeant les enfants, ces énormes boules d’énergies, à rester assis plus longtemps. Parallèlement (sans pour autant créer un lien de cause à effet), les diagnostics de TDA ont augmenté dramatiquement et de façon constante d’année en année. En Nouvelle Zélande, une expérience a été effectuée sur des enfants du primaire. Ils ont augmenté le temps de récréation et permis aux enfants de faire à peu près ce qu’ils voulaient, même au risque de se casser un membre. Le résultat est frappant : les enfants étaient plus engagés, occupés et motivés en classe et le bullying & les graffitis ont totalement disparu.

 

En Ontario, entre 1993 et 1994, les diagnostiques de TDAH ont augmentés de 45%. Aux États-Unis, une enquête du New York Times de 1996 révélait une augmentation de 500% dans les 5 années précédentes. Toujours aux États-Unis, la Drug Enforcement Agency rapportait que 85% des prescriptions mondiales de méthylphénidate (Ritalin) étaient produites et consommées chez eux. 80% de ces prescriptions sont pour les enfants, dont 40% pour des enfants entre 3 et 9 ans et près de 10 000 prescriptions pour des enfants de 2 ans et moins, et ce, même si la méthylphénidate (Ritalin) n’est pas approuvée pour les enfants de 6 ans et moins, tel que précisé dans la fiche technique du médicament sur le site du fabriquant, Novartis. Aux États-Unis seulement, le marché du Ritalin a explosé depuis quelques années. Alors qu’en 1975, 155 000 enfants étaient sur le Ritalin, en 1990 ce total était rendu à près d’un million (Richard DeGrandpre, Ritalin Nation, p.18) avec un total rendu à près de 6 millions en 2000, ce qui représente 2.8% à 3.1% de la population mondiale d’enfants. Le International Narcotics Control Board rapporte une augmentation de plus de 100% des prescriptions de Ritalin dans plus de 50 pays en quelques années seulement.

 

Question: Comment peut-on sérieusement diagnostiquer un déficit d’attention à un enfant de moins de 2 ans?

 

Au Québec, entre décembre 2009 et décembre 2010, 32 millions de comprimés de Ritalin ont étés prescrits, une augmentation de 10% sur l’année précédente, représentant 35% de toutes les pilules vendues au Canada et 44% des prescriptions canadiennes.

 

Quels sont les effets du Ritalin (1, 2, 3)? Entre autre (oui, entre autre…) : perte d’appétit, insomnie, douleurs gastriques, nausées, vomissements, diarrhée, maux de tête, augmentation du rythme cardiaque et de la tension artérielle, irritabilité, nervosité, sécheresse de la bouche, perte de cheveux, démangeaisons cutanées, douleurs articulaires, étourdissements, instabilité émotionnelle (montagnes russes), narcolepsie, priapisme, etc. Il peut aussi : empêcher la capacité du cerveau à contrôler sa propre activité électrique; supprimer la production de la moelle osseuse; augmenter la dépression et les idées suicidaires. Une dose excessive peut causer un comportement hébété, passif, agressif et même la mort.

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 L’éducation par l’État

Revenons aux données présentées dans l’article d’Ariane Lacoursière. Selon la CSDM, 20% des enfants du primaire et du secondaire souffrent du TDAH. Par contre, les chiffres mondiaux s’entendent pour dire qu’entre 3% et 5% des enfants en souffriraient vraiment. Question : les enfants du Québec sont-ils réellement plus handicapés ou troublés que ceux du reste de la planète? Ont-ils plus de difficultés que les enfants en Australie? Qu’au Congo? Qu’en Norvège? Ont-ils une structure neurologique différentes des enfants du reste du monde? Question: Est-il possible que la CSDM cherche à justifier son budget en manipulant un problème qui n’est peut-être pas aussi important qu’elle ne le prétend? (Ça s’applique aussi aux autres commissions scolaires du Québec au besoin.)

 

Il est possible que l’État soit complètement désemparé vis-à-vis la réalité des plus jeunes. La quantité de nouveaux stimuli est telle que l’attention de l’enfant est constamment détournée. Il faut peut-être découvrir comment utiliser ces stimuli afin de canaliser l’attention de l’enfant au lieu de le droguer et l’affaisser dans sa chaise. Prenez par exemple ces enseignants qui ont décidé d’utiliser la console portable Nintendo DS pour enseigner les mathématiques à leurs élèves. Les résultats furent si intéressants que leur modèle est étudié pour possiblement être reproduit ailleurs. Ou encore cet enseignant, expliquant comment l’État force les enseignants à utiliser une méthode qui est nuisible à l’éducation des étudiants, transforme l’approche d’enseignement en utilisant les technologies que les enfants d’aujourd’hui maîtrisent souvent mieux que les adultes. Ou encore Classcraft.com, un site qui montre une façon d’enseigner en utilisant une approche de jeux de rôles. Ou finalement, comme le fait Marie-Claude Tardif dans ses classes, en éliminant les devoirs et les leçons au profit de la compréhension pratique.

 

Un gros problème avec l’éducation est la bureaucratie. 13 écoles autonomes sont ouvertes à Calgary et n’ont pas à subir le fardeau administratif d’une commission scolaire. Ces institutions sont plus performantes que jamais. L’État québécois lui, avec sa bureaucratie monstrueusement énorme, prend tellement de temps à se retourner et faire face aux problèmes qu’il arrive avec des réformes 10 ans trop tard qui sont vouées à l’échec. Il impose alors des solutions désuètes, ce qui crée une nouvelle problématique. Ensuite il réalise qu’il y a un problème et il recommence ce scénario ad vitam aeternam. Ce faisant, il continue à dépenser comme la créature immature et irresponsable qu’il est et au passage, détruit la jeunesse, génération après génération. De plus, l’État nivèle toujours par le bas quand vient le temps d’introduire de nouvelles méthodes d’éducation ou des objectifs à atteindre, comme de ne plus accepter de révision à la baisse pour les examens d’étudiants de 4ème année du primaire. Pourtant chaque enfant est unique. Mais c’est ainsi que l’État en vient à favoriser l’explosion des diagnostics de TDAH et les prescriptions aux enfants. En standardisant, c’est plus facile pour lui de dire « Vous voyez, nos efforts ont porté fruit, 93% des étudiants terminent leur secondaire 5 ». Pour ce faire, il n’a qu’à droguer de plus en plus d’enfants, abaisser les prérequis de réussite ou augmenter artificiellement les notes. (Des commentaires d’enseignants à ce sujet ici.) De la même façon qu’un directeur de prison peut enchaîner au plancher toute la population de la prison et clamer haut et fort « il n’y a plus d’évasions! » C’est mon opinion que l’état est ce qui est le plus nuisible au développement de l’enfant après l’abus parental.

 

L’article dans La Presse déclare qu’il est nécessaire d’agir rapidement « pour le bien de nos enfants » parce qu’une urgence semble exister. (Ça me fait penser à cette séquence dans The Simpsons.) Évidemment, on présente une doléance et une solution: « demander à l’État d’intervenir ». Mais qui dit que le problème est clairement défini? Est-ce vraiment un problème aussi important qu’on nous le fait croire? Et surtout, l’État est-il réellement le mieux placé pour le régler?

 

Questions : est-il possible que cette hausse de cas rapportée par la CDSM soit en lien avec les difficultés générales par les enseignants à atteindre les objectifs de l’État? Est-ce possible d’imaginer qu’une hausse artificielle des notes exigée par l’État crée une obligation de performance pour l’enseignant? Si c’est le cas, l’enseignant voulant conserver son emploi, se laisse-t’il emporter par le poids de la machine étatique, sacrifiant au passage ses valeurs fondamentales? S’il se bat contre le système, quelles sont ses chances de succès ou de conserver son emploi? Et quelles sont les conséquences potentielles qu’un manque de motivation chez un enseignant ayant une trentaine de jeunes cerveaux tous frais à sa charge?

 

Avant tout, un rappel m’apparaît nécessaire. Comment fonctionne l’État dans sa gestion d’une « crise »? 1: À la suite d’une doléance généralement formulée par un journaliste, un parent, un enseignant, bref quelqu’un qui prétend avoir un problème quelconque, l’État prend possession du problème et l’annonce à tous. 2: Pour le régler, l’État demande de l’argent. 3: L’État injecte de l’argent (VOTRE argent) dans le problème. 4: Quelques temps plus tard, on voit que le problème n’est pas réglé ou s’est empiré. 5: L’État dit « pour le régler il faut plus d’argent ». 6: L’État injecte plus d’argent (VOTRE argent). 7: Quelques temps plus tard, on voit que le problème n’est pas réglé ou s’est empiré. 8: L’État dit « pour le régler il faut plus d’argent ». 9: L’État injecte plus d’argent (VOTRE argent). 10: Quelques temps plus tard, on voit que le problème n’est pas réglé ou s’est empiré. 11: L’État dit « pour le régler il faut plus d’argent ». 12: L’État injecte plus d’argent (VOTRE argent)… Ça vous semble familier? Question: est-il possible qu’au fond, ce ne soit pas le manque d’argent le problème, mais que ce soit plutôt l’État? …

 

Quand un enfant ou un adulte prend du Ritalin depuis plusieurs années et qu’il en cesse l’utilisation, le DSM-IV mentionne qu’une des complications les plus importantes est « d’avoir des idées suicidaires ». Y aurait-il un lien à faire avec la consommation comme du bonbon de Ritalin au Québec et le fait que le Québec avait pendant longtemps le 4ème plus haut taux de suicide au monde? (Ce taux a heureusement diminué depuis: 12.) Un peu plus de 75% des prescriptions sont remplies pour des jeunes garçons et des hommes alors que ceux-ci se suicident 3.7 fois plus que les femmes. Je ne tente pas d’établir un lien causal entre les deux, je ne fais que soulever la question. Je suis aussi conscient que ce que j’avance peut être un enjeu lié au genre. Je trouve qu’il est tout de même inquiétant d’y penser quand on sait que l’utilisation sans prescription de Ritalin est pratique courante chez nos étudiants en médecine afin qu’ils puissent mieux se concentrer…

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Conclusion

Les enfants sont naturellement curieux et motivés à apprendre. Je ne dis pas que le TDAH n’existe pas, je ne suis pas apte à faire cette détermination. Par contre, je vous recommande de penser à tout ce qui est présenté ci-haut si on a déjà dit à vos enfants qu’ils devraient prendre du Ritalin. Votre enfant est peut-être en train de se découvrir et il n’est peut-être pas atteint de quoi que ce soit. Tentez de comprendre la motivation derrière cette requête et aux conséquences potentielles sur le développement de votre enfant. On vous a peut-être déjà dit que votre enfant n’était pas fait pour l’école, peut-être que c’est l’école (dans sa structure actuelle) qui n’est pas faite pour votre enfant.

 

Surtout que c’est maintenant démontré que le Ritalin n’améliore pas les résultats scolaires (1, 2 & 3)…

 

Question : Le « trouble d’apprentissage scolaire » peut-il en réalité être une difficulté d’adaptation de l’enseignant à son environnement, à l’État et/ou à la réalité; un mécanisme de défense pour contrer l’impuissance de l’enseignant; une conséquence directe de la pression de performance par l’État ou de son nivellement par le bas? Je n’en sais rien. Quoi qu’il en soit, c’est à mon avis un symptôme exacerbé par une gestion étatique irresponsable, voire quasi-criminelle, couplé à un manque profond de respect pour l’humain par le gouvernement et son corps décideur.

 

Dans un autre article, je présenterai des solutions à l’éducation étatique québécoise.

               – Pas de chats icitte.

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 P.S. : Tsé, quand c’est rendu que c’est l’Église de Scientologie qui se bat contre une école qui force le Ritalin à un enfant, on est mal partis…

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SOURCES:

  1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Trouble_du_d%C3%A9ficit_de_l’attention_avec_ou_sans_hyperactivit%C3%A9
  2. http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thylph%C3%A9nidate
  3. http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/lemonde/archives/2013/08/20130807-131211.html
  4. http://www.lapresse.ca/actualites/education/201102/21/01-4372632-les-professeurs-reclament-plus-de-moyens.php
  5. http://www.csdm.qc.ca/CSDM/CSDMChiffres/Eleves.aspx
  6. http://fr.wikipedia.org/wiki/Trouble_d’apprentissage_scolaire
  7. http://fr.wikipedia.org/wiki/Dyscalculie
  8. http://www.pharma.us.novartis.com/product/pi/pdf/Ritalin_Ritalin-sr.pdf
  9. http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/national/archives/2010/12/20101228-072836.html
  10. http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/101222/t101222a2-fra.htm
  11. http://www.incb.org/documents/Publications/AnnualReports/AR2010/Supplement-AR10_availability_French.pdf
  12. http://stacommunications.com/journals/cpm/2010/11-November-2010/11CPM_037.pdf
  13. http://www.theglobeandmail.com/news/national/time-to-lead/part-3-are-we-medicating-a-disorder-or-treating-boyhood-as-a-disease/article4330080/?page=all
  14. http://chaine.uqam.ca/Documents_textes/Portfolio_complet.pdf
  15. http://ici.radio-canada.ca/regions/mauricie/2014/01/31/008-tdah-adulte-diagnostic.shtml
  16. http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=3&file=/M_9/M9R17.HTM
  17. http://lemedecinduquebec.org/Media/108086/085-087info-comprim%C3%A9e0610.pdf
  18. http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=/M_9/M9.html
  19. http://kinesante.pearsonerpi.com/2012/04/30/dossier-l%E2%80%99education-physique-la-sante-et-la-reussite-scolaire-des-jeunes/
  20. http://tvnz.co.nz/national-news/school-ditches-rules-and-loses-bullies-5807957
  21. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1525089/
  22. http://www.nytimes.com/1996/05/15/us/boom-in-Ritalin-sales-raises-ethical-issues.html
  23. http://www.pbs.org/wgbh/pages/frontline/shows/medicating/drugs/stats.html
  24. http://www.cesar.umd.edu/cesar/drugs/Ritalin.asp
  25. http://www.nytimes.com/2014/05/17/us/among-experts-scrutiny-of-attention-disorder-diagnoses-in-2-and-3-year-olds.html?_r=0
  26. http://www.cchrint.org/issues/psycho-pharmaceutical-front-groups/chadd/
  27. http://www.pharma.us.novartis.com/product/pi/pdf/Ritalin_Ritalin-sr.pdf
  28. http://www.vision-sante.net/Ritalin_ce_que_tout_parent_doit_savoir.html
  29. http://sante.canoe.ca/drug_info_details.asp?channel_id=0&brand_name_id=971&page_no=2
  30. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1525089/
  31. http://scoilmhuirenambraithre.blogspot.ca/p/nintendo-ds-in-classroom.html
  32. http://teachingwithds.wordpress.com/2010/10/
  33. http://www.ted.com/talks/dan_meyer_math_curriculum_makeover
  34. http://www.classcraft.com/en/
  35. http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/education/201405/23/01-4769486-les-devoirs-et-lecons-cest-fini.php
  36. http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/archives/2010/09/20100913-063638.html
  37. http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/education/201303/19/01-4632726-des-etudes-confirment-lopinion-des-profs-la-reforme-a-echoue.php
  38. http://www.choixavenir.ca/parents/secondaire-5/les-exigences-scolaires
  39. http://www.ledevoir.com/societe/education/409934/test-ministeriel-de-lecture-en-4e-annee-les-examens-recorriges-pour-cause-de-taux-d-echec-eleve
  40. http://www.lapresse.ca/actualites/education/201102/20/01-4372267-les-profs-denoncent-la-hausse-artificielle-des-notes.php
  41. https://www.youtube.com/watch?v=Qh2sWSVRrmo
  42. http://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/890_BulSuicide09.pdf
  43. http://www.stat.gouv.qc.ca/hcbphp/redirect.php?url=/publications/sante/pdf2010/zoom_sante_jan10_no20.pdf
  44. http://www.theglobeandmail.com/news/national/time-to-lead/part-3-are-we-medicating-a-disorder-or-treating-boyhood-as-a-disease/article4330080/?page=all
  45. http://www.cbc.ca/news/canada/montreal/Ritalin-use-admitted-by-quebec-med-students-1.927069?ref=rss
  46. http://www.canada.com/montrealgazette/news/story.html?id=aadd8c6a-3365-45f8-bcdd-723da2b58d49&k=87869
  47. http://www.advisory.com/Daily-Briefing/2013/06/18/Study-Ritalin-may-not-improve-academic-performance
  48. http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/lemonde/archives/2013/08/20130807-131211.html
  49. http://www.digitaljournal.com/article/352650

 

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N’hésitez pas de me dire si vous trouvez des fautes grammaticales.

Creativity beeing stuntedCut your wingsClimb that tree

 

Les origines du système canadien d’éducation

D’où vient notre système d’éducation « moderne », celui qu’on connaît depuis plusieurs générations? Quelles ont été les influences derrière sa création?

Lien: http://wp.me/p4MO4u-e

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« Je n’ai jamais laissé l’école interférer avec mon éducation. »
– Mark Twain.

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Introduction

Dans un sondage non-scientifique il y a quelques temps, j’ai demandé à 6 amies professeures (maternelle, primaire, secondaire, éducation spécialisée) et à une future professeure si elles savaient d’où venait le système d’éducation au Québec. Elles m’ont dit que dans leurs livres et notes il est mentionné que ce sont les Jésuites qui, dans les années 1600, dispensaient l’enseignement en Nouvelle-France. Puis elles m’ont parlé de la Commission Parent, mais il n’y a pas trop d’historique dans leurs notes et livres. Donc pour suppléer à ce vide, j’ai fait des recherches dans les archives, articles de journaux et autres sources de toutes sortes, et je vous présente ici l’origine des systèmes d’éducation canadien et américain, lesquels sont intimement liés.

Alors d’abord, un rapide résumé historique. « En 1635, les Jésuites établissent une école qui deviendra le Collège de Québec où la jeunesse de l’époque coloniale française recevait une formation littéraire et scientifique comparable à celle que donnait la Compagnie de Jésus dans les meilleurs collèges de France. » C’est seulement en 1658 que la première école montréalaise ouvrit ses portes, sous la direction de Marguerite Bourgeois. Il n’y avait qu’une cinquantaine de filles et garçons entre 7 et 11 ans à cette époque. Viendront éventuellement les écoles de rangs, répondant à la demande d’éducation d’un nombre de plus en plus grand de colons et d’habitants. Dans les années 1940, près de 4’000 écoles de rangs sont ouvertes au Québec où se côtoient dans la même classe des enfants de première à la septième année. L’éducation au Québec deviendra obligatoire pour tous en 1943.

Connue par son nom officiel de Commission Parent, avec son rapport publié en 1964, le rapport de la Commission royale d’enquête sur l’enseignement (laquelle porte le nom de son président et professeur à l’Université Laval, Mgr. Alphonse-Marie Parent) vient totalement bouleverser le système d’éducation québécois. Selon Mgr. Parent, « La crise de l’enseignement est universelle. Partout sont remises en question les structures administratives et pédagogiques, partout se préparent ou s’appliquent des réformes plus ou moins radicales; c’est que l’homme moderne n’habite plus le même univers que ses ancêtres. » Le rapport Parent suggère diverses réformes du système d’éducation québécois en proposant notamment la création du Ministère de l’éducation du Québec; la scolarisation obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans; la création des collèges d’enseignement général et professionnel (cégep) en remplacement des collèges de l’époque dirigés par des religieux; la formation poussée des enseignants & l’accès facilité aux universités en dehors de toute appartenance sociale.

Ça, ce sont les grandes lignes. Plus bas se trouve ce que mes amies n’ont pas vu dans l’enseignement de l’historique de leur profession, soit les fondements idéologiques derrière le système d’éducation canadien, le but réel de cet article. Il est pratiquement vide de commentaires personnels car c’est plus tard que je publierai un ajout à ce texte, ainsi que mon opinion, laquelle sera fortement centrée sur le système d’éducation québécois.

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Aux États-Unis

Tout d’abord, parlons de cet américain qui est reconnu dans l’histoire comme ayant été indispensable à l’implantation du système d’éducation aux États-Unis, Horace Mann. Éducateur américain membre de la chambre des représentants du Massachussetts, il fut le réformateur principal du système d’éducation aux États-Unis. En 1837, il devient le dirigeant du tout nouveau conseil d’administration sur l’éducation de l’État du Massachusetts, où il commence le travail qui allait éventuellement lui donner le surnom de « père du système d’éducation publique américain ».

En tentant d’étudier les différents modèles d’éducations existants ailleurs, Horace Mann entend parler d’un système particulièrement impressionnant qui avait été développé tôt dans les années 1800 en Prusse, l’Allemagne d’aujourd’hui (pour les besoins de la cause, « prusse » et « allemand » sont interchangeables dans le texte). Le système d’éducation prusse jouissait d’une excellente réputation et Horace Mann et un groupe d’éducateurs décidèrent d’y voyager pour en apprendre plus. À leur retour aux États-Unis, ils mirent beaucoup de pressions sur le congrès américain pour que soit adopté ce modèle d’éducation prusse dans sa quasi-intégralité.

Le doctorat en recherche est une invention allemande du diplomate prusse Wilhelm von Humboldt et de son frère Alexander von Humboldt, explorateur et naturaliste. Ensemble en 1810 ils ont fondé la toute première université ayant le mandat de combiner enseignement et recherche. Dès lors, de nombreux dignitaires américains partirent en Prusse pour obtenir des doctorats en recherche. Le premier à en obtenir un est Edward Everett, lui qui allait devenir gouverneur du Massachussetts. Plusieurs américains qui revenaient de Prusse avec leur doctorat obtinrent des postes importants dans les universités américaines, comme James Henry Breasted (1894) qui allait fonder la première chaire de recherche en Égyptologie et histoire orientale à l’Université de Chicago. D’autres gens célèbres ont obtenus des doctorats prusses, dont Albert Einstein (1906) et Karl Marx (1841). C’est l’université américaine Yale qui conféra les premiers doctorats nord-américains en 1861.

En tant que premier secrétaire du conseil de l’éducation de l’état du Massachussetts, Horace Mann fit la promotion du concept prusse que « l’État est le père des enfants ». Avec ses collègues réformistes de l’éducation avec qui il est allé étudier le système prusse (Henry Barnard et son rapport en 1850; Calvin Ellis Stowe et son rapport en 1837; Joseph Cogswell, libraire et éducateur qui a passé deux ans à étudier le système prusse et grand ami d’Edward Everett; George Bancroft, ambassadeur américain en Prusse (1867-1874) et ami de Joseph Cogswell, il reçu son doctorat de l’Université de Göttingen en Prusse en 1820),  ils appliquèrent suffisamment de pression sur l’organe politique pour faire comprendre que c’était la responsabilité de l’état d’assurer une éducation à chaque enfant. Le 10e rapport annuel d’Horace Mann en 1846 (tous ces rapports sont disponibles ici : http://bit.ly/1mDtjjn) mena à la création en 1852 de la première loi qui rendait obligatoire l’éducation aux enfants par l’état. À partir de ce moment, le système se répandit rapidement partout aux États-Unis en commençant par 12 écoles dans l’état de New York. La sœur d’Horace Mann, Elizabeth Peabody, enseignante et fondatrice de la Peabody Foundation, s’assura qu’après la guerre civile américaine, le système prusse fut implanté dans les états sudistes. Éventuellement, l’éducation étatique obligatoire et gratuite partout aux États-Unis allait devenir la norme.

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Au Canada

Pendant ce temps dans le Haut-Canada, on parlait aussi d’implanter un système d’éducation. Le surintendant en chef de l’éducation à l’époque, Egerton Ryerson, quitte le Canada en novembre 1844 pour un tour de treize mois de l’Europe afin d’évaluer les systèmes en place. Il visitera plus de 20 pays pour se faire une idée. Accompagné d’Horace Mann, de Sir Kay Shuttleworth d’Angleterre et plusieurs autres, ils étudièrent en profondeur le système prusse et revinrent dans leurs contrées respectives pour en recommander son adoption. Un dernier voyage au Massachussetts pour discuter avec Horace Mann mis au repos ses dernières questions. Ils avaient reconnu que les prusses avaient appris quelque chose qui était généralement inconnu des enseignants du reste du monde. Les méthodes prusses étaient le résultat de l’influence des philosophes prusses. Les ouvrages de Johann Friedrich Herbart (philosophe, psychologue et fondateur de la pédagogie en tant que discipline académique), Friedrich Froebel (philosophe, pédagogue et créateur du concept de la maternelle) et autres penseurs portaient fruit et une grande partie des améliorations introduites dans les écoles canadiennes par Egerton Ryerson et appliquées par les enseignants canadiens étaient des principes provenant des érudits prusses.

Dans le système prusse d’éducation, Ryerson voyait les avantages d’avoir des enseignants bien formés et un ministère central pour administrer le tout. Par contre il savait que l’esprit des canadiens était très différent de l’esprit docile allemand résultant de plusieurs générations de paternalisme bienveillant. Ryerson travaillait avec le médecin et éducateur québécois Jean-Baptiste Meilleur (fondateur du Collège de l’Assomption) et le premier surintendant de l’éducation en Colombie-Britannique, John Jessop, pour faire la promotion au Canada du système prusse. Ils argumentaient qu’un système d’éducation pourrait être monté spécialement pour éliminer plusieurs problèmes comme la criminalité, la pauvreté, l’oisiveté et le vagabondage. Derrière cet argument se trouvait le principe que l’éducation étatique, publique, obligatoire et de masse pouvait implanter dans le cerveau des enfants des schèmes de pensées appropriés et des comportements spécifiques, que l’État pourrait ainsi modeler chaque enfant à sa guise et selon ses besoins. Nous verrons un peu plus loin d’où proviennent réellement ces idées.

Dès 1846, une série d’actes législatifs allaient permettre à chaque province d’implanter un système d’éducation basé sur celui de la Prusse et ajusté selon les réalités locales. Le premier Ryerson School bill of 1946 établissait les éléments principaux de la fondation d’un système d’éducation dans le Haut Canada; suivi du Act of 1850 (Ryerson Bill of 1850); le Act of 1853 qui établissait les pensions pour enseignants; le Act of 1860 pour la gestion des comptes scolaires; le Scott Act of 1863 pour l’institutionnalisation des écoles séparées dans le Bas Canada; et finalement le Act of 1871 qui rend obligatoire et gratuite l’éducation étatique des enfants. Au Québec, le premier ministère de l’instruction publique fût créé en 1868 par Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, premier ministre du Québec de 1867 à 1873 et surintendant de l’éducation au Québec de 1855 à 1867. Mais suite aux pressions de l’église catholique qui plaidait qu’elle pouvait à elle seule gérer l’éducation des québécois, le ministère fût abolit après 7 ans d’existence. Le Québec sera par la suite la seule province canadienne sans ministère de l’éducation, les autres provinces ayant repoussé la pression de l’église catholique. George Brown, le fondateur du Toronto Globe, était particulièrement critique des efforts de Ryerson et publia une série de lettres assassins à son endroit disant entre autre que Ryerson « avait importé avec succès le système d’éducation prusse en Ontario » et « qu’il a comploté pour amener le despotisme prusse au Canada. »

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Son origine

Bon, ça fait longtemps que je parle du système d’éducation prusse. La Prusse fut la première nation de l’histoire à introduire l’éducation étatique gratuite et obligatoire à la population. Mais pourquoi ce système était-il autant aimé et de quoi était-il composé? Voici la réponse.

Après la défaite militaire de la Prusse par Napoléon en 1806, les dirigeants prusses ont convenus que la bataille avait été perdue parce que leurs soldats pensaient et réfléchissaient par eux-mêmes sur le champ de bataille au lieu d’écouter les ordres. Ils étaient capables d’auto-détermination et de pensées libres, et au lieu de choisir la mort pour la patrie, ils rendirent les armes. Ces dirigeants, ayant Frederick le Grand à leur tête, ont déterminés que cette individuation était un problème pour la stabilité future du royaume. Inspirés par les plus grands philosophes de l’époque, s’engage alors une réforme prussienne qui amènera un nouveau système d’éducation sur huit ans appelé Volksschule. Bien sûr, afin de répondre à l’industrialisation, celui-ci devait fournir à la populace les connaissances minimales comme lire, écrire et l’arithmétique, mais couplé à une éducation stricte inculquant le devoir, la discipline, le respect de l’autorité, l’obéissance et finalement, que « l’État sait tout ». D’où « l’esprit docile allemand résultant de plusieurs générations de paternalisme bienveillant » que Ryerson avait relevé.

À-travers ce nouveau système d’éducation, ou plutôt d’endoctrinement, le gouvernement prusse allait passivement inculquer l’obéissance civile et sociale. Il était nécessaire que chaque individu soit convaincu, au plus profond de son être, que le roi (ou l’État) était juste, ses décisions étaient toujours bonnes et que l’obéissance était nécessaire au bon fonctionnement du royaume et à la survie de la race. L’obéissance pour le bien de tous, le bien commun. Il fallait assurer la loyauté à la couronne et entraîner les jeunes hommes à devenir des militaires ou des citoyens qui feraient sans questionner tout ce qui leur était dicté. Pour ce faire, il était nécessaire d’empêcher que se forme toute pensée individualiste ou indépendante de la masse. La fondation philosophique de ce concept venant du philosophe allemand Johann Gottlieb Fichte. En combinant la vision (1689) de John Locke (basée sur celle d’Aristote) que les cerveaux sont des « ardoises vierges » (the mind is a blank slate, or « tabula rasa ») et de Jean-Jacques Rousseau sur « comment écrire sur ces ardoises » (l’état de nature), le royaume prusse créa un système d’éducation qui était considéré scientifique à l’époque. Il choisissait et définissait pour l’enfant ce qui était important de savoir, les sujets qui méritaient d’être connus et combien de temps il passerait à les apprendre. L’État décidait pour l’enfant ce que celui-ci devait savoir au lieu de laisser aller la curiosité naturelle de l’enfant. Pour avoir une classe politique efficace et une sous-classe ouvrière soumise, il était cru qu’on ne pouvait permettre à la populace la possibilité de donner un sens à l’information qu’elle recevait de part et d’autres. Autrement dit, l’analyse critique ne pouvait être permise.

Johann Gottlieb Fichte est reconnu pour avoir dit « l’école doit modeler la personne et la modeler d’une telle façon qu’il lui sera impossible de penser autre chose que ce qu’on veut qu’elle pense » ainsi que « l’éducation devrait viser à détruire la libre volonté des enfants pour qu’ils deviennent incapables pour le reste de leurs vies de penser ou d’agir autrement que comment leurs maîtres d’écoles l’ont souhaités. Quand cette technique sera perfectionnée, tous les gouvernements qui auront été responsable de l’éducation d’au moins une génération seront en mesure de contrôler leurs sujets de façon sécuritaire, sans le besoin d’une armée spéciale » (condensé de quelques phrases dans une même présentation).

Dans ce nouveau système, que vous reconnaitrez sûrement, les classes étaient catégorisées par année et en chiffres (1ère année, 2ème année, etc.) question de forcer l’appartenance à un groupe; les bureaux étaient tous cordés de la même façon, soit en file et les uns à côté des autres, question d’imposer la conformité; les étudiants étaient placés par ordre alphabétique pour leur apprendre la discipline et à attendre leur tour. On crée un système d’évaluation par pointage (bulletin) pour les habituer à être évalués et catégorisés. En forçant à tous cette seule et unique formule d’éducation, on s’assure que l’individualisation disparaîtrait entièrement. Il n’y a plus de place pour l’être humain unique dans ce système car l’individuation est néfaste pour l’État. En apprenant tous la même chose, ils deviennent complètement manipulables et entièrement prévisibles. De plus, les arts sont relégués au dernier rang des priorités de cours car l’institution étatique ne peut se permettre d’avoir des gens avec de l’imagination, encore moins une imagination développée. L’imagination permet de remettre le monde en cause, de questionner, de rechercher et de s’investir dans ses propres intérêts. Elle nuit aux objectifs du programme d’endoctrinement et empêche la formation de gens à l’esprit vide.

Les enfants de l’élite furent envoyés dans des écoles privées avec un enseignement indépendant. Ces jeunes qui faisaient partie de la « haute classe » se voyaient enseignés ce qu’ils devaient savoir pour diriger la classe ouvrière. Le reste de la population n’avait aucun accès à cette éducation de second niveau.

En 1807, dans la ville de Berlin alors occupée par Napoléon, Johann Gottlieb Fichte donna une série de conférences très prisées à la nation allemande, ses « Addresses to the German Nation ». Depuis 1793 il parlait publiquement de la supériorité du peuple allemand (prusse) sur tous les autres. Le contenu de ces présentations fut le catalyseur pour le système d’éducation prusse et pour le mouvement nationaliste allemand. Dans d’autres présentations, il décrit le peuple juif comme étant « un état dans un état qui mine la nation allemande » et il exprimait ouvertement son désir d’expulser les juifs de l’Allemagne. Toujours publiquement il souhaitait « qu’on leur (les juifs) coupe tous la tête en une nuit, et qu’on leur en mette une neuve sur les épaules qui ne contiendrait aucune idée juive. » De par sa proximité et son adoration de la caste dirigeante, laquelle l’aimait tout autant, il eut une grande influence sur l’élévation du troisième Reich et continue à être considéré comme étant le père spirituel du néonazisme. Horace Mann, le père du système d’éducation américain, n’avait aucune idée qu’il faisait la promotion d’un système d’éducation conçu par le père du néonazisme

Les historiens s’entendent pour dire qu’un des plus grand facteur social qui a permis à un homme comme Hitler d’atteindre les plus hautes sphères du pouvoir était que le peuple allemand avait été « élevé » dès la naissance à respecter l’autorité par-dessus tout et de l’accepter sans question.

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Ma brève opinion

Nous vivons dans une époque où nous donnons nos enfants en adoption à l’État plusieurs heures par jour et pendant de nombreuses années, alors que ce sont leurs années formatrices. Nous choisissons de donner nos enfants à des groupes de parfaits inconnus sous prétexte que l’État, à-travers ses agents, est mieux équipé pour éduquer nos enfants que nous-même et qu’il connait nos enfants mieux que nous. Pendant les 5 premières années de leurs vies, nous sommes émerveillés par la curiosité des enfants et par leur désir de bouger, courir et découvrir leur environnement. Puis nous les envoyons pendant 12 ans dans une quasi-prison où ils sont isolés, contrôlés, parfois médicamentés de force sinon ils sont expulsés, où on leur dit « assis-toi et cesses de parler, tu déranges » et où ils doivent lever la main pour aller aux toilettes. Je n’ai rien contre les enseignants, ils sont malheureusement eux aussi victimes du programme scolaire forcé. La motivation initiale d’agir positivement sur le développement des enfants est étouffée par ce que l’État exige. Par obligation de performance et de conformité, tant bien que mal ils doivent enseigner « le programme » parce que sinon, l’État leur retirer ce privilège, leur gagne-pain. Ils sont donc dans une situation paradoxale et la seule solution est bien souvent de changer de carrière, une solution sérieusement désagréable, considérant tout le travail accompli pour se rendre jusque-là. C’est démotivant. Et ça, l’État le sait vraiment très bien… Avec tout ce que vous avez lu plus haut, vous voulez réellement que ce soit l’État qui élève vos enfants? Selon moi, l’éducation n’existe pas au Québec. C’est du lavage de cerveau à la chaine, comme du bétail.

Évidemment, même en ayant plein de références historiques, ce texte n’est que mon opinion. Considérant que le système d’éducation allemand (prusse) étatique, gratuit et obligatoire (comme le nôtre) est fondé sur des valeurs de contrôle de la population, de lavage de cerveau, de conformité aux désirs de l’État, d’abrutissement généralisé, de contrôle de l’information et de l’apprentissage, d’amour aveugle pour la nation (incluant l’investissement dans la culture) et dans lequel on enseigne l’idée que l’État est toujours là pour nous et a toujours raison, je vous laisse avec une question. Si la quasi-totalité de la population canadienne est « éduquée » par un système adopté en Allemagne sur les mêmes valeurs nazies qui ont permis à Hitler de commettre et faire commettre toutes ces atrocités, sommes-nous réellement à l’abri de toute forme de manipulation par nos gouvernements ou est-il déjà trop tard? Ne laissez pas l’État faire « table rase » avec le cerveau de vos enfants…

 

  • pasdechatsicitte

 

P.S. : Vous cherchez une alternative ou vous cherchez à vous déprogrammer? Googlez «Marike Reid-Gaudet», «déséducation» & le «Réseau des écoles démocratiques au Québec (RÉDAQ)».

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Références dans le texte et matériel supplémentaire
http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=/I_13_3/I13_3.html
http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=/E_9_1/E9_1.html
http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=//M_25_1_1/M25_1_1.htm
http://bit.ly/1lPPsQf
http://www.eduaction.org/
http://www.kebweb.tv/webtv/serie:la-deseducation/episode:en-quarantaine-avec-la-ministre-de-la-deseducation
http://feltd.wordpress.com/2010/09/16/the-prussian-german-educational-system/
http://classiques.uqac.ca/contemporains/quebec_commission_parent/commission_parent.html
http://www.museedelhistoire.ca/musee-virtuel-de-la-nouvelle-france/vie-quotidienne/sciences/
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http://www.francoisdelaval.com/L’education%20des%20enfants%20en%20Nouvelle-France.pdf
http://www.uqtr.uquebec.ca/~bougaief/Culture/textes/premecol.htm
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http://www.lewrockwell.com/orig11/gatto2.1.1.html
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