Manifester inutilement devant le rideau

«Depuis les trois dernières manifestations, nous intervenons plus rapidement, a confirmé le sergent Jean-Bruno Latour, porte-parole du SPVM. Il ne faut pas prendre en otage les citoyens qui veulent venir au centre-ville de Montréal. La Charte [des droits et libertés] protège le droit d’expression, mais il n’y pas de droit de manifestation.»

«Notre boulot, à la police, c’est la repression (Yves Francoeur, président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal). Nous n’avons pas besoin d’un agent sociocommunautaire comme directeur, mais d’un général. Après tout, la police est un organisme paramilitaire, ne l’oublions pas.» 

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Introduction

Dans l’histoire du Magicien d’Oz, Dorothée et sa bande se font manipuler par les méchantes sorcières et le vilain magicien. Ces derniers utilisent la peur et la distraction pour contrôler Dorothée et sa bande afin de les manipuler comme bon leur semble.

 

Depuis quelques mois au Québec, on entend le mot «austérité» partout, sauf de la bouche du premier ministre. Il y a ceux en faveur de l’austérité, ceux contre l’austérité, ceux qui n’en ont rien à foutre, ceux qui ne savent pas ce que le mot «austérité» veut dire et « ceux qui sont contre l’austérité et qui frappent sur ceux qui sont aussi contre l’austérité ». Même s’ils ne prononcent jamais « le mot », le premier ministre Philippe Couillard et son gouvernement majoritaire ont commencé à couper dans les produits et services offerts aux québécois, sous prétexte qu’il faille se serrer la ceinture.

 

Il est de l’opinion personnelle de cet auteur que les mesures d’austérité telles qu’annoncées par Philippe Couillard ne règleront rien, même chose si le gouvernement cédait aux doléances populaires contre l’austérité. Je crois aussi que si le gouvernement plie devant les manifestations, ça ne serait qu’appliquer un petit plaster sur une hémorragie. « One way or the other, we’re fucked. » Les gens sont dans la rue afin de protester contre les coupures et demandent plus d’argent, sauf que la quasi-totalité de la population n’a absolument aucune idée d’où vient l’argent. Ce billet vise à présenter une troisième alternative, une qui ne fera pas les médias et dont pratiquement personne ne parle. Et pourtant, je crois que cette alternative a le potentiel de sauver la situation.

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Définition

Selon le dictionnaire Larousse, l’austérité est une «Politique économique visant à réduire l’ensemble des revenus disponibles pour la consommation, par le recours à l’impôt, au blocage des salaires, à l’emprunt forcé, aux restrictions de crédit et au contrôle des investissements. ». Donc, une période de réduction des dépenses, de coupures budgétaires.

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Le débat

Juste une petite liste de différents points ayant fait les manchettes dans les dernières semaines :

 

D’un côté, la droite soutient qu’il faut couper pour « sauver l’avenir », la gauche dit qu’il ne faut pas couper afin de « sauver l’avenir ». On peut s’entendre à un printemps chaud et nous savons déjà que les différents paliers de gouvernement ne veulent pas une répétition de 2012. Alors qu’on nous dit qu’au niveau des compressions, le pire est à venir, les doléances contre les coupures en éducation semblent se faire sur un fond de manque d’information puisque l’État versera plus en prêts et bourses en 2015-2016 que jamais auparavant. Peu importe qui dit vrai, les deux côtés s’obstinent pour le même but, mais ont simplement des approches différentes. Un bon exemple de démarche à ne pas suivre est celui de la Grèce.

 

À la base, c’est un problème d’argent. Spécifiquement qu’il n’y en ait pas suffisamment pour tout le monde. Mais les deux côtés ne s’attardent pas sur le détail le plus important : d’où vient cet argent.

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L’histoire

Il faut d’abord comprendre que pour avoir de l’argent, le gouvernement :

  1. le prend dans les poches de la population via les taxes, permis de toutes sortes, impôts, etc.,; et
  2. impose des tarifs commerciaux sur l’importation; et
  3. emprunte à la Banque du Canada.

Attardons-nous spécifiquement sur le point 3.

 

L’article 91 de la constitution canadienne de 1867 liste les pouvoirs du parlement fédéral, et entre autres ceux-ci:

  • 1A. La dette et la propriété publiques
  • 4. L’emprunt de deniers sur le crédit public.
  • 14. Le cours monétaire et le monnayage.
  • 15. Les banques, l’incorporation des banques et l’émission du papier-monnaie.
  • 18. Les lettres de change et les billets promissoires.
  • 19. L’intérêt de l’argent.

 

Allant à l’encontre de l’article 91, le gouvernement canadien décida d’accepter les recommandations d’une commission d’enquête et créa en 1934 la Banque du Canada. Selon le site de la Banque du Canada, celle-ci fût créée (sous sa forme actuelle) grâce à la Loi sur la Banque du Canada. (Je vous invite à lire ses 53 articles, c’est court et très révélateur.) Cette loi fût modifiée à maintes reprises pour être ce qu’elle est aujourd’hui.

 

À l’article 91 listé plus haut, il est écrit que le parlement fédéral a le pouvoir sur l’émission du papier-monnaie mais il a transféré ce pouvoir à la banque du Canada, tel qu’on peut le lire dans le préambule de la loi. C’est là que les choses se compliquent.

 

Avant tout, vous devez savoir que je pars de la présomption que la Banque du Canada est une institution privée qui n’appartient pas aux canadiens ni au gouvernement du Canada. J’ai déjà couvert ce sujet dans un autre billet et je vous invite à le consulter au besoin avant de continuer. Il est important de bien comprendre ce que vous venez de lire.

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La réalité

Une banque privée est une entité corporative qui existe entre autres pour faire des profits et non vivre de la charité. Quand la Banque du Canada imprime de l’argent, elle le vend au gouvernement. Celui-ci doit le rembourser avec des intérêts. Cette transaction est ce qui cause l’inflation. L’inflation est la dévaluation d’une monnaie par son impression constante et/ou en grande quantité. Quand on dit que les prix des biens augmentent, c’est faux. C’est plutôt la valeur de la monnaie qui diminue. Si une recette de crêpe vous suggère d’ajouter une tasse de lait mais que vous en ajoutez 4, vous diluez le reste de la recette. Le même principe s’applique ici.

 

L’inflation se traduit par l’appauvrissement constant des moins nantis et par l’écart progressif entre les riches et la classe moyenne. Mathématiquement parlant, ce n’est qu’une question de temps avant qu’il ne reste que peu de riches et beaucoup de pauvres. Or, l’État a le pouvoir de mettre fin à cet écart et ce, du jour au lendemain. Tel que mentionné dans l’article 91 plus haut, le gouvernement fédéral peut mettre fin au pouvoir de la Banque du Canada et reprendre le contrôle de l’impression de la monnaie et de la gestion économique. Actuellement, ce gouvernement n’est rien d’autre qu’un groupe de gestionnaires qui doit prioriser la banque avant ses bénéficiaires. Plus le temps passe, plus les intérêts augmentent, plus la dette augmente, moins l’argent est disponible et moins les « clients » vont recevoir de services. Jusqu’à ce que l’insolvabilité frappe à la porte.

 

Si le gouvernement reprenait le contrôle de son économie, il imprimerait la quantité nécessaire d’argent sans devoir l’acheter et le rembourser. L’inflation serait éliminée instantanément. Il suffit de mettre fin au dollar canadien tel qu’on le connait (une monnaie basée sur strictement rien) et de créer un nouveau « dollar » basé sur un panier de ressources renouvelables et non-renouvelables, telles que le bois, l’eau, le cuivre, le zinc, l’or, le fer, etc. Non seulement cette monnaie serait fiable et réaliste, mais elle résisterait aussi aux fluctuations économiques mondiales.

 

Donc, il y a une chose à savoir. Le gouvernement a le pouvoir de régler ses problèmes d’argent pratiquement en claquant des doigts mais refuse de le faire. Il préfère maintenir les gens dans la pauvreté et couper dans les services. Ainsi il se permet de se vautrer dans l’attention qu’il reçoit de ceux qui contestent le système. Les politiciens et le gouvernement sont des créatures qui ont besoin de se sentir désirées, et en créant les conflits & la division, le peuple se tourne vers ceux qu’il croit pouvoir le sauver : les politiciens. Ces politiciens, tel des psychopathes en déficit d’amour, ne voient pas l’émotion réelle dégagée par le peuple mais jouissent du plaisir obtenu par toute cette attention.

 

Il est inutile de demander au gouvernement de régler le problème car c’est lui le problème. Les politiciens ont besoin des doléances populaires pour se sentir vivants et tant que cette réalité existera, ils continueront à créer des conflits et des diversions. Imaginez-le comme un ver solitaire qui a besoin que vous mangiez pour qu’il survive. L’État dans sa forme actuelle n’est rien d’autre qu’un parasite qui détruit son hôte avec le temps. La journée où le peuple comprendra qu’il faut cesser de demander au gouvernement de régler les problèmes qu’il cause, peut-être aura-t-il le courage nécessaire de faire ce qu’il faut pour mettre fin à cet abus.

 

Entre-temps, Couillard profite de sa majorité parlementaire pour acheter la dignité des élus en leur donnant une augmentation de 14% et de 41% pour lui.

 

Le gouvernement, sciemment et volontairement, appauvri le peuple dans l’unique but de le rendre plus dépendant des politiciens. Cette pratique psychopathique cessera quand le peuple le réalisera et décidera d’y mettre fin. L’Islande l’a fait avec 300’000 personnes, imaginez ce que les 33 millions de canadiens peuvent faire s’ils décident que « c’est assez! »

 

Je vous invite à lire l’article suivant intitulé « Le Québec victime de l’étatisme depuis la révolution tranquille ». Il est rempli de données fort révélatrices qui permettent de comprendre la réalité québécoise actuelle.

 

Concernant cette fameuse austérité, je suis totalement d’accord avec le fait que le pire est à venir. Je m’explique. Dans les années 30-40-50, les familles de plus de 8 enfants n’étaient pas rares. Selon l’Institut de la statistique du Québec, « le nombre moyen d’enfants par femme est passé sous le seuil de remplacement des générations – de l’ordre de 2,1 enfants par femme dans les pays développés – en 1970 et a poursuivi sa décroissance jusqu’en 1987, année où il atteint le niveau le plus faible de son histoire, soit 1,36. » L’indice synthétique de fécondité s’établit à 1,65 enfant par femme en 2013 et est relativement stable. Au beau milieu du baby-boom, 144’000 naissances étaient enregistrées annuellement au Québec alors qu’aujourd’hui le taux de natalité est stable à autour de 88’000 par année. Donc à l’époque, il y avait beaucoup plus de gens pour supporter le fardeau fiscal et l’inflation était moins élevée.

 

Imaginez une pyramide avec les plus vieux en haut et les plus jeunes travailleurs dans le bas. Ceux dans le bas supportent le fardeau fiscal. Il y avait à l’époque plus de gens pouvant supporter le fardeau fiscal que de gens étant à leur retraite. Ensuite viennent les moyens contraceptifs plus performants, dont la pilule anticonceptionnelle. Les couples peuvent maintenant décider de quand ils auront un enfant, donnant ainsi une plus grande liberté. Les femmes vont sur le marché du travail en grand nombre et vont étudier plus longtemps. Les bébés se font de plus en plus rares.

 

Graduellement, la pyramide s’inverse et maintenant, il y a moins de gens pouvant supporter le fardeau fiscal, moins d’argent qui rentre, plus d’emprunts qui sont nécessaires pour subvenir aux besoins d’une population vieillissante, en plus d’une augmentation de l’inflation et d’une diminution des services. Mais puisque le Québec est sous le seuil de renouvellement des générations, il y aura de plus en plus de gens qui prendront leur retraite et encore moins de gens pouvant supporter le fardeau fiscal. Cela crée une dépendance progressive des services de l’État et celui-ci doit trouver de l’argent pour continuer à offrir ces services. Comme avec toute personne ayant un endettement élevé, un jour il ne pourra plus emprunter. Je laisse à votre imagination les conséquences potentielles de cet écrasement financier. Et donc, jusqu’à ce que ce jour arrive, effectivement, ça n’ira pas en s’améliorant.

 

Avez-vous déjà remarqué l’emphase subtile mise par le gouvernement sur les collèges professionnels, les certificats d’un an et les métiers spécialisés au détriment des programmes universitaires? Personnellement je crois que c’est parce que l’État, dans la planification de ses besoins à long terme, reconnaît qu’il fait face à un vieillissement de la population et doit se préparer en conséquence. Il aura moins besoin de physiciens que de préposés aux bénéficiaires. Si l’État veut survivre, il doit planifier pour ses besoins futurs réels.

 

Quand les gens vont dans la rue pour demander plus d’argent, tout ce qu’ils font est de dire « Empruntez de l’argent à la banque du Canada et nous feront rembourser le prêt et les intérêts par nos enfants. » Aujourd’hui, nous payons pour les générations passées et nous allons dans les rues pour faire la même chose avec les prochaines générations. Un jour, quelqu’un devra payer. Êtes-vous prêts à donner à vos enfants la responsabilité fiscale de vos envies actuelles? Ou est-il plutôt temps de mettre fin à cette forme d’hégémonie fiscale que l’État présume posséder sur le peuple?

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Conclusion

Ce n’est pas en manifestant pour avoir de l’argent et contre des coupures que nous régleront le problème car les politiciens sont dans le chemin. Je sais pertinemment qu’il y a des politiciens aux bonnes intentions et je généralise en les décrivant comme je le fais plus haut dans ce texte, n’empêche que c’est mon opinion que ces individus ont tout ce qu’il faut pour réellement régler la situation et ne le font simplement pas. Ce n’est pas en nous donnant un budget basé sur de l’argent fictif que ça va aller mieux dans le futur. Au contraire, il faut adresser le problème à sa source et reprendre le contrôle. En Islande, la population s’est révoltée et a expulsé les politiciens en place, a refusé de payer les dettes causées par des banquiers profiteurs et voleurs, a emprisonné ces banquiers, et depuis connait une excellente croissance économique. Même que le « Pirate Party », qui a fait son entrée au parlement islandais en avril 2013, est maintenant le plus supporté par la population islandaise.

 

Les islandais ont fait comme Toto, le chien de Dorothée, ils ont tiré le rideau et ont mis fin à l’imposture. Pourtant, tout ce que Dorothée avait à faire pour se sortir de sa situation était de claquer les talons de ses souliers d’argent ensemble. Elle avait ce pouvoir depuis le début, mais les maîtres de la distraction les manipulaient elle et ses compagnons comme des marionnettes dès le départ.

 

Vous voulez votre argent, vos services, vos avantages et le respect? Vous voulez une meilleure vie et un avenir réel pour vos enfants? Alors cessez de faire confiance aux médias de masse, cessez de vous faire manipuler par les distractions des politiciens et faites comme Dorothée, claquez ensemble ces souliers que vous possédez sans le savoir depuis le début.

 

  • Pasdechatsicitte.

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Forcer le vote…

«Si vous n’étiez pas forcé sous la menace d’une amende ou d’une sévère pénalité, iriez-vous quand même voter?»
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Introduction

Je fais un bref interlude dans ma série sur une société sans État pour partager une opinion concernant une nouvelle qui me tape sur les nerfs.

On apprenait récemment que le parti libéral du Canada étudie l’idée de rendre le vote obligatoire s’il était au pouvoir. Il forcerait les gens à aller voter et à exprimer leurs «opinions politiques». Comment les forceraient-ils, ça personne ne le sait pour l’instant mais si nous pouvons immédiatement conclure une chose, c’est qu’il utilisera son monopole de la violence pour imposer sa volonté sur la vôtre. Car l’État n’est efficace que dans une seule chose: la dispensation de la violence à ses propres fins.

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Ailleurs dans le monde

Il y a présentement 22 pays qui forcent les gens à voter mais pas tous punissent ceux qui ne votent pas. Certains vont donner une amende vacillant autour des 25$. Par contre, d’autres sont bien plus intransigeants. Au Pérou ou en Grèce, ceux qui ne votent pas ne peuvent plus obtenir de produits et services fournis par les bureaux de l’État (publiques) tels un permis de conduire, un passeport, etc.; au Brésil ils ne peuvent obtenir de passeport; en Bolivie ils se verront dans l’impossibilité de retirer leur salaire des banques pendant trois mois. Et il y a la Corée du Nord, où plus de 99% de la population a voté et 100% des votes ont été à Kim Jung-un (on se demande bien pourquoi…).

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Les incitatifs

Comme je l’ai mentionné dans un autre billet concernant la violence et l’État, l’être humain a besoin d’incitatifs, de motivation pour accomplir une action. S’il veut vivre, il sera incité à se nourrir. S’il veut s’acheter une voiture, son incitatif sera de ramasser des sous (ou de donner quelque chose en collatéral en échange d’un prêt bancaire). S’il ne va pas voter, c’est que les incitatifs ne sont pas suffisamment présents pour le motiver à agir. L’apathie politique de l’électeur moyen ne siège pas dans l’absence de désir de voter mais bien dans l’incapacité des élus à stimuler adéquatement l’électorat. Pour un individu qui ne s’arrête pas à la traditionnelle bullshit propagandiste «Moi je vote parce que c’est mon devoir de citoyen», il faut une motivation importante. Mais de façon générale, les politiciens sont simplement incompétents dans l’art de créer des incitatifs qui motiveraient toute une population à participer dans le processus électoral. En gros, si les électeurs ne sont pas motivés, c’est la faute des politiciens. (Bon, y’a plus que juste ça mais pour continuer sur ce sujet, il me faudrait tout un autre billet de blogue.)

Beaucoup disent que si tu ne vas pas voter, tu n’as pas le droit de te plaindre, mais ça c’est uniquement une phrase lancée dans le vide par des esprits aussi vides, en manque de reconnaissance et d’attention, qui préfèrent recracher l’opinion du Journal de Montréal au lieu de réfléchir à se construire leur propre opinion en en prenant la peine de réfléchir. Ces gens font partie de la garde d’honneur de l’apathie politique, ceux qui vont tenter de motiver les gens en tentant de les manipuler émotivement. Et quand ton arme est la manipulation émotive, c’est que t’es arrivé au bout de ton intelligence (comme le cerveau d’Homer Simpson qui quitte son corps). En fait, comme le grand George Carlin le disait, si tu as une population non-éduquée, et que les politiciens viennent de cette population, tu auras des politiciens non-éduqués. Et forcer les gens à voter ne motivera pas la population à s’informer et s’éduquer sur les plateformes électorales. Présentement, le vote est libre et prenez-vous réellement le temps de consulter toutes les plateformes électorales de tous les partis avant d’aller voter? J’en doute fortement. Et si vous le faites, vous représenter une minime portion de la population.

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Pourquoi voter?

Au lieu de forcer les gens à voter, faudrait peut-être leur demander pourquoi ils ne veulent pas voter. Causée par les politiciens qui mentent, volent, manipulent, ne tiennent pas leurs promesses, etc., et par le fait de ne pas trouver de représentant ayant des valeurs individuelles similaires à soi, l’apathie politique arrive en premier plan à mon avis. Par exemple, je suis un autarchiste abdiquant l’anarchie, je peux vous assurer qu’aucun candidat politique ne fait la promotion de l’anarchie dans mon coin… (Et de toute façon, ce serait paradoxal.) Ensuite il y a les raisons religieuses, la météo, ainsi que la capacité physique à se rendre au bureau de vote. De plus, forcer le vote est un argument en faveur de l’existence et de la nécessité de l’État, ce qui n’est clairement pas une raison pour moi. (Ce que vous devriez savoir si vous suivez moindrement ce blogue!)

La liberté d’expression offre les possibilités de s’exprimer et de ne pas s’exprimer. Ne pas donner son opinion est un droit tout aussi fort et intrinsèque à la liberté d’expression que son inverse. Forcer les gens à s’exprimer est la même chose que de les empêcher de s’exprimer. Quand tu empêches une population de s’exprimer et que tu le fais sous la menace, on appelle ça un régime totalitaire, et quand tu forces une population à s’exprimer et que tu le fais sous la menace, ça devient aussi un régime totalitaire. Dans les deux cas la liberté d’expression est anéantie et la démocratie (du moins l’apparence de démocratie) devient une dictature. De toute façon, la démocratie n’existe pas au Canada, c’est une aristocratie élue.

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Conclusion

Une loi pour forcer le vote ne créera pas d’incitatifs ou de motivation à voter, elle ne servira qu’à camoufler le réel désintérêt de la population et l’apathie encore plus grandissante envers la politique. L’apathie politique est à la base des phrases de psychopathes du genre «Les Canadiens et les Canadiennes se sont exprimés en majorité» alors que seuls 24.3% de l’électorat potentiel ont choisi cet individu en particulier. Le vote forcé ne changerait pas cette apathie car quand 100% de la population est obligé de voter, personne ne sait vraiment qu’est-ce qui ne fonctionne pas, étant donné que le vote est un barème ou un indicateur de satisfaction collective. C’est comme quand l’État fixe les prix pour les commodités, les commerces se retrouvent avec des tablettes vides parce que personne n’est en mesure de déterminer la vraie valeur. L’offre et la demande ne se rencontrent pas pour établir une référence.

Et finalement, avec une loi qui force la population à voter, nous verrons l’émergence d’une nouvelle question de sondage: «Si vous n’étiez pas forcé à voter sous la menace d’une amende ou d’une sévère pénalité, seriez-vous venu quand même?»

  • Pasdechatsicitte
Justin Trudeau et Kim Jung-un sont unanimes, «forcer le vote est vertueux!»

Justin Trudeau et Kim Jung-un sont unanimes, «forcer le vote est vertueux!»

Carlin on vote

Sooner or later

Les organisations de résolution de conflit

Introduction

Avant la fin de ce paragraphe, sans que j’aie à la nommer, vous aurez probablement trouvé le nom de cette entreprise qui est l’exemple le plus puissant de la capacité d’une organisation privée à gérer un marché public de vente et d’achats de toutes sortes d’items. Avec un chiffre d’affaires de plus de 16 milliards US$ en 2013 et ayant plus de 33 500 employés dans le monde, cette entreprise règle quotidiennement et sans violence tous les conflits qui surviennent entre leurs millions d’usagers, lesquels se trouvent dans tous les pays de la planète, et ce, sans égards aux frontières. Vous achetez un item en ligne et vous ne le recevez pas? Ouvrez une dispute sur le site et boom, vous avez votre remboursement. C’est l’entreprise qui s’occupera de régler la situation avec celui qui n’a pas envoyé l’item. Cette entreprise fondée le 3 septembre 1995 espère avoir d’ici 2015 près de 200 millions d’usagers et entend être l’intermédiaire pour près de 300 milliards US$ en valeurs transactionnelles. Étant donné que la sécurité financière et la tranquillité d’esprit sont importantes pour la majorité des gens, si cette entreprise n’avait pas en place un système de résolution de conflit fiable et efficace, croyez-vous qu’elle serait rendu aussi énorme?

Pouvez-vous nommer cette organisation de résolution de conflit? (Cliquez ici pour savoir, si vous n’arrivez pas à deviner.)

Lien court: http://wp.me/p4MO4u-5b

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La nécessité

Vous avez déjà entendu l’expression «La nécessité est la mère de tous les inventions»? Quand un besoin n’est pas satisfait, nous avons tendance à agir afin de le satisfaire. Si tu as faim, tu manges. Si tu veux une stabilité et une sécurité d’esprit dans ta nourriture, tu te fais un jardin. Sinon, tu vas à l’épicerie. Bref, notre nécessité est relatives aux besoins et au risque entourant ce besoin. Certains iront jusqu’à créer leur propre solution s’ils n’ont pas accès à une solution déjà existante. Par exemple, dans le but de donner des exemples à suivre aux policiers partout aux États-Unis, trois adolescentes de 14, 15 & 16 ans ont créé Five-O, une application pour téléphones cellulaires qui permet de documenter l’abus policier et de donner un «rating» aux agents de police. Certains diront que l’État policier qui est fermement installé dans ce pays affecte le besoin de sécurité de la population et donc la nécessité de changer la situation amène cette invention, laquelle est disponible depuis le 18 août.

C’est mon opinion que durant le printemps érable 2012 au Québec, la répression policière & l’incapacité des politiciens à gérer la crise ont fait en sorte qu’un très grand nombre de gens ont décidé de s’intéresser à la politique. L’adage «Occupes-toi à la politique si tu ne veux pas que la politique s’occupe de toi» a fortement résonné chez un grand nombre de gens, au point où nombreux sont ceux qui se sont radicalisés. Ce fût la même chose avec le G20 à Toronto en 2010, alors que la violence policière a atteint des niveaux inégalés dans l’histoire canadienne. Deux recours collectifs viennent d’être autorisés d’ailleurs à ce sujet. Ces gens qui sont intéressés par la politique cherchent simplement à vivre dans une société où la violence est absente, où la liberté d’opinion et la liberté de choix sont respectées et où l’abus par l’autorité est systématiquement éliminé. Certains croient que ce changement passe par l’État, moi je dis qu’on ne peut demander au «bully de la cour d’école» de s’occuper d’établir les règles sur le «bullying dans la cour d’école.» C’est mon opinion qu’il n’existe aucun «bully» plus grand et plus puissant que l’État.

Si nous voulons éventuellement vivre dans une société sans violence, il suffit simplement de laisser l’État aller. C’est lui qui est le plus efficace à semer les graines de sa propre destruction. Chaque abus qu’il accomplit génère son lot de victimes et de gens dorénavant conscientisés. À un certain moment, la masse critique sera atteinte et l’État va connaître la fin de sa vie. Et la journée où ça va arriver, les organisations de résolution de conflits (ORC) vont prendre la relève et s’occuper du vide (la nécessité) laissé par le système qui se sera effondré sous le poids de son obésité morbide étant donné qu’une population nécessitant une satisfaction de ses besoins sera fortement motivée à trouver des solutions. Et nous y verrons la magie du libre marché en action. Comme par exemple, l’histoire du crayon.

Une petite note avant d’entreprendre ce gros morceau sur lequel reposera tous les prochains billets de ce blogue: pendant 194 jours en 2007 & 2008 et pendant 541 jours en 2010-2011, la Belgique fût sans gouvernement. Il y avait quand même une forme de gouvernance présente mais il n’y a pas eu d’état de panique de la population, de fin du monde à la Mad Max, d’apocalypse post-étatique, etc.

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Les organisations de résolution de conflit (ORC).

Un aspect essentiel de la vie économique est la capacité de faire respecter les contrats et résoudre les différends entre les parties impliquées. Comment une société peut-elle assurer ces fonctions en l’absence d’un gouvernement?

La première chose à comprendre au sujet de contrats, c’est qu’ils sont une forme d’assurance, dans la mesure où ils existent pour minimiser les risques de non-respect de l’entente. Si je veux entrer en contrat avec ma banque pour un prêt hypothécaire sur cinq ans, je vais tenter de minimiser mes risques en exigeant que la banque me donne un taux d’intérêt fixe pour la durée du contrat. Ma banque, de son côté, permettra de minimiser son risque en conservant le titre de propriété de ma maison en garantie, dans le cas où je ne paie pas l’hypothèque. C’est la gestion du risque. Dans un monde sans risque, les contrats ne seraient pas nécessaires et nous ferions tous nos affaires sur une poignée de main. Cependant, parce que nous préférons tous minimiser le risque, nous exigeons des contrats dans lesquels sont décrites toutes les conditions et les conséquences du non-respect de ces conditions.

Dans les sociétés étatiques modernes, la majorité des contrats sont généralement appliqués non pas par le système judiciaire, mais plutôt par la menace de l’appareil judiciaire. La distinction est importante. Par exemple, la menace n’est pas tant: «Je vais faire appel au tribunal pour l’exécution de ce contrat», mais plutôt: «Je vais utiliser la menace de vous traîner devant les tribunaux afin de faire respecter ce contrat.» La perspective d’une longue et coûteuse action en justice est généralement suffisante pour forcer une résolution du différend. Il est très facile de constater que quand une système supposé régler les conflits est plutôt utilisé comme une menace afin de forcer une médiation privée, c’est que ce système a clairement échoué dans son «intention». Les tribunaux de l’État sont devenus la même chose que les compagnies d’assurance automobile quasi-privées – les menaces et inconvénients de leur utilisation a causé la plupart des gens à régler leurs différends en privé, plutôt que s’impliquer dans quelque chose qu’ils sont obligés de payer pour, mais qu’ils ne peuvent presque jamais utiliser, entre autre parce que les coûts de la «justice» sont impossibles à payer pour la majorité des gens. La «justice» au Canada (laquelle n’est rien d’autre que la subjectivité d’un juge basée sur comment il se sent cette journée-là) est, la quasi-majorité du temps, disponible uniquement à celui qui a le plus de moyens financiers. Combien de causes se terminent parce qu’une partie n’a plus d’argent? «And justice for all…». Yeah, right.

Bref, ce genre de «justice» est très motivante pour la création de solutions anarchiques permettant de régler les différends contractuels.

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L’évaluation financière du risque

Dans une société sans État, bon nombre d’entrepreneurs seront prêts et intéressés à fournir des solutions créatives aux problèmes de non-respect des clauses contractuelles. En tant que solution non-violente, les bénéfices seront maximisés si la non-conformité au contrat peut être évitée, plutôt que d’être adressée après le fait (mieux vaut prévenir que guérir). Pour prendre un exemple simple, prétendons que vous êtes un agent de prêts dans une banque, et je viens vous demander 10 000$. Naturellement, vous serez très heureux de me prêter de l’argent si je vais rembourser à échéance à la fois le principal et les intérêts, car c’est de cette façon que vous faites votre profit. Cependant, une telle garantie est tout à fait impossible, car même si j’ai l’argent et j’ai l’intention de vous rembourser, je pourrais me faire frapper par un autobus et mourir, vous laissant avec un déficit de 10 000$. Afin de bien évaluer le risque, vous voudrez savoir deux choses en particulier:

1 – Est-ce que j’ai toujours remboursé mes prêts dans le passé?

2 – Est-ce que j’ai une garantie pour le prêt?

Ces deux informations sont quelque peu apparentées. Si j’ai toujours remboursé mes prêts dans le passé, alors votre besoin de garantie sera diminué. Le plus de garanties que je suis en mesure de fournir pour le prêt, moins il est nécessaire pour moi d’avoir un bon historique de crédit. La raison pour laquelle un bon historique de crédit est nécessaire n’est pas seulement afin d’établir ma solvabilité, mais aussi pour aider la banque à évaluer à quel point je suis actuellement investi dans ma bonne réputation. Si j’ai fait plusieurs prêts importants dans le passé et que je les ai toujours remboursés à temps, il semble surprenant que je passe vous voir juste pour voler 10 000$.

Si ma bonne cote de crédit me fait sauver deux points de pourcentage sur mes paiements d’intérêts, et que je vais avoir besoin d’un autre 500 000$ de prêts au cours de ma vie (pour une entreprise par exemple), à elle seule ma bonne cote de crédit me fera sauver au minimum une dizaine de milliers de dollars. Ainsi, je perdrais de l’argent si je prenais un prêt de 10 000$ et que je ne le rembourse pas puisque les avantages financiers de ce vol ne couvriraient pas les pertes que me je pourrais subir suite à la destruction de ma cote de crédit. C’est pourquoi une garantie physique (du collatéral) est moins nécessaire, puisque j’ai la très réelle «garantie» d’une bonne cote de crédit.

Ces types de calculs économiques se produisent régulièrement dans une société étatique et ne disparaîtront pas comme la brume du matin dans une société apatride. Cependant, il y a certains types de prêts que plusieurs institutions financières seraient prêtes à faire malgré le niveau élevé de risque. Par exemple, les jeunes adultes qui commencent dans la vie et qui n’ont pas de garanties ou de cosignataires seraient dans une catégorie de risque plus élevé, de même que ceux qui n’auraient pas réussi à rembourser leurs prêts dans le passé. Comme nous pouvons le voir dans certaines publicités télévisées de concessionnaires automobiles, ne pas avoir d’antécédents de crédit, ou même posséder un mauvais historique de crédit ne sont pas nécessairement des obstacles à l’obtention de prêts. Une troisième chance au crédit?

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La couverture et l’assurance

Il y a deux façons principales de gérer le risque dans une situation complexe: la couverture et l’assurance. La «couverture» consiste à parier à la fois pour et contre un résultat particulier. Dans le marché boursier des devises, cela signifie parier un montant X que (par exemple) le dollar va monter, et un autre montant que le même dollar va baisser. Dans le monde des courses de chevaux, cela signifie parier sur plus d’un cheval. C’est aussi pourquoi les gens ont tendance à diversifier leurs portefeuilles d’actions. L’approche «assurance» tend à être utilisée lorsque la couverture est impossible.

Pendant quelques années j’étais partenaire et co-fondateur d’une petite entreprise en informatique. Mes partenaires et moi avions une assurance collective au cas où un de nous tombait malade ou décédait. Il était relativement impossible de «couvrir» ce risque car former des dirigeants et les conserver attachés dans le sous-sol n’était pas particulièrement rentable, sans parler que c’est immoral. L’assurance-vie est donc un exemple de stratégies parmi tant d’autres qui sont déjà bien établies sur le marché libre.

Cependant, dans les contrats d’un-à-un, les tribunaux de l’État conservent leur monopole. Si je suis un employé, j’ai un contrat d’un-à-un avec mon employeur. Il m’est impossible de mitiger les risques impliqués dans ce contrat et actuellement, il n’est pas possible d’acheter une assurance pour atténuer le risque que mon employeur fasse faillite en se sauvant avec mon dû. En l’absence d’un gouvernement, la nécessité d’atténuer rationnellement les risques par les contrats serait toujours présente et les entrepreneurs fourniraient inévitablement des solutions créatives et intelligentes pour y remédier. Mais tant que le gouvernement est dans les jambes du progrès, le risque existe.

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Le bris de contrat

Prenons un petit exemple de la façon dont les différends contractuels peuvent être résolus dans une société apatride (sans État).

Disons que je vous paie 15 000$ pour faire le paysage de mon jardin, mais vous ne vous présentez jamais pour faire le travail (un First World Problem, j’avoue, mais c’est un exemple). Idéalement, je voudrais ravoir mon 15 000$, ainsi que 5 000$ en compensation pour les inconvénients (ou dommages punitifs). Dans une société apatride, lorsque nous établissons le contrat, nous pouvons choisir un tiers parti impartial pour la médiation des différends. Si un conflit qu’il nous est impossible de résoudre nous-mêmes survient, nous pouvons amener notre cause devant ce médiateur pour ensuite se conformer à sa décision. Le médiateur agit alors en tant qu’organisation de résolution de conflits. Des médiateurs de la sorte, il en existe pour plein de domaines, surtout pour les règlements hors-cour, et c’est très commun puis ça se fait sans la nécessité d’une intervention de l’État. Ça n’a rien de nouveau.

Puisque je ne suis pas un expert dans le domaine de courir après les gens pour leur argent, si j’ai des doutes sur vos motivations, capacités et sur votre honnêteté, je prendrais une assurance auprès d’une organisation de résolution de conflit pour me rembourser si le contrat n’était pas respecté. Si vous vous sauvez sans faire le travail, je soumets tout simplement ma demande à l’ORC qui me paie 20 000$ et ce sera celle-ci qui se chargera de vous réclamer 25 000$ pour couvrir les frais associés à votre manquement au contrat. Au même titre que sur eBay, si le vendeur ne vous envoie pas l’item, eBay vous remboursera et ils s’occuperont eux-mêmes du vendeur, me fournissant satisfaction et tranquillité d’esprit.

Lorsque je soumets une application pour obtenir cette assurance, l’ORC me facturera une certaine somme d’argent basée sur leur évaluation du risque que je prends en faisant affaires avec vous. Si vous avez fraudé vos dix derniers clients, l’ORC n’assurera tout simplement pas le contrat, m’informant implicitement du risque que je prends. Si vous avez un dossier inégal, l’ORC peut me facturer quelques milliers de dollars pour assurer votre travail – encore une fois, me donnant une excellente idée de votre fiabilité. D’autre part, si vous êtes en affaires depuis 30 ans, et que vous n’avez jamais fraudé une seule fois un client ou même n’avez jamais reçu de plainte, l’ORC chargera un frais minime juste en cas de retard causé par un accident ou un décès inattendu. Il peut me charger autour de 50$ par exemple pour cette éventualité.

Cette forme d’assurance contractuelle est une excellente indication de l’honnêteté en affaires. Le coût de l’assurance d’un contrat étant directement ajouté aux coûts de faire des affaires, s’ils peuvent être maintenus aussi bas que possible, les avantages financiers pour tous les partis sont évidents. De plus, le coût d’assurance d’un contrat peut être encore plus bas si vous êtes prêt à fournir des garanties en avance. Par exemple, dans l’entente il peut être demandé de fournir les informations de comptes bancaires des partis impliqués. Ainsi, si je vous paie le 15 000$ et que vous ne faites pas le travail, l’ORC me rembourse 20 000$ tel qu’entendu et prendra le 25 000$ directement de votre compte bancaire. De cette façon, les contrats peuvent être appliqués sans recourir à la violence et sans longues et incroyablement coûteuses batailles juridiques comme c’est actuellement le cas avec le «système de justice» de l’État. Imaginez ne pas avoir à payer de frais faramineux d’avocats, pas de paperasse inutile, pas de présence en cour. C’est à se demander qui profite le plus le système actuel

Les risques associés à une entente contractuelle sont clairement communiqués à l’avance et donc les gens honnêtes sont directement récompensés par des coûts d’assurances plus faibles, tout comme les non-fumeurs sont directement récompensés en payant des primes inférieures d’assurance-vie. Dans une société sans État, l’honnêteté et le respect en affaires seraient la norme, et faire affaires coûterait moins cher, laissant plus d’argent à tous les partis pour l’investir ailleurs, comme par exemple dans l’économie locale, dans les dons aux œuvres de charité, pour aider son prochain, etc.

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Le non-paiement

Supposons que j’ai un contrat avec une organisation de résolution de conflit et que je doive verser un dédommagement de 25 000$ parce que je n’ai pas respecté mon obligation contractuelle mais que je ne peux pas ou ne veut pas payer cette somme, que ce passe-t-il?

Actuellement, l’État utilise la violence pour me forcer à payer. Bien que cela puisse être une forme de vengeance médiévale, ça ne m’aide pas du tout à rembourser les 25 000$. Dans une société sans État, quelles options sont disponibles pour l’ORC afin qu’elle réussisse à obtenir son argent?

Dans une économie complexe comme la nôtre, tout au long de leur vie les individus sont liés par des dizaines d’obligations et de contrats, par exemple un bail locatif, une adhésion à un centre sportif, un plan de paiements mensuels pour l’achat de meubles dans un grand magasin ou encore des conventions d’assurance-voyage avec les compagnies de cartes de crédit. Les coûts de faire affaires avec des gens reconnus pour honorer leurs contrats étant beaucoup plus faibles, une société sans État offrirait non seulement des services d’assurances de contrats (les organisations de règlements de conflits, ORC) mais aussi des agences de notation financière, aussi connu sous le nom d’agence de crédit.

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Les conséquences du non-respect des contrats

Les agences de notation financières seraient des entités indépendantes qui évalueraient objectivement la conformité d’une personne vis-à-vis ses contrats. Si j’acquiers une réputation d’homme qui rompt régulièrement ses contrats, il deviendra de plus en plus difficile pour moi de fonctionner efficacement dans une économie complexe car je serai refusé partout. Cette forme d’ostracisme économique est un très puissant – et surtout non violent – outil pour la promotion de la conformité aux normes sociétales et aux règles morales. Elle aide à garder les gens «droits» car, quand toute la société refuse de vous offrir des services, la vie peut commencer à être difficile. Dans mon billet sur la violence et l’État, je propose que l’humain est une créature qui répond (entre autre) aux incitatifs. Et l’incitatif de ne pas être ostracisé par toutes les sphères de la société peut être suffisant pour bon nombre de gens à rester droits et honnêtes.

Il est apparent que je décris d’un scénario hypothétique ici mais en réalité, ces agences existent déjà. Vous les connaissez sous les noms d’Équifax, de TransUnion ou Experian. Elles sont spécialisées dans les dossiers de crédits des entreprises et des particuliers. Quand la banque vérifie votre crédit pour un prêt, elle consulte ces agences en temps réel. Tout porte à croire que dans une société sans État, ces entreprises seraient encore plus utilisées.

Si une personne viole les normes sociales de façon flagrante (nous allons couvrir la question de la criminalité violente plus tard), une option incroyablement efficace que la société a est de simplement cesser de faire affaires avec un tel individu. Si je fraude ou ne respecte pas mon entente avec mon ORC, ou un autre individu, l’agence de notation de crédit pourrait tout simplement révoquer ma cote de contrat, me classant dans son système comme «à éviter» par exemple. Les ORC auraient probablement des clauses disant qu’elles ne sont pas intéressées à contracter avec toute personne dont la cote de contrat a été révoquée. Par exemple, si je dirige un hôtel et qu’un individu ayant eu sa cote de contrat révoquée voulait louer une chambre, je serai immédiatement au courant de sa situation après avoir fait les vérifications d’usages et je serai informé rapidement qu’aucun contrat ne peut être honoré avec cet individu. Autrement dit, s’il met le feu à mon hôtel, vole ou détruit des biens, ou s’il harcèle un autre invité, mon ORC ne m’aidera pas à régler la situation car je n’aurai moi-même pas respecté mon entente avec elle. Alors, vais-je être tenté de louer une chambre à cet homme, ou vais-je lui dire que, malheureusement, l’hôtel est complet?

Dans une société apatride fonctionnant sur le respect des contrats et où tenir parole sont des conditions essentielles pour l’acquisition de biens et de services,  les épiceries, les taxis, les compagnies d’autobus, les fournisseurs d’électricité, les banques, les restaurants et autres organisations et commerces seront très peu susceptibles de vouloir faire affaires avec des individus ayant démontré qu’ils ne sont pas de confiance car ils n’auront aucune protection si ces individus se conduisent de façon irresponsable. Les interactions économiques sont bien sûr purement volontaires et aucun homme ne peut être moralement obligé de faire affaires avec un autre homme. Les gens qui fraudent, volent et mentent seront clairement identifiés dans une société apatride, et vont rapidement réaliser que les autres membres de la société vont leur tourner le dos assez souvent, à moins qu’ils ne changent leurs habitudes, comme dédommager les gens à qui ils ont causé des torts. Beaucoup de gens y penseront à deux fois avant de manquer à leurs contrats quand les propriétaires se fient à la cote de respect des contrats pour louer leurs appartements. Le prospect d’être forcé à vivre dans la rue sera un incitatif puissant à respecter sa parole.

Un tel «outcast», ou paria, pourrait voir sa cote de contrat restaurée s’il est prêt à rembourser ceux qu’il a lésé. S’il obtient un emploi et que son salaire peut être partiellement saisi jusqu’à ce que ses dettes soient payées, sa cote de contrat peut être restaurée, au moins au niveau minimum nécessaire pour qu’il puisse profiter d’autres services. Une organisation de règlement de conflits, laquelle est toujours financièrement plus intéressée par la prévention que par la récidive, peut également réduire le fardeau du paria si celui-ci est prêt à participer à des cours de psychologie en lien avec sa problématique (pour changer sa façon d’agir) et des conseils de crédit.

Ah, et si un « paria » est injustement traité et est soumis à du chantage par une ORC ou par l’agence de notation de crédit? Eh bien, rappelez-vous que l’anarchisme est toujours une négociation à deux côtés. Si vous êtes une organisation de règlement de conflits ou une agence de notation de crédit, afin d’amener les gens à s’inscrire à vos services, quelles protections mettrez-vous dans vos contrats pour satisfaire les craintes de vos clients potentiels? Ne vous en faites pas, le libre marché saura suffire à cette demande de sécurité.

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Conclusion

Bref, de cette façon, les contrats peuvent être respectés sans recourir à la violence, l’ostracisme social et économique étant franchement plus efficaces pour contrôler ceux qui violent de manière répétée les règles sociales et de moralité que l’emprisonnement. Nous n’avons pas besoin d’envoyer les gens dans des prisons économiquement improductives ou d’envoyer des hommes armés pour les kidnapper et les incarcérer. Tout ce que nous avons à faire est de publier leurs crimes aux yeux de tous et de laisser la justice naturelle de la société prendre soin du reste.

Alors, commencez-vous à voir comment on pourrait vivre dans une société sans État? Commencez-vous à réaliser que tout ce que nous avons besoin pour une société sans État est déjà en place? Commencez-vous à comprendre qu’au fond, en plus d’être inutile, l’État est dans le chemin du progrès? Dans les prochains billets, nous mettrons les organisations de résolution de conflits à l’épreuve en voyant comment gérer la santé, l’éducation, les prisons, etc.

  • Pasdechatsicitte

Keep calm and google voluntarism

P.S. : Ce billet est basé sur les ouvrages de Stefan Molyneux sur l’anarchie. J’ai choisi et traduit certains passages de son livre disponible gratuitement en PDF et en livre audio ici et sur Youtube ici. J’ai aussi modifié et ajouté des passages représentant mon opinion.

La violence et l’État – 2/2

S’il n’y a pas d’État, qui peut déclencher une guerre?

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Introduction

En concluant mon article intitulé «L’anarchie, Israël, Harper et les bombes…», je disais que «sans État, il n’y a pas de taxation et sans taxation, y’a pas d’argent pour faire la guerre.» Suite à une demande d’une amie d’expliquer pourquoi je pense cela, j’ai écrit la première partie d’un article et voici la dernière. Évidemment, c’est mon opinion et vous êtes invités à vous faire votre propre opinion. Avant d’entâmer cette deuxième partie, je suggère fortement de lire la première.

Lien court: http://wp.me/p4MO4u-41

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La guerre et les profits de l’État

Il a souvent été dit que la guerre est la santé de l’État (War is the Health of the State) mais à mon avis, l’inverse est bien plus vrai: «l’État est la santé de la guerre». En d’autres termes, que la guerre – le pire de tous les maux humains – est impossible sans l’État.

Le grand économiste autrichien Ludwig von Mises s’est un jour vu demandé ce que la définition centrale caractéristique du marché libre était selon lui – c’est-à-dire puisque chaque économie est plus ou moins un mélange de liberté et de contraintes étatiques, quelle institution pouvait séparer un marché libre d’une économie dirigée – et sa réponse fût «l’existence d’un marché boursier». Grâce au marché de la bourse, un entrepreneur peut externaliser le risque, c’est-à-dire qu’il peut en partie transférer ses pertes potentielles aux investisseurs. Sans risque, la croissance d’une entreprise est pratiquement impossible.

Lorsque le risque pour une chose particulière diminue, la demande pour celle-ci augmente. En l’absence d’un marché boursier, une économie stagnante st une preuve de la réticence des entrepreneurs à assumer eux-mêmes tous les risques d’une activité économique. Par contre, lorsque le risque devient «partageable», de nouvelles possibilités émergent. La révolution industrielle est peut-être l’exemple le plus spectaculaire de ce genre de partage du risque.

Malheureusement, parmi ces possibilités il y a la guerre, dans toute son horreur, sa corruption, sa brutalité et ses génocides. Nous verrons ici pourquoi, dans sa capacité à réduire les coûts et partager les risques de la violence, l’État est «le marché boursier de la guerre».

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Le sophisme de «la vitre cassée»

Tous les économistes connaissent le «sophisme de la vitre cassée», sophisme qui prétend que la stimulation de la demande causée par un vandale brisant une fenêtre n’ajoute pas à la croissance économique, mais qu’au contraire il impacte négativement la croissance économique locale puisque l’argent dépensé pour le remplacement de la fenêtre est déduit d’autres achats potentiels. Un exemple de cette évidence est que nous ne cherchons pas à augmenter nos revenus en lançant nos voitures des falaises ou en brûlant nos maisons. Bien que cela puisse plaire aux constructeurs automobiles et les constructeurs de maisons, ce n’est pas plaisant pour nous ni pour les personnes qui auraient eu accès à cette nouvelle voiture et à cette nouvelle la maison car nous en avons déjà besoin pour nous-mêmes. La destruction matérielle détourne toujours les ressources qui serviraient à autre chose et provoque toujours une hausse des prix, donc tout le monde se partage la facture. Par exemple, briser une fenêtre qui coûte 100$ à remplacer supprime bien plus que 100$ de l’économie parce que le temps passé à remettre la fenêtre à son état d’origine – l’appel au réparateur, décider du remplacement, nettoyer les éclats de verre, le temps perdu, etc – est également soustrait de l’économie dans son ensemble.

Il y aura toujours des accidents, bien sûr, et les réparations sont un aspect légitime de tout marché libre. Cependant, la guerre ne peut jamais être considérée comme un accident. Elle ne fait pas partie de l’économie de marché et pourtant, il est encore cru que la guerre est généralement bonne pour l’économie. En tout cas, elle doit l’être au moins pour certaines personnes, car elle est si souvent demandée… Comment ces oppositions peuvent-elle logiquement être réconciliées? Comment la destruction peut être économiquement avantageuse quand elle est si horrible pour l’économie dans son ensemble? Demandez-vous si la destruction que l’Allemagne a subit lors de la première guerre mondiale était bonne pour son économie. En fait, la destruction qu’elle a subit et les obligations fortement contraignantes du Traité de Paris ont créés les conditions ayant mené à la deuxième guerre mondiale, guerre qui à l’époque a éliminé 2.5% de la population mondiale.

Nous pouvons facilement imaginer une réparateur de fenêtre qui fracasse les fenêtres de son quartier afin d’augmenter la demande pour son entreprise. Ce aiderait certainement son revenu à court terme, mais pourtant, pourquoi dans une économie de libre marché ne voyons-nous pas plus de ce genre de comportement dans la vie de tous les jours? Une réponse évidente pourrait être que les chefs d’entreprises préfèrent ne pas se retrouver en prison. C’est certainement un risque, mais pas il n’est pas très grand. Les incendiaires sont difficiles à attraper et il y’a plein d’autres formes de sabotages difficiles à résoudre qui peuvent être entrepris. Un poison peut être ajouté à l’alimentation en eau potable d’une ville; ça incriminerait un fournisseur d’eau pour un temps, ça prendrait possiblement des mois à résoudre et à un moment donné, toute piste pourrait être perdue. Des pirates informatiques étrangers pourraient être payés pour infiltrer les réseaux d’un concurrents ou monter une attaque de déni de service sur leurs sites Web. Que dire de eBay? Si vous avez un concurrent qui attire toute votre clientèle, pourquoi ne pas simplement demander à une centaine de vos amis de lui donner une mauvaise évaluation de service, pour ensuite voir sa réputation en ligne souffrir?

Toutes ces pratiques sont très rares sur le marché libre pour trois raisons principales. La première est qu’elles sont coûteuses; la seconde est qu’elles augmentent les risques et la troisième est la crainte de représailles. Voyons les plus en détails.

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Les coûts de la destruction

Si vous voulez engager un pyromane pour détruire l’usine de votre concurrent, vous devez devenir un expert dans la négociation avec les criminels. Vous pourriez payer un pyromane et le voir se sauver dans un autre pays avec votre argent au lieu qu’il mette le feu à l’usine de votre concurrent. Vous courez également le risque que votre pyromane amène l’offre à votre concurrent et qu’il lui demande plus d’argent pour ne pas mettre le feu, ou, pire, qu’il s’en fasse offrir encore plus pour incendier votre usine à la place! Ça vous coûtera cher pour vous engager dans la voie du vandalisme et vous n’avez aucune garantie que votre investissement sera rentable. De plus, il y a d’autres coûts tertiaires à poursuivre la voie de la « destruction de la concurrence. » Vous ne pouvez cibler qu’un seul concurrent à la fois, ce qui n’est que partiellement utile puisque la plupart des entreprises font face à de nombreux concurrents simultanément – certains sont locaux et certains sont à l’étranger et donc probablement hors de portée. (Imaginez que toutes les usines de vos concurrents se font détruire par le feu… sauf la vôtre.) Même si vous réussissez à détruire votre concurrent, vous avez créé une opportunité sur le marché pour d’autres entrepreneurs, et qui sait, peut-être seront-ils encore plus féroces avec vous. Détruire une petite entreprise informatique, par exemple, pourrait donner une bonne raison à Microsoft de combler ce nouveau vide.

Aussi, si vous êtes propriétaire d’une entreprise, la concurrence est très utile. Tout comme une équipe sportive devient paresseuse et molle si elle ne joue jamais contre un adversaire compétent, une entreprise sans concurrence devient rapidement non productive, paresseuse et inefficace – une invitation garantie pour des entrepreneurs intéressés à combler le vide que vous avez créé. Les entreprises ont besoin de concurrence pour rester en forme.

Finalement, qu’arrive-t-il si vous parvenez à saboter vos adversaires? Si vous le faites bien, personne ne sait que vous êtes derrière la vague soudaine d’incendies criminels. Qu’advient-il de vos coûts d’assurance? Ils explosent et ils vous chargeront beaucoup plus cher, et ça c’est s’ils décident de vous assurer! De plus, vous ne serez pas en mesure de répondre tout de suite à la nouvelle demande, ce qui assure que vos clients tenteront de trouver ailleurs des alternatives qui sont hors de votre contrôle. Ainsi, vous aurez augmenté vos dépenses, incité les clients à chercher des solutions de rechange et vous aurez alarmé vos employés, créant une situation dangereuse où de potentiels concurrents pourraient être très motivés d’entrer dans votre domaine d’affaires au moment où vous êtes le plus vulnérable à la concurrence! Bref, pas vraiment une bonne idée…

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Les risques de destruction

Disons que vous décidez d’engager Stanley pour mettre le feu à l’usine de votre concurrent. La réalité est que Stanley, étant pyromane professionnel, sait comment faire tourner la situation à son avantage beaucoup mieux que vous, puisque vous êtes un nouveau dans le domaine. Après tout, c’est lui l’expert. Stanley sait que peu importe ce qu’il fait, vous ne pouvez aller à la police pour obtenir de la protection. Que faites-vous s’il filme vos conversations et vous fait du chantage? Votre petite expérience en concurrence immorale devient soudainement une vie de cauchemar, de culpabilité, de peur et de rage. Comme mentionné plus haut, si Stanley décide d’aller voir votre concurrent et de lui révéler vos plans, que faites-vous? Sûrement que votre concurrent payera un bon prix pour cette information, car il pourrait alors aller à la police et vous détruire légalement encore plus complètement que vous espériez le détruire lui illégalement. Et si Stanley fait le travail mais qu’il vous menace de tout dévoiler, allez-vous engager quelqu’un pour «régler le dossier de Stanley»? Qu’advient-il de celui que vous engagez si lui vous fait du chantage?… Dans le domaine des activités criminelles, une fois que les gants sont tombés, les résultats deviennent très difficiles à prévoir.

Et si Stanley va voir votre concurrent et lui dit: «Pour 25 000$, je devais brûler votre usine, donc pour 30 000 $, je peux brûler son usine à la place.» Cette guerre «d’appel d’offres» peut rapidement se transformer en situation fort coûteuse pour tout le monde… sauf Stanley, bien sûr. Et comment prouver que Stanley est un pyromane «légitime»? Qui dit qu’il n’est pas un infiltrateur policier? Que faire s’il a été envoyé par quelqu’un d’autre afin de pouvoir faire du chantage par la suite? Que faire si c’est un coup monté de votre concurrent? Comment pouvez-vous le savoir? Bref, ce scénario est très risqué! Ce sont les risques de la destruction.

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Les risques de représailles personnelles

Admettons que tout ce qui précède fonctionne exactement comme vous le voulez et Stanley incendie avec succès l’usine de votre concurrent; qu’arrive t’il ensuite? Vous venez de créer  en votre concurrent un ennemi acharné qui soupçonne un acte criminel, sait que vous avez un bon motif pour incendier son usine et n’a plus rien à perdre. Il pourrait se plaindre à la police, embaucher des enquêteurs privés et mettre une annonce dans tous les journaux offrant une récompense d’un million de dollars pour toute information menant à la preuve de votre implication et ainsi il peut vous poursuivre et récupérer beaucoup plus qu’un million de dollars.

Soit votre nouvel ennemi trouvera des informations utiles à la police, soit il trouvera des informations circonstancielles, comme des indices mais pas de preuves et il peut décider de se venger contre vous. Puisque vous avez été en mesure de le faire d’une manière qui ne peut être prouvée, il sait maintenant comment faire aussi. Vous venez de montrer à un homme en colère la façon d’incendier votre usine et de ne pas se faire prendre. Allez-vous bien dormir? Allez-vous vous sentir en sécurité dans votre lit? Êtes-vous certain qu’il se limitera seulement à votre usine?

Ça ne vaut vraiment pas la peine de tenter de s’enrichir en visant la destruction de biens d’autrui- et c’est très bien ainsi. Nous aimerions que les gens soient bons & honnêtes bien sûr, mais nous voulons aussi de forts incitatifs économiques favorisants la vertu et l’intégrité du libre arbitre.

Comment est-ce que les risques de représailles personnelles sont liés à la guerre & à l’État? Les liens sont forts mais avec des effets très différents.

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L’économie de guerre

L’économie de guerre est composée de trois principaux acteurs: ceux qui décide de faire de la guerre; ceux qui profitent de la guerre; ceux qui paient pour la guerre.

Ceux qui décident de faire la guerre sont les politiciens; ceux qui profitent de la guerre sont ceux qui fournissent l’équipement militaire ou sont payés pour leurs compétences militaires; ceux qui paient pour la guerre sont les contribuables. Évidemment, les premier et deuxième groupes se chevauchent. Autrement dit, une entreprise qui fournit des armes et du matériel militaire à l’armée est payée directement par la prédation par l’État sur les citoyens, à travers les impôts. Autrement dit, sans l’État pour assumer les risques de récolter l’argent par la force, ce genre de transaction est en aucun cas économiquement impossible puisque les risques potentiels de destruction de l’entreprise, tels que décrits plus haut, sont égaux ou supérieurs aux bénéfices que cette transaction pourrait rapporter. C’est d’ailleurs pourquoi les entreprises privées canadiennes qui fabriquent et vendent des armes ne vous forcent directement pas à payer pour ces armes, contrairement au gouvernement canadien, ils connaissent très bien les risques de le faire et donc transfèrent ce risque sur l’État.

Si ceux qui décidaient de faire la guerre étaient également ceux qui devaient payer pour cette guerre, je peux vous assurer qu’il n’y en aurait plus jamais. La guerre suit les mêmes incitatifs économiques et les mêmes coûts que ceux mentionnés plus haut. Et le plus drôle est qu’au fond de vous, en lisant cette phrase, vous vous êtes dit «ouin, c’est vrai». Mais étant donné que ceux qui décident de faire la guerre ne sont pas ceux qui paient pour elle, cette tâche fort désagréable est transférée de force aux contribuables sous la forme d’impôts, d’inflation directe et aux générations futures sous forme de dette nationale. Rappelez-vous ce que je disais dans la première partie concernant la proximité à la violence: plus les gens sont éloignés de la violence, plus cette violence a tendance à augmenter. Le politicien confortablement assis dans son cabinet n’est PAS celui qui se lève pour aller vous demander votre part des impôts forcés, tout comme il ne va pas lui-même pilonner les positions ennemies.

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Les frais de la destruction militaire

Pour faire la guerre, il faut une armée qui doit également être formée et maintenue en période de paix. Et maintenir une armée coûte cher. En 2011, le coût de maintien pour l’armée canadienne fût de 22.8 milliards, soit 691$ par canadien (pas par contribuables là…). Sauf qu’il n’y a tout simplement aucun moyen de récupérer les coûts de cette armée en envahissant un autre pays, sinon le marché libre financerait directement les armées et les invasions, ce qui n’est jamais le cas. Une autre façon de voir les choses est que vous ne pouvez envahir un autre pays sans détruire une bonne partie de celui-ci (richesse matérielle) et en tuant un grand nombre de ses citoyens (revenus en taxes et impôts). Puis ensuite vous devez lutter contre une insurrection sans fin. Faites juste regarder les États-Unis et l’Irak depuis 1990. Ça fait maintenant 24 ans que le conflit sévit et Obama vient encore d’annoncer que du nouveau personnel militaire vient d’arriver en Irak. Mais quand est-ce que cette folie cessera?!?!? Compte tenu des coûts d’invasion et d’occupation – toujours dans les centaines de millions ou des milliards de dollars (il est estimé que la guerre en Irak a coûté 1 700 000 000 000 000$ jusqu’à présent) – pensez-vous réellement être en mesure d’extraire suffisamment de bénéfices économiques du pays que vous bombardez et occupez pour compenser pour vos dépenses? Absolument pas! Ce serait comme demander à un voleur de faire de l’argent en bombardant la maison qu’il veut cambrioler, y habiter et garder ses occupants en otages. C’est de la pure folie! Les voleurs ne fonctionnent pas de cette façon – et la guerre ne pourrait pas non plus fonctionner de cette façon sans la présence de l’État qui peut extraire autant d’argent qu’il ne le désire des contribuables.

Puisque ce sont les contribuables qui paient pour la guerre, les coûts de destruction pour ceux qui décident de faire la guerre sont très faibles. Combien croyez-vous que George Bush et Barack Obama ont payé personnellement de leur poche pour l’invasion de l’Irak? Même s’il est vrai que ceux qui profitent de la guerre paient (peut-être) aussi des impôts qui servent à soutenir l’effort de guerre, le montant qu’ils paient est infiniment moins grand que ce qu’ils reçoivent en retour. Et ça, nous le savons car il y a toujours des gens prêts à fournir du matériel à l’armée…

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Les risques d’annihilation

Ceux qui décident de faire la guerre et ceux qui profitent de la guerre ne sont jamais ceux qui initient une guerre s’il y a un réel risque de ne pas s’en tirer vivant. Jamais dans l’histoire moderne une puissance nucléaire a déclaré la guerre à une autre puissance nucléaire. Les États-Unis ont donné de l’argent et du blé à l’URSS mais ont envahi la Grenade, Haïti, l’Irak, pour ne nommer que ceux-là, en plus de fomenter des coups d’État dans des dizaines de pays. En fait, une des preuves irréfutables que l’Irak n’avait pas d’armes de destruction massives capables de frapper les États-Unis est que les dirigeants américains étaient justement prêts à envahir. Éviter le risque d’annihilation a été la raison pour laquelle l’URSS et les États-Unis (pour prendre deux exemples évidents) se sont livrés à des «guerres par procuration» dans des lieux éloignés comme l’Afghanistan, le Vietnam et la Corée au lieu de s’attaquer directement. Comme nous le verrons ci-dessous, le fait que les risques de destruction sont transférés aux contribuables (et aux soldats financés par les contribuables qui vont aller y mourir) change considérablement l’équation économique.

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Le risque de représailles militaires

Le «risque de représailles» dans les calculs économiques concernant la guerre ne doit pas être considéré comme un risque général, mais plutôt un risque spécifique – à savoir spécifique à ceux qui décident de faire la guerre et qui en profitent. Par exemple, pendant la 2ème guerre mondiale, Roosevelt savait pertinemment que le blocus contre le Japon au début des années 1940 portait un grand risque de représailles, mais seulement contre du personnel civil et militaire inconnu dans le fin-fond du Pacifique, loin des États-Unis, et non contre ses amis et sa famille à Washington. (En fait, ce blocus a été spécifiquement créé pour forcer le Japon à attaquer les États-Unis afin que ceux-ci soit amenés dans la seconde guerre mondiale car la population américaine était majoritairement contre l’entrée en guerre. Ainsi le gouvernement américain passait pour une victime au lieu de passer pour un agresseur, et le peuple s’est rallié derrière son président sauveur.)

Si ce sont d’autres personnes qui sont exposées au risque de représailles, d’un point de vue économique ce risque devient discutable. Si je fume, mais qu’un parfait inconnu pourrait potentiellement avoir un cancer du poumon, disons que je risque bien plus de simplement continuer à fumer.

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L’externalisation du risque militaire

La capacité de l’État de pouvoir fondamentalement se décharger des coûts et des avantages de la violence est un pilier central de la guerre, ainsi que la raison principale de son existence. Comme nous l’avons vu plus haut, si celui qui désire déclencher une guerre afin d’en tirer les profits risque de lui-même directement subir les conséquences de cette guerre (voir y laisser sa peau), il n’a presque pas d’intérêt économique à le faire. Toutefois, s’il peut transférer les risques et les pertes à d’autres – mais conserver les bénéfices pour lui-même – la situation change complètement. Par exemple, par cette approche il devient rentable de taxer les citoyens et les forcer à payer pour plus de 800 bases militaires américaines partout sur la planète, incluant sur les terres sacrées de d’autres peuples, tant et aussi longtemps que ce sont des inconnus à New York qui sont les premières victimes des inévitables représailles. Il devient aussi rentable d’envoyer plein de jeunes hommes non scolarisés se battre en Irak qui subiront les conséquences de l’insurrection qui accompagnera inévitablement l’invasion…

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L’externalisation du malaise émotionel

Le fait que l’État transfère les coûts & le fardeau du risque aux contribuables & aux soldats est très important sur le plan émotionnel. Si l’exemple d’incendie volontaire plus haut pouvait être modifié afin d’assurer un bénéfice, par exemple en réduisant les risques de chantage ou de représailles, les autres risques pour l’homme contemplant une telle violence seraient quand même présents à son esprit. À moins d’être un sociopathe, ces risques lui causeraient sûrement de l’inconfort émotionnel, et les émotions telles que la peur, la culpabilité et l’inquiétude exigerait de lui encore plus de profit (afin de calmer son esprit) que ce que le modèle peut raisonnablement générer.

Donc, puisque l’État externalise presque tous les risques et les coûts, c’est une autre motivation pour ceux qui voudraient profiter de sa puissance & sa violence pour leurs propres fins. Si on y ajoute toute la propagande pro-guerre et l’assurance que ce seront des inconnus qui paieront, les inconforts émotionnels d’origines se voient remplacés par des incitatifs positifs, une recette qui garantit que les guerres continueront jusqu’à ce que l’État s’effondre ou qu’il ne reste plus personne de vivant sur la Terre.

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Autrement dit, l’État EST la guerre

Si vous saisissez bien tout ce que vous avez lu jusqu’à présent dans ces deux parties, alors vous devez certainement mieux comprendre l’hostilité des anarchistes envers l’État. Selon le point de vue anarchiste, l’État est une créature moralement et fondamentalement «evil» (maléfique), non seulement parce qu’il utilise la violence pour atteindre ses objectifs, mais aussi parce que c’est la seule organisation sociale capable de rendre la guerre économiquement avantageuse pour ceux ayant le pouvoir de la déclarer et d’en tirer profit. En d’autres termes, c’est uniquement à-travers le pouvoir gouvernemental de la taxation (obligatoire et par la force) que la guerre peut être subventionnée au point où elle devient rentable pour une petite portion de la société. La guerre devient seulement rentable quand on peut transférer aux contribuables les coûts et les risques de sa violence car ses avantages profitent seulement à une petite portion d’individus, soit ceux qui contrôlent ou influencent directement l’État.

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Conclusion

Cette distorsion violente des coûts, des incitatifs et des récompenses ne peut être contrôlée ou atténuée, car une déséquilibre artificiel des incitatifs économiques se perpétuera et s’intensifiera toujours, du moins, jusqu’à la faillite inévitable du trésor public ou l’écrasement de l’État sous son propre poids. Ou, pour le dire d’une autre manière, tant que l’État existe, nous vivrons toujours avec le spectre de la guerre. S’opposer à la guerre est s’opposer à l’État & s’opposer à l’État est s’opposer à la guerre. La guerre et l’État ne peuvent être deux idées examinées individuellement car l’État et la guerre sont les deux faces d’une même pièce sanglante.

C’est pourquoi «sans État, il n’y a pas de taxation et sans taxation, y’a pas d’argent pour faire la guerre

  • Pasdechatsicitte

 

Merci de votre patience. Si jamais vous considérez que ce qui est écrit ici est important pour vous, n’hésitez pas à le partager car plus il y a de gens qui comprennent comment l’État nous utilise pour financer les guerres, plus les chances que ça cesse augmentent. Collectivement, nous avons bien plus de pouvoir qu’on le pense.

 

Dans le prochain article, j’aborderai les Organisations de Résolutions de Conflits, c’est-à-dire ces organisations qui existent déjà et sur lesquelles reposeront les bases d’une société sans État. Ces ORC peuvent s’occuper de tous les aspects d’une société, de l’éducation à la santé, en passant par la défense et la gestion de la criminalité. Et tout ça sans violence. Si le sujet vous intéresse et que vous voulez prendre de l’avance, googlez «Dispute Resolution Organisations».

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Lesleigh Coyer, 25, of Saginaw, Michigan, lies down in front of the grave of her brother, Ryan Coyer, who served with the U.S. Army in both Iraq and Afghanistan, at Arlington National. www.euronews.com

Lesleigh Coyer, 25, of Saginaw, Michigan, lies down in front of the grave of her brother, Ryan Coyer, who served with the U.S. Army in both Iraq and Afghanistan, at Arlington National. http://www.euronews.com

 

P.S. : Ce billet est basé sur les ouvrages de Stefan Molyneux sur l’anarchie. J’ai choisi et traduit certains passages de son livre disponible gratuitement en PDF et en livre audio ici et sur Youtube ici. J’ai aussi modifié et ajouté des passages représentant mon opinion.

La violence et l’État – 1/2

Est-ce que PLUS de gouvernement veut dire MOINS de violence?

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Introduction
En concluant mon dernier article, j’ai écrit «sans État, il n’y a pas de taxation et sans taxation, y’a pas d’argent pour faire la guerre.» Une amie m’a demandé d’expliquer pourquoi je pense cela mais étant donné que cette explication nécessite une déconstruction d’idées préconçues et de propagande bien ancrée, je me dois de le faire une étape à la fois. Alors voici la partie 1 de 2. L’autre partie sera publiée dans les prochains jours.

Lien court: http://wp.me/p4MO4u-3r

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Les incitatifs
Quand le sujet d’une société sans état est soulevé, une réponse classique souvent entendue est que la violence augmentera automatiquement en absence d’un État centralisé. «Mais ce sera le chaos et l’anarchie partout!!!» de dire les partisans de «l’argument à l’apocalypse». Cette conclusion totalement émotive est une conséquence directe des mécanismes de défense personnels nourris par la somme de toute la propagande que nous subissons depuis notre enfance.

L’humain est une créature qui répond (entre autre) aux incitatifs. Si le gain potentiel est intéressant, la motivation augmente au point où un intérêt d’agir suffisant est généré. Si je vous propose 10$ mais que pour l’avoir vous devez subir 30 minutes d’un recruteur militaire américain qui vous cri après (comme dans certains films), pas certain que vous serez nombreux à accepter. Mais si je vous propose 1 000$ pour ce même 30 minutes, est-ce plus intéressant? Un autre exemple avec la loterie: les gens réagissent aux incitatifs de gagner des millions de dollars tout en dépensant le minimum de ressources possible (l’achat d’un billet).

Il existe plusieurs circonstances où le recours à la violence augmentera ou diminuera et elles ont tendance à correspondre avec les principes fondamentaux d’économie. Comme je disais, les gens ont tendance à répondre aux incitatifs et sont généralement attirés par les circonstances dans lesquelles ils peuvent gagner le plus de ressources possibles en dépensant le moins d’effort possible. Mais parmi les circonstances où la violence aura plus tendance à augmenter plutôt qu’à diminuer on retrouve le risque, la proximité, l’externalisation des coûts, le report de la dette et la propagande. Comme nous le verrons ci-dessous, un État centralisé crée et exacerbe toutes ces circonstances.

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#1: Le risque
Économiquement parlant, le risque est toujours proportionnel à la récompense. Si un cheval est moins susceptible de gagner une course, le gain (l’incitatif) doit être plus élevé afin d’inciter les gens à parier sur lui. On s’attend des investissements spéculatifs qu’ils rapportent plus que les «blue-chips». Les fraudeurs de fonds spéculatifs risquent moins de conséquences physiques que les agresseurs de rue. L’agresseur de rue peut tomber par hasard sur un expert en arts martiaux et se retrouver rapidement dans une très fâcheuse position contrairement à un pirate informatique qui siphonne des fonds électroniquement.

En général, ceux qui volent la propriété des autres gravitent toujours vers des situations où les risques de représailles sont moins élevés. Un des meilleurs moyens de réduire les possibilités de représailles est en utilisant une force grandement supérieure. Par exemple, si cinq énormes agresseurs encerclent un homme de 98 livres et exigent son portefeuille, les possibilités de représailles de la victime sont vraiment faibles. L’existence d’un État centralisé crée exactement cette énorme disparité de puissance et toute résistance contre la prédation du gouvernement est, à toutes fins utiles, impossible. Un homme en conflit avec la mafia peut déménager, mais il ne peut rien faire pour s’opposer à l’expansion des pouvoirs de l’État, lequel est partout. L’existence d’un État centralisé, en ce qui concerne la violence, crée les problèmes suivants:

  1. L’utilisation de la violence a tendance à augmenter lorsque les risques de son utilisation diminuent;
  2. Plus la disparité de pouvoir entre deux groupes augmente, plus les risques associés à l’initiation de la violence diminuent;
  3. Il n’y a pas plus grande disparité de puissance que celle entre un citoyen et son gouvernement;
  4. C’est pourquoi il n’y a pas de meilleure façon d’augmenter l’utilisation de la violence que de créer un système centralisé comme l’État.

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#2: La proximité

Le recours à la violence est une tâche brutale et fort désagréable pour la plupart des gens. Ils ne sont pas physiquement ou mentalement équipés pour utiliser continuellement la violence, que ce soit en raison d’un manque de force physique, un manque de compétences martiales, une absence de tendances sociopathiques, etc. Cependant, le gouvernement a un énorme système en place, fort efficace et bien organisé afin d’initier l’utilisation de la force contre une population largement désarmée (la violence est d’ailleurs une des seules choses dans laquelle l’État excelle…). Ainsi, ceux qui ne sont pas physiquement ou mentalement équipés pour utiliser la violence mais qui souhaitent satisfaire leurs envies de violence – conscientes ou non – peuvent le faire en joignant le gouvernement et une de ses nombreuses sections responsables de son application. De cette façon, ils n’ont pas à infliger eux-mêmes directement la violence; d’autres le feront à leurs places et ils pourront récolter les bénéfices.

On peut généralement dire que les chances d’utiliser la violence ont tendance à augmenter à mesure que la proximité et la visibilité de cette violence diminuent. En d’autres termes, plus vous pouvez ordonner à d’autres personnes de faire «la job sale», plus les chances que se fasse «la job sale» augmentent. Si tous ceux qui rêvent de récolter les fruits de la violence de l’État devaient eux-mêmes tenir une arme à la tête des gens pour extirper leur richesse, la quasi-totalité d’entre eux finiraient par abandonner cette idée de brutalité.

Ainsi, un État centralisé permet à ceux qui veulent bénéficier des fruits de la violence d’à la fois créer une distance par rapport à ceux qui la subisse et de s’en cacher, assurant ainsi que l’utilisation de la violence aura toujours tendance à augmenter. Par exemple, si tous ceux qui veulent un appareil électronique passaient une seule journée à en fabriquer dans les usines chinoises (comme Foxconn qui dans le contrat d’embauche interdit aux employés de se suicider sur les lieux de l’entreprise), combien parmi eux choisiraient de plutôt s’en passer?

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#3: L’externalisation des coûts
Dans une société sans état, il est impossible de «sous-traiter» la violence de la police ou de l’armée, car les sous-traitants ne sont pas financés par la coercition (la taxation). Par contre, quand il y’a un gouvernement, ceux qui souhaitent bénéficier des options offertes par la violence de l’État (l’imposition de taxes, la réglementation sur la concurrence, le blocage de certaines importations, etc) peuvent faire pression sur le gouvernement pour demander l’application de restrictions (bénéfiques pour eux) sur le libre marché et sur les choix individuels. Ils auront bien sûr à payer pour cet effort de lobbying, mais ils n’auront pas à financer directement la police, l’armée et/ou le système judiciaire et les gardiens de prison pour forcer les gens à obéir à leurs caprices. Donc en échange de quelques dollars et en achetant un ou plusieurs politiciens au passage, ils en récoltent tout plein. Et en faisant travailler l’État à leur place, ils se dissocient des risques.

Cette «externalisation des coûts» est un ingrédient essentiel dans l’expansion de l’utilisation de la violence. Par exemple, imaginez que vous êtes un fabricant d’acier et vous voulez bloquer les importations d’acier d’autres pays. Combien ça vous coûterait pour construire votre propre armée navale, votre propre système de radar, votre propre garde côtière, embaucher vos propres inspecteurs portuaires et ainsi de suite? Comment voulez-vous convaincre tous les expéditeurs et les propriétaires de quais & les transporteurs à inspecter chaque conteneur en votre nom? Allez-vous les payer? Allez-vous les menacer? Et même si c’était économiquement viable pour vous de faire tout ça, pourriez-vous garantir qu’aucun de vos concurrents ne ferait la même chose? Est-ce que ce serait vraiment économiquement avantageux de vous retrouver dans une course aux armements avec l’ensemble de vos compétiteurs? Et si vos clients découvraient que vous utilisez votre propre armée privée pour bloquer les importations d’acier des concurrents, quelles sont les chances qu’ils n’apprécient pas votre utilisation de la violence et qu’ils décident de vous boycotter? Non, en l’absence d’un État centralisé sur lequel vous pouvez décharger tous les coûts relatif à un tel projet, il vous en coûtera franchement moins de concurrencer ouvertement plutôt que développer votre propre armée privée.

Dans un contexte où les coûts de l’utilisation de la violence peuvent être payés par un tiers parti (comme l’État, à travers la taxation forcée des citoyens), son utilisation aura toujours tendance à augmenter. Le déchargement dans les poches des contribuables du fardeau fiscal de la violence sera toujours profitable pour certaines agences et organisations spécifiques – qu’elles soient privées ou publiques. Et donc, nous pouvons voir que l’existence de l’État aura toujours tendance à accroître l’utilisation de la violence.

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#4: Le report de la dette

Combien pensez-vous que vous dépenseriez si vous saviez que vous seriez mort depuis longtemps au moment où la facture arrivera? Le report de la dette est le principe de base du financement du déficit. Pour l’État, ça veut dire qu’il emprunte de l’argent maintenant et qu’il laisse la prochaine génération payer la dette. C’est peut-être la forme la plus insidieuse de fiscalité gouvernementale qui soit. L’extraction forcée de la richesse future de ceux qui ne sont même pas encore nés est peut-être la plus grande «externalisation» de coûts que l’on peut imaginer, en plus d’être complètement immorale! Et naturellement, les risques de représailles de l’enfant à naître sont tout à fait inexistants, tout comme la violence directe utilisée contre eux. Ainsi, le principe de «report de la dette» est peut-être un des plus puissant exemple que l’existence d’un État centralisé augmente l’utilisation de la violence.

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#5: La propagande

Il est bien connu dans les régimes totalitaires que pour amener les gens à accepter l’utilisation de la violence, celle-ci doit toujours être recadrée afin d’apparaître noble et nécessaire. La violence du gouvernement ne peut jamais être considérée comme étant simplement «l’utilisation de la force brute pour assurer le gain matériel des politiciens et des bureaucrates». Au contraire, pour sauver les apparences, elle doit toujours représenter la manifestation des valeurs sociales ou culturelles fondamentales, comme le soin des pauvres, des malades, des personnes âgées, etc. Donc pour atteindre une position dite «morale» (selon l’État évidemment), la violence doit toujours être cachée de la vue directe du public et ses conséquences doivent être sentimentalement élevées en accord avec la rhétorique du moment (le «zeitgeist»). (Pour ceux qui l’ont vécu, rappelez-vous la rhétorique de l’État (entre autre) pendant le «printemps Érable» québécois et comment le gouvernement et la police justifiaient l’utilisation massive de la violence sous prétexte que c’était la chose morale à faire.) Conséquemment, cesser l’utilisation de la violence doit toujours être présenté comme étant catastrophique. Ainsi, l’élimination de l’État-providence entraînerait une horrible famine; l’élimination des subventions médicales tuerait des milliers de gens dont plein «de femmes et d’enfants»; l’élimination de la guerre contre la drogue entraînerait l’effondrement social et une augmentation drastique de «drogués» et l’élimination de l’État lui-même créerait un monde cyberpunk post-apocalyptique cauchemardesque de guerres sans fin contrôlé par des gangs sanguinaires aux tendances cannibales. (Ceci dit, j’ai quand même hâte de voir le prochain Mad Max)

La propagande est différente de la publicité en ce que tout ce que la publicité peut faire est de vous inciter à essayer un produit pour la première fois (l’incitatif est le produit, le risque est le coût d’acquisition de ce produit). Si la qualité du produit ne répond pas à vos besoins ou à vos attentes, alors vous ne l’achèterai plus. La propagande, quant à elle, est totalement différente. Alors que la publicité fait appel au choix et à l’intérêt individuel; la propagande utilise la rhétorique pour moralement justifier l’absence de choix et d’intérêt individuel. Par exemple, on vous dira que vous n’avez pas le choix de payer vos impôts car c’est noble de donner cet argent aux pauvres, alors que ce serait noble même si vous aviez le choix. C’est du «double-speak» Orwélien. La publicité ne peut stimuler la demande que pour un moment; la propagande supprime définitivement la rationalité. La publicité utilise généralement l’argument de l’effet (vous voulez être/vous sentir mieux); la propagande utilise toujours l’argument de la morale (c’est mal de douter).

Le financement privé de la propagande n’est jamais économiquement viable car la quantité de temps et d’énergie nécessaire pour enfoncer profondément la propagande dans l’esprit de la personne moyenne est beaucoup trop grande pour justifier son coût. Si vous en doutez, cherchez des exemples d’entreprises privées qui font des profits avec de la propagande à long terme et qui ne sont pas payées par l’État pour le faire (comme Hill & Knowlton par exemple). Dans un système volontaire comme le marché libre, payer année après année pour de la propagande (qui peut seulement servir à l’achat d’un bien ou d’un service pour «une première fois») ne vaut simplement pas la peine. La propagande vaut le coût seulement quand elle peut être utilisée afin de garder les gens passifs dans un système coercitif, comme dans l’imposition par l’État d’une réglementation quelconque. Par exemple, ici au Canada, la médecine socialisée est toujours décrite par le gouvernement comme étant une «valeur canadienne fondamentale» et ne peut faire l’objet d’aucune analyse publique rationnelle, morale ou économique. (Bien sûr, si c’était vrai que c’est une «valeur canadienne fondamentale», nous n’aurions absolument pas besoin de l’État pour l’appliquer…)

Parce que le système actuel est si inefficace et si monstrueusement obèse, il faut de nombreuses années de propagande par l’État – principalement destinée aux enfants dès leur entrée dans le système scolaire – pour faire oublier aux gens la puissance des expériences réelles et vécues vis-à-vis les catastrophes du système. On tente de vous faire croire que l’inefficacité du système que vous expérimentez régulièrement est fausse. La propagande est toujours nécessaire dans les situations où les gens ne choisissent pas volontairement ce que la propagande tente de promouvoir. Par exemple, nous avons une propagande sans fin vantant les vertus de l’État-providence, de la médecine socialisée et des médicaments, tandis que les vertus de se nourrir uniquement de mauvaise nourriture sont proportionnellement négligées. En gros, l’État préfère investir dans le traitement que dans la prévention, parce que c’est dans le traitement que ce trouve «le cash».

La propagande du gouvernement destinée aux enfants dans les écoles de l’État s’exprime entre autre par l’absence de sujets spécifiques. Par exemple, la nature coercitive de l’État n’est jamais enseignée, pas plus bien sûr que les avantages financiers qui reviennent à ceux qui contrôlent l’État. Même au secondaire, ça ne fait pas partie du programme d’éducation gouvernementale d’expliquer pourquoi un haut fonctionnaire qui siège pendant 1 an sur une organisation publique quelconque peut recevoir le double de son salaire en prime de départ (et autres aberrations du genre). Ah mais par contre, on enseigne constamment aux enfants que l’État protège l’environnement, nourrit les pauvres et guérit les malades! Cette propagande rend ces futurs adultes aveugles à la vraie nature de la violence de l’État, garantissant ainsi que cette violence augmentera avec relativement peu ou pas d’opposition.

Et le pire dans tout ça est que les parents sont obligés de payer pour la propagande des écoles publiques à travers l’impôt, et ce peu importe leur position idéologique sur le sujet de l’éducation. Ainsi, une situation qui dépasse l’entendement est créée dans laquelle les contribuables sont obligés de payer pour leur propre endoctrinement ainsi que pour l’endoctrinement de leurs enfants. Et c’est «impossible» de ne pas payer de plein gré car l’État utilisera toutes les mesures à sa disposition pour vous forcer à payer, même si ça veut dire qu’on vendra votre maison de force et qu’on enverra la police vous en sortir, au péril de votre vie. Le monopole de la violence de l’État fait en sorte que le choix de ne pas payer est inexistant. Cette «externalisation des coûts» est peut-être l’outil le plus important que le gouvernement utilise pour assurer que l’augmentation de la violence d’État soit soumise à peu ou pas d’opposition ou d’analyse rationnelle. Ce ne serait pas économiquement viable pour une compagnie privée de payer pendant 12 ans pour un programme d’endoctrinement de milliers d’enfants; l’État, cependant, en forçant la facture de cet endoctrinement dans la gorge des parents (et autres non-parents) crée une situation où les esclaves sont obligés de payer pour leurs propres chaînes. Et comme l’histoire moderne a su nous le prouver, posséder des esclaves devient économiquement viable quand ils ne résistent pas.

On ne peut s’attendre d’un enfant ayant grandi dans un environnement islamique d’être chrétien. On ne peut s’attendre d’un enfant ayant été battu toute sa vie d’être empathique et sans conflits internes. Et on ne peut s’attendre d’un enfant ayant été élevé par l’État et son système d’éducation de vouloir protéger l’État et se battre pour. La propagande et le lavage de cerveau sont deux côtés d’une même pièce de monnaie.

Petit ajout: «How to recognize propaganda

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Conclusion de la première partie

Évidemment, ce blogue en est un d’opinion et c’est mon opinion que les 5 raisons ci-dessus démontrent que l’existence d’un État centralisé augmente considérablement à la fois les bénéfices & la prévalence de la violence. Le fait que la violence soit masquée par la distance & l’obéissance civile en aucune façon diminue la brutalité de la coercition. Seriez-vous intéressé à prendre une arme et à faire du porte à porte dans votre quartier pour exiger de tous et chacun qu’ils vous donnent 50% de leur revenus, ou si vous préféreriez donner ce mandat à une organisation centrale? En n’ayant pas à le faire directement, appréciez-vous cette distance que vous avez vis-à-vis la violence nécessaire à l’accomplissement d’une telle tâche? Admettons que vous deviez faire cette besogne, est-il possible que vous changeriez d’idée sur la réelle nécessité d’une telle opération? Seriez-vous intéressé à trouver une solution non-violente et respectueuse?

La violence «privée» (celle qui n’est pas utilisée par l’État, comme par exemple les agression de rue, la mafia qui demande «votre dû» pour «votre protection», etc.) est une situation négative, mais gérable. Cependant, comme nous pouvons le voir dans d’innombrables exemples à travers l’histoire, la violence publique dégénère toujours jusqu’à ce que la société civile devienne sérieusement menacée et se révolte. Et puisque l’État est une créature ayant un désir de vivre, elle se défend en utilisant tous les outil qu’elle possède (police, armée, canons à eau, grenades assourdissantes, gaz lacrymogène, balles en caoutchouc, espionnage, arrestation de masse, arrestation préventive, violation des droits et libertés, etc.). Combien d’exemples de ceci avons-nous ici et ailleurs dans le monde depuis une dizaine d’années?

Parce que l’État bénéficie directement et de façon grossière de la violence, l’élimination de l’État ne pourra jamais augmenter l’utilisation de la violence dans la société. Bien au contraire; puisque les entreprises privées ne bénéficient pas autant de la violence, en éliminant l’État, nous assisterions à une diminution de la violence d’un degré sans précédent dans l’histoire humaine. Parce que l’État peut venir voler tout l’argent qu’il veut dans nos poches, il peut financer ce qu’il veut et s’acheter tous les jouets qu’il désire pour contrôler la population (généralement sous prétexte qu’il faut penser à protéger les enfants…). Et c’est en partie pourquoi éliminer l’État, ce qui éliminerait à la taxation, mettrait fin aux conflits entre les nations. Comme l’expression anglaise le dit, «No money, no candy», ou comme moi je le dis en ‘franglais’, «no bidou, no can do.»

L’État ne peut survivre sans propagande. Plus l’État prend de l’expansion, plus la propagande augmente en importance. Par exemple, suite aux attentats du 11 septembre 2001, les budgets militaires et de défense ont explosés. Les corps de police ont engagé plus de gens, l’armée a pris de l’expansion, les compagnies privées de défense et de technologie militaire ont eu un nombre faramineux de contrats et le FBI a vu son nombre d’employés augmenter de façon importante (comme les autres agences de renseignement d’ailleurs). Mais plus le temps passe, moins la population américaine est sensible à ces histoires de terrorisme et pour éviter que le FBI ne doive couper dans son personnel, il devient nécessaire de montrer à la population américaine à quel point «le FBI est important pour la défense des américains.» (Réaction naturelle d’un organisme qui se sent menacé.) Donc la machine à propagande est démarrée et depuis des années, le FBI annonce plein d’arrestations de «gros méchants terroristes full pas fins qui voulaient tuer du monde!…». Mais il s’avère que la quasi-totalité de ces événements sont faux. Mais chaque faux événement ajoute à la peur du public et au besoin du public de se sentir protégé, alors celui-ci accepte, au nom de la sécurité, de perdre plus de liberté et d’argent. Mais entre vous et moi là, nous le savons très bien que n’importe quelle compagnie privée qui se ferait prendre à créer de faux attentats terroristes pour faire des profits verrait ses actions s’envoler en fumée, ses dirigeants envoyés en prison et le public ne l’oublierait jamais. Ce serait un scandale et on exigerait que «des têtes roulent!» Ah mais par contre, quand c’est l’État, ah là c’est ok! …

Sans propagande, il serait impossible pour l’État de faire avaler de tels mensonges. Mais étant donné que l’État force les citoyens à endurer pendant 12 ans son système d’éducation étatique, gratuit & obligatoire avec lequel il transforme à sa guise le cerveau des futurs citoyens; et étant donné qu’il a un accès illimité aux poches et à la richesse des citoyens, il peut voler autant d’argent qu’il ne le désire afin d’inventer toute sorte de propagande lui permettant de continuer à voler les gens, tout en transférant aux victimes les coûts de cette propagande.

 

Cliquez ici pour la suite (et fin).

 

  • Pasdechatsicitte

Without government, who would start the wars

P.S. : Ce billet est basé sur les ouvrages de Stefan Molyneux sur l’anarchie. J’ai choisi et traduit certains passages de son livre disponible gratuitement en PDF et en livre audio ici et sur Youtube ici. J’ai aussi modifié et ajouté des passages représentant mon opinion.

Démocratie et anarchie

Introduction

Il y a cette idée persistante qui dit que sans démocratie, le chaos régnerait, que ce serait l’anarchie. Et si c’était la meilleure chose qui pouvait arriver à une société? Car l’anarchie est ce que vous désirez tous, que vous le sachiez ou non. Et si vous en doutez, c’est que vous ne connaissez pas la réelle définition de l’anarchie. Cliquez ici pour la découvrir. Et par la suite, je vous invite à lire le reste de ce billet.

Lien court: http://wp.me/p4MO4u-2o

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«Les gens…»

Avez-vous déjà entendu cet argument (ou toute autre variante) disant que «les gens» sont trop «épais» pour s’occuper d’eux-mêmes tous seuls et que c’est pour ça qu’il faut un gouvernement? Peut-être le pensez-vous?

Cet argument, ou plutôt ce sophisme, suppose que «les gens» sont immatures et ne peuvent collectivement déterminer ce qui est bon pour eux et donc il est nécessaire de donner le pouvoir à un groupe de gens qui vont s’occuper d’eux, tels des enfants; un «gouvernemaman».

Cet «argument» est présenté par les étatistes comme une vérité absolue, une justification pour l’existence de l’État et du «système», sa raison d’être. Ils ont raison en disant que c’est un argument, car en réalité c’est un argument rhétorique fallacieux. Prenons donc un moment pour analyser logiquement ce que l’argument «il faut un gouvernement car les gens sont trop épais lorsque laissés à eux-mêmes» veut réellement dire.

  1. «Les gens» sont trop épais et un gouvernement est nécessaire.
  2. Cela suppose que «les gens» manquent d’intelligence et donc ils ne peuvent déterminer par eux-mêmes ce qui est bon pour eux.
  3. S’ils ne peuvent déterminer ce qui est bon pour eux, ils n’ont pas la capacité de déterminer ce qui est bon pour les autres.
  4. S’ils n’ont pas la capacité de déterminer ce qui est bon ni pour eux ni pour les autres, ils sont incapables de choisir avec compétence qui peut les représenter.
  5. S’ils sont incapables de choisir de façon compétente qui peut les représenter, ils ne sont donc pas en mesure d’exercer un droit de vote en pleine connaissance de cause, de façon libre et éclairée.
  6. S’ils ne sont donc pas en mesure d’exercer un droit de vote en pleine connaissance de cause, de façon libre et éclairée, ils sont incapables de choisir les bons individus qu’il faut pour composer un gouvernement efficace.
  7. Le gouvernement est donc composé de n’importe quoi parce que «les gens» qui votent sont totalement incapables de voter de façon intelligente.
  8. Si les gens sont incapables de former un gouvernement efficace, peut-être qu’il serait mieux de ne pas en avoir du tout, d’avoir une société sans État car cet État serait la pire chose qui pourrait arriver à «ces gens», ce qui est un argument contre la démocratie.
  9. Donc ceux qui utilisent cet argument pour justifier une démocratie font, en réalité et sans le savoir, la promotion de l’anarchie (un système d’auto-gouvernance individuelle responsable fonctionnant sans intervention de l’État dans les sphères de sa vie).

Si «les gens» sont incapables de choisir les politiciens qui peuvent bien les représenter, peuvent-ils se permettre de leur donner la direction des affaires publiques, de la loi, de la santé, de l’éducation, etc? Après tout, ces «politiciens» viennent du peuple, lequel est composé de gens incapables de savoir ce qui est bon pour eux. Alors quelles sont les chances que parmi ces politiciens, la majorité soit de purs incapables, comme «le reste du peuple»? Dans ce cas, la majorité des politiciens sont de purs incapables et ils se retrouvent avec la gestion des affaires publiques, ce qui empire et exacerbe la situation pour tous et sert d’argument contre la démocratie et en faveur de l’anarchie.

Donc le sophisme «que les gens sont trop épais pour s’occuper d’eux-mêmes tous seuls et que c’est pour ça qu’il faut un gouvernement» est en réalité un argument en faveur de l’anarchie. La vraie. Car si vous ne croyez pas que «les gens» sont si épais, c’est qu’ils sont capables de s’organiser entre eux et n’ont pas besoin d’un gouvernement, d’une démocratie ou tout autre idéologie politique.

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 Les questions classiques

Le simple fait de proposer la possibilité d’une société sans gouvernement provoque sans surprise un bombardement des mêmes questions qui reviennent toujours: «Qui va construire les routes?», «Comment les pauvres vont être éduqués?», «Comment une société apatride peut se défendre?», «Qui va éduquer les enfants?», «Comment une société sans gouvernement peut s’occuper des criminels violents?», etc. (Toutes des questions qui seront traitées dans de prochains billets et en temps et lieu.)

Même s’il obtient toutes les réponses, pratiquement jamais l’interrogateur dira «Ha, je suppose que ça pourrait vraiment marcher alors.» Au contraire, il tentera de trouver une question dont la réponse n’est pas suffisante à son goût afin qu’il puisse s’asseoir, mettre ses pieds sur le bureau, les croiser et dire triomphalement, «Tu vois? La société ne peut juste pas fonctionner sans un gouvernement!»

Le plus drôle est qu’en prenant cette approche, ces individus pensent qu’ils s’opposent à l’idée de l’anarchie, alors que c’est tout le contraire. Voyons pourquoi.

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Les demi-dieux

Un simple fait fondamental de la vie est que personne – ou aucun groupe d’individus – ne peut être suffisamment sage ou avoir suffisamment de connaissances pour diriger efficacement la société. Dans notre fantaisie collective de ce qu’est le «gouvernement», nous imaginons qu’à quelque part, dans une grande pièce ensoleillée, décorée de tables en acajou laqué et de luxueux fauteuils en cuir, il existe un groupe d’hommes et de femmes qui sont si sages, si bienveillants, si omniscients et si incorruptibles que nous devrions nous tourner vers eux pour l’éducation de nos enfants, la préservation de nos personnes âgées, le salut des pauvres, la fourniture de services essentiels, la guérison des malades, la défense du royaume et de la propriété, l’administration de la justice, la peine des criminels, bref la réglementation de presque tous les aspects de cet énorme système social et économique, lequel est infiniment complexe et en constante évolution. Ces demi-dieux vivants ont une telle connaissance et une telle sagesse que nous devons leurs remettre nos armes de destruction massive et la puissance infinie de taxer, d’emprisonner et d’imprimer l’argent – et s’attendre qu’absolument rien d’autre que de l’abondance et de la vertu en résulteront.

Et puis, bien sûr, nous prétendons que les «citoyens», entassés et bêlants, ne pouvant atteindre une telle sagesse et une telle vertu (pas même dans leurs rêves les plus fous), devraient se réunir et voter l’abandon de la moitié de leurs revenus, de leurs enfants et des personnes âgées et de l’avenir lui-même, en mettant tout ça entre les mains de ces demi-dieux. Évidemment, il nous est impossible de voir et de converser avec ces divinités. Lorsque nous écoutons réellement les politiciens, tout ce que nous entendons sont de pieux sentiments, des évasions sans fin, des discours pompeux et tous les trucs de manipulation émotive d’un parent alité et abusif.

L’anarchie est la  reconnaissance que nul homme, femme ou groupe ne sera jamais suffisamment sage pour déterminer la meilleure façon d’organiser la vie de milliers, voir de millions de gens. Tout comme il n’y a personne qui peut vous forcer à marier le ou la partenaire de mariage de son choix ou vous obliger à suivre la carrière de son choix, personne ne devrait être en mesure de forcer ses préférences d’organisation sociale sur vous. (De toute façon, à mon avis, seul un psychopathe peut prétendre avoir LA solution pour tout le monde.)

Ainsi, quand on s’attend de l’anarchiste qu’il répondre à toutes les questions possibles sur la façon dont la société sera organisée en l’absence d’un gouvernement, tout incapacité à répondre parfaitement à même l’une de ces questions valide complètement la position de l’anarchiste. Si nous reconnaissons qu’aucun individu ne possède la compétence requise pour diriger à lui seul la société («dictature»), et nous reconnaissons qu’aucun groupe «d’élites» ne possède la capacité de diriger la société («aristocratie»), pourquoi devrions-nous être obligés de défendre l’absurdité morale et pratique de la «démocratie»?

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La démocratie

La démocratie est fondée sur l’idée que la majorité possède suffisamment de sagesse pour à la fois savoir comment la société doit être dirigée et rester dans les limites des règles morales fondamentales. Les électeurs sont généralement considérés comme aptes à juger des politiques économique, éducatives, monétaires, de soins de santé, militaires et autres propositions avancées par les politiciens. Ces électeurs choisissent alors judicieusement parmi le buffet des diverses propositions politiques et la majorité accepte que ce qui est alors adopté est en fait une politique sage et aucune partie de ces propositions nécessite de compromis moral. En outre, la majorité est suffisamment vertueuse pour respecter les droits de la minorité, même si elle les domine politiquement. Peu d’entre nous appuieraient l’idée d’une démocratie où la majorité pourrait voter pour mettre la minorité à mort ou encore de voler tous leurs biens. Parallèlement, pour que l’idée même d’une démocratie fonctionne adéquatement, la minorité doit elle aussi être considérée comme suffisamment sage et vertueuse pour accepter et respecter les décisions de la majorité. En bref, la démocratie est fondée sur les principes que:

  1. La majorité des électeurs sont suffisamment sages et vertueux pour juger d’une très large variété de propositions complexes par des politiciens;
  2. La majorité des électeurs sont suffisamment sages et vertueux pour s’abstenir du désir d’imposer leur volonté arbitraire à la minorité et de respecter certains idéaux moraux universels;
  3. La minorité des électeurs qui sont dominés par la majorité sont suffisamment sages et vertueux assez pour accepter d’être dominés, sauront patiemment attendre la prochaine élection pour essayer d’avoir leur mot à dire une fois de plus et vont se conformer aux idéaux moraux universels de la société.

Ceci, bien sûr, est une contradiction absolue. Si la société est si bourrée à craquer d’une telle sagesse, d’individus brillants, vertueux et patients, qui respectent tous les idéaux moraux universels et sont prêts à mettre de côté leurs propres préférences particulières pour le bien commun, pourquoi donc aurions-nous besoin d’un gouvernement et d’une démocratie?

Mais, chaque fois que cette question est soulevée, l’image rayonnante de la «noblesse citoyenne» sage et vertueuse disparaît mystérieusement et toutes sortes d’idées sans substances sont proposées. «Eh bien, sans gouvernement, tout le monde serait à la gorge les uns des autres, il n’y aurait pas de routes, les pauvres serait incultes, les vieux et malades mourrait dans les rues» et autres sottises du genre. La démocratie est valide parce que presque tout le monde est sage et moral, nous dit-on. Lorsque nous acceptons cela, et que nous questionnons la nécessité d’un gouvernement, l’histoire s’inverse brusquement et on se fait dire que nous avons besoin d’un gouvernement parce que presque tout le monde est amoral et égoïste.

Voyez-vous comment nous avons une relation ambivalente pas seulement avec l’anarchisme, mais avec démocratie elle-même?

Et de toute façon, selon le professeur au Département de science politique de l’UQAM Francis Dupuis-Déry, le Canada n’est pas une démocratie et ne l’a jamais été, c’est une aristocratie élue.

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Que des contradictions

De la même manière, chaque fois qu’un anarchiste parle d’une société sans État, il est immédiatement appelé à produire des preuves que tous les pauvres auront leurs soins de santé couverts grâce à la charité volontaire.

Encore une fois, il s’agit d’une contradiction flagrante qui implique la démocratie. L’État-providence, les pensions de vieillesse et l’éducation «gratuite» pour les pauvres sont des concepts considérés dans une démocratie comme étant des conséquences valides de la volonté d’un peuple vertueux. Après tout, les programmes gouvernementaux ont été offerts par des politiciens, volontairement acceptés par la majorité (qui a voté pour eux et leur programme) et aussi volontairement accepté par la minorité qui ont accepté d’obéir à la volonté de la majorité. N’est-ce pas ça la démocratie? D’ailleurs, combien de fois entendons-nous «si ça ne fait pas notre affaire, on changera le tout aux prochaines élections!», validant au passage la volonté, la sagesse et la vertu du peuple…

La majorité de la société est tout à fait disposée à renoncer à un énorme morceau de son revenu afin d’aider les malades, les vieux et les pauvres – et nous savons cela parce que ces programmes ont été votés et créés par des gouvernements démocratiques!

«Ah, dit l’anarchiste, nous savons déjà que la majorité des gens seront parfaitement prêts à aider les malades, les vieux et les pauvres dans une société apatride car la démocratie est une preuve empirique et incontestable de ce simple fait!» Encore une fois, quand cet argument basique est mis de l’avant, le mythe de la noblesse citoyenne s’évapore et le sempiternel «mais il nous faut un gouvernemeeeeeeeennntt!!» se fait entendre.

«Sans un gouvernement pour forcer les gens à être charitable, personne ne lèverait le petit doigt pour aider les pauvres! Les gens sont si égoïstes, ils ne se soucient pas des autres!» Encore un autre paradoxe. Si un gouvernement démocratique doit forcer un peuple égoïste et peu disposés à aider les pauvres, alors les programmes gouvernementaux ne reflètent pas la volonté du peuple et la démocratie est alors un mensonge qu’il faut rapidement se débarrasser – ou au moins arrêter de faire semblant de voter. Par contre, si la démocratie n’est pas un mensonge, alors les programmes gouvernementaux existants représentent fidèlement la volonté de la majorité, et donc les pauvres, les malades et les vieux n’auront rien à craindre d’une société apatride. Ils seront, et pour de nombreuses raisons, pris en charge bien plus efficacement par les organismes privés de charité que par les programmes gouvernementaux.

En résumé, la réalité est simple à saisir: soit «les gens» sont capables de s’aider et de se respecter, et donc nous n’avons pas besoin d’un gouvernement; soit les «les gens» sont incapables de s’aider et de se respecter, et donc c’est encore plus important de ne pas avoir de gouvernement central car il permettrait à ceux qui ne veulent rien respecter d’en plus avoir accès à un monopole de la force & de la violence afin de satisfaire leurs envies personnelles.

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Conclusion

Il est certainement facile de simplement ignorer les contradictions ci-dessus et dire qu’à quelque part, d’une certaine manière, il doit y avoir une juste réponse à ces objections. Bien que de trouver des réponses simples peut être une chose agréable à faire à court terme, ce n’est pas quelque chose que je trouve agréable à faire à long terme. Ces contradictions reviennent toujours mais c’est une bonne chose car je pense que le progrès de la pensée humaine dépend totalement du fait que nous ne devrions rien prendre pour acquis.

La première vertu est toujours l’honnêteté et nous devrions être assez honnêtes pour l’admettre quand nous ne trouvons pas de réponses raisonnables à ces objections raisonnables. L’incapacité de trouver une réponse sur le coup ne veut pas dire qu’il n’y a pas de réponse. Cela ne signifie pas que nous devons immédiatement trouver de nouvelles réponses, mais plutôt de s’asseoir avec ces questions pour un moment et méditer & rechercher les faiblesses & les contradictions dans nos objections. Et seulement lorsque nous sommes convaincus que ces objections sont valables devrions-nous commencer à chercher des réponses rationnelles et empiriques aux «solutions existantes» (la démocratie, l’État), même pour les plus anciennes et les plus généralement acceptées.

Ce processus de cesser de croire aux «non-réponses» est fondamental pour la science et la philosophie. Et c’est la première étape vers l’anarchisme, c’est-à-dire l’acceptation de l’idée que la violence n’est jamais une solution valable aux problèmes non-violents.

Et si vous voulez voir un exemple concret de ce que des anarchistes peuvent faire quand ils sont au pouvoir, je vous invite à lire cette histoire sur ce parti anarchiste qui a remis Reykjavik (une ville de près de 300’000 habitants)  sur pied.

  • Pasdechatsicitte

 

Ajout: Ce post sur Reddit est un excellent indicateur de comment l’État corromp l’emploi et crée l’apathie politique.

 

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P.S. : Ce billet est basé sur les ouvrages de Stefan Molyneux sur l’anarchie. J’ai choisi et traduit certains passages de son livre disponible gratuitement en PDF et en livre audio ici et sur Youtube ici. J’ai aussi modifié et ajouté des passages représentant mon opinion.

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Vous êtes tous anarchistes

Vous êtes tous anarchistes, tous. Vous en doutez?

 Lien court: http://wp.me/p4MO4u-23

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Introduction
Les mots sont utilisés autant pour faire le bien que pour faire le mal. On peut être un terroriste ou un combattant pour la liberté. Un athée est un non-croyant, un croyant est un superstitieux. Un homme de conviction est un extrémiste; un homme modéré est un lâche. Un esprit libre est un libertin, un introverti prudent est prude. Les mots servent aussi comme jugements moraux. Par exemple, on peut dire d’un homme qu’il est sauvé s’il accepte Jésus; on peut aussi dire qu’il est sauvé de l’irrationalité s’il ne le fait pas. Un homme patriotique dira qu’un soldat sert sa nation; d’autres pourraient dire qu’il obéit sans réfléchir. Tuer un homme en temps de paix est un meurtre alors que c’est noble en temps de guerre.

Certains mots ne devraient jamais être réhabilités, par exemple nazis, inceste, abus, viol, meurtre. Ces mots décrivent les impulsions les plus noires de l’humain et ne peuvent jamais être utilisés pour décrire une situation vertueuse.

Le mot « anarchie » fait partie de ceux qui n’ont pratiquement aucune chance d’être « réhabilités ». Toute tentative de trouver du bon dans ce mot peut sembler complètement futile.

Peut-être que le mot « anarchie » a été si abusé dans son passé qu’il ne pourrait jamais être « réhabilité » de tout ce « mal » qui semble l’entourer. Quelles images vous viennent en tête en entendant le mot « anarchie »? Des manifestations violentes? Le chaos?  Un monde post-apocalyptique où les puissants criminels dominent les faibles? Ou peut-être que pour vous c’est un agenda politique qui camoufle un désir pour le vol, la terreur, le meurtre, où des hommes secrets placent des bombes sous les véhicules des dirigeants politiques ou de l’aristocratie? Peut-être que vous voyez l’anarchie comme étant un concept philosophique où l’avenir existe sans structure et sans règles? Si votre ami vous annonce soudainement qu’il est anarchiste, vous allez peut-être l’examiner pour voir s’il n’a pas teint ses cheveux, ajouté des piercings, un anneau dans son nez, du mascara tout sale sous les yeux, des aiguilles souillées dans son sac, etc. Les mots « intervention », médication », « traitement », « centre de réhabilitation » et « thérapie intensive » résonneraient peut-être dans votre esprit, accompagnant votre pouls soudainement plus élevé?

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Définition
Selon le Oxford Dictionary, la définition du mot « anarchie » est :
1) Un état de désordre dû à l’absence ou la non-reconnaissance d’une autorité ou de systèmes de contrôle (désordre politique);
2) Absence d’un gouvernement et liberté absolue de l’individu, vu comme un idéal politique.
Son origine étymologique se retrouve dans le latin médiéval précédemment tiré du grec, de « anarkhos », an (without, sans) & arkhos (chef, dirigeant). Donc le mot « anarchie » veut dire « sans dirigeant ».

On peut voir que le mot « anarchie » a deux sens principaux. 1) une absence de gouvernement accompagné d’ordre sociétal; 2) une absence de gouvernement sans implication de désordre sociétal.

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En pratique
L’absence d’un gouvernement. Qu’est-ce que ça veut dire en pratique?

Il y a deux types de dirigeants dans ce monde; ceux qui mènent avec des incitatifs et ceux qui mènent par la force. Ceux qui mènent avec des incitatifs vont vous offrir un salaire pour travailler pour eux; ceux qui mènent par la force vont vous envoyer en prison si vous ne prenez pas les armes afin de combattre pour eux. Ceux qui mènent avec des incitatifs vont tenter de vous convaincre d’envoyer vos enfants dans leurs écoles en offrant des prix raisonnables, des classes stimulantes et en démontrant du succès vérifiable; ceux qui mènent par la force vont vous simplement vous dire que si vous ne payez pas les taxes pour financer leurs écoles, vous irez aller en prison. C’est la différence entre le volontarisme et la violence.

Le mot « anarchie » ne signifie pas « sans règles », « tuer les autres pour le plaisir », « sans organisation », il veut simplement dire « sans dirigeant politique. » La différence entre la politique et tous les autres aspects de la vie est qu’en politique, si tu n’obéis pas au gouvernement, on t’envoie en prison. Si tu tentes de te défendre contre les gens qui viennent pour te mettre en prison, ils vont te tirer et te tuer. Alors, que veut réellement dire le mot « anarchie »? C’est simplement un moyen d’interagir avec les autres sans les menacer de violence. Le mot « anarchie » veut donc dire « sans violence politique. »

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Inconsistence
La différence entre ce mot et les mots comme « meurtre » et « viol » est que nous ne mélangeons pas meurtre et viol avec leurs exacts opposés dans nos vies en considérant ces actions comme étant normales, morales et saines. On n’étrangle pas un homme le matin, puis plus tard aider une vieille dame à traverser la rue pour finalement se dire « bon ». Nous acceptons tous que les vraies actions qui sont « mal » – viol, agression, meurtre, vol – ne sont jamais considérées comme des parties centrales et nécessaires de la vie d’une « bonne » personne. Un homme reconnu coupable de meurtre n’obtient pas sa liberté en disant qu’il a passé toute sa vie « sauf 5 secondes » sans tuer personne.

Par ces actions que nous reconnaissons comme étant « mal », une seule transgression change le caractère moral d’une vie entière. Nous ne verrions plus jamais un ami de la même manière s’il était reconnu coupable de viol.

Par contre, ce n’est pas le cas avec le mot « anarchie ». Il n’entre pas dans cette catégorie de « mal ». Quand on pense à une société sans violence politique, sans gouvernement, les spectres du chaos et de la brutalité ressurgissent toujours, immédiatement, et, on dirait, irrévocablement. Et pourtant, il ne faut qu’un moment pour réaliser que nous vivons la grande majorité de nos vies en complète et totale anarchie et nous décrivons cette anarchie comme « moralement bonne ».

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L’anarchie quotidienne
Prenons par exemple, les rencontres amoureuses, le mariage et la famille.

Dans une société raisonnablement libre, ces activités ne tombent pas dans le domaine de la coercition politique. Aucune agence gouvernementale ne choisit qui vous devez marier ou avec qui avoir des enfants, puis vous emprisonne pour avoir désobéi. Le volontarisme, les incitatifs et les avantages mutuels sont les points centraux d’un marché libre de l’amour, de la sexualité et du mariage.

Qu’en est-il de votre carrière? Est-ce qu’un agent gouvernemental vous a dit à la fin de votre secondaire que vous alliez devenir un médecin, un avocat, un employé d’usine, un serveur, un acteur, un programmeur, un philosophe? Bien sûr que non. Vous avez été libre de choisir la carrière qui vous intéressait.

Et dans vos décisions financières majeures? Est-ce qu’à chaque mois un agent du gouvernement vient chez vous pour vous dire exactement combien vous devez sauver, combien dépenser, si vous pouvez vous permettre d’acheter ce nouveau sofa ou cette vieille peinture? Avez-vous eu besoin de demander au gouvernement pour acheter votre maison, votre voiture, votre télé ou votre brosse à dent?

Non. Dans toutes les sphères de vos vie mentionnées plus haut – amour, mariage, famille, affaires, carrière – vous faites vos propres décisions dans l’absence complète de coercition politique. Donc, si l’anarchie est si mauvaise, pourquoi est-elle la valeur par défaut de vos vies et dans vos décisions de tous les jours?

Si demain matin le gouvernement vous disait qu’il choisirait pour vous où vous devez vivre, comment gagner votre vie et qui marier, est-ce que vous tomberiez à genoux en remerciant le ciel que vous avez été sauvé de cette terrible anarchie, cette anarchie qui vous permet de faire vos propres décisions en absence totale de coercition politique? Bien sûre que non! Ce serait l’opposé; vous seriez horrifié et vous résisteriez une telle dictature avec toutes vos forces. Si on vous disait qu’il vous faille faire une demande à l’état pour avoir des enfants, vous résisteriez cette tyrannie et vous feriez tout ce que qui est en votre pouvoir pour retourner à « l’anarchie ».

Donc on peut conclure que les humains sont férocement ambivalents vis-à-vis l’anarchie; nous la voulons désespérément dans nos vies personnelles et nous en avons politiquement peur. Autrement dit, nous aimons l’anarchie que nous vivons et nous avons peur de l’anarchie que nous imaginons.

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Conclusion
L’anarchie est un concept teinté de peur car ceux qui vous l’ont enseigné – l’état à travers son programme de lavage de cerveau scolaire étalé sur 12 ans – se sont assuré qu’ils en contrôlaient la définition. L’anarchie est en fait ce que nous désirons le plus et dans les prochains articles, je vous expliquerai comment on peut en arriver à vivre dans une société libre de toute forme de coercition, de violence étatique ou de système imposé de force par un gouvernement. Et ne vous en faites pas, vos objections naturelles telles que « sans l’état les pauvres n’auront pas d’éducation », « sans l’état, qui va construire les routes » & « sans l’état, personne n’aura de soins de santé » seront répondues.

L’anarchie est le seul moyen d’éviter les abus de l’État et les crimes contre l’humanité perpétrés par les différents gouvernements, comme nous l’avons vu par la mort de plus de 250 millions de personnes dans le 20ème siècle. Je ne fais que mon travail, je ne fais que suivre les ordres

« As soon as you say the topic is civil disobedience, you are saying our problem is civil disobedience. That is not our problem…. Our problem is civil obedience. Our problem is the numbers of people all over the world who have obeyed the dictates of the leaders of their government and have gone to war, and millions have been killed because of this obedience. » Howard Zinn (Lien ici)

 

  • Pas de chats icitte

P.S. : Ce texte est basé sur les ouvrages de Stefan Molyneux sur l’anarchie. J’ai choisi et traduit certains passages de son livre disponible gratuitement en PDF et en livre audio ici et sur Youtube ici, et j’ai aussi ajouté des passages représentant mon opinion.