Manifester inutilement devant le rideau

«Depuis les trois dernières manifestations, nous intervenons plus rapidement, a confirmé le sergent Jean-Bruno Latour, porte-parole du SPVM. Il ne faut pas prendre en otage les citoyens qui veulent venir au centre-ville de Montréal. La Charte [des droits et libertés] protège le droit d’expression, mais il n’y pas de droit de manifestation.»

«Notre boulot, à la police, c’est la repression (Yves Francoeur, président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal). Nous n’avons pas besoin d’un agent sociocommunautaire comme directeur, mais d’un général. Après tout, la police est un organisme paramilitaire, ne l’oublions pas.» 

– – – – –

Introduction

Dans l’histoire du Magicien d’Oz, Dorothée et sa bande se font manipuler par les méchantes sorcières et le vilain magicien. Ces derniers utilisent la peur et la distraction pour contrôler Dorothée et sa bande afin de les manipuler comme bon leur semble.

 

Depuis quelques mois au Québec, on entend le mot «austérité» partout, sauf de la bouche du premier ministre. Il y a ceux en faveur de l’austérité, ceux contre l’austérité, ceux qui n’en ont rien à foutre, ceux qui ne savent pas ce que le mot «austérité» veut dire et « ceux qui sont contre l’austérité et qui frappent sur ceux qui sont aussi contre l’austérité ». Même s’ils ne prononcent jamais « le mot », le premier ministre Philippe Couillard et son gouvernement majoritaire ont commencé à couper dans les produits et services offerts aux québécois, sous prétexte qu’il faille se serrer la ceinture.

 

Il est de l’opinion personnelle de cet auteur que les mesures d’austérité telles qu’annoncées par Philippe Couillard ne règleront rien, même chose si le gouvernement cédait aux doléances populaires contre l’austérité. Je crois aussi que si le gouvernement plie devant les manifestations, ça ne serait qu’appliquer un petit plaster sur une hémorragie. « One way or the other, we’re fucked. » Les gens sont dans la rue afin de protester contre les coupures et demandent plus d’argent, sauf que la quasi-totalité de la population n’a absolument aucune idée d’où vient l’argent. Ce billet vise à présenter une troisième alternative, une qui ne fera pas les médias et dont pratiquement personne ne parle. Et pourtant, je crois que cette alternative a le potentiel de sauver la situation.

Lien court: http://wp.me/p4MO4u-6T

– – – – –

Définition

Selon le dictionnaire Larousse, l’austérité est une «Politique économique visant à réduire l’ensemble des revenus disponibles pour la consommation, par le recours à l’impôt, au blocage des salaires, à l’emprunt forcé, aux restrictions de crédit et au contrôle des investissements. ». Donc, une période de réduction des dépenses, de coupures budgétaires.

 – – – – –

Le débat

Juste une petite liste de différents points ayant fait les manchettes dans les dernières semaines :

 

D’un côté, la droite soutient qu’il faut couper pour « sauver l’avenir », la gauche dit qu’il ne faut pas couper afin de « sauver l’avenir ». On peut s’entendre à un printemps chaud et nous savons déjà que les différents paliers de gouvernement ne veulent pas une répétition de 2012. Alors qu’on nous dit qu’au niveau des compressions, le pire est à venir, les doléances contre les coupures en éducation semblent se faire sur un fond de manque d’information puisque l’État versera plus en prêts et bourses en 2015-2016 que jamais auparavant. Peu importe qui dit vrai, les deux côtés s’obstinent pour le même but, mais ont simplement des approches différentes. Un bon exemple de démarche à ne pas suivre est celui de la Grèce.

 

À la base, c’est un problème d’argent. Spécifiquement qu’il n’y en ait pas suffisamment pour tout le monde. Mais les deux côtés ne s’attardent pas sur le détail le plus important : d’où vient cet argent.

– – – – –

L’histoire

Il faut d’abord comprendre que pour avoir de l’argent, le gouvernement :

  1. le prend dans les poches de la population via les taxes, permis de toutes sortes, impôts, etc.,; et
  2. impose des tarifs commerciaux sur l’importation; et
  3. emprunte à la Banque du Canada.

Attardons-nous spécifiquement sur le point 3.

 

L’article 91 de la constitution canadienne de 1867 liste les pouvoirs du parlement fédéral, et entre autres ceux-ci:

  • 1A. La dette et la propriété publiques
  • 4. L’emprunt de deniers sur le crédit public.
  • 14. Le cours monétaire et le monnayage.
  • 15. Les banques, l’incorporation des banques et l’émission du papier-monnaie.
  • 18. Les lettres de change et les billets promissoires.
  • 19. L’intérêt de l’argent.

 

Allant à l’encontre de l’article 91, le gouvernement canadien décida d’accepter les recommandations d’une commission d’enquête et créa en 1934 la Banque du Canada. Selon le site de la Banque du Canada, celle-ci fût créée (sous sa forme actuelle) grâce à la Loi sur la Banque du Canada. (Je vous invite à lire ses 53 articles, c’est court et très révélateur.) Cette loi fût modifiée à maintes reprises pour être ce qu’elle est aujourd’hui.

 

À l’article 91 listé plus haut, il est écrit que le parlement fédéral a le pouvoir sur l’émission du papier-monnaie mais il a transféré ce pouvoir à la banque du Canada, tel qu’on peut le lire dans le préambule de la loi. C’est là que les choses se compliquent.

 

Avant tout, vous devez savoir que je pars de la présomption que la Banque du Canada est une institution privée qui n’appartient pas aux canadiens ni au gouvernement du Canada. J’ai déjà couvert ce sujet dans un autre billet et je vous invite à le consulter au besoin avant de continuer. Il est important de bien comprendre ce que vous venez de lire.

– – – – –

La réalité

Une banque privée est une entité corporative qui existe entre autres pour faire des profits et non vivre de la charité. Quand la Banque du Canada imprime de l’argent, elle le vend au gouvernement. Celui-ci doit le rembourser avec des intérêts. Cette transaction est ce qui cause l’inflation. L’inflation est la dévaluation d’une monnaie par son impression constante et/ou en grande quantité. Quand on dit que les prix des biens augmentent, c’est faux. C’est plutôt la valeur de la monnaie qui diminue. Si une recette de crêpe vous suggère d’ajouter une tasse de lait mais que vous en ajoutez 4, vous diluez le reste de la recette. Le même principe s’applique ici.

 

L’inflation se traduit par l’appauvrissement constant des moins nantis et par l’écart progressif entre les riches et la classe moyenne. Mathématiquement parlant, ce n’est qu’une question de temps avant qu’il ne reste que peu de riches et beaucoup de pauvres. Or, l’État a le pouvoir de mettre fin à cet écart et ce, du jour au lendemain. Tel que mentionné dans l’article 91 plus haut, le gouvernement fédéral peut mettre fin au pouvoir de la Banque du Canada et reprendre le contrôle de l’impression de la monnaie et de la gestion économique. Actuellement, ce gouvernement n’est rien d’autre qu’un groupe de gestionnaires qui doit prioriser la banque avant ses bénéficiaires. Plus le temps passe, plus les intérêts augmentent, plus la dette augmente, moins l’argent est disponible et moins les « clients » vont recevoir de services. Jusqu’à ce que l’insolvabilité frappe à la porte.

 

Si le gouvernement reprenait le contrôle de son économie, il imprimerait la quantité nécessaire d’argent sans devoir l’acheter et le rembourser. L’inflation serait éliminée instantanément. Il suffit de mettre fin au dollar canadien tel qu’on le connait (une monnaie basée sur strictement rien) et de créer un nouveau « dollar » basé sur un panier de ressources renouvelables et non-renouvelables, telles que le bois, l’eau, le cuivre, le zinc, l’or, le fer, etc. Non seulement cette monnaie serait fiable et réaliste, mais elle résisterait aussi aux fluctuations économiques mondiales.

 

Donc, il y a une chose à savoir. Le gouvernement a le pouvoir de régler ses problèmes d’argent pratiquement en claquant des doigts mais refuse de le faire. Il préfère maintenir les gens dans la pauvreté et couper dans les services. Ainsi il se permet de se vautrer dans l’attention qu’il reçoit de ceux qui contestent le système. Les politiciens et le gouvernement sont des créatures qui ont besoin de se sentir désirées, et en créant les conflits & la division, le peuple se tourne vers ceux qu’il croit pouvoir le sauver : les politiciens. Ces politiciens, tel des psychopathes en déficit d’amour, ne voient pas l’émotion réelle dégagée par le peuple mais jouissent du plaisir obtenu par toute cette attention.

 

Il est inutile de demander au gouvernement de régler le problème car c’est lui le problème. Les politiciens ont besoin des doléances populaires pour se sentir vivants et tant que cette réalité existera, ils continueront à créer des conflits et des diversions. Imaginez-le comme un ver solitaire qui a besoin que vous mangiez pour qu’il survive. L’État dans sa forme actuelle n’est rien d’autre qu’un parasite qui détruit son hôte avec le temps. La journée où le peuple comprendra qu’il faut cesser de demander au gouvernement de régler les problèmes qu’il cause, peut-être aura-t-il le courage nécessaire de faire ce qu’il faut pour mettre fin à cet abus.

 

Entre-temps, Couillard profite de sa majorité parlementaire pour acheter la dignité des élus en leur donnant une augmentation de 14% et de 41% pour lui.

 

Le gouvernement, sciemment et volontairement, appauvri le peuple dans l’unique but de le rendre plus dépendant des politiciens. Cette pratique psychopathique cessera quand le peuple le réalisera et décidera d’y mettre fin. L’Islande l’a fait avec 300’000 personnes, imaginez ce que les 33 millions de canadiens peuvent faire s’ils décident que « c’est assez! »

 

Je vous invite à lire l’article suivant intitulé « Le Québec victime de l’étatisme depuis la révolution tranquille ». Il est rempli de données fort révélatrices qui permettent de comprendre la réalité québécoise actuelle.

 

Concernant cette fameuse austérité, je suis totalement d’accord avec le fait que le pire est à venir. Je m’explique. Dans les années 30-40-50, les familles de plus de 8 enfants n’étaient pas rares. Selon l’Institut de la statistique du Québec, « le nombre moyen d’enfants par femme est passé sous le seuil de remplacement des générations – de l’ordre de 2,1 enfants par femme dans les pays développés – en 1970 et a poursuivi sa décroissance jusqu’en 1987, année où il atteint le niveau le plus faible de son histoire, soit 1,36. » L’indice synthétique de fécondité s’établit à 1,65 enfant par femme en 2013 et est relativement stable. Au beau milieu du baby-boom, 144’000 naissances étaient enregistrées annuellement au Québec alors qu’aujourd’hui le taux de natalité est stable à autour de 88’000 par année. Donc à l’époque, il y avait beaucoup plus de gens pour supporter le fardeau fiscal et l’inflation était moins élevée.

 

Imaginez une pyramide avec les plus vieux en haut et les plus jeunes travailleurs dans le bas. Ceux dans le bas supportent le fardeau fiscal. Il y avait à l’époque plus de gens pouvant supporter le fardeau fiscal que de gens étant à leur retraite. Ensuite viennent les moyens contraceptifs plus performants, dont la pilule anticonceptionnelle. Les couples peuvent maintenant décider de quand ils auront un enfant, donnant ainsi une plus grande liberté. Les femmes vont sur le marché du travail en grand nombre et vont étudier plus longtemps. Les bébés se font de plus en plus rares.

 

Graduellement, la pyramide s’inverse et maintenant, il y a moins de gens pouvant supporter le fardeau fiscal, moins d’argent qui rentre, plus d’emprunts qui sont nécessaires pour subvenir aux besoins d’une population vieillissante, en plus d’une augmentation de l’inflation et d’une diminution des services. Mais puisque le Québec est sous le seuil de renouvellement des générations, il y aura de plus en plus de gens qui prendront leur retraite et encore moins de gens pouvant supporter le fardeau fiscal. Cela crée une dépendance progressive des services de l’État et celui-ci doit trouver de l’argent pour continuer à offrir ces services. Comme avec toute personne ayant un endettement élevé, un jour il ne pourra plus emprunter. Je laisse à votre imagination les conséquences potentielles de cet écrasement financier. Et donc, jusqu’à ce que ce jour arrive, effectivement, ça n’ira pas en s’améliorant.

 

Avez-vous déjà remarqué l’emphase subtile mise par le gouvernement sur les collèges professionnels, les certificats d’un an et les métiers spécialisés au détriment des programmes universitaires? Personnellement je crois que c’est parce que l’État, dans la planification de ses besoins à long terme, reconnaît qu’il fait face à un vieillissement de la population et doit se préparer en conséquence. Il aura moins besoin de physiciens que de préposés aux bénéficiaires. Si l’État veut survivre, il doit planifier pour ses besoins futurs réels.

 

Quand les gens vont dans la rue pour demander plus d’argent, tout ce qu’ils font est de dire « Empruntez de l’argent à la banque du Canada et nous feront rembourser le prêt et les intérêts par nos enfants. » Aujourd’hui, nous payons pour les générations passées et nous allons dans les rues pour faire la même chose avec les prochaines générations. Un jour, quelqu’un devra payer. Êtes-vous prêts à donner à vos enfants la responsabilité fiscale de vos envies actuelles? Ou est-il plutôt temps de mettre fin à cette forme d’hégémonie fiscale que l’État présume posséder sur le peuple?

– – – – –

Conclusion

Ce n’est pas en manifestant pour avoir de l’argent et contre des coupures que nous régleront le problème car les politiciens sont dans le chemin. Je sais pertinemment qu’il y a des politiciens aux bonnes intentions et je généralise en les décrivant comme je le fais plus haut dans ce texte, n’empêche que c’est mon opinion que ces individus ont tout ce qu’il faut pour réellement régler la situation et ne le font simplement pas. Ce n’est pas en nous donnant un budget basé sur de l’argent fictif que ça va aller mieux dans le futur. Au contraire, il faut adresser le problème à sa source et reprendre le contrôle. En Islande, la population s’est révoltée et a expulsé les politiciens en place, a refusé de payer les dettes causées par des banquiers profiteurs et voleurs, a emprisonné ces banquiers, et depuis connait une excellente croissance économique. Même que le « Pirate Party », qui a fait son entrée au parlement islandais en avril 2013, est maintenant le plus supporté par la population islandaise.

 

Les islandais ont fait comme Toto, le chien de Dorothée, ils ont tiré le rideau et ont mis fin à l’imposture. Pourtant, tout ce que Dorothée avait à faire pour se sortir de sa situation était de claquer les talons de ses souliers d’argent ensemble. Elle avait ce pouvoir depuis le début, mais les maîtres de la distraction les manipulaient elle et ses compagnons comme des marionnettes dès le départ.

 

Vous voulez votre argent, vos services, vos avantages et le respect? Vous voulez une meilleure vie et un avenir réel pour vos enfants? Alors cessez de faire confiance aux médias de masse, cessez de vous faire manipuler par les distractions des politiciens et faites comme Dorothée, claquez ensemble ces souliers que vous possédez sans le savoir depuis le début.

 

  • Pasdechatsicitte.

0011 - ! Mon austérité est plus forte que la tienne0011 - Réalité québécoise0011 - Poverty and government0011 - Mensonges de Philippe Couillard0011 - If you answer Government...0011 - Hausses d'Hydro0011 - Couillard - vous allez tous mourir

Publicités

3 réflexions sur “Manifester inutilement devant le rideau

  1. je vous invite à écouter Etienne Chouard , il a une approche bien ciblée notamment sur le fait que nous devrions être tous acteur de notre constitution et non pas passif. je trouve très pertinent ce site.

  2. L’argumentaire est intéressant, mais il passe à côté de la plaque. J’aimerais donc adresser certaines affirmations.

    Sans m’attaquer au fond de l’argument voulant que le gouvernement ne devrait plus dépendre de la banque centrale, l’affirmation suivante est simpliste: « L’inflation se traduit par l’appauvrissement constant des moins nantis et par l’écart progressif entre les riches et la classe moyenne. » C’est vrai, mais seulement indirectement. L’inflation touche tout le monde, et ceux qui accumulent des fortunes sans les placer à un taux supérieur à l’inflation perdent de l’argent. On pourrait alors dire que les riches sont ceux qui sont le plus susceptible à l’inflation. Mais, plus t’as d’argent, plus tu peux la placer, diversifier ton portefeuille, et plus, au final, tu peux faire d’argent. C’est le revenu du capital. Or, en ayant ce genre de revenu, pas besoin de travailler dans un emploi dit productif. Ce qui creuse réellement les inégalités, c’est la croissance plus rapide des revenu du capital par rapport au revenu du travail, soit les salaires. Avec la stagnation économique actuelle en occident, soit une faible croissance, les revenus du travail stagnent et les inégalités augmentent. Agir sur l’inflation est donc loin d’être un remède miracle.

    « L’inflation serait éliminée instantanément. » C’est faux. Ce qui cause l’inflation n’est pas seulement le taux d’intérêt imposé au gouvernement par sa banque centrale, c’est plutôt le système de réserve. Tant que les banques peuvent prêter au delà de leurs liquidités, ils créent de l’argent virtuel via crédit. L’augmentation de la masse monétaire cause alors de l’inflation. Mais l’inflation n’est pas seulement un phénomène monétaire. Elle dépend aussi de la croissance économique, avec laquelle elle interagit. D’ailleurs, le crédit permet d’augmenter artificiellement le taux de croissance jusqu’à que ce que les bulles spéculatives explosent et nous plongent en récession. Par contre, utiliser un « panier de ressources » comme base monétaire est une option intéressante, mais c’est loin de se faire « en claquant des doigts », et conserver le système de réserve se faisant ne changera à peu près rien.. De toute façon, même avec une volonté politique forte à Québec, que nous n’avons pas, et une mobilisation forte au Québec, que nous n’avons pas, pas grand chose fera bouger le gouvernement fédéral. Quoiqu’on pourrait toujours sortir du Canada, mais la création d’une nouvelle devise est même plus risqué que la situation économique actuelle.

    Quant à l’article mis en lien, « Le Québec victime de l’étatisme depuis la révolution tranquille », c’est une critique de droite des politiques sociales. Oui l’État est un problème, mais pas quand il s’agit de réparer les injustices causées par un système économique fondé sur la domination. Anyway, cet article n’est qu’une autre analyse économique (pour ne pas dire économiste…) à courte vue. Le Québec n’a simplement pas suivi l’ampleur du mouvement de remarchandisation des acquis sociaux qui s’est opéré en occident depuis les 30 dernières années, ce qui lui a permis de garder de bons indicateurs d’égalité sociale en se comparant. En fait, ce qui freine le développement économique québécois et qui met en conflit ses politiques sociales avec l’économie nationale, c’est qu’il dépend systématiquement des décisions du fédéral, qui n’a pas que les intérêts du Québec en tête, bien au contraire. Reste que l’économie du Québec est diversifiée, le gouvernement québécois a énormément d’actifs importants et il a des probabilités de défaut à long terme sur les marchés de loin inférieurs à des provinces comme l’Ontario et l’Alberta. Et après on voudrait rejoindre ces provinces et la moyenne canadienne en réduisant la taille de l’État?? Ceci n’est qu’une des preuves que l’austérité actuelle n’est rien d’autre qu’idéologique.

    Pour régler la situation rapidement, malgré la pyramide générationnelle, la solution n’a pas à être révolutionnaire. Surtout qu’une révolution ne se fait pas sans l’appui général de la population. Le Québec n’est pas l’Islande. Les réductions des inégalités sociales et des problèmes financiers du gouvernement, certes imparfaites, sont à notre portée. Il suffit d’imposer des gains de capital bien ciblés (et surtout pas rétroactifs…), notamment les profits records des banques, grâce au cérdit, et la spéculation indécente dans le secteur immobilier, et de revoir notre rapport collectif au patrimoine. Il faut aussi comprendre que les dépenses gouvernementales font partie de l’économie et les réduire ne fait qu’empirer la stagnation, notament des salaires. Alors, j’aurai beau aussi avoir des tendances anarchistes, laisser l’État se faire démanteler tant que les forces du capital se porteront bien, et elles ne se sont jamais aussi bien portées qu’aujourd’hui, c’est une recette pour plus d’inégalités et d’instabilité sociale. Il faut se battre contre les choix désastreux de ce gouvernement de banquiers (littéralement), qui est en train de mettre à terre le modèle québécois. Sinon on va le regretter longtemps. Couillard est pire que Charest. L’argent existe et il faut aller le chercher. C’est beau la révolution, mais pour l’instant, il nous faut des solutions immédiates, pragmatiques, qui soit durables et équitables, à un système qui n’est pas prêt à céder sa place. Et c’est pour ça qu’on manifeste.

    • Bonsoir et merci Antonis d’avoir pris du temps pour répondre cet excellent commentaire constructif qui permet à plein de gens d’approcher la problématique d’un œil différent. Il est enrichissant.

      Tu l’auras deviné, je ne suis pas un expert sur le sujet présenté ici. Après tout, c’est très complexe et tant qu’il y aura des hommes, il sera difficile de prévoir toutes les possibilités.

      Mon objectif ici est d’amener le lecteur à se poser des questions, tout comme je le fais en écrivant et en recevant des commentaires comme le tiens (ici, sur Facebook, par courriel, etc.). C’est ce que ta réponse nous permets tous de faire.

      Il est évident que la situation économique ne se règlera pas immédiatement, c’est pourquoi j’aime croire que mon billet est comme une semence qui permettra dans le futur de voir des alternatives aux discours traditionnels.

      J’ai l’impression que dans un monde où le Québec et/ou le Canada (que le Québec soit indépendant du Canada ou non) a le plein contrôle de son économie, il ne serait plus nécessaire de taxer et d’imposer les citoyens. Imposer les entreprises, peut-être, ce serait à voir, mais le point est que l’État pourrait cesser de payer des intérêts de la dette et laisser à la population le plein pouvoir de son économie locale. Une bonne taxe de vente mais sans impôts pourrait être une idée, mais j’en ai plein d’autre.

      Par exemple, il est possible de développer le fleuve St-Laurent (tout en respectant l’écologie et l’environnement) pour y installer un système de turbines qui généreraient encore plus d’électricité. Étant un projet Québécois financé par une monnaie solide, cette électricité serait distribuée sur le réseau québécois et contribuerait à réduire la facture d’électricité de tous les québécois, jusqu’à ce que celle-ci arrive à zero et que nous ne payons plus pour «notre» électricité. Le surplus peut être vendu aux autres provinces et états au besoin, tout en donnant l’exemple. Mais le Québec est étouffé par la dette et ses obligations financières.

      Bon, c’est une idée parmi une longue liste mais tu as raison en parlant de solutions immédiates. Peut-être qu’un mélange des deux (immédiates et à long terme) pourrait bien se faire, qui sait.

      Bref, merci de ton commentaire absolument pertinent. 🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s