Les organisations de résolution de conflit

Introduction

Avant la fin de ce paragraphe, sans que j’aie à la nommer, vous aurez probablement trouvé le nom de cette entreprise qui est l’exemple le plus puissant de la capacité d’une organisation privée à gérer un marché public de vente et d’achats de toutes sortes d’items. Avec un chiffre d’affaires de plus de 16 milliards US$ en 2013 et ayant plus de 33 500 employés dans le monde, cette entreprise règle quotidiennement et sans violence tous les conflits qui surviennent entre leurs millions d’usagers, lesquels se trouvent dans tous les pays de la planète, et ce, sans égards aux frontières. Vous achetez un item en ligne et vous ne le recevez pas? Ouvrez une dispute sur le site et boom, vous avez votre remboursement. C’est l’entreprise qui s’occupera de régler la situation avec celui qui n’a pas envoyé l’item. Cette entreprise fondée le 3 septembre 1995 espère avoir d’ici 2015 près de 200 millions d’usagers et entend être l’intermédiaire pour près de 300 milliards US$ en valeurs transactionnelles. Étant donné que la sécurité financière et la tranquillité d’esprit sont importantes pour la majorité des gens, si cette entreprise n’avait pas en place un système de résolution de conflit fiable et efficace, croyez-vous qu’elle serait rendu aussi énorme?

Pouvez-vous nommer cette organisation de résolution de conflit? (Cliquez ici pour savoir, si vous n’arrivez pas à deviner.)

Lien court: http://wp.me/p4MO4u-5b

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La nécessité

Vous avez déjà entendu l’expression «La nécessité est la mère de tous les inventions»? Quand un besoin n’est pas satisfait, nous avons tendance à agir afin de le satisfaire. Si tu as faim, tu manges. Si tu veux une stabilité et une sécurité d’esprit dans ta nourriture, tu te fais un jardin. Sinon, tu vas à l’épicerie. Bref, notre nécessité est relatives aux besoins et au risque entourant ce besoin. Certains iront jusqu’à créer leur propre solution s’ils n’ont pas accès à une solution déjà existante. Par exemple, dans le but de donner des exemples à suivre aux policiers partout aux États-Unis, trois adolescentes de 14, 15 & 16 ans ont créé Five-O, une application pour téléphones cellulaires qui permet de documenter l’abus policier et de donner un «rating» aux agents de police. Certains diront que l’État policier qui est fermement installé dans ce pays affecte le besoin de sécurité de la population et donc la nécessité de changer la situation amène cette invention, laquelle est disponible depuis le 18 août.

C’est mon opinion que durant le printemps érable 2012 au Québec, la répression policière & l’incapacité des politiciens à gérer la crise ont fait en sorte qu’un très grand nombre de gens ont décidé de s’intéresser à la politique. L’adage «Occupes-toi à la politique si tu ne veux pas que la politique s’occupe de toi» a fortement résonné chez un grand nombre de gens, au point où nombreux sont ceux qui se sont radicalisés. Ce fût la même chose avec le G20 à Toronto en 2010, alors que la violence policière a atteint des niveaux inégalés dans l’histoire canadienne. Deux recours collectifs viennent d’être autorisés d’ailleurs à ce sujet. Ces gens qui sont intéressés par la politique cherchent simplement à vivre dans une société où la violence est absente, où la liberté d’opinion et la liberté de choix sont respectées et où l’abus par l’autorité est systématiquement éliminé. Certains croient que ce changement passe par l’État, moi je dis qu’on ne peut demander au «bully de la cour d’école» de s’occuper d’établir les règles sur le «bullying dans la cour d’école.» C’est mon opinion qu’il n’existe aucun «bully» plus grand et plus puissant que l’État.

Si nous voulons éventuellement vivre dans une société sans violence, il suffit simplement de laisser l’État aller. C’est lui qui est le plus efficace à semer les graines de sa propre destruction. Chaque abus qu’il accomplit génère son lot de victimes et de gens dorénavant conscientisés. À un certain moment, la masse critique sera atteinte et l’État va connaître la fin de sa vie. Et la journée où ça va arriver, les organisations de résolution de conflits (ORC) vont prendre la relève et s’occuper du vide (la nécessité) laissé par le système qui se sera effondré sous le poids de son obésité morbide étant donné qu’une population nécessitant une satisfaction de ses besoins sera fortement motivée à trouver des solutions. Et nous y verrons la magie du libre marché en action. Comme par exemple, l’histoire du crayon.

Une petite note avant d’entreprendre ce gros morceau sur lequel reposera tous les prochains billets de ce blogue: pendant 194 jours en 2007 & 2008 et pendant 541 jours en 2010-2011, la Belgique fût sans gouvernement. Il y avait quand même une forme de gouvernance présente mais il n’y a pas eu d’état de panique de la population, de fin du monde à la Mad Max, d’apocalypse post-étatique, etc.

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Les organisations de résolution de conflit (ORC).

Un aspect essentiel de la vie économique est la capacité de faire respecter les contrats et résoudre les différends entre les parties impliquées. Comment une société peut-elle assurer ces fonctions en l’absence d’un gouvernement?

La première chose à comprendre au sujet de contrats, c’est qu’ils sont une forme d’assurance, dans la mesure où ils existent pour minimiser les risques de non-respect de l’entente. Si je veux entrer en contrat avec ma banque pour un prêt hypothécaire sur cinq ans, je vais tenter de minimiser mes risques en exigeant que la banque me donne un taux d’intérêt fixe pour la durée du contrat. Ma banque, de son côté, permettra de minimiser son risque en conservant le titre de propriété de ma maison en garantie, dans le cas où je ne paie pas l’hypothèque. C’est la gestion du risque. Dans un monde sans risque, les contrats ne seraient pas nécessaires et nous ferions tous nos affaires sur une poignée de main. Cependant, parce que nous préférons tous minimiser le risque, nous exigeons des contrats dans lesquels sont décrites toutes les conditions et les conséquences du non-respect de ces conditions.

Dans les sociétés étatiques modernes, la majorité des contrats sont généralement appliqués non pas par le système judiciaire, mais plutôt par la menace de l’appareil judiciaire. La distinction est importante. Par exemple, la menace n’est pas tant: «Je vais faire appel au tribunal pour l’exécution de ce contrat», mais plutôt: «Je vais utiliser la menace de vous traîner devant les tribunaux afin de faire respecter ce contrat.» La perspective d’une longue et coûteuse action en justice est généralement suffisante pour forcer une résolution du différend. Il est très facile de constater que quand une système supposé régler les conflits est plutôt utilisé comme une menace afin de forcer une médiation privée, c’est que ce système a clairement échoué dans son «intention». Les tribunaux de l’État sont devenus la même chose que les compagnies d’assurance automobile quasi-privées – les menaces et inconvénients de leur utilisation a causé la plupart des gens à régler leurs différends en privé, plutôt que s’impliquer dans quelque chose qu’ils sont obligés de payer pour, mais qu’ils ne peuvent presque jamais utiliser, entre autre parce que les coûts de la «justice» sont impossibles à payer pour la majorité des gens. La «justice» au Canada (laquelle n’est rien d’autre que la subjectivité d’un juge basée sur comment il se sent cette journée-là) est, la quasi-majorité du temps, disponible uniquement à celui qui a le plus de moyens financiers. Combien de causes se terminent parce qu’une partie n’a plus d’argent? «And justice for all…». Yeah, right.

Bref, ce genre de «justice» est très motivante pour la création de solutions anarchiques permettant de régler les différends contractuels.

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L’évaluation financière du risque

Dans une société sans État, bon nombre d’entrepreneurs seront prêts et intéressés à fournir des solutions créatives aux problèmes de non-respect des clauses contractuelles. En tant que solution non-violente, les bénéfices seront maximisés si la non-conformité au contrat peut être évitée, plutôt que d’être adressée après le fait (mieux vaut prévenir que guérir). Pour prendre un exemple simple, prétendons que vous êtes un agent de prêts dans une banque, et je viens vous demander 10 000$. Naturellement, vous serez très heureux de me prêter de l’argent si je vais rembourser à échéance à la fois le principal et les intérêts, car c’est de cette façon que vous faites votre profit. Cependant, une telle garantie est tout à fait impossible, car même si j’ai l’argent et j’ai l’intention de vous rembourser, je pourrais me faire frapper par un autobus et mourir, vous laissant avec un déficit de 10 000$. Afin de bien évaluer le risque, vous voudrez savoir deux choses en particulier:

1 – Est-ce que j’ai toujours remboursé mes prêts dans le passé?

2 – Est-ce que j’ai une garantie pour le prêt?

Ces deux informations sont quelque peu apparentées. Si j’ai toujours remboursé mes prêts dans le passé, alors votre besoin de garantie sera diminué. Le plus de garanties que je suis en mesure de fournir pour le prêt, moins il est nécessaire pour moi d’avoir un bon historique de crédit. La raison pour laquelle un bon historique de crédit est nécessaire n’est pas seulement afin d’établir ma solvabilité, mais aussi pour aider la banque à évaluer à quel point je suis actuellement investi dans ma bonne réputation. Si j’ai fait plusieurs prêts importants dans le passé et que je les ai toujours remboursés à temps, il semble surprenant que je passe vous voir juste pour voler 10 000$.

Si ma bonne cote de crédit me fait sauver deux points de pourcentage sur mes paiements d’intérêts, et que je vais avoir besoin d’un autre 500 000$ de prêts au cours de ma vie (pour une entreprise par exemple), à elle seule ma bonne cote de crédit me fera sauver au minimum une dizaine de milliers de dollars. Ainsi, je perdrais de l’argent si je prenais un prêt de 10 000$ et que je ne le rembourse pas puisque les avantages financiers de ce vol ne couvriraient pas les pertes que me je pourrais subir suite à la destruction de ma cote de crédit. C’est pourquoi une garantie physique (du collatéral) est moins nécessaire, puisque j’ai la très réelle «garantie» d’une bonne cote de crédit.

Ces types de calculs économiques se produisent régulièrement dans une société étatique et ne disparaîtront pas comme la brume du matin dans une société apatride. Cependant, il y a certains types de prêts que plusieurs institutions financières seraient prêtes à faire malgré le niveau élevé de risque. Par exemple, les jeunes adultes qui commencent dans la vie et qui n’ont pas de garanties ou de cosignataires seraient dans une catégorie de risque plus élevé, de même que ceux qui n’auraient pas réussi à rembourser leurs prêts dans le passé. Comme nous pouvons le voir dans certaines publicités télévisées de concessionnaires automobiles, ne pas avoir d’antécédents de crédit, ou même posséder un mauvais historique de crédit ne sont pas nécessairement des obstacles à l’obtention de prêts. Une troisième chance au crédit?

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La couverture et l’assurance

Il y a deux façons principales de gérer le risque dans une situation complexe: la couverture et l’assurance. La «couverture» consiste à parier à la fois pour et contre un résultat particulier. Dans le marché boursier des devises, cela signifie parier un montant X que (par exemple) le dollar va monter, et un autre montant que le même dollar va baisser. Dans le monde des courses de chevaux, cela signifie parier sur plus d’un cheval. C’est aussi pourquoi les gens ont tendance à diversifier leurs portefeuilles d’actions. L’approche «assurance» tend à être utilisée lorsque la couverture est impossible.

Pendant quelques années j’étais partenaire et co-fondateur d’une petite entreprise en informatique. Mes partenaires et moi avions une assurance collective au cas où un de nous tombait malade ou décédait. Il était relativement impossible de «couvrir» ce risque car former des dirigeants et les conserver attachés dans le sous-sol n’était pas particulièrement rentable, sans parler que c’est immoral. L’assurance-vie est donc un exemple de stratégies parmi tant d’autres qui sont déjà bien établies sur le marché libre.

Cependant, dans les contrats d’un-à-un, les tribunaux de l’État conservent leur monopole. Si je suis un employé, j’ai un contrat d’un-à-un avec mon employeur. Il m’est impossible de mitiger les risques impliqués dans ce contrat et actuellement, il n’est pas possible d’acheter une assurance pour atténuer le risque que mon employeur fasse faillite en se sauvant avec mon dû. En l’absence d’un gouvernement, la nécessité d’atténuer rationnellement les risques par les contrats serait toujours présente et les entrepreneurs fourniraient inévitablement des solutions créatives et intelligentes pour y remédier. Mais tant que le gouvernement est dans les jambes du progrès, le risque existe.

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Le bris de contrat

Prenons un petit exemple de la façon dont les différends contractuels peuvent être résolus dans une société apatride (sans État).

Disons que je vous paie 15 000$ pour faire le paysage de mon jardin, mais vous ne vous présentez jamais pour faire le travail (un First World Problem, j’avoue, mais c’est un exemple). Idéalement, je voudrais ravoir mon 15 000$, ainsi que 5 000$ en compensation pour les inconvénients (ou dommages punitifs). Dans une société apatride, lorsque nous établissons le contrat, nous pouvons choisir un tiers parti impartial pour la médiation des différends. Si un conflit qu’il nous est impossible de résoudre nous-mêmes survient, nous pouvons amener notre cause devant ce médiateur pour ensuite se conformer à sa décision. Le médiateur agit alors en tant qu’organisation de résolution de conflits. Des médiateurs de la sorte, il en existe pour plein de domaines, surtout pour les règlements hors-cour, et c’est très commun puis ça se fait sans la nécessité d’une intervention de l’État. Ça n’a rien de nouveau.

Puisque je ne suis pas un expert dans le domaine de courir après les gens pour leur argent, si j’ai des doutes sur vos motivations, capacités et sur votre honnêteté, je prendrais une assurance auprès d’une organisation de résolution de conflit pour me rembourser si le contrat n’était pas respecté. Si vous vous sauvez sans faire le travail, je soumets tout simplement ma demande à l’ORC qui me paie 20 000$ et ce sera celle-ci qui se chargera de vous réclamer 25 000$ pour couvrir les frais associés à votre manquement au contrat. Au même titre que sur eBay, si le vendeur ne vous envoie pas l’item, eBay vous remboursera et ils s’occuperont eux-mêmes du vendeur, me fournissant satisfaction et tranquillité d’esprit.

Lorsque je soumets une application pour obtenir cette assurance, l’ORC me facturera une certaine somme d’argent basée sur leur évaluation du risque que je prends en faisant affaires avec vous. Si vous avez fraudé vos dix derniers clients, l’ORC n’assurera tout simplement pas le contrat, m’informant implicitement du risque que je prends. Si vous avez un dossier inégal, l’ORC peut me facturer quelques milliers de dollars pour assurer votre travail – encore une fois, me donnant une excellente idée de votre fiabilité. D’autre part, si vous êtes en affaires depuis 30 ans, et que vous n’avez jamais fraudé une seule fois un client ou même n’avez jamais reçu de plainte, l’ORC chargera un frais minime juste en cas de retard causé par un accident ou un décès inattendu. Il peut me charger autour de 50$ par exemple pour cette éventualité.

Cette forme d’assurance contractuelle est une excellente indication de l’honnêteté en affaires. Le coût de l’assurance d’un contrat étant directement ajouté aux coûts de faire des affaires, s’ils peuvent être maintenus aussi bas que possible, les avantages financiers pour tous les partis sont évidents. De plus, le coût d’assurance d’un contrat peut être encore plus bas si vous êtes prêt à fournir des garanties en avance. Par exemple, dans l’entente il peut être demandé de fournir les informations de comptes bancaires des partis impliqués. Ainsi, si je vous paie le 15 000$ et que vous ne faites pas le travail, l’ORC me rembourse 20 000$ tel qu’entendu et prendra le 25 000$ directement de votre compte bancaire. De cette façon, les contrats peuvent être appliqués sans recourir à la violence et sans longues et incroyablement coûteuses batailles juridiques comme c’est actuellement le cas avec le «système de justice» de l’État. Imaginez ne pas avoir à payer de frais faramineux d’avocats, pas de paperasse inutile, pas de présence en cour. C’est à se demander qui profite le plus le système actuel

Les risques associés à une entente contractuelle sont clairement communiqués à l’avance et donc les gens honnêtes sont directement récompensés par des coûts d’assurances plus faibles, tout comme les non-fumeurs sont directement récompensés en payant des primes inférieures d’assurance-vie. Dans une société sans État, l’honnêteté et le respect en affaires seraient la norme, et faire affaires coûterait moins cher, laissant plus d’argent à tous les partis pour l’investir ailleurs, comme par exemple dans l’économie locale, dans les dons aux œuvres de charité, pour aider son prochain, etc.

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Le non-paiement

Supposons que j’ai un contrat avec une organisation de résolution de conflit et que je doive verser un dédommagement de 25 000$ parce que je n’ai pas respecté mon obligation contractuelle mais que je ne peux pas ou ne veut pas payer cette somme, que ce passe-t-il?

Actuellement, l’État utilise la violence pour me forcer à payer. Bien que cela puisse être une forme de vengeance médiévale, ça ne m’aide pas du tout à rembourser les 25 000$. Dans une société sans État, quelles options sont disponibles pour l’ORC afin qu’elle réussisse à obtenir son argent?

Dans une économie complexe comme la nôtre, tout au long de leur vie les individus sont liés par des dizaines d’obligations et de contrats, par exemple un bail locatif, une adhésion à un centre sportif, un plan de paiements mensuels pour l’achat de meubles dans un grand magasin ou encore des conventions d’assurance-voyage avec les compagnies de cartes de crédit. Les coûts de faire affaires avec des gens reconnus pour honorer leurs contrats étant beaucoup plus faibles, une société sans État offrirait non seulement des services d’assurances de contrats (les organisations de règlements de conflits, ORC) mais aussi des agences de notation financière, aussi connu sous le nom d’agence de crédit.

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Les conséquences du non-respect des contrats

Les agences de notation financières seraient des entités indépendantes qui évalueraient objectivement la conformité d’une personne vis-à-vis ses contrats. Si j’acquiers une réputation d’homme qui rompt régulièrement ses contrats, il deviendra de plus en plus difficile pour moi de fonctionner efficacement dans une économie complexe car je serai refusé partout. Cette forme d’ostracisme économique est un très puissant – et surtout non violent – outil pour la promotion de la conformité aux normes sociétales et aux règles morales. Elle aide à garder les gens «droits» car, quand toute la société refuse de vous offrir des services, la vie peut commencer à être difficile. Dans mon billet sur la violence et l’État, je propose que l’humain est une créature qui répond (entre autre) aux incitatifs. Et l’incitatif de ne pas être ostracisé par toutes les sphères de la société peut être suffisant pour bon nombre de gens à rester droits et honnêtes.

Il est apparent que je décris d’un scénario hypothétique ici mais en réalité, ces agences existent déjà. Vous les connaissez sous les noms d’Équifax, de TransUnion ou Experian. Elles sont spécialisées dans les dossiers de crédits des entreprises et des particuliers. Quand la banque vérifie votre crédit pour un prêt, elle consulte ces agences en temps réel. Tout porte à croire que dans une société sans État, ces entreprises seraient encore plus utilisées.

Si une personne viole les normes sociales de façon flagrante (nous allons couvrir la question de la criminalité violente plus tard), une option incroyablement efficace que la société a est de simplement cesser de faire affaires avec un tel individu. Si je fraude ou ne respecte pas mon entente avec mon ORC, ou un autre individu, l’agence de notation de crédit pourrait tout simplement révoquer ma cote de contrat, me classant dans son système comme «à éviter» par exemple. Les ORC auraient probablement des clauses disant qu’elles ne sont pas intéressées à contracter avec toute personne dont la cote de contrat a été révoquée. Par exemple, si je dirige un hôtel et qu’un individu ayant eu sa cote de contrat révoquée voulait louer une chambre, je serai immédiatement au courant de sa situation après avoir fait les vérifications d’usages et je serai informé rapidement qu’aucun contrat ne peut être honoré avec cet individu. Autrement dit, s’il met le feu à mon hôtel, vole ou détruit des biens, ou s’il harcèle un autre invité, mon ORC ne m’aidera pas à régler la situation car je n’aurai moi-même pas respecté mon entente avec elle. Alors, vais-je être tenté de louer une chambre à cet homme, ou vais-je lui dire que, malheureusement, l’hôtel est complet?

Dans une société apatride fonctionnant sur le respect des contrats et où tenir parole sont des conditions essentielles pour l’acquisition de biens et de services,  les épiceries, les taxis, les compagnies d’autobus, les fournisseurs d’électricité, les banques, les restaurants et autres organisations et commerces seront très peu susceptibles de vouloir faire affaires avec des individus ayant démontré qu’ils ne sont pas de confiance car ils n’auront aucune protection si ces individus se conduisent de façon irresponsable. Les interactions économiques sont bien sûr purement volontaires et aucun homme ne peut être moralement obligé de faire affaires avec un autre homme. Les gens qui fraudent, volent et mentent seront clairement identifiés dans une société apatride, et vont rapidement réaliser que les autres membres de la société vont leur tourner le dos assez souvent, à moins qu’ils ne changent leurs habitudes, comme dédommager les gens à qui ils ont causé des torts. Beaucoup de gens y penseront à deux fois avant de manquer à leurs contrats quand les propriétaires se fient à la cote de respect des contrats pour louer leurs appartements. Le prospect d’être forcé à vivre dans la rue sera un incitatif puissant à respecter sa parole.

Un tel «outcast», ou paria, pourrait voir sa cote de contrat restaurée s’il est prêt à rembourser ceux qu’il a lésé. S’il obtient un emploi et que son salaire peut être partiellement saisi jusqu’à ce que ses dettes soient payées, sa cote de contrat peut être restaurée, au moins au niveau minimum nécessaire pour qu’il puisse profiter d’autres services. Une organisation de règlement de conflits, laquelle est toujours financièrement plus intéressée par la prévention que par la récidive, peut également réduire le fardeau du paria si celui-ci est prêt à participer à des cours de psychologie en lien avec sa problématique (pour changer sa façon d’agir) et des conseils de crédit.

Ah, et si un « paria » est injustement traité et est soumis à du chantage par une ORC ou par l’agence de notation de crédit? Eh bien, rappelez-vous que l’anarchisme est toujours une négociation à deux côtés. Si vous êtes une organisation de règlement de conflits ou une agence de notation de crédit, afin d’amener les gens à s’inscrire à vos services, quelles protections mettrez-vous dans vos contrats pour satisfaire les craintes de vos clients potentiels? Ne vous en faites pas, le libre marché saura suffire à cette demande de sécurité.

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Conclusion

Bref, de cette façon, les contrats peuvent être respectés sans recourir à la violence, l’ostracisme social et économique étant franchement plus efficaces pour contrôler ceux qui violent de manière répétée les règles sociales et de moralité que l’emprisonnement. Nous n’avons pas besoin d’envoyer les gens dans des prisons économiquement improductives ou d’envoyer des hommes armés pour les kidnapper et les incarcérer. Tout ce que nous avons à faire est de publier leurs crimes aux yeux de tous et de laisser la justice naturelle de la société prendre soin du reste.

Alors, commencez-vous à voir comment on pourrait vivre dans une société sans État? Commencez-vous à réaliser que tout ce que nous avons besoin pour une société sans État est déjà en place? Commencez-vous à comprendre qu’au fond, en plus d’être inutile, l’État est dans le chemin du progrès? Dans les prochains billets, nous mettrons les organisations de résolution de conflits à l’épreuve en voyant comment gérer la santé, l’éducation, les prisons, etc.

  • Pasdechatsicitte

Keep calm and google voluntarism

P.S. : Ce billet est basé sur les ouvrages de Stefan Molyneux sur l’anarchie. J’ai choisi et traduit certains passages de son livre disponible gratuitement en PDF et en livre audio ici et sur Youtube ici. J’ai aussi modifié et ajouté des passages représentant mon opinion.

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La violence et l’État – 2/2

S’il n’y a pas d’État, qui peut déclencher une guerre?

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Introduction

En concluant mon article intitulé «L’anarchie, Israël, Harper et les bombes…», je disais que «sans État, il n’y a pas de taxation et sans taxation, y’a pas d’argent pour faire la guerre.» Suite à une demande d’une amie d’expliquer pourquoi je pense cela, j’ai écrit la première partie d’un article et voici la dernière. Évidemment, c’est mon opinion et vous êtes invités à vous faire votre propre opinion. Avant d’entâmer cette deuxième partie, je suggère fortement de lire la première.

Lien court: http://wp.me/p4MO4u-41

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La guerre et les profits de l’État

Il a souvent été dit que la guerre est la santé de l’État (War is the Health of the State) mais à mon avis, l’inverse est bien plus vrai: «l’État est la santé de la guerre». En d’autres termes, que la guerre – le pire de tous les maux humains – est impossible sans l’État.

Le grand économiste autrichien Ludwig von Mises s’est un jour vu demandé ce que la définition centrale caractéristique du marché libre était selon lui – c’est-à-dire puisque chaque économie est plus ou moins un mélange de liberté et de contraintes étatiques, quelle institution pouvait séparer un marché libre d’une économie dirigée – et sa réponse fût «l’existence d’un marché boursier». Grâce au marché de la bourse, un entrepreneur peut externaliser le risque, c’est-à-dire qu’il peut en partie transférer ses pertes potentielles aux investisseurs. Sans risque, la croissance d’une entreprise est pratiquement impossible.

Lorsque le risque pour une chose particulière diminue, la demande pour celle-ci augmente. En l’absence d’un marché boursier, une économie stagnante st une preuve de la réticence des entrepreneurs à assumer eux-mêmes tous les risques d’une activité économique. Par contre, lorsque le risque devient «partageable», de nouvelles possibilités émergent. La révolution industrielle est peut-être l’exemple le plus spectaculaire de ce genre de partage du risque.

Malheureusement, parmi ces possibilités il y a la guerre, dans toute son horreur, sa corruption, sa brutalité et ses génocides. Nous verrons ici pourquoi, dans sa capacité à réduire les coûts et partager les risques de la violence, l’État est «le marché boursier de la guerre».

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Le sophisme de «la vitre cassée»

Tous les économistes connaissent le «sophisme de la vitre cassée», sophisme qui prétend que la stimulation de la demande causée par un vandale brisant une fenêtre n’ajoute pas à la croissance économique, mais qu’au contraire il impacte négativement la croissance économique locale puisque l’argent dépensé pour le remplacement de la fenêtre est déduit d’autres achats potentiels. Un exemple de cette évidence est que nous ne cherchons pas à augmenter nos revenus en lançant nos voitures des falaises ou en brûlant nos maisons. Bien que cela puisse plaire aux constructeurs automobiles et les constructeurs de maisons, ce n’est pas plaisant pour nous ni pour les personnes qui auraient eu accès à cette nouvelle voiture et à cette nouvelle la maison car nous en avons déjà besoin pour nous-mêmes. La destruction matérielle détourne toujours les ressources qui serviraient à autre chose et provoque toujours une hausse des prix, donc tout le monde se partage la facture. Par exemple, briser une fenêtre qui coûte 100$ à remplacer supprime bien plus que 100$ de l’économie parce que le temps passé à remettre la fenêtre à son état d’origine – l’appel au réparateur, décider du remplacement, nettoyer les éclats de verre, le temps perdu, etc – est également soustrait de l’économie dans son ensemble.

Il y aura toujours des accidents, bien sûr, et les réparations sont un aspect légitime de tout marché libre. Cependant, la guerre ne peut jamais être considérée comme un accident. Elle ne fait pas partie de l’économie de marché et pourtant, il est encore cru que la guerre est généralement bonne pour l’économie. En tout cas, elle doit l’être au moins pour certaines personnes, car elle est si souvent demandée… Comment ces oppositions peuvent-elle logiquement être réconciliées? Comment la destruction peut être économiquement avantageuse quand elle est si horrible pour l’économie dans son ensemble? Demandez-vous si la destruction que l’Allemagne a subit lors de la première guerre mondiale était bonne pour son économie. En fait, la destruction qu’elle a subit et les obligations fortement contraignantes du Traité de Paris ont créés les conditions ayant mené à la deuxième guerre mondiale, guerre qui à l’époque a éliminé 2.5% de la population mondiale.

Nous pouvons facilement imaginer une réparateur de fenêtre qui fracasse les fenêtres de son quartier afin d’augmenter la demande pour son entreprise. Ce aiderait certainement son revenu à court terme, mais pourtant, pourquoi dans une économie de libre marché ne voyons-nous pas plus de ce genre de comportement dans la vie de tous les jours? Une réponse évidente pourrait être que les chefs d’entreprises préfèrent ne pas se retrouver en prison. C’est certainement un risque, mais pas il n’est pas très grand. Les incendiaires sont difficiles à attraper et il y’a plein d’autres formes de sabotages difficiles à résoudre qui peuvent être entrepris. Un poison peut être ajouté à l’alimentation en eau potable d’une ville; ça incriminerait un fournisseur d’eau pour un temps, ça prendrait possiblement des mois à résoudre et à un moment donné, toute piste pourrait être perdue. Des pirates informatiques étrangers pourraient être payés pour infiltrer les réseaux d’un concurrents ou monter une attaque de déni de service sur leurs sites Web. Que dire de eBay? Si vous avez un concurrent qui attire toute votre clientèle, pourquoi ne pas simplement demander à une centaine de vos amis de lui donner une mauvaise évaluation de service, pour ensuite voir sa réputation en ligne souffrir?

Toutes ces pratiques sont très rares sur le marché libre pour trois raisons principales. La première est qu’elles sont coûteuses; la seconde est qu’elles augmentent les risques et la troisième est la crainte de représailles. Voyons les plus en détails.

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Les coûts de la destruction

Si vous voulez engager un pyromane pour détruire l’usine de votre concurrent, vous devez devenir un expert dans la négociation avec les criminels. Vous pourriez payer un pyromane et le voir se sauver dans un autre pays avec votre argent au lieu qu’il mette le feu à l’usine de votre concurrent. Vous courez également le risque que votre pyromane amène l’offre à votre concurrent et qu’il lui demande plus d’argent pour ne pas mettre le feu, ou, pire, qu’il s’en fasse offrir encore plus pour incendier votre usine à la place! Ça vous coûtera cher pour vous engager dans la voie du vandalisme et vous n’avez aucune garantie que votre investissement sera rentable. De plus, il y a d’autres coûts tertiaires à poursuivre la voie de la « destruction de la concurrence. » Vous ne pouvez cibler qu’un seul concurrent à la fois, ce qui n’est que partiellement utile puisque la plupart des entreprises font face à de nombreux concurrents simultanément – certains sont locaux et certains sont à l’étranger et donc probablement hors de portée. (Imaginez que toutes les usines de vos concurrents se font détruire par le feu… sauf la vôtre.) Même si vous réussissez à détruire votre concurrent, vous avez créé une opportunité sur le marché pour d’autres entrepreneurs, et qui sait, peut-être seront-ils encore plus féroces avec vous. Détruire une petite entreprise informatique, par exemple, pourrait donner une bonne raison à Microsoft de combler ce nouveau vide.

Aussi, si vous êtes propriétaire d’une entreprise, la concurrence est très utile. Tout comme une équipe sportive devient paresseuse et molle si elle ne joue jamais contre un adversaire compétent, une entreprise sans concurrence devient rapidement non productive, paresseuse et inefficace – une invitation garantie pour des entrepreneurs intéressés à combler le vide que vous avez créé. Les entreprises ont besoin de concurrence pour rester en forme.

Finalement, qu’arrive-t-il si vous parvenez à saboter vos adversaires? Si vous le faites bien, personne ne sait que vous êtes derrière la vague soudaine d’incendies criminels. Qu’advient-il de vos coûts d’assurance? Ils explosent et ils vous chargeront beaucoup plus cher, et ça c’est s’ils décident de vous assurer! De plus, vous ne serez pas en mesure de répondre tout de suite à la nouvelle demande, ce qui assure que vos clients tenteront de trouver ailleurs des alternatives qui sont hors de votre contrôle. Ainsi, vous aurez augmenté vos dépenses, incité les clients à chercher des solutions de rechange et vous aurez alarmé vos employés, créant une situation dangereuse où de potentiels concurrents pourraient être très motivés d’entrer dans votre domaine d’affaires au moment où vous êtes le plus vulnérable à la concurrence! Bref, pas vraiment une bonne idée…

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Les risques de destruction

Disons que vous décidez d’engager Stanley pour mettre le feu à l’usine de votre concurrent. La réalité est que Stanley, étant pyromane professionnel, sait comment faire tourner la situation à son avantage beaucoup mieux que vous, puisque vous êtes un nouveau dans le domaine. Après tout, c’est lui l’expert. Stanley sait que peu importe ce qu’il fait, vous ne pouvez aller à la police pour obtenir de la protection. Que faites-vous s’il filme vos conversations et vous fait du chantage? Votre petite expérience en concurrence immorale devient soudainement une vie de cauchemar, de culpabilité, de peur et de rage. Comme mentionné plus haut, si Stanley décide d’aller voir votre concurrent et de lui révéler vos plans, que faites-vous? Sûrement que votre concurrent payera un bon prix pour cette information, car il pourrait alors aller à la police et vous détruire légalement encore plus complètement que vous espériez le détruire lui illégalement. Et si Stanley fait le travail mais qu’il vous menace de tout dévoiler, allez-vous engager quelqu’un pour «régler le dossier de Stanley»? Qu’advient-il de celui que vous engagez si lui vous fait du chantage?… Dans le domaine des activités criminelles, une fois que les gants sont tombés, les résultats deviennent très difficiles à prévoir.

Et si Stanley va voir votre concurrent et lui dit: «Pour 25 000$, je devais brûler votre usine, donc pour 30 000 $, je peux brûler son usine à la place.» Cette guerre «d’appel d’offres» peut rapidement se transformer en situation fort coûteuse pour tout le monde… sauf Stanley, bien sûr. Et comment prouver que Stanley est un pyromane «légitime»? Qui dit qu’il n’est pas un infiltrateur policier? Que faire s’il a été envoyé par quelqu’un d’autre afin de pouvoir faire du chantage par la suite? Que faire si c’est un coup monté de votre concurrent? Comment pouvez-vous le savoir? Bref, ce scénario est très risqué! Ce sont les risques de la destruction.

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Les risques de représailles personnelles

Admettons que tout ce qui précède fonctionne exactement comme vous le voulez et Stanley incendie avec succès l’usine de votre concurrent; qu’arrive t’il ensuite? Vous venez de créer  en votre concurrent un ennemi acharné qui soupçonne un acte criminel, sait que vous avez un bon motif pour incendier son usine et n’a plus rien à perdre. Il pourrait se plaindre à la police, embaucher des enquêteurs privés et mettre une annonce dans tous les journaux offrant une récompense d’un million de dollars pour toute information menant à la preuve de votre implication et ainsi il peut vous poursuivre et récupérer beaucoup plus qu’un million de dollars.

Soit votre nouvel ennemi trouvera des informations utiles à la police, soit il trouvera des informations circonstancielles, comme des indices mais pas de preuves et il peut décider de se venger contre vous. Puisque vous avez été en mesure de le faire d’une manière qui ne peut être prouvée, il sait maintenant comment faire aussi. Vous venez de montrer à un homme en colère la façon d’incendier votre usine et de ne pas se faire prendre. Allez-vous bien dormir? Allez-vous vous sentir en sécurité dans votre lit? Êtes-vous certain qu’il se limitera seulement à votre usine?

Ça ne vaut vraiment pas la peine de tenter de s’enrichir en visant la destruction de biens d’autrui- et c’est très bien ainsi. Nous aimerions que les gens soient bons & honnêtes bien sûr, mais nous voulons aussi de forts incitatifs économiques favorisants la vertu et l’intégrité du libre arbitre.

Comment est-ce que les risques de représailles personnelles sont liés à la guerre & à l’État? Les liens sont forts mais avec des effets très différents.

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L’économie de guerre

L’économie de guerre est composée de trois principaux acteurs: ceux qui décide de faire de la guerre; ceux qui profitent de la guerre; ceux qui paient pour la guerre.

Ceux qui décident de faire la guerre sont les politiciens; ceux qui profitent de la guerre sont ceux qui fournissent l’équipement militaire ou sont payés pour leurs compétences militaires; ceux qui paient pour la guerre sont les contribuables. Évidemment, les premier et deuxième groupes se chevauchent. Autrement dit, une entreprise qui fournit des armes et du matériel militaire à l’armée est payée directement par la prédation par l’État sur les citoyens, à travers les impôts. Autrement dit, sans l’État pour assumer les risques de récolter l’argent par la force, ce genre de transaction est en aucun cas économiquement impossible puisque les risques potentiels de destruction de l’entreprise, tels que décrits plus haut, sont égaux ou supérieurs aux bénéfices que cette transaction pourrait rapporter. C’est d’ailleurs pourquoi les entreprises privées canadiennes qui fabriquent et vendent des armes ne vous forcent directement pas à payer pour ces armes, contrairement au gouvernement canadien, ils connaissent très bien les risques de le faire et donc transfèrent ce risque sur l’État.

Si ceux qui décidaient de faire la guerre étaient également ceux qui devaient payer pour cette guerre, je peux vous assurer qu’il n’y en aurait plus jamais. La guerre suit les mêmes incitatifs économiques et les mêmes coûts que ceux mentionnés plus haut. Et le plus drôle est qu’au fond de vous, en lisant cette phrase, vous vous êtes dit «ouin, c’est vrai». Mais étant donné que ceux qui décident de faire la guerre ne sont pas ceux qui paient pour elle, cette tâche fort désagréable est transférée de force aux contribuables sous la forme d’impôts, d’inflation directe et aux générations futures sous forme de dette nationale. Rappelez-vous ce que je disais dans la première partie concernant la proximité à la violence: plus les gens sont éloignés de la violence, plus cette violence a tendance à augmenter. Le politicien confortablement assis dans son cabinet n’est PAS celui qui se lève pour aller vous demander votre part des impôts forcés, tout comme il ne va pas lui-même pilonner les positions ennemies.

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Les frais de la destruction militaire

Pour faire la guerre, il faut une armée qui doit également être formée et maintenue en période de paix. Et maintenir une armée coûte cher. En 2011, le coût de maintien pour l’armée canadienne fût de 22.8 milliards, soit 691$ par canadien (pas par contribuables là…). Sauf qu’il n’y a tout simplement aucun moyen de récupérer les coûts de cette armée en envahissant un autre pays, sinon le marché libre financerait directement les armées et les invasions, ce qui n’est jamais le cas. Une autre façon de voir les choses est que vous ne pouvez envahir un autre pays sans détruire une bonne partie de celui-ci (richesse matérielle) et en tuant un grand nombre de ses citoyens (revenus en taxes et impôts). Puis ensuite vous devez lutter contre une insurrection sans fin. Faites juste regarder les États-Unis et l’Irak depuis 1990. Ça fait maintenant 24 ans que le conflit sévit et Obama vient encore d’annoncer que du nouveau personnel militaire vient d’arriver en Irak. Mais quand est-ce que cette folie cessera?!?!? Compte tenu des coûts d’invasion et d’occupation – toujours dans les centaines de millions ou des milliards de dollars (il est estimé que la guerre en Irak a coûté 1 700 000 000 000 000$ jusqu’à présent) – pensez-vous réellement être en mesure d’extraire suffisamment de bénéfices économiques du pays que vous bombardez et occupez pour compenser pour vos dépenses? Absolument pas! Ce serait comme demander à un voleur de faire de l’argent en bombardant la maison qu’il veut cambrioler, y habiter et garder ses occupants en otages. C’est de la pure folie! Les voleurs ne fonctionnent pas de cette façon – et la guerre ne pourrait pas non plus fonctionner de cette façon sans la présence de l’État qui peut extraire autant d’argent qu’il ne le désire des contribuables.

Puisque ce sont les contribuables qui paient pour la guerre, les coûts de destruction pour ceux qui décident de faire la guerre sont très faibles. Combien croyez-vous que George Bush et Barack Obama ont payé personnellement de leur poche pour l’invasion de l’Irak? Même s’il est vrai que ceux qui profitent de la guerre paient (peut-être) aussi des impôts qui servent à soutenir l’effort de guerre, le montant qu’ils paient est infiniment moins grand que ce qu’ils reçoivent en retour. Et ça, nous le savons car il y a toujours des gens prêts à fournir du matériel à l’armée…

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Les risques d’annihilation

Ceux qui décident de faire la guerre et ceux qui profitent de la guerre ne sont jamais ceux qui initient une guerre s’il y a un réel risque de ne pas s’en tirer vivant. Jamais dans l’histoire moderne une puissance nucléaire a déclaré la guerre à une autre puissance nucléaire. Les États-Unis ont donné de l’argent et du blé à l’URSS mais ont envahi la Grenade, Haïti, l’Irak, pour ne nommer que ceux-là, en plus de fomenter des coups d’État dans des dizaines de pays. En fait, une des preuves irréfutables que l’Irak n’avait pas d’armes de destruction massives capables de frapper les États-Unis est que les dirigeants américains étaient justement prêts à envahir. Éviter le risque d’annihilation a été la raison pour laquelle l’URSS et les États-Unis (pour prendre deux exemples évidents) se sont livrés à des «guerres par procuration» dans des lieux éloignés comme l’Afghanistan, le Vietnam et la Corée au lieu de s’attaquer directement. Comme nous le verrons ci-dessous, le fait que les risques de destruction sont transférés aux contribuables (et aux soldats financés par les contribuables qui vont aller y mourir) change considérablement l’équation économique.

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Le risque de représailles militaires

Le «risque de représailles» dans les calculs économiques concernant la guerre ne doit pas être considéré comme un risque général, mais plutôt un risque spécifique – à savoir spécifique à ceux qui décident de faire la guerre et qui en profitent. Par exemple, pendant la 2ème guerre mondiale, Roosevelt savait pertinemment que le blocus contre le Japon au début des années 1940 portait un grand risque de représailles, mais seulement contre du personnel civil et militaire inconnu dans le fin-fond du Pacifique, loin des États-Unis, et non contre ses amis et sa famille à Washington. (En fait, ce blocus a été spécifiquement créé pour forcer le Japon à attaquer les États-Unis afin que ceux-ci soit amenés dans la seconde guerre mondiale car la population américaine était majoritairement contre l’entrée en guerre. Ainsi le gouvernement américain passait pour une victime au lieu de passer pour un agresseur, et le peuple s’est rallié derrière son président sauveur.)

Si ce sont d’autres personnes qui sont exposées au risque de représailles, d’un point de vue économique ce risque devient discutable. Si je fume, mais qu’un parfait inconnu pourrait potentiellement avoir un cancer du poumon, disons que je risque bien plus de simplement continuer à fumer.

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L’externalisation du risque militaire

La capacité de l’État de pouvoir fondamentalement se décharger des coûts et des avantages de la violence est un pilier central de la guerre, ainsi que la raison principale de son existence. Comme nous l’avons vu plus haut, si celui qui désire déclencher une guerre afin d’en tirer les profits risque de lui-même directement subir les conséquences de cette guerre (voir y laisser sa peau), il n’a presque pas d’intérêt économique à le faire. Toutefois, s’il peut transférer les risques et les pertes à d’autres – mais conserver les bénéfices pour lui-même – la situation change complètement. Par exemple, par cette approche il devient rentable de taxer les citoyens et les forcer à payer pour plus de 800 bases militaires américaines partout sur la planète, incluant sur les terres sacrées de d’autres peuples, tant et aussi longtemps que ce sont des inconnus à New York qui sont les premières victimes des inévitables représailles. Il devient aussi rentable d’envoyer plein de jeunes hommes non scolarisés se battre en Irak qui subiront les conséquences de l’insurrection qui accompagnera inévitablement l’invasion…

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L’externalisation du malaise émotionel

Le fait que l’État transfère les coûts & le fardeau du risque aux contribuables & aux soldats est très important sur le plan émotionnel. Si l’exemple d’incendie volontaire plus haut pouvait être modifié afin d’assurer un bénéfice, par exemple en réduisant les risques de chantage ou de représailles, les autres risques pour l’homme contemplant une telle violence seraient quand même présents à son esprit. À moins d’être un sociopathe, ces risques lui causeraient sûrement de l’inconfort émotionnel, et les émotions telles que la peur, la culpabilité et l’inquiétude exigerait de lui encore plus de profit (afin de calmer son esprit) que ce que le modèle peut raisonnablement générer.

Donc, puisque l’État externalise presque tous les risques et les coûts, c’est une autre motivation pour ceux qui voudraient profiter de sa puissance & sa violence pour leurs propres fins. Si on y ajoute toute la propagande pro-guerre et l’assurance que ce seront des inconnus qui paieront, les inconforts émotionnels d’origines se voient remplacés par des incitatifs positifs, une recette qui garantit que les guerres continueront jusqu’à ce que l’État s’effondre ou qu’il ne reste plus personne de vivant sur la Terre.

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Autrement dit, l’État EST la guerre

Si vous saisissez bien tout ce que vous avez lu jusqu’à présent dans ces deux parties, alors vous devez certainement mieux comprendre l’hostilité des anarchistes envers l’État. Selon le point de vue anarchiste, l’État est une créature moralement et fondamentalement «evil» (maléfique), non seulement parce qu’il utilise la violence pour atteindre ses objectifs, mais aussi parce que c’est la seule organisation sociale capable de rendre la guerre économiquement avantageuse pour ceux ayant le pouvoir de la déclarer et d’en tirer profit. En d’autres termes, c’est uniquement à-travers le pouvoir gouvernemental de la taxation (obligatoire et par la force) que la guerre peut être subventionnée au point où elle devient rentable pour une petite portion de la société. La guerre devient seulement rentable quand on peut transférer aux contribuables les coûts et les risques de sa violence car ses avantages profitent seulement à une petite portion d’individus, soit ceux qui contrôlent ou influencent directement l’État.

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Conclusion

Cette distorsion violente des coûts, des incitatifs et des récompenses ne peut être contrôlée ou atténuée, car une déséquilibre artificiel des incitatifs économiques se perpétuera et s’intensifiera toujours, du moins, jusqu’à la faillite inévitable du trésor public ou l’écrasement de l’État sous son propre poids. Ou, pour le dire d’une autre manière, tant que l’État existe, nous vivrons toujours avec le spectre de la guerre. S’opposer à la guerre est s’opposer à l’État & s’opposer à l’État est s’opposer à la guerre. La guerre et l’État ne peuvent être deux idées examinées individuellement car l’État et la guerre sont les deux faces d’une même pièce sanglante.

C’est pourquoi «sans État, il n’y a pas de taxation et sans taxation, y’a pas d’argent pour faire la guerre

  • Pasdechatsicitte

 

Merci de votre patience. Si jamais vous considérez que ce qui est écrit ici est important pour vous, n’hésitez pas à le partager car plus il y a de gens qui comprennent comment l’État nous utilise pour financer les guerres, plus les chances que ça cesse augmentent. Collectivement, nous avons bien plus de pouvoir qu’on le pense.

 

Dans le prochain article, j’aborderai les Organisations de Résolutions de Conflits, c’est-à-dire ces organisations qui existent déjà et sur lesquelles reposeront les bases d’une société sans État. Ces ORC peuvent s’occuper de tous les aspects d’une société, de l’éducation à la santé, en passant par la défense et la gestion de la criminalité. Et tout ça sans violence. Si le sujet vous intéresse et que vous voulez prendre de l’avance, googlez «Dispute Resolution Organisations».

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Lesleigh Coyer, 25, of Saginaw, Michigan, lies down in front of the grave of her brother, Ryan Coyer, who served with the U.S. Army in both Iraq and Afghanistan, at Arlington National. www.euronews.com

Lesleigh Coyer, 25, of Saginaw, Michigan, lies down in front of the grave of her brother, Ryan Coyer, who served with the U.S. Army in both Iraq and Afghanistan, at Arlington National. http://www.euronews.com

 

P.S. : Ce billet est basé sur les ouvrages de Stefan Molyneux sur l’anarchie. J’ai choisi et traduit certains passages de son livre disponible gratuitement en PDF et en livre audio ici et sur Youtube ici. J’ai aussi modifié et ajouté des passages représentant mon opinion.

La violence et l’État – 1/2

Est-ce que PLUS de gouvernement veut dire MOINS de violence?

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Introduction
En concluant mon dernier article, j’ai écrit «sans État, il n’y a pas de taxation et sans taxation, y’a pas d’argent pour faire la guerre.» Une amie m’a demandé d’expliquer pourquoi je pense cela mais étant donné que cette explication nécessite une déconstruction d’idées préconçues et de propagande bien ancrée, je me dois de le faire une étape à la fois. Alors voici la partie 1 de 2. L’autre partie sera publiée dans les prochains jours.

Lien court: http://wp.me/p4MO4u-3r

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Les incitatifs
Quand le sujet d’une société sans état est soulevé, une réponse classique souvent entendue est que la violence augmentera automatiquement en absence d’un État centralisé. «Mais ce sera le chaos et l’anarchie partout!!!» de dire les partisans de «l’argument à l’apocalypse». Cette conclusion totalement émotive est une conséquence directe des mécanismes de défense personnels nourris par la somme de toute la propagande que nous subissons depuis notre enfance.

L’humain est une créature qui répond (entre autre) aux incitatifs. Si le gain potentiel est intéressant, la motivation augmente au point où un intérêt d’agir suffisant est généré. Si je vous propose 10$ mais que pour l’avoir vous devez subir 30 minutes d’un recruteur militaire américain qui vous cri après (comme dans certains films), pas certain que vous serez nombreux à accepter. Mais si je vous propose 1 000$ pour ce même 30 minutes, est-ce plus intéressant? Un autre exemple avec la loterie: les gens réagissent aux incitatifs de gagner des millions de dollars tout en dépensant le minimum de ressources possible (l’achat d’un billet).

Il existe plusieurs circonstances où le recours à la violence augmentera ou diminuera et elles ont tendance à correspondre avec les principes fondamentaux d’économie. Comme je disais, les gens ont tendance à répondre aux incitatifs et sont généralement attirés par les circonstances dans lesquelles ils peuvent gagner le plus de ressources possibles en dépensant le moins d’effort possible. Mais parmi les circonstances où la violence aura plus tendance à augmenter plutôt qu’à diminuer on retrouve le risque, la proximité, l’externalisation des coûts, le report de la dette et la propagande. Comme nous le verrons ci-dessous, un État centralisé crée et exacerbe toutes ces circonstances.

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#1: Le risque
Économiquement parlant, le risque est toujours proportionnel à la récompense. Si un cheval est moins susceptible de gagner une course, le gain (l’incitatif) doit être plus élevé afin d’inciter les gens à parier sur lui. On s’attend des investissements spéculatifs qu’ils rapportent plus que les «blue-chips». Les fraudeurs de fonds spéculatifs risquent moins de conséquences physiques que les agresseurs de rue. L’agresseur de rue peut tomber par hasard sur un expert en arts martiaux et se retrouver rapidement dans une très fâcheuse position contrairement à un pirate informatique qui siphonne des fonds électroniquement.

En général, ceux qui volent la propriété des autres gravitent toujours vers des situations où les risques de représailles sont moins élevés. Un des meilleurs moyens de réduire les possibilités de représailles est en utilisant une force grandement supérieure. Par exemple, si cinq énormes agresseurs encerclent un homme de 98 livres et exigent son portefeuille, les possibilités de représailles de la victime sont vraiment faibles. L’existence d’un État centralisé crée exactement cette énorme disparité de puissance et toute résistance contre la prédation du gouvernement est, à toutes fins utiles, impossible. Un homme en conflit avec la mafia peut déménager, mais il ne peut rien faire pour s’opposer à l’expansion des pouvoirs de l’État, lequel est partout. L’existence d’un État centralisé, en ce qui concerne la violence, crée les problèmes suivants:

  1. L’utilisation de la violence a tendance à augmenter lorsque les risques de son utilisation diminuent;
  2. Plus la disparité de pouvoir entre deux groupes augmente, plus les risques associés à l’initiation de la violence diminuent;
  3. Il n’y a pas plus grande disparité de puissance que celle entre un citoyen et son gouvernement;
  4. C’est pourquoi il n’y a pas de meilleure façon d’augmenter l’utilisation de la violence que de créer un système centralisé comme l’État.

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#2: La proximité

Le recours à la violence est une tâche brutale et fort désagréable pour la plupart des gens. Ils ne sont pas physiquement ou mentalement équipés pour utiliser continuellement la violence, que ce soit en raison d’un manque de force physique, un manque de compétences martiales, une absence de tendances sociopathiques, etc. Cependant, le gouvernement a un énorme système en place, fort efficace et bien organisé afin d’initier l’utilisation de la force contre une population largement désarmée (la violence est d’ailleurs une des seules choses dans laquelle l’État excelle…). Ainsi, ceux qui ne sont pas physiquement ou mentalement équipés pour utiliser la violence mais qui souhaitent satisfaire leurs envies de violence – conscientes ou non – peuvent le faire en joignant le gouvernement et une de ses nombreuses sections responsables de son application. De cette façon, ils n’ont pas à infliger eux-mêmes directement la violence; d’autres le feront à leurs places et ils pourront récolter les bénéfices.

On peut généralement dire que les chances d’utiliser la violence ont tendance à augmenter à mesure que la proximité et la visibilité de cette violence diminuent. En d’autres termes, plus vous pouvez ordonner à d’autres personnes de faire «la job sale», plus les chances que se fasse «la job sale» augmentent. Si tous ceux qui rêvent de récolter les fruits de la violence de l’État devaient eux-mêmes tenir une arme à la tête des gens pour extirper leur richesse, la quasi-totalité d’entre eux finiraient par abandonner cette idée de brutalité.

Ainsi, un État centralisé permet à ceux qui veulent bénéficier des fruits de la violence d’à la fois créer une distance par rapport à ceux qui la subisse et de s’en cacher, assurant ainsi que l’utilisation de la violence aura toujours tendance à augmenter. Par exemple, si tous ceux qui veulent un appareil électronique passaient une seule journée à en fabriquer dans les usines chinoises (comme Foxconn qui dans le contrat d’embauche interdit aux employés de se suicider sur les lieux de l’entreprise), combien parmi eux choisiraient de plutôt s’en passer?

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#3: L’externalisation des coûts
Dans une société sans état, il est impossible de «sous-traiter» la violence de la police ou de l’armée, car les sous-traitants ne sont pas financés par la coercition (la taxation). Par contre, quand il y’a un gouvernement, ceux qui souhaitent bénéficier des options offertes par la violence de l’État (l’imposition de taxes, la réglementation sur la concurrence, le blocage de certaines importations, etc) peuvent faire pression sur le gouvernement pour demander l’application de restrictions (bénéfiques pour eux) sur le libre marché et sur les choix individuels. Ils auront bien sûr à payer pour cet effort de lobbying, mais ils n’auront pas à financer directement la police, l’armée et/ou le système judiciaire et les gardiens de prison pour forcer les gens à obéir à leurs caprices. Donc en échange de quelques dollars et en achetant un ou plusieurs politiciens au passage, ils en récoltent tout plein. Et en faisant travailler l’État à leur place, ils se dissocient des risques.

Cette «externalisation des coûts» est un ingrédient essentiel dans l’expansion de l’utilisation de la violence. Par exemple, imaginez que vous êtes un fabricant d’acier et vous voulez bloquer les importations d’acier d’autres pays. Combien ça vous coûterait pour construire votre propre armée navale, votre propre système de radar, votre propre garde côtière, embaucher vos propres inspecteurs portuaires et ainsi de suite? Comment voulez-vous convaincre tous les expéditeurs et les propriétaires de quais & les transporteurs à inspecter chaque conteneur en votre nom? Allez-vous les payer? Allez-vous les menacer? Et même si c’était économiquement viable pour vous de faire tout ça, pourriez-vous garantir qu’aucun de vos concurrents ne ferait la même chose? Est-ce que ce serait vraiment économiquement avantageux de vous retrouver dans une course aux armements avec l’ensemble de vos compétiteurs? Et si vos clients découvraient que vous utilisez votre propre armée privée pour bloquer les importations d’acier des concurrents, quelles sont les chances qu’ils n’apprécient pas votre utilisation de la violence et qu’ils décident de vous boycotter? Non, en l’absence d’un État centralisé sur lequel vous pouvez décharger tous les coûts relatif à un tel projet, il vous en coûtera franchement moins de concurrencer ouvertement plutôt que développer votre propre armée privée.

Dans un contexte où les coûts de l’utilisation de la violence peuvent être payés par un tiers parti (comme l’État, à travers la taxation forcée des citoyens), son utilisation aura toujours tendance à augmenter. Le déchargement dans les poches des contribuables du fardeau fiscal de la violence sera toujours profitable pour certaines agences et organisations spécifiques – qu’elles soient privées ou publiques. Et donc, nous pouvons voir que l’existence de l’État aura toujours tendance à accroître l’utilisation de la violence.

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#4: Le report de la dette

Combien pensez-vous que vous dépenseriez si vous saviez que vous seriez mort depuis longtemps au moment où la facture arrivera? Le report de la dette est le principe de base du financement du déficit. Pour l’État, ça veut dire qu’il emprunte de l’argent maintenant et qu’il laisse la prochaine génération payer la dette. C’est peut-être la forme la plus insidieuse de fiscalité gouvernementale qui soit. L’extraction forcée de la richesse future de ceux qui ne sont même pas encore nés est peut-être la plus grande «externalisation» de coûts que l’on peut imaginer, en plus d’être complètement immorale! Et naturellement, les risques de représailles de l’enfant à naître sont tout à fait inexistants, tout comme la violence directe utilisée contre eux. Ainsi, le principe de «report de la dette» est peut-être un des plus puissant exemple que l’existence d’un État centralisé augmente l’utilisation de la violence.

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#5: La propagande

Il est bien connu dans les régimes totalitaires que pour amener les gens à accepter l’utilisation de la violence, celle-ci doit toujours être recadrée afin d’apparaître noble et nécessaire. La violence du gouvernement ne peut jamais être considérée comme étant simplement «l’utilisation de la force brute pour assurer le gain matériel des politiciens et des bureaucrates». Au contraire, pour sauver les apparences, elle doit toujours représenter la manifestation des valeurs sociales ou culturelles fondamentales, comme le soin des pauvres, des malades, des personnes âgées, etc. Donc pour atteindre une position dite «morale» (selon l’État évidemment), la violence doit toujours être cachée de la vue directe du public et ses conséquences doivent être sentimentalement élevées en accord avec la rhétorique du moment (le «zeitgeist»). (Pour ceux qui l’ont vécu, rappelez-vous la rhétorique de l’État (entre autre) pendant le «printemps Érable» québécois et comment le gouvernement et la police justifiaient l’utilisation massive de la violence sous prétexte que c’était la chose morale à faire.) Conséquemment, cesser l’utilisation de la violence doit toujours être présenté comme étant catastrophique. Ainsi, l’élimination de l’État-providence entraînerait une horrible famine; l’élimination des subventions médicales tuerait des milliers de gens dont plein «de femmes et d’enfants»; l’élimination de la guerre contre la drogue entraînerait l’effondrement social et une augmentation drastique de «drogués» et l’élimination de l’État lui-même créerait un monde cyberpunk post-apocalyptique cauchemardesque de guerres sans fin contrôlé par des gangs sanguinaires aux tendances cannibales. (Ceci dit, j’ai quand même hâte de voir le prochain Mad Max)

La propagande est différente de la publicité en ce que tout ce que la publicité peut faire est de vous inciter à essayer un produit pour la première fois (l’incitatif est le produit, le risque est le coût d’acquisition de ce produit). Si la qualité du produit ne répond pas à vos besoins ou à vos attentes, alors vous ne l’achèterai plus. La propagande, quant à elle, est totalement différente. Alors que la publicité fait appel au choix et à l’intérêt individuel; la propagande utilise la rhétorique pour moralement justifier l’absence de choix et d’intérêt individuel. Par exemple, on vous dira que vous n’avez pas le choix de payer vos impôts car c’est noble de donner cet argent aux pauvres, alors que ce serait noble même si vous aviez le choix. C’est du «double-speak» Orwélien. La publicité ne peut stimuler la demande que pour un moment; la propagande supprime définitivement la rationalité. La publicité utilise généralement l’argument de l’effet (vous voulez être/vous sentir mieux); la propagande utilise toujours l’argument de la morale (c’est mal de douter).

Le financement privé de la propagande n’est jamais économiquement viable car la quantité de temps et d’énergie nécessaire pour enfoncer profondément la propagande dans l’esprit de la personne moyenne est beaucoup trop grande pour justifier son coût. Si vous en doutez, cherchez des exemples d’entreprises privées qui font des profits avec de la propagande à long terme et qui ne sont pas payées par l’État pour le faire (comme Hill & Knowlton par exemple). Dans un système volontaire comme le marché libre, payer année après année pour de la propagande (qui peut seulement servir à l’achat d’un bien ou d’un service pour «une première fois») ne vaut simplement pas la peine. La propagande vaut le coût seulement quand elle peut être utilisée afin de garder les gens passifs dans un système coercitif, comme dans l’imposition par l’État d’une réglementation quelconque. Par exemple, ici au Canada, la médecine socialisée est toujours décrite par le gouvernement comme étant une «valeur canadienne fondamentale» et ne peut faire l’objet d’aucune analyse publique rationnelle, morale ou économique. (Bien sûr, si c’était vrai que c’est une «valeur canadienne fondamentale», nous n’aurions absolument pas besoin de l’État pour l’appliquer…)

Parce que le système actuel est si inefficace et si monstrueusement obèse, il faut de nombreuses années de propagande par l’État – principalement destinée aux enfants dès leur entrée dans le système scolaire – pour faire oublier aux gens la puissance des expériences réelles et vécues vis-à-vis les catastrophes du système. On tente de vous faire croire que l’inefficacité du système que vous expérimentez régulièrement est fausse. La propagande est toujours nécessaire dans les situations où les gens ne choisissent pas volontairement ce que la propagande tente de promouvoir. Par exemple, nous avons une propagande sans fin vantant les vertus de l’État-providence, de la médecine socialisée et des médicaments, tandis que les vertus de se nourrir uniquement de mauvaise nourriture sont proportionnellement négligées. En gros, l’État préfère investir dans le traitement que dans la prévention, parce que c’est dans le traitement que ce trouve «le cash».

La propagande du gouvernement destinée aux enfants dans les écoles de l’État s’exprime entre autre par l’absence de sujets spécifiques. Par exemple, la nature coercitive de l’État n’est jamais enseignée, pas plus bien sûr que les avantages financiers qui reviennent à ceux qui contrôlent l’État. Même au secondaire, ça ne fait pas partie du programme d’éducation gouvernementale d’expliquer pourquoi un haut fonctionnaire qui siège pendant 1 an sur une organisation publique quelconque peut recevoir le double de son salaire en prime de départ (et autres aberrations du genre). Ah mais par contre, on enseigne constamment aux enfants que l’État protège l’environnement, nourrit les pauvres et guérit les malades! Cette propagande rend ces futurs adultes aveugles à la vraie nature de la violence de l’État, garantissant ainsi que cette violence augmentera avec relativement peu ou pas d’opposition.

Et le pire dans tout ça est que les parents sont obligés de payer pour la propagande des écoles publiques à travers l’impôt, et ce peu importe leur position idéologique sur le sujet de l’éducation. Ainsi, une situation qui dépasse l’entendement est créée dans laquelle les contribuables sont obligés de payer pour leur propre endoctrinement ainsi que pour l’endoctrinement de leurs enfants. Et c’est «impossible» de ne pas payer de plein gré car l’État utilisera toutes les mesures à sa disposition pour vous forcer à payer, même si ça veut dire qu’on vendra votre maison de force et qu’on enverra la police vous en sortir, au péril de votre vie. Le monopole de la violence de l’État fait en sorte que le choix de ne pas payer est inexistant. Cette «externalisation des coûts» est peut-être l’outil le plus important que le gouvernement utilise pour assurer que l’augmentation de la violence d’État soit soumise à peu ou pas d’opposition ou d’analyse rationnelle. Ce ne serait pas économiquement viable pour une compagnie privée de payer pendant 12 ans pour un programme d’endoctrinement de milliers d’enfants; l’État, cependant, en forçant la facture de cet endoctrinement dans la gorge des parents (et autres non-parents) crée une situation où les esclaves sont obligés de payer pour leurs propres chaînes. Et comme l’histoire moderne a su nous le prouver, posséder des esclaves devient économiquement viable quand ils ne résistent pas.

On ne peut s’attendre d’un enfant ayant grandi dans un environnement islamique d’être chrétien. On ne peut s’attendre d’un enfant ayant été battu toute sa vie d’être empathique et sans conflits internes. Et on ne peut s’attendre d’un enfant ayant été élevé par l’État et son système d’éducation de vouloir protéger l’État et se battre pour. La propagande et le lavage de cerveau sont deux côtés d’une même pièce de monnaie.

Petit ajout: «How to recognize propaganda

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Conclusion de la première partie

Évidemment, ce blogue en est un d’opinion et c’est mon opinion que les 5 raisons ci-dessus démontrent que l’existence d’un État centralisé augmente considérablement à la fois les bénéfices & la prévalence de la violence. Le fait que la violence soit masquée par la distance & l’obéissance civile en aucune façon diminue la brutalité de la coercition. Seriez-vous intéressé à prendre une arme et à faire du porte à porte dans votre quartier pour exiger de tous et chacun qu’ils vous donnent 50% de leur revenus, ou si vous préféreriez donner ce mandat à une organisation centrale? En n’ayant pas à le faire directement, appréciez-vous cette distance que vous avez vis-à-vis la violence nécessaire à l’accomplissement d’une telle tâche? Admettons que vous deviez faire cette besogne, est-il possible que vous changeriez d’idée sur la réelle nécessité d’une telle opération? Seriez-vous intéressé à trouver une solution non-violente et respectueuse?

La violence «privée» (celle qui n’est pas utilisée par l’État, comme par exemple les agression de rue, la mafia qui demande «votre dû» pour «votre protection», etc.) est une situation négative, mais gérable. Cependant, comme nous pouvons le voir dans d’innombrables exemples à travers l’histoire, la violence publique dégénère toujours jusqu’à ce que la société civile devienne sérieusement menacée et se révolte. Et puisque l’État est une créature ayant un désir de vivre, elle se défend en utilisant tous les outil qu’elle possède (police, armée, canons à eau, grenades assourdissantes, gaz lacrymogène, balles en caoutchouc, espionnage, arrestation de masse, arrestation préventive, violation des droits et libertés, etc.). Combien d’exemples de ceci avons-nous ici et ailleurs dans le monde depuis une dizaine d’années?

Parce que l’État bénéficie directement et de façon grossière de la violence, l’élimination de l’État ne pourra jamais augmenter l’utilisation de la violence dans la société. Bien au contraire; puisque les entreprises privées ne bénéficient pas autant de la violence, en éliminant l’État, nous assisterions à une diminution de la violence d’un degré sans précédent dans l’histoire humaine. Parce que l’État peut venir voler tout l’argent qu’il veut dans nos poches, il peut financer ce qu’il veut et s’acheter tous les jouets qu’il désire pour contrôler la population (généralement sous prétexte qu’il faut penser à protéger les enfants…). Et c’est en partie pourquoi éliminer l’État, ce qui éliminerait à la taxation, mettrait fin aux conflits entre les nations. Comme l’expression anglaise le dit, «No money, no candy», ou comme moi je le dis en ‘franglais’, «no bidou, no can do.»

L’État ne peut survivre sans propagande. Plus l’État prend de l’expansion, plus la propagande augmente en importance. Par exemple, suite aux attentats du 11 septembre 2001, les budgets militaires et de défense ont explosés. Les corps de police ont engagé plus de gens, l’armée a pris de l’expansion, les compagnies privées de défense et de technologie militaire ont eu un nombre faramineux de contrats et le FBI a vu son nombre d’employés augmenter de façon importante (comme les autres agences de renseignement d’ailleurs). Mais plus le temps passe, moins la population américaine est sensible à ces histoires de terrorisme et pour éviter que le FBI ne doive couper dans son personnel, il devient nécessaire de montrer à la population américaine à quel point «le FBI est important pour la défense des américains.» (Réaction naturelle d’un organisme qui se sent menacé.) Donc la machine à propagande est démarrée et depuis des années, le FBI annonce plein d’arrestations de «gros méchants terroristes full pas fins qui voulaient tuer du monde!…». Mais il s’avère que la quasi-totalité de ces événements sont faux. Mais chaque faux événement ajoute à la peur du public et au besoin du public de se sentir protégé, alors celui-ci accepte, au nom de la sécurité, de perdre plus de liberté et d’argent. Mais entre vous et moi là, nous le savons très bien que n’importe quelle compagnie privée qui se ferait prendre à créer de faux attentats terroristes pour faire des profits verrait ses actions s’envoler en fumée, ses dirigeants envoyés en prison et le public ne l’oublierait jamais. Ce serait un scandale et on exigerait que «des têtes roulent!» Ah mais par contre, quand c’est l’État, ah là c’est ok! …

Sans propagande, il serait impossible pour l’État de faire avaler de tels mensonges. Mais étant donné que l’État force les citoyens à endurer pendant 12 ans son système d’éducation étatique, gratuit & obligatoire avec lequel il transforme à sa guise le cerveau des futurs citoyens; et étant donné qu’il a un accès illimité aux poches et à la richesse des citoyens, il peut voler autant d’argent qu’il ne le désire afin d’inventer toute sorte de propagande lui permettant de continuer à voler les gens, tout en transférant aux victimes les coûts de cette propagande.

 

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  • Pasdechatsicitte

Without government, who would start the wars

P.S. : Ce billet est basé sur les ouvrages de Stefan Molyneux sur l’anarchie. J’ai choisi et traduit certains passages de son livre disponible gratuitement en PDF et en livre audio ici et sur Youtube ici. J’ai aussi modifié et ajouté des passages représentant mon opinion.