Les conséquences à long terme de l’abus à l’enfance

 

« On t’a tapé les fesses toute ton enfance, pourtant tu t’en es bien sorti! »

Prologue

Je suis dans la quarantaine. Pendant toute ma vie d’adolescent et d’adulte, je vivais avec une certitude : je ne voudrai jamais d’enfants. Quand on me demandait pourquoi, je répondais « je n’en veux juste pas ». En 2011, je suis tombé sur une vidéo (http://bit.ly/2xfFgKr) dans laquelle deux personnes discutent des conséquences à long terme du châtiment corporel continuel. Ce que j’ai appris m’a jeté par terre. Non pas parce que j’étais étonné de ce que j’apprenais, mais parce que j’ai alors réalisé et compris l’origine d’une grande partie de mes problèmes, envies, désirs, comportements & mécanismes de défense. Et ça m’a fâché. Beaucoup. Je le suis encore d’ailleurs, je l’admets. Mais depuis, j’ai entrepris des démarches d’évolution personnelle et d’exploration de soi. Éventuellement j’ai compris pourquoi je ne voulais pas d’enfants: « je ne voulais pas reproduire les comportements abusifs de mes parents. » Aujourd’hui, ça va mieux.

J’ai hésité longtemps avant d’écrire ceci. Non pas parce que je considère l’information présentée comme importante, mais parce que je me demandais à quel point j’allais personnaliser le tout. FInalement j’ai décidé de révéler beaucoup de choses intimes parce que je considère qu’elles peuvent servir d’exemples concrets à d’autres. Il est possible que quelqu’un lisant ceci pourrait se dire « Moi aussi j’ai ce genre de comportement » ou « moi aussi j’ai vécu ceci », dans l’espoir que ça puisse l’aider à comprendre des choses concernant sa personnalité. Avec ce texte, je ne cherche pas à me faire passer pour une victime. Au contraire, j’assume pleinement qui je suis, avec mes failles et mes faiblesses.

Pour ce billet, quand je parle d’abus, je parle autant de la menace de violence (abus psychologique) que de la correction physique, aussi connue sous l’expression « châtiment corporel » (généralement donnée à main ouverte sur une partie du corps, mais qui inclut aussi les coups donnés avec des ceintures, cuillères de bois ou autres objets du genre).

Je serai bien heureux si ce partage se révèle utile pour quelqu’un.

À toi je dis « it gets better ».

Lien court: http://wp.me/s4MO4u-abus

Introduction

J’avais 13 ans, une fille était intéressée par moi à l’école. Ayant peur de me faire écœurer par les bullies de ma classe s’ils apprenaient que « j’ai une petite amie », j’ai mis fin à la potentialité de la relation en lui donnant un coup de pied sur le tibia. Elle est allée le dire à sa mère, qui est venue le dire à mon père. Lui m’a dit « on ne frappe pas ça une femme », puis m’a donné une fessée tellement forte que je ne me suis pas assis pendant 3 heures. C’était trop douloureux. La leçon que j’ai retenue est « il n’y a que mon père qui peut utiliser la violence afin de faire passer ses messages. »

Quand un enfant frappe un enfant, on parle « d’agression ». Quand un enfant frappe un adulte, on parle « d’hostilité ». Quand quelqu’un frappe un animal, on parle de « cruauté envers les animaux ». Quand un adulte frappe un adulte, on parle « d’assaut ». Mais quand un parent frappe son enfant, ce n’est ni de « l’agression » ou de « l’hostilité », ni de la « cruauté » ou un « assaut », mais de la « discipline ».

On appelle ce genre de pensée « dissonance cognitive ».

La relation parentale

Mes parents utilisaient la correction physique à profusion (tapes sur les fesses avec les mains, une cuillère de bois ou une ceinture de cuir) et les menaces de correction physique (« attendez que votre père arrive! », « restes tranquille si tu ne veux pas que te faire taper les fesses », etc.) sur mon frère et sur moi afin de maintenir l’illusion de discipline. Quand ce n’était pas le stress de l’abus physique lui-même que nous subissions, c’était le stress de sa possibilité. Un jour, bien des années plus tard, alors que mes parents n’osaient plus mettre la main sur nous, mon père m’a dit « Tu sais, on a fait ce que nous pouvions avec les outils que nous avions. » J’accepte que l’information scientifique aujourd’hui disponible à ce sujet était moins rapidement accessible back in the days, même si ça fait au-delà de 50 ans que le sujet est étudié avec attention (http://bit.ly/2g838vo).

Mais ça, c’est la phrase facile à dire quand la cible de la violence est maintenant rendue capable de répliquer physiquement avec une force égale ou supérieure, ou quand on tente de justifier moralement l’utilisation de la violence sur des cibles sans défense. Cette phrase est issue d’un instinct d’auto-préservation, du désir de maintenir sa propre intégrité physique et pour se déresponsabiliser de l’abus commis. Mon père sait que s’il osait mettre sa main sur moi aujourd’hui (ce qu’il ne le ferait pas de toute façon), je répondrais avec force, et avec toute la colère accumulée depuis mon enfance. De plus, il sait aussi qu’un jour, ce sera lui qui sera plus faible que moi, que la position de pouvoir physique sera renversée, et que s’il ne veut pas subir le même sort (ce que je ne ferais pas de toute façon), qu’il doit bien se tenir et « investir » dans le respect. Ce n’est pas de l’amour ça, c’est de l’hypocrisie alimentée par l’instinct de survie.

La loi

Selon le « Center for Effective Discipline », près de 50 pays ont rendu illégal le châtiment corporel à la maison et une centaine ne le permettent pas à l’école (http://bit.ly/2wIGdgx). Mais le Canada ne fait pas partie de cette liste. Grâce à l’article 43 du Code criminel du Canada, il est légalement permis à un parent, un gardien ou un instituteur de frapper l’enfant dont il a la charge légale (http://bit.ly/2wqP32U):

Protection des personnes exerçant l’autorité

Discipline des enfants

43 Tout instituteur, père ou mère, ou toute personne qui remplace le père ou la mère, est fondé à employer la force pour corriger un élève ou un enfant, selon le cas, confié à ses soins, pourvu que la force ne dépasse pas la mesure raisonnable dans les circonstances.

Suite à une étude sur la violence faite aux enfants et commandée par le Secrétaire général des Nations-Unies (http://uni.cf/2w7OOqZ), le Haut-commissaire des droits de l’Homme Kyung-wha Kang (http://bit.ly/2w1a2rT) a déclaré:

« La violence à l’encontre des enfants, incluant le châtiment corporel, est une violation des droits de l’enfant. Elle entre en conflit avec la dignité humaine de l’enfant et le droit de l’enfant à son intégrité physique. Elle empêche aussi les enfants d’atteindre leur plein potentiel, en mettant en jeu leur droit à la santé, la survie et le développement. Le meilleur intérêt de l’enfant n’est jamais une raison justifiant de telles pratiques. »

L’excuse souvent utilisée par les gens favorisant le châtiment corporel dans le but de corriger le comportement d’un enfant est « qu’il n’a pas compris ».

Depuis plusieurs décennies, des centaines d’études dans plusieurs pays ont systématiquement démontré que le châtiment corporel ne règle absolument rien. Au contraire, il empire les comportements que la correction physique cherche à casser. De plus, elle risque de créer chez le futur adulte un pattern; il risque d’utiliser la violence à son tour parce que c’est ce qu’il a connu. En soit, le parent qui violente son enfant investi dans le potentiel de continuité du cycle de violence.

Des données

Des données sur les conséquences de la violence à l’enfance, il y en a maintenant depuis plusieurs décennies elles sont faciles à trouver. Je vais vous épargner cette liste et plutôt mettre l’emphase sur les conséquences (que vous trouverez plus bas) d’un comportement parental contre lequel l’Académie Américaine de Pédiatrie s’oppose avec force, et ce, peu importe la raison (http://bit.ly/2wITupx). Les études démontrent que le châtiment corporel ne change strictement rien. Si le parent croit avoir acheté la paix, elle ne durera que moins de 10 minutes dans 73% des cas (http://bit.ly/2vjeXSo). C’est le temps moyen avant que l’enfant ne reprenne le comportement qui a agacé le parent. C’est aussi l’opinion d’Alan Kazdin, professeur en psychologie de l’enfant à l’Université Yale et directeur du « Yale Parenting Center ». Selon lui, « La correction physique fait cesser un comportement spécifique pour un petit moment, suite au choc et à l’étonnement mais quand nous faisons le suivi du comportement que le parent tente d’enrayer, nous observons que sa répétition au cours des jours suivants ne varie aucunement » (http://bit.ly/2viWnKc).

De plus, la recherche démontre que les « time outs », les explications et le fait de priver l’enfant d’un privilège spécifique afin de changer un comportement ne fonctionnent pas mieux que le châtiment corporel (http://bit.ly/2wr3Iej).

Avant de procéder avec la longue liste des conséquences, une petite note : En 2011, le professeur de psychologie à la Southern Methodist University George Holden (http://bit.ly/2w7wFJJ) a présenté une étude (http://ti.me/2w87k2i, http://abcn.ws/2wBwHwm (entrevue vidéo)) démontrant que les parents frappent leurs enfants régulièrement, souvent avant même l’âge de 7 mois, et ce, pour des comportements aussi banals que d’avoir tourné la page d’un livre avant d’avoir terminé de la lire.

Sept mois…

Quel genre d’horrible personne frappe un bébé de 7 mois parce qu’il n’écoute pas…

La réponse biologique aux traumas

Pour comprendre les conséquences à long terme de l’abus à l’enfance, que celui-ci soit physique comme le châtiment corporel (et l’abus sexuel) ou psychologique, il faut d’abord savoir pourquoi ces conséquences sont possibles.

Le cortisol est cette hormone qu’on appelle « l’hormone du stress ». On la surnomme ainsi grâce à sa fonction particulière d’empêcher temporairement l’interférence d’un stress sur les mécanismes de défense de l’individu (flight-fight-freeze reflex) suite à un trauma pour ainsi favoriser l’intégrité physique de l’individu. Par exemple, lors d’une explosion, vous aurez le réflexe de vous sauver le plus vite possible en premier, puis par la suite vous subirez le stress relié au trauma. Entre-temps, le cortisol aura fait son travail de maximiser vos mécanismes de survie.

Chez le jeune enfant, le cerveau grossit jusqu’à atteindre 95% de sa taille adulte maximale vers l’âge de 9 ans (http://bit.ly/2xvuq2v). Il continuera à se développer quand même, mais il ne grossira pas beaucoup plus. Lorsqu’un stress survient, le corps sécrète du cortisol. Afin de maximiser les mécanismes de défense, cette hormone vient isoler deux parties du cerveau : le cortex préfrontal (http://bit.ly/2vTLeCh) et l’amygdale (http://bit.ly/2wsfMMH). Le cortex préfrontal est le centre de la moralité et l’amygdale est le centre de contrôle des émotions. Le cortisol, afin d’aider à préserver la survie, vient encapsuler ces deux parties du cerveau afin de les isoler du reste. En retirant temporairement les contraintes émotives et morales d’une situation dangereuse, les mécanismes de survie contribuent à la préservation de la vie. C’était pratique quand l’Humain chassait le mammouth et que soudainement un tigre à dents de sabres lui sautait dessus. Ce n’était pas le moment de se questionner sur la justification morale de tuer cet animal, ni de se mettre en boule et pleurer sur son sort. Non, la survie est en jeu, et donc le cortisol entre en action. Il n’y a plus de ce genre de prédateurs dans notre société moderne, mais ce n’est ni la violence ni les traumas qui manque. Ni le cortisol…

La conséquence des traumas réguliers à l’enfance est la sécrétion en continue de cortisol. Lorsque sécrété ici et là, le cortisol ne cause pas de dommages permanents. Par contre, lorsque sécrété sur une base régulière, il impacte négativement sur le développement du cortex préfrontal et de l’amygdale cérébrale. Ces parties ne vont pas évoluer comme elles le feraient dans un environnement d’amour, d’empathie, d’affection et dépourvu de violence. Et donc l’enfant grandira pour devenir un adulte avec un sens de la moralité moins bien développé et une plus grande difficulté à contrôler ses émotions. Il sera plus susceptible d’avoir des comportements jugés immoraux, criminels et autodestructeurs. Les conséquences mentales et physiques à long terme d’une telle carence sont pratiquement toutes irréversibles et sont fortement dommageables sur la vie de l’adulte.

« Je vais te dire pourquoi je te frappe »

« Oui, je t’ai tapé sur les fesses, mais là je viens t’expliquer pourquoi. » Cette phrase, qui est ni plus ni moins du « victim shaming » (blâmer la victime pour ce qu’elle subit) et que mon père m’a trop souvent dit étant jeune, sert à justifier les raisons de la violence et tenter de faire comprendre à l’enfant qu’il est le seul responsable de la douleur qu’il ressent & de l’abus qu’il subit. L’explication se termine souvent par un « je t’aime » manipulateur et l’enfant répondra aussi « je t’aime » mais sans sincérité car il sait qu’il risque encore plus de violence s’il ne satisfait pas aux désirs de son agresseur. Que ce soit avec les mains, la ceinture ou la cuillère de bois, ces parents ne font que montrer aux enfants que seule la violence règle les conflits, et ils accompagnent cette violence d’une explication sommaire, irréfléchie et ridicule…

« On m’a tapé sur les fesses toute mon enfance et pourtant je m’en suis bien sorti! » Cette phrase, répétée ad nauseam par plusieurs victimes d’abus à l’enfance est en fait un aveu de capitulation et un refus d’accepter qu’elles possèdent le pouvoir d’améliorer leur sort. Nous la prononçons quand nous refusons consciemment d’explorer les conséquences de l’abus que nous avons subi à l’enfance. Cette phrase est si commune qu’on la croirait vraie, si ce n’était du fait que c’est un sophisme de conclusion hâtive. En fait, avec la technologie actuelle, il est impossible de le savoir. Bien au contraire, selon toutes les études faites sur le sujet, tout porte à croire qu’elle est absolument fausse. Pour la vérifier, il faudrait une machine à voyager dans le temps et faire une étude longitudinale contrôlée en recommençant sa vie à plusieurs reprises et selon des paramètres très précis.

« Good luck with that, buddy… »

En 2002, l’APA (American Psychological Association) publiait un article sur le sujet de la correction physique comme moyen de discipline (http://bit.ly/2g9cKpG). Voici ce qu’elle avait à dire :

While conducting the meta-analysis, which included 62 years of collected data, Elisabeth Gershoff looked for associations between parental use of corporal punishment and 11 child behaviors and experiences. /…/ Gershoff found « strong associations » between corporal punishment and all eleven child behaviors and experiences. Ten of the associations were negative such as with increased child aggression and antisocial behavior. The single desirable association was between corporal punishment and increased immediate compliance on the part of the child.

Conséquences générales

Voici une partie des conséquences physiques, cognitives, psychologiques, comportementales et sociales de l’abus à l’enfance & de la négligence (des enfants) jusqu’à la vie adulte (http://bit.ly/2g1p4s5 & http://bit.ly/2w1qnNd). Les enfants qui ont été abusés à l’enfance sont plus à risques de :

  • perpétuer le cycle de violence, d’abus ou de négligence sur leurs propres enfants;
  • perpétuer le cycle de victimisation rendus à la vie adulte (par exemple, 72% des femmes abusées à l’enfance vont plus souvent se retrouver victimes de d’autres formes d’abus une fois adultes);
  • de commettre de la violence sexuelle, du kidnapping et de la traque furtive (stalking);
  • développer une dépendance (alcool, drogues, sexe, travail, etc.) ou de s’engager dans des comportements à hauts risques (promiscuité non-protégée, drogues par injection, etc.);
  • développer des problèmes de santé comme diabète, problèmes gastro-intestinaux, arthrite, mots de têtes chroniques, troubles gynécologiques, crises cardiaques, maladies du cœur, hépatite, troubles neurologiques, troubles musculaires et squelettiques, troubles respiratoires et cardiovasculaires, haute pression, troubles du foie, etc.;
  • développer des troubles de santé mentale comme troubles de la personnalité, stress post-traumatiques, troubles dissociatif de l’identité, dépressions, crises d’anxiété et psychoses;
  • souffrir de troubles psychiatriques et mentaux comme TDAH, bipolarité, attaques de paniques, abus de drogues, dépendance à la nicotine, troubles d’anxiété généralisée et dépressions majeures tôt à l’âge adulte. Les études démontrent que plus l’abus est présent, plus les risques de souffrir de troubles psychiatriques & mentaux sont élevés;
  • souffrir d’obésité, de boulimie ou d’anorexie (2 à 5 fois plus de chances);
  • devenir des criminels, d’être agressif et d’utiliser la violence;
  • s’engager dans des comportements sexuels risqués, à avoir des grossesses non-désirées, à attraper des ITSS, à avoir un plus grand nombre de partenaires, à s’engager dans du sexe en groupe et à se prostituer.

De plus, les enfants ayant vécus de l’abus à l’enfance:

  • ou qui ont été témoins de violence conjugale sont plus à risque de développer des troubles de santé mentale & physique. Ils consulteront plus fréquemment les services de santé que ceux qui n’ont pas vécu d’abus;
  • ont 2 fois et demi plus de chances de vivre des dépressions majeures et ont 6 fois plus de chances d’avoir des stress post-traumatiques que ceux n’ayant pas subis d’abus. Ces chances augmentent significativement si l’enfant a aussi vécu le divorce de ses parents;
  • ou qui ont subis seulement 4 épisodes distincts d’abus avant l’adolescence ont 12 fois plus de chances de tenter de se suicider ou d’avoir des comportements & idées suicidaires. Ils ont aussi 7 fois de chances d’être alcooliques, 5 fois plus d’être accrocs aux drogues et 10 fois plus de s’injecter de la drogue dans les veines directement. Il est possible que cet abus de drogues soit un mécanisme pour tenter de s’auto-médicamenter afin de limiter l’impact des traumas, de l’anxiété ou des dépressions causés par les conséquences de l’abus à l’enfance. Imaginez s’ils en subissent plus que 4 pendant leur enfance…;
  • ou qui furent exposés à seulement 4 épisodes distincts d’abus avant l’adolescence ont 3 à 5 fois plus de chances d’avoir une ITSS;
  • ont plus de chances d’avoir un quotient intellectuel moins élevé que ceux n’ayant pas vécu d’abus à l’enfance. De plus ils auront tendance à ne pas terminer leurs études, ou du moins à cesser d’aller à l’école plus tôt que ceux n’ayant pas vécu d’abus à l’enfance. Ceci est un facteur important dans l’itinérance à l’âge adulte;
  • ont 26 fois (oui, vingt-six) fois plus de chances de devenir itinérant à l’âge adulte. Le docteur Gabor Maté, (spécialisé en neurologie, psychologie et psychiatrie) gère une clinique dans le sud de Vancouver depuis près de 35 ans et il affirme que tous les itinérants qui passent par sa clinique ont subi de l’abus à l’enfance. Pour en savoir plus, il a écrit une série de livres, dont « In the realm of Hungry Ghosts»;
  • ont plus de difficulté avec la gratification prolongée. Par exemple, si on leur offre le choix d’avoir 3 bonbons maintenant mais d’en avoir 5 s’ils attendent 10 minutes, ils auront plus de chances de prendre les 3 bonbons maintenant. Cette problématique se transporte dans toutes les sphères de la vie adulte : ils ne mettent pas d’argent de côté car ils privilégient le besoin du moment, ils achètent impulsivement, ont peu ou pas d’investissement pour la retraite, etc., avec toutes les conséquences que ça implique.

Conséquemment, suite aux problèmes de santé mentale & physique causés par la violence à l’enfance, les enfants ayant vécus de l’abus régulier sous une forme ou une autre ((selon les différentes études)) peuvent vivre en moyenne 21 ans de moins que l’espérance de vie nationale.

Conséquences personnelles

J’ai vécu et vis encore plusieurs des conséquences citées plus haut, mais je veux vous détailler celles qui sont propres à moi et que j’ai réalisé à-travers les années.

  • J’ai fait pipi au lit jusqu’à mes 12 ans. Ça s’est terminé quand mon père, vraiment écœuré de laver mes draps à chaque soir, m’a crié après vraiment fort et a été extrêmement menaçant. Ma logique : je faisais pipi au lit parce que si je ne suis pas propre, il ne me frappera pas. Faire pipi au lit était pour moi un mécanisme de défense, d’auto-préservation. La peur de subir encore plus de violence a fonctionné, j’ai immédiatement cessé de faire pipi au lit, preuve que mon problème était psychosomatique, et non un manque de contrôle sur ma vessie.
  • Pour compenser, j’ai commencé à faire caca dans mes sous-vêtements. De temps en temps, je n’allais pas aux toilettes, et je me laissais aller dans mes sous-vêtements. Mon père me demandait souvent si je m’étais mal essuyé parce que ça sentait vraiment mauvais. Pour moi, c’était une autre façon d’éviter qu’il me tape sur les fesses pour me punir de quoi que ce soit qui ne faisait pas son affaire cette journée-là. À mes yeux, c’était de loin préférable de chier dans mes pantalons et d’aller prendre une douche en fin de journée que de subir de la violence. Ma logique : il n’allait certainement pas me taper les fesses si elles étaient couvertes d’excréments.
  • L’abus subi à la maison a grandement affecté ma confiance en moi. À l’école, je dégageais une très faible estime de moi, ce qui a ouvert la porte aux prédateurs et aux « bullies ». Pendant l’absolue totalité de mes études secondaires, à chaque jour et plusieurs fois par jour, je me faisais battre, frapper, cracher dessus, voler mes choses, traiter de tous les noms, insulter, et ce, par un bon nombre d’étudiants. Y’a même un d’eux qui pratiquait son karaté sur moi. Je ne me souviens pas des noms de beaucoup d’étudiants de mon secondaire, mais je me rappelle encore de ceux de mes agresseurs. Dany (le karaté-dude), Christian, Maxime, Sébastien, Giovanni, Steve, etc. La liste est plus longue. Un jour, en secondaire 4, je faisais un exposé oral en anglais et Richard m’a insulté haut et fort. J’ai eu le culot de lui répondre devant tout le monde (et le professeur m’a dit d’arrêter et de mettre le focus sur mon exposé au lieu de réprimander l’étudiant fautif). Après le cours, Richard m’a cogné d’une solide droite dans l’escalier parce que « je l’ai fait mal paraître ». Ça, c’était ma réalité quotidienne et mes parents ne faisaient rien.
  • Cet abus constant pendant mon enfance a sapé ma vision positive de l’avenir. Suite à cette relation de traumas quotidiens, j’ai développé une haine viscérale de l’autorité (qu’elle soit parentale, sociétale ou gouvernementale). Je suis profondément anti-état, je déteste la police et je ne crois pas du tout au système de justice. De plus, quand quelqu’un prend une décision qui impacte négativement ma liberté (par exemple les militants de l’AFESH avec leurs criss de levées de cours et leurs grèves (excusez mon langage mais je les déteste vraiment…)), je réagis très fort, souvent de façon totalement disproportionnée. Cette vision négative de l’avenir est aussi ce qui explique pourquoi je ne termine pas souvent ce que je commence (l’incapacité d’investir dans la gratification prolongée). Éventuellement, je ne crois tout simplement plus que ça vaille la peine car je suis convaincu que je ne vivrai pas vieux, alors à quoi ça sert? Je tente de me convaincre que je suis un pragmatiste, mais au fond, je suis un pessimiste qui porte le masque d’un pragmatiste.
  • Cette relation avec mes parents fait en sorte que ma vision de la famille est différente de celle généralement véhiculée en société. Pour moi, la famille, c’est « overrated ». Tu subis ta famille, tu ne la choisi pas. Tu espères simplement avoir une bonne famille. Chaque fois qu’on se parle au téléphone (4-5 fois par année) ou qu’on se voit (1-2 fois par année), ma mère me dit qu’on ne se parle ou vois pas souvent. Et chaque fois je dis « effectivement. » Mais cette relation actuelle est une conséquence directe de l’abus vécu à l’enfance. Je n’ai aucun intérêt à maintenir une relation avec des individus qui sont directement responsables de la majorité de la violence que j’ai subi à l’enfance, et qui sont directement responsables d’une grande quantité des conséquences générales physiques & mentales (et de la totalité des conséquences personnelles) que j’ai cité plus haut. Ça fait aussi que je n’ai absolument aucune intention de m’occuper d’eux quand ils seront vieux. Finalement, ils sont en partie responsables de mon désir de quitter ce pays et d’aller très loin, car mon père ne prendrait jamais l’avion aussi longtemps (14 heures) pour venir me voir et ma mère ne peut pas prendre le bateau, ça lui donne trop mal au cœur. C’est ainsi que je peux couper quasi-définitivement les ponts avec mes parents avant leur mort (ou la mienne).
  • Je ne veux pas d’enfants (j’ai d’ailleurs été passer un test de fertilité et il s’avère que je suis pratiquement stérile…). Pour 2 raisons principales. La première est ma vision fataliste du monde. À quoi ça sert d’avoir des enfants quand tu penses que « le monde, c’est d’la marde » et qu’il y a de la violence partout. Mais la deuxième m’a pris beaucoup plus de temps à la réaliser. Pendant longtemps je ne connaissais  pas d’autres façons d’éduquer des enfants, et puisque je ne voulais pas reproduire malgré moi ces mêmes comportements sur mes propres enfants, j’ai jugé préférable de ne jamais en avoir. En gros, je ne voulais pas risquer de reproduire le cycle de violence. Et puisque j’ai l’habitude de ne pas terminer les choses que je commence parce que j’ai besoin d’avoir cette liberté de faire ce que je veux, avoir des enfants devient un obstacle immuable.
  • J’étais très généreux quand j’étais adolescent & jeune adulte. Je donnais beaucoup de mon temps et énergie aux gens autour de moi parce que c’était un moyen pour moi de vivre du positif, de me sentir aimé, d’être reconnu. Conséquemment, beaucoup de gens ont abusé de ma générosité. Je me rappelle comme si c’était hier de la première fois que j’ai dit « non » à quelqu’un qui me demandait quelque chose et que je ne voulais pas. J’avais 21 ans, j’étais au téléphone, j’ai dit « non » puis j’ai raccroché. Je me suis senti tellement bien, tellement libéré. Je venais de découvrir le pouvoir du « non ». Plutôt, les bienfaits de se respecter soi-même.
  • Mon incapacité à me défendre en tant qu’adolescent, accompagnée par l’absence d’intérêt de mes parents de nous aider à nous défendre, m’ont mené, une fois adulte, vers l’étude du droit (par moi-même, et non sous la supervision d’une université puisqu’elle représentait « l’autorité »). Principalement, l’étude des mécanismes existants pour qu’on n’abuse plus de moi. Que ce soit de connaître mes droits et libertés ou les limites des pouvoirs policiers, en passant par les lois du code du travail ou de la régie du logement, j’ai tout étudié. Si au secondaire je me faisais manger la laine sur le dos, à l’école de la vie, je suis devenu le loup.
  • Jusqu’à il y a moins d’un an, ça me prenait toujours près d’une heure avant de m’endormir. C’était ainsi dans ma jeunesse et je suis convaincu que c’était un mécanisme de survie. Si je dors, je ne peux pas me défendre, ou du moins je ne peux pas voir quand un abus peut survenir. Et puisque mes parents utilisaient la violence de façon régulière, rien ne leur empêchait de venir nous chicaner pendant notre sommeil, alors j’étais toujours sur mes gardes. Le stress me gardait éveillé. Une nuit, mon père a décidé de rentrer dans notre chambre (mon frère et moi avions un lit superposé) et il a marché sur un bloc Lego. Il était tellement en colère, il a ouvert la lumière, nous a crié après (nous réveilliant subitement et créant un stress intense) et nous avons dû ranger tous nos jouets et faire tout le ménage de la chambre avant de nous recoucher. Pendant ce temps, il restait dans le cadre de porte et nous, nous étions stressés. Oh cortisol, quand tu nous tiens… C’est donc normal que nous étions toujours aux aguets, on ne savait jamais quand la prochaine session de violence allait arriver. (Maintenant je dors mieux, j’ai une machine pour l’apnée du sommeil. J’ai découvert que je souffrais de ça depuis au-delà de 20 ans… (Y’a t’il un lien? Who knows!)).
  • Ça fait plus de 9 ans que je ne parle plus à mon frère. Je suis certain que son comportement a été une conséquence directe de la violence parentale. Il est devenu un adulte désagréable et j’ai décidé de couper les ponts avec lui. Étant donné qu’il représente un lien familial, il entre dans la catégorie de ceux dont je veux rester loin.
  • Il y a au moins un point positif que je peux mentionner, et c’est que j’ai développé une grande résilience aux stress intenses. J’ai été victime de vol à main armée 7 fois dans ma vie; 4 fois l’assaillant était armé d’un couteau, 1 fois d’une machette, 1 fois d’un fusil à plomb et 1 fois, les 3 assaillants avaient des 12 à pompe tronçonnés et j’ai eu leur arme sur la tempe et dans les côtes pendant près de 20 minutes alors qu’un d’eux battait mon patron à coups de crosse. J’ai aussi travaillé comme premier répondant médical pour des activités populaires (j’ai vu plein d’urgences médicales). J’ai déjà eu à m’occuper d’une dame (réanimation, déblocage des voies respiratoires, contrôle de l’hémorragie) qui avait été frappée par une voiture et qui était complètement couverte de sang. J’ai aussi été pris dans un carambolage en pleine tempête de neige et j’ai aidé une famille à sortir de leur camionnette renversée alors que les conducteurs des autres voitures arrivant à toute vitesse près de nous faisaient ce qu’ils pouvaient pour nous éviter (la visibilité était de moins de 100 mètres et la route était glacée). Même qu’à un moment, j’ai tenté de diminuer le trafic en courant à contre-sens sur la 20 afin d’éviter que toutes les voitures se rentrent dedans. Voir un camion de 53 pieds arriver en éventail dans ta face en sachant qu’il ne pourra jamais freiner à temps, ça t’aide à mettre ta vie en perspective. Pourtant, pendant tous ces évènements, je n’ai jamais paniqué et j’ai toujours pris le contrôle de la situation. Et après chacun d’eux, la nuit suivante, je dormais très bien. J’ai appris à compartimentaliser ces évènements, à les rationaliser en me disant que ça ne m’arrive pas à tous les jours.

Ce qu’il faut comprendre est que pendant une bonne partie de mon enfance et de mon adolescence, il n’y avait presque pas d’endroits où je pouvais aller où je pouvais être en sécurité émotive et physique. Je vivais de la violence à la maison et à l’école. [La violence à la maison n’arrivait pas à tous les jours, mais nous savions qu’elle pouvait survenir à tout moment.] C’est pour ça que j’ai fait des activités parascolaires avec des gens que je ne voyais pas à l’école. J’ai fait de l’improvisation pendant quelques années, j’ai joint les cadets de l’air, et je me suis lié d’amitié avec un homme de l’âge de mon père (daddy issues?) qui travaillait dans un hôpital pour enfants handicapés car il semblait bien s’occuper d’eux alors c’était rassurant. Il s’est avéré être un agresseur sexuel mais il ne s’est jamais essayé sur moi. Pendant plus de deux ans il a agressé un autre adolescent que je connaissais (chose que j’ai appris quelques années plus tard). Bref, je cherchais des échappatoires. C’est ce qui m’amène à ma vie sexuelle.

Selon les standards traditionnels, j’ai eu vraiment beaucoup de partenaires sexuels. Sans faire de lien de cause à effet, il est probable que mon manque de confiance en moi fût le mécanisme qui motivait mon besoin de vivre des rencontres sexuelles avec plein de partenaires (la promiscuité mentionnée précédemment). Je me disais qu’ainsi, j’ai de la valeur, je suis reconnu, je peux réussir, j’existe, et surtout, JE suis en contrôle. J’ai eu quelques blondes et je les aie toutes trompées. J’ai été marié, je l’ai trompée plein de fois aussi. Jeune adulte, j’ai été 5 ans avec une fille absolument formidable, mais je l’ai trompée avec 18 filles différentes. Ce n’est pas que je ne l’aimais pas, au contraire, c’était l’amour fou, mais j’avais un besoin [inconscient] plus fort de me prouver continuellement que « j’étais capable » afin de pallier à mon manque d’estime de soi. Certains dans mon cercle d’amis me voient comme une espèce de « rock star » du sexe, mais moi je me suis longtemps vu comme une créature blessée qui ne cherche qu’à survivre et cesser de souffrir. Aujourd’hui, j’ai une relation ouverte avec ma copine car j’accepte ce passé et je reconnais que ces besoins font encore surface de temps en temps. Oui j’ai grandement évolué, mais je n’ai pas grand chemin à faire pour me rappeler de comment je me sentais il n’y a pas si longtemps.

J’ai été marié aussi. J’ai été presque 7 ans avec elle jusqu’à ce que je demande le divorce. Quand je l’ai rencontrée, j’étais dans un moment sombre de ma vie. Une ex-blonde m’avait laissé pour mon meilleur ami de l’époque et ça m’a envoyé dans une courte mais sérieuse dépression. Puis j’ai rencontré cette femme qui me donnait de l’attention, qui me faisait sentir bien, etc. Elle aussi était une personne avec une faible estime d’elle, issue d’une famille adventiste (religieuse) avec une mère très matrone et un père à la confiance personnelle absente. Il se considérait handicapé suite à ses acouphènes (une excuse de merde à mon avis…). Avoir eu une bonne estime de moi, je ne serais pas tombé dans le piège d’être amoureux des sensations que je ressentais (car je n’ai jamais été amoureux d’elle) et de l’attention qu’elle m’accordait. Je ne me serais pas marié et je n’aurais pas perdu 7 ans de ma vie avec quelqu’un qui ne me convenait absolument pas. Bien des années plus tard, en parlant de la cérémonie de mariage avec mes parents, ma mère m’a avoué avoir dit qu’elle nous donnait 3 mois avant de divorcer, puis mon père se demandait ce qu’il faisait là. Mes amis proches nous donnaient entre 2 et 5 ans avant le divorce. Ma faible estime de moi a fait que le mariage a duré 6 ans au total. D’ailleurs, 2 jours après lui avoir annoncé que je voulais me divorcer, elle a fait une tentative de suicide. Je l’ai retrouvée ensanglantée dans notre lit, les veines des poignets et du cou ouvertes. Des boîtes de pilules vides était sur la table de chevet. J’ai appelé au 911 et pendant ce temps, j’ai mis des gants, j’ai tâté son pouls, puis j’ai mis les boîtes de pilules vides dans un sac Ziploc. À l’arrivée des policiers, et en attendant les ambulanciers, une des policières de demandait comment je pouvais être aussi calme et serein et je me rappelle avoir répondu « À quoi ça sert de paniquer? Ça ne changera rien. » J’avais déjà compartimentalisé la chose.

Ça m’a pris beaucoup de temps avant d’apprendre à me respecter. (Par exemple) Il y a deux ans, ma mère voit que j’ai posté un statut sur Facebook concernant l’achat de billets d’avion pour un voyage que je veux faire depuis près de 15 ans. Elle m’appelle et la conversation se déroule comme suit : « Allo », « Salut, t’appelles pas souvent. », « Effectivement. », « Pis là j’apprends plein d’affaires sur Facebook. », « Ok, à part pour tenter de me manipuler et essayer de me faire sentir coupable pour quelque chose, pourquoi t’appelles? » « Ben là, je suis ta mère, j’ai le droit de prendre de tes nouvelles », « Non, ça c’est un privilège, pas un droit, mais bon, t’appelles sûrement pas pour qu’on s’obstine sur de la sémantique hein? ». Elle soupire au téléphone, mon attitude la dérange. Mais au fond, ce qui la dérange réellement est que sa manipulation ne fonctionne plus et elle ne peut plus obtenir ce qu’elle veut en essayant de me faire sentir coupable pour quoi que ce soit. Je reconnais la manipulation et je l’attaque directement. Je n’accepte tout simplement plus ça, peu importe de qui ça provient. Mais je ne peux pas demander à ma mère de 66 ans de changer. That time is over.

Mes parents se positionnent comme des phares de moralité dans leur communauté chrétienne et me disent parfois qu’il est important de pardonner. Quand le sujet se présente, je me demande toujours s’ils essaient subtilement de me demander de les pardonner pour les abus qu’ils ont commis, ou s’ils pensent qu’ils n’ont simplement rien fait de mal. Depuis que j’ai appris que les gens qui s’identifient comme chrétiens ou catholiques sont ceux qui frappent le plus souvent leurs enfants, j’ai compris que c’est leur voile religieux qui obstrue la qualité de leur moralité. À mon avis, si un psychiatre évaluait le catholicisme et/ou la chrétienté, il arriverait à la conclusion que cette religion est bipolaire. Des lèvres ont dit d’aimer son prochain & de traiter les autres comme on aimerait être traité, puis avec les mains ont utilise la violence afin de « guider vers la lumière ». Un peu comme ce pasteur chrétien qui raconte avoir donné un solide coup de poing à un enfant pour « lui montrer le chemin vers le seigneur » (http://bit.ly/2w7pUaS). La bible est une fontaine de violence et de contradictions. Peut-être qu’au fond, je devrais remercier mes parents de m’avoir démontré les mensonges de la religion. C’est possiblement un des avantages…

Avant de conclure, j’ajouterais que dans mon cas, il n’a pas de démonstration absolue de lien de cause à effet entre l’abus subi et toutes les conséquences générales & personnelles citées plus haut. Par contre, ces conséquences (générales) sont documentées depuis plusieurs décennies, et je me retrouve dans trop parmi elles. Pour ce qui est des conséquences personnelles, le même argument peut être fait. Je ne fais que vous raconter ce que je crois être la vérité pour moi.

Accepter et aller de l’avant

Il sera plus facile pour certaines personnes de changer un comportement ou une façon de voir la vie après l’avoir accepté. D’autres ne réussiront pas et certains ne veulent tout simplement pas. Et c’est correct. Ce qu’il faut comprendre est que les expériences vécues à l’enfance sont le point de création de nos connexions synaptiques. Ces connexions, à force de répéter une expérience ou un comportement, optimisent nos réactions, réflexes et schèmes de pensées. Plus l’expérience est répétée, plus la connexion est optimisée. Pour changer une idéologie ou un comportement, il faut parfois énormément de travail qui peut s’échelonner sur des semaines, des mois ou des années. Même si j’ai accepté d’avoir développé certains mécanismes de défense (et comportements, réflexes, attitudes, façons de penser, etc.) suite à cet abus, je n’ai pas terminé de tous les transformer et il est possible que je ne réussirai jamais pour certains. Ça je l’ai compris quand j’ai visionné cette vidéo (http://bit.ly/2xiuUcP) d’un ingénieur qui a tenté d’apprendre à conduire un vélo dont le guidon, lorsque tourné à droite, envoyait la roue à gauche, et vice-versa. Ça lui a pris des mois à reconfigurer ses connexions synaptiques pour cette activité très précise. Mais une fois qu’il eut réussi, il n’était plus capable de conduire un vélo non-modifié. Son cerveau avait changé.

Quand le cerveau de l’enfant est en construction, ses connexions synaptiques vont se former en conséquence de son environnement. S’il vit dans un environnement d’amour, elles prendront telle ou telle forme et s’il vit dans un environnement de violence, elles en prendront une autre. Plus l’environnement se répète, plus les connexions deviendront solides et seront difficiles à défaire rendu à l’âge adulte.

Ce que je tente de dire est que parfois, changer est plus fort que nous, même si on y met beaucoup d’effort. Par contre, nous avons aussi le potentiel de nous transformer pour le mieux. Notre neurologie a un impact spectaculaire sur nos comportements, et il faut se donner le temps nécessaire & être patient quand nous voulons changer. Il faut accepter que nous avons des limites et que pour évoluer, il faut y aller un pas à la fois.

Un dernier point important à mes yeux

Un bébé qui pleure est un humain qui n’a pas encore appris comment exprimer, avec des mots clairs et précis, le besoin qu’il ressent dans le moment présent. Quand il pleure quand tu le couche, tu te dis probablement « bah, il va s’endormir éventuellement ». Oui, tu as raison, mais tu ne sais juste pas pourquoi il va s’endormir. Alors que tu penses qu’il pleure parce qu’il est fatigué et qu’il va s’endormir, lui, pendant ce temps-là, vit un trauma important. Pour un bébé qui n’a pas le concept du temps et qui ne sait pas que tout va bien aller éventuellement, c’est immédiatement qu’il a besoin de se sentir en sécurité, et pour lui, ce besoin n’aura jamais de finalité. Alors puisqu’il vit un trauma important, son corps sécrète du cortisol. Le cortisol vient le déconnecter graduellement de ses émotions (son amygdale cérébrale) et il finit par s’endormir parce que le cortisol a fait la job de le dissocier de la réalité. En gros, il devient drogué par un afflux d’hormones et il « oublie » pourquoi il pleure, donc il s’endort. Quand tu le laisse pleurer tout le temps, il génère constamment du cortisol et graduellement, tu investis dans un enfant qui risque d’avoir une grande quantité de problèmes dans le futur.

Conclusion

Aujourd’hui, je suis franchement plus solide. J’ai fait un énorme voyage à l’intérieur de moi-même. J’ai une forte estime de moi, je connais mon potentiel, mais j’accepte aussi mes limites. Il y a du travail à faire encore, je le sais, mais j’ai fait beaucoup de travail & de ménage dans ma vie. Je suis incroyablement imparfait, mais je navigue dans mes imperfections avec aisance & compréhension. Je suis aussi très confortable avec mes choix de vie et la distance que j’ai décidé de prendre de ma famille. Je ne déteste pas mes parents. Au contraire je les apprécie et je sais qu’ils sont là pour moi quand j’en ai besoin. Eux aussi sont imparfaits et malgré notre historique, nous trouvons le moyen de passer du bon temps ensemble quand nous nous voyons.

S’il y a une chose à retenir de tout ceci, c’est que la correction physique (et sa menace) ne règle rien. Quand tu frappes ton enfant régulièrement afin de « faire son éducation », ou que tu menaces de le faire, en réalité, tu le condamne à mourir à petit feu…

94% des parents américains d’enfants en bas âge ont affirmé avoir frappé leur enfant au moins une fois dans la dernière année…

L’auteur et historien Lloyd Demause a publié un livre intitulé « The Origins of war in child abuse » dans lequel on peut lire que tous les dictateurs et tyrans modernes ont subi de la violence à l’enfance, ce qui pourrait être un lien direct avec leurs attitudes meurtrières à l’âge adulte. Le livre est disponible en audio gratuitement sur Youtube (http://bit.ly/2v9EfGD) et est lu par Stefan Molyneux.

JFK

Considérant qu’il existe maintenant plusieurs centaines d’études qui démontrent que la correction physique est nuisible et ne produit aucun résultat positif, et qu’au contraire elle est responsable d’une grande quantité de problèmes, il est temps de mettre fin à ce cycle de violence et d’essayer la parentalité positive (peaceful parenting en anglais (http://bit.ly/2xvMRE0)).

  • Pas de chats icitte

P.S. : Maman, papa, je sais que vous étiez malgré tout bien intentionnés. Ça, je l’accepte. Il y a quand même eu beaucoup de choses positives dans ma vie grâce à vous. Mais respectez mon désir de distance relationnelle. Se voir une fois de temps en temps, c’est suffisant pour moi. Après tout, chaque adulte se doit d’accepter la responsabilité de ses actions, ainsi que leurs conséquences.

Et oui, je vous pardonne.

Sources

http://bit.ly/2w1qnNd, http://bit.ly/2vje8ZJ, http://bit.ly/2wqg2vy, http://bit.ly/2wB5fiq, http://bit.ly/2xfJgux, http://bit.ly/2wrgWri, http://bit.ly/2vjeXSo, http://bit.ly/2wIJBbm, http://dailym.ai/2wBgzuP, http://bit.ly/2wISfqr, http://ti.me/2va6ftH, http://bit.ly/2vj1qu0, http://bit.ly/2vsnXUi, http://wb.md/2wrdRI9, http://uni.cf/2xfCncw, http://bit.ly/2v9U5kj, http://cnn.it/2is6avg, http://bit.ly/2wIQb1A, http://bit.ly/2w1sIYv, http://bit.ly/2vj2sGq, http://bit.ly/2g838vo, http://bit.ly/2g9cKpG, http://bit.ly/2xfzd8R, http://bit.ly/2isskxx, http://bit.ly/2xfDpVY, http://bit.ly/2vjwcD9, http://bit.ly/2xvsCpV, http://bit.ly/2xvMRE0, http://bit.ly/2w7ZWUz, http://bit.ly/2xfqPpV & http://bit.ly/2v9EfGD.

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Le mythe du privilège mâle

We're all equal... unless the boat is sinking!

«Les femmes et les enfants d’abords!»

«Accueil des réfugiés : le plan du Canada limité aux familles, femmes et enfants.» (et les hommes homosexuels, mais pas les hétérosexuels.)

«La réponse est arrivée mardi : dans les coffres du CIUSSS de l’Estrie – CHUS, il n’y a pas d’argent pour les clients d’Évans Bédard. Sans argent, la seule ressource d’aide aux hommes ayant été agressés sexuellement dans l’Est du Québec fermera ses portes à Noël. Selon le seul intervenant du SHASE (Soutien aux hommes agressés sexuellement durant l’enfance), Évans Bédard, jamais un gouvernement n’a pris de position claire et n’a fournit les moyens aux organismes d’aider les hommes en difficulté. Et ce, toutes couleurs confondues

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Introduction

En ce 19 novembre, journée internationale des hommes (lancée en 1997, attaquée à chaque année par tout plein de groupes féministes et de « Social Justice Warriors »), j’ai décidé de présenter ici une myriade d’informations concernant le déséquilibre qui défavorise les hommes dans notre espace nord-américain. La majorité des données concerne les États-Unis (grâce à Harper qui a mis fin à la collecte de données, au recensement long et qui a rendue difficile toute recherche en passant la hache dans Statistiques Canada) et certaines sont canadiennes. Toutes se retrouvent à la fin de ce billet. Je ne me sens pas mal d’amalgamer le Canada avec les États-Unis car nos cultures sont relativement similaires, tout comme les conditions de vie (selon les régions) et les différents courants sociaux qui prévalent dans les deux pays.

Là n’allez pas croire que j’ai écrit un billet de blogue contre les femmes, ce n’est pas du tout le cas. Je prends des statistiques et des études puis je vous présente de l’information. C’est tout. Vous pouvez tout vérifier vous mêmes, les sources sont en bas du billet. Et ce n’est pas un billet pour dire que les problèmes des uns sont plus importants que les problèmes des autres. Il y a des avantages et des désavantages autant chez les hommes que les femmes (et on ne parle même pas ici de la situation des personnes trans), il y a par contre un biais évident dans le cas des hommes, les médias n’en parlent pas autant que pour les femmes et les hommes ont tout simplement moins de soutien que les femmes. Ceci n’est pas une attaque, c’est une réalité et l’objectif de ce billet est d’adresser la réalité que les hommes aussi ont des problèmes qui méritent d’être adressés.

De plus, c’est un billet de blogue. Pas un article scientifique, pas un article de presse, mais un billet. C’est une opinion personnelle et vous avez très certainement le droit d’être en désaccord avec. L’objectif est de montrer que les hommes aussi vivent des désavantages importants. Alors quand je parle de mythe, je veux dire que le supposé privilège est franchement endommagé et quand on l’examine avec attention, il est vraiment plus fragile qu’on pourrait croire. Finalement, je tente de démontrer que les privilèges (des) femmes sont forts présents. Qui sait, peut-être que vous réaliserez des choses qui vous semblaient inconnues et que vous en discuterez lors d’un «ladies’ night» (<— see what I did there?).

Donc, sans plus tarder, attaquons ce très persistent mythe du privilège mâle.

(Dans les prochains jours, je vais travailler à placer les sources sous chaque portions du billet où elles devraient se trouver afin de faciliter le travail de recherche pour les intéressé(e)s. Je ne l’ai pas fait originalement par manque de temps car je voulais publier ce billet le 19 novembre.)

Lien court: http://wp.me/p4MO4u-7q

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Espérance de vie, pensions de retraite et assistance sociale.

Les hommes vivent en moyenne 76.4 ans et les femmes en moyenne 81.2 ans. Les hommes contribuent à 59.3% au fond de sécurité sociale, les femmes 40.7%. Les hommes retirent 51.3% des bénéfices et les femmes 48.7%. Les hommes contribuent 126.6 milliards de dollars (soit 18.6%) de plus que les femmes et ne reçoivent que 20.4 milliards de dollars (soit 2.6%) de plus que les femmes. Les hommes paient donc la majorité des pensions et fonds de retraite et vivent 4.8 ans de moins que les femmes.

Les gens qui reçoivent de l’assistance sociale se répartissent ainsi: tous adultes confondus: 45% hommes, 55% femmes. Pour les 18-64, 53% femmes, 47% hommes. Pour les 65 ans et plus, 33% hommes, 67% femmes. Les femmes qui se rendent jusqu’à 65 ans vont obtenir de l’état 2.6 années additionnelles de bénéfices comparativement aux hommes.

Parmi tous les adultes qui reçoivent de l’assistance sociale, 45% sont des hommes et 55% sont des femmes. 80% de ces hommes et 63% de ces femmes reçoivent un montant d’un fond de retraite. 14% de ces femmes reçoivent une rente de survivant (suite au décès du conjoint) et 8% reçoivent des bénéfices en tant qu’épouses d’un conjoint à la retraite ou handicapé (suite à un accident de travail), comparé à 0.5% pour les hommes et ce, dans les deux catégories.

75% des sans-abris sont des hommes, 25% sont des femmes.

Santé et suicides

Les hommes contribuent au système de santé à 62.7% et les femmes à 37.3%, pourtant les hommes en retirent 44.2% des bénéfices et les femmes 55.8%. Les hommes payent 1’479$ par année, les femmes 933$ par année, une différence de 58.5%. 50.3 milliards de dollars par année sont dépensés en faveur des femmes. Parce que les femmes retirent plus de bénéfices pour la santé que les hommes, leurs contributions étaient plus élevées. Mais avec le Affordable Care Act (américain) de 2010 et le fait que cette loi ne fait aucune discrimination, les hommes doivent maintenant payer autant que les femmes, pour en retirer encore moins.

Concernant les suicides, 79% sont des hommes, 21% sont des femmes.

Décès, combat et peine de mort

78% des victimes d’homicides sont des hommes, 22% sont des femmes. En 2011, le taux de meurtres était de 7.4 homicides par 100’000 hommes, comparé à 2.0 par 100’000 femmes.

Depuis la guerre du Golfe, 97% des morts au combat sont des hommes, 3% sont des femmes. Pourtant, les femmes forment 15% du personnel actif militaire aux États-Unis. Mais le pentagone américain interdit aux femmes d’être sur les lignes de front. Au Canada, les femmes militaires peuvent combattre sur les lignes de front, ayant fait sa toute première victime en 2010 en Afghanistan. En Angleterre, les femmes peuvent joindre la ligne de front depuis décembre 2014.

Cimetière du privilège mâle d'Arlington, Pennsylvanie

Aux États-Unis, sous peine de 5 ans de prison et 250’000$ d’amende, il est obligatoire pour tous les jeunes mâles entre 18 et 25 ans (qu’ils soient citoyens, résidents permanents, handicapés fonctionnels, immigrants illégaux, réfugiés ou demandeurs d’asile politique) de s’enregistrer au «Selective Service System», un programme qui les enrôleraient de force dans l’armée si une conscription était ordonnée. Il n’est pas obligé pour les femmes et pour les transgenres hommes vers femme de s’enregistrer. Il ne devrait pas vous étonner d’apprendre qu’un bon nombre de groupes féministes américains se plaignent que les femmes ne devraient pas être forcées à s’inscrire au «SSS» ni d’être forcée à joindre l’armée advenant une conscription militaire. Je présume donc que selon ces groupes (qui, rappelons-le, prétendent vouloir l’égalité), être envoyé de force à sa mort reste un privilège mâle. Mais, par soucis de transparence, il en existe un, le SWAN (Service Women’s Action Network), qui fait des efforts afin que toutes les femmes de 18 à 25 soient forcées à s’inscrire au «SSS», mais ce groupe est biaisé puisqu’il se dit représenter toutes les femmes dans les forces armées américaines.

Concernant la peine de mort, depuis 1632, 571 femmes l’ont reçue. Elles constituent 2.9% de toutes les peines de mort depuis 1608 contre 97.1% pour les hommes, et ce même si les femmes commettent 10% de tous les meurtres. Les gens ayant commis des crimes contre des femmes ont 2.5x plus de chances d’obtenir la peine de mort (là où applicable) contrairement aux crimes commis contre des hommes. Et si le crime est commis sur une femme blanche, les chances d’obtenir la peine de mort sont 14 fois plus élevées que si la victime était un homme noir.

(Ajout du 23 novembre.) Aujourd’hui Radio-Canada nous annonce (http://bit.ly/1ldJACT) que le plan d’accueil de 25’000 réfugiés syriens du gouvernement Trudeau va exclure les hommes seuls, supposément « en raison des attentats de Paris » (ajout: sauf les hommes homosexuels (http://bit.ly/1P4ZqwB), parce qu’un homosexuel ce n’est pas un terroriste potentiel j’imagine…). En fait, ce qu’il dit c’est que les hommes sont les seuls responsables & initiateurs de la violence, que les hommes (hétérosexuels) en difficultés sont jetables, que les hommes ayant perdu leur famille en Syrie (rappel, il y a plus de 6 millions de morts jusqu’à présent en Syrie) peuvent continuer à souffrir, il s’en colisse. « Parce qu’on est en 2015 », une phrase (plutôt un argument vide de sens et de rationnel) que le premier ministre a répondu à une journaliste (http://bit.ly/1NtpUGg) sur pourquoi son conseil des ministre était paritaire (et je continue à croire que cette question & cette réponse étaient organisées) ne fait aucun sens considérant qu’il refuse d’être paritaire quand vient le temps d’aider les hommes dans la souffrance. Autant Harper était conseillé par les membres de la droite chrétienne Opus Dei, autant Trudeau est influencé par des membres extrémistes féministes. Après tout, il est fier d’être féministe (http://bit.ly/1QDFMYM) alors pourquoi devrions-nous nous attendre à ce qu’il traite la souffrance de façon paritaire? (Parce qu’on est en 2015 voyons…)

Justice

Vis-à-vis la justice, en normalisant les variables et en prenant en considération le même type de crime, les hommes reçoivent 51.52 mois d’emprisonnement en moyenne, les femmes 18.51, une différence de 63%. Les femmes vont significativement plus souvent éviter les accusations criminelles et les convictions que les hommes et ont deux fois plus de chances d’éviter la prison.

Pour la même offense (possession de drogues avec intention d’en faire le trafic) et dans les mêmes circonstances, les chances d’incarcérations sont de 33.6% pour hommes et 17.4% pour les femmes. De plus, les sentences pour hommes étaient pour plus longtemps. Les juges envoient les hommes en prison 2.5x plus que les femmes, même si les facteurs légaux sont équivalents. À Chicago, les chances d’incarcération pour une offense typique sont de 48% pour les hommes blancs contre 18% pour les femmes blanches; et de 55% pour un homme noir et 32% pour une femme noire.

Éducation

En 1970, les hommes représentaient 57.5% des inscriptions contre 42.5% pour les femmes. En 2015, 57.7% sont des femmes et 42.3% sont des hommes. Est-ce que les groupes féministes se plaignent du nombre supérieur de femmes dans les universités maintenant? Non, évidemment. En 2003, il y avaient 1.3 femme qui graduaient d’une université pour chaque homme. Selon le US Department of Education, les hommes représentent seulement 44% des gens voulant s’inscrire à un programme universitaire. Un grand nombre d’études à-travers les années ont constamment démontré que même si les garçons performent minimalement mieux sur les tests standardisés (et que sur ce genres de tests), ils reçoivent de leurs enseignants des notes moins élevées que leurs collègues féminines. L’étude longitudinale nationale sur la jeunesse révèle que les hommes sont découragés de leurs dettes d’études 2’000$ plus tôt que les femmes, ce qui les motivent à ne pas commencer un programme universitaire ou à ne pas le terminer. Finalement, dans les études concernant les sciences, la technologie, l’économie et les mathématiques (STEM fields), les femmes qui appliquent pour un emploi ont 2 fois plus de chances de l’obtenir que les hommes qui appliquent pour le même poste. Une multitude d’études sont accomplissent chaque année qui démontrent ce fait encore et encore et encore.

Violence conjugale

Malgré le mythe que les hommes sont les grands responsables de la violence conjugale, toutes les études sérieuses démontrent année après année que c’est absolument et complètement faux. Le docteur Martin S. Fiebert a compilé une collection de 286 recherches universitaires, 221 études empiriques et 65 analyses et la masse de ces ouvrages a démontré que les femmes sont largement plus violentes et/ou physiquement agressives que leurs conjoints. En fait, dans les cas de violence conjugale (dans les relations homme-femme) où la violence est réciproque (c’est-à-dire qu’elle provient des deux partenaires), la violence provient des deux partenaires à 50% chacun. Dans les cas où la violence (toute forme de violence en fait) est non-réciproque (que seul un des deux partenaires est violent), la femme est l’initiatrice de violence dans 70% des cas (http://bit.ly/1SNXxCp).

Alors, est-ce que les hommes peuvent avoir de l’aide dans les cas de violence conjugale? Si on cumule les deux, les femmes produisent 1.5x plus de violence conjugale que les hommes. Au Québec, il existe 26 centres de soutien pour les femmes victimes de violence conjugale et le seul pouvant aider les hommes ferme ses portes en décembre pour cause de manque de financement, malgré le clivage important dans l’initiation de la violence. Alors, il est où le privilège mâle ici? Le gouvernement australien a mis sur pied un service d’aide contre la violence conjugale. Les femmes ont leur propre ligne téléphonique et sur la page on peut lire « si vous êtes victime de violence conjugale… ». Les hommes ont aussi leur propre ligne téléphonique et sur la page on peut lire « Si vous êtes violent ou sentez que vous avez de la difficulté à contrôler votre agressivité… ». Double standard.

Dans une étude de Dr. Hines de Clark University, 64% des hommes victimes de violence conjugale qui appellent dans une ligne d’aide contre la violence conjugale se font dire qu’elles n’aident que les femmes. Dans 32% des cas, ces hommes violentés sont référés à des programmes destinés aux hommes violents. À peu près 25% des hommes se sont fait référer à un programme pour les aider sauf que seulement 8% des participants ont trouvé ce programme vraiment utile. 69% d’entre eux ont dit avoir perdu leur temps. 16% des hommes qui ont appelé on fait rire d’eux ou se sont fait raccrocher la ligne au nez alors qu’ils avaient besoin d’aide.

Aux États-Unis, il y a une loi appelée « Violence against women act. » Pouvez-vous imaginer la colère populaire si les blancs et les noirs se battaient en proportions égales mais que la loi s’intitulait « Violence against blacks act »? Selon l’acte en question, qui est discriminatoire déjà en partant, il est fortement suggéré aux policiers qui répondent à des appels de violence conjugale dans la plupart des cas d’arrêter au moins un des conjoints, sans égards aux protections constitutionnelles et de cause probable. Puisque que l’homme est présumé agresseur dans la grande majorité des cas fait qu’un homme qui appelle la police parce que sa femme le bât court un grand risque d’être arrêté et emprisonné, même si c’est lui la victime. Quand une femme se fait violer, il est généralement très mal vu de lui dire que c’est parce qu’elle était habillée de façon provocante (« no victim shaming ») mais quand un homme se fait violenter, c’est lui qui se fait punir (« yes for victim shaming »). Ceci est un exemple parfait de double standard.

Une étude effectuée en Angleterre a démontré que les policiers répondant aux appels ont menacé d’arrestation 47% des hommes victimes de violence conjugale, ont totalement ignoré 35% d’entre eux et ont arrêté 21% d’entre eux au lieu d’arrêter la conjointe. Il est où le privilège mâle ici? Imaginez le contraire pour un instant, que les femmes qui appellent parce qu’elles se font violenter par leur conjoint se font arrêter et emprisonner, vous savez très bien que les groupes féministes feraient des manifestations dans les rues. Mais pourtant, ça arrive aux hommes tout le temps. Elle est où l’égalité recherchée par es groupes féministes ici?

Une autre étude a démontré que les hommes qui appellent la police pour rapporter de la violence subie par une conjointe ont 3x plus de chances de se faire arrêter que les conjointes qui abusent d’eux. L’acte (la loi) en question donne gratuitement accès au système de justice aux femmes mais les hommes eux doivent payer, même s’ils sont plus souvent victimes de violence conjugale que les femmes. Puisque les femmes qui portent faussement des accusations ne se font pratiquement jamais punir, le système leur permet de déposer plein d’accusations contre leurs conjoints, particulièrement dans les cas de divorces, et surtout quand vient le temps d’obtenir la garde d’enfants.

Le chercheur Murray A. Straus de l’université du New Hampshire à Durham a provoqué l’ire de centaines d’organisations féministes en publiant en 2010 un méta-étude amalgamant 200 études indépendantes où la symétrie de la violence (la violence des deux côtés de la relation) est niée, camouflée ou manipulée afin de favoriser les femmes.

En 2010, le gouvernement britannique a voté une loi (England Equality Act of 2010, http://bit.ly/1k8a7wN) forçant l’égalité dans les services publiques, une chose exigée par les groupes féministes. La loi force les organismes recevant du financement publique à offrir leurs services sans discrimination sinon ils ne recevront plus de financement (http://bit.ly/1Mo2ehH). Mais parce que les groupes féministes gravitant autour des centres d’aides pour victimes de violence conjugale ne sont pas intéressés à  offrir des services pour les hommes violentés, ces refuges ont vu leur financement coupé et plusieurs ont fermé leurs portes. Ces groupes féministes blâment le gouvernement et manifestent (http://bit.ly/1ThZxmH) en disant que les coupes budgétaires tuent les femmes alors que tout ce qu’ils ont à faire est d’offrir des services égalitaires. Comme nous l’avons vu plus haut, les femmes sont plus souvent responsables de violence conjugale que les hommes mais les groupes féministes préfèrent jouer les (seules) victimes dans cette situation plutôt que d’agir en accord avec leurs demande d’égalité et reconnaître la réalité.

Finalement, une petite note qui pourrait en étonner beaucoup. On entend régulièrement dans les médias que les hommes sont les initiateurs de la violence. Pourtant, le plus haut taux de violence conjugale ne se situe pas dans les couples hommes-femmes mais dans les couples femmes-femmes. Selon une étude du Center for Disease Control de 2013, 75% des femmes s’identifiant bisexuelles ont été au moins une fois avec un ou une partenaire violent(e), comparativement à 46% pour les femmes lesbiennes et 43 % pour les femmes hétérosexuelles. Pour les hommes bisexuels, ce chiffre se situe à 43%, 40% pour les hommes gais et 21% pour les hommes hétérosexuels. Une autre étude publiée dans le «Journal of Interpersonal Violence» rapportait que 90% des femmes lesbiennes sondées ont vécu au moins un incident de violence verbale de leur partenaire/conjointe et 31% qui ont vécu au moins 1 incident de violence physique. Dans un sondage du «Journal of Social Service Research», un peu plus de la moitié des 1’099 femmes lesbiennes sondées ont rapporté avoir été abusée par leur partenaire/conjointe, que ce soit sous forme verbale / émotionelle / psychologique ou une combinaison d’abus psychologique et physique.

Violence familiale et abus sexuels

Les mères biologiques sont 3x plus enclines à abuser sexuellement de leur enfant que le père biologique. Elles sont aussi 2x plus enclines à négliger l’enfant que le père. Les garçons sont plus enclins que les filles à recevoir des punitions corporelles. 90% des parents ont affirmé avoir donné des punitions corporelles à leur enfant au moins une fois et 61% des mères d’enfants de 3 à 5 ans avouent avoir donné des punitions corporelles à leur enfant dans la dernière semaine. (Le cycle de violence commence ainsi. Les punitions corporelles font comprendre à l’enfant qu’en tant qu’adulte, il est ultimement plus simple de battre que de parler, ce qui aide à perpétuer le cycle de violence.) Les mères donnent des punitions corporelles dans 78% des cas et 22% par les pères.

La quasi-totalité des études sur le châtiment corporel des 30 dernières années a démontré son effet destructeur sur le développement des enfants. De plus, quand les parents cessent d’utiliser les punitions corporelles sur un enfant, l’agression des enfants diminue de façon importante. Sur une étude sur 34’000 enfants qui ont reçu des punitions corporelles, il a été constaté que les risques de développer des troubles mentaux sont significativement plus élevés et que les punitions corporelles sont associées aux troubles de l’humeur, incluant la dépression et l’anxiété, en plus de troubles de la personnalité et d’abus de drogues & d’alcool. Le risque de dépression majeure augmente (entre autre) de 41%, d’abus de drogues de 59% et de manies variées de 93%. 94% des enfants de 3 & 4 ans ont reçu des punitions corporelles dans la dernière année. 74% des mères considèrent que les punitions corporelles sont acceptables pour les enfants de 1 à 3 ans…

Garde d’enfant, pension pour enfants et pension alimentaire

Dans le livre du docteur Steven Baskerville (Taken into Custody : the war against fatherhood, Marriage and the Family), il est rapporté que les femmes désirant la garde de leur(s) enfant(s) se font souvent dire par leur avocat de déposer une plainte de violence conjugale contre le conjoint car les juges sont obligés d’en tenir compte, même si il n’existe aucune preuve de cette dite violence. Ces allégations assurent la conjointe de la garde & d’une pension, et le conjoint risque de ne plus pouvoir voir ses propres enfants. Sur ce sujet, les hommes demandent le divorce 34% du temps et 66% pour les femmes. Les femmes obtiennent la garde des enfants dans 82% du temps. Si vous en avez la chance, écoutez le documentaire « Divorce Inc. », lequel parle de tout l’argent qui est fait sur le dos des couples qui se séparent.

En moyenne annuellement les hommes donnent 3’862$ en pension la femme pour la garde d’un enfant et les femmes donnent 3’015$ à l’homme, même si les juges déterminent que les hommes devraient recevoir 5’527$ et les femmes 6’115$. Les hommes reçoivent en moyenne 55% de la somme qui leur est due contrairement à 63% des femmes; 41% des hommes reçoivent la totalité contrairement à 44% des femmes et 32% des hommes ne reçoivent rien, contrairement à 25% des femmes. Finalement, les hommes qui ne payent pas la pension due sont incarcérés 8 fois plus que les femmes qui ne payent pas.

Une étude couvrant 1993 à 2011 a démontré que les pères ayant la garde d’un ou plusieurs enfants travaillaient à temps plein en moyenne 70.8% du temps, à temps partiel à 19.3% du temps et étaient sans emploi 10% du temps. La même étude a démontré que les mères ayant la garde d’un ou plusieurs enfants travaillaient à temps plein en moyenne 47.9% du temps, à temps partiel à 30.4% du temps et étaient sans emploi 22% du temps. Donc les hommes travaillent statistiquement plus que les femmes.

Les cours de justice de certains états américains ont forcé de jeunes mâles victimes de viol de payer des pensions alimentaires à celle qui les ont violés. L’inverse serait absolument impensable, les rues seraient pleines de groupes féministes criant des slogans à tue-tête. Un exemple est celui d’un adolescent de 15 ans dont la cour a déterminé que même s’il était légalement trop jeune pour consentir à une relation sexuelle avec une femme adulte (viol statutaire), il voulait cette relation et donc a été forcé à payer une pension alimentaire. Dans un autre cas, un homme ayant eu un rapport sexuel avec une dame qui a pris le condom et l’a vidé dans son vagin afin d’être enceinte a été forcé par la cour à payer une pension alimentaire, alors que l’acte de mettre un condom est un exemple parfait de ne pas vouloir concevoir à ce moment présent. Le « National Legal Research Group » dit qu’un homme est lié à son sperme, peu importe les circonstances (appelé « strict liability theory of sperm »).

Le « Bradley amendment » est une loi américaine qui empêche une dette de pension alimentaire d’être rétroactivement pardonnée ou diminuée. Le paiement est donc obligatoire, même si un des parents était hospitalisé, militaire & déployé, incarcéré, sans emploi, et ce même si la cour accepte que le père présumé n’est pas le père biologique. Si le père présumé prouve hors de tout doute qu’il n’est pas le père biologique de l’enfant en cause, il peut quand même être forcé de payer ou sinon sera emprisonné. Cette situation n’existe absolument pas pour les femmes. Une loi fédérale de 1996 force les femmes à nommer un père, même s’il est inconnu. Ainsi, l’état envoi éventuellement une lettre de paiement de pension à la dernière adresse connue du père nommé, même s’il n’est réellement pas le père. Éventuellement, quand il est retracé, l’homme en question se retrouve avec une facture énorme à payer immédiatement, et ça c’est s’il n’est tout simplement pas immédiatement envoyé en prison. Encore une fois, il n’existe aucune loi de ce genre pour les femmes.

En 1986, la copine de Frank Hatley est tombée enceinte et a accouché d’un fils. La relation se termina peu après l’accouchement, ils ne se sont jamais marié et n’ont jamais habité ensemble. De plus, Hatley n’était pas le père biologique de l’enfant. Quand l’enfant a eu 2 ans, la mère a demandé de l’assistance sociale et l’état a forcé Hatley à payer la pension alimentaire pour l’enfant pendant 13 ans, jusqu’à ce qu’il puisse enfin prouver qu’il n’était pas le père biologique de l’enfant. Hatley a fini par obtenir de la cour la fin des paiements futurs de la pension alimentaire, mais a quand même été forcé de payer 16’398$ en arrérage de pension accumulé avant le jugement. En 2006, il a perdu son emploi et il lui était impossible de continuer à payer, il a donc été emprisonné (pendant 6 mois). En sortant de prison, il a recommencé à payer puis a perdu son emploi à nouveau en 2008. Il a été emprisonné un autre 13 mois par l’état. En 2009, il a été relâché après que son cas soit rendu public mais il n’a jamais pu ravoir son permis de conduire. Finalement, selon un recensement américain pour l’année 2012, 361’000 femmes reçoivent une pension après divorce contrairement à seulement 6% des hommes.

Une enseignante de 43 ans qui a eu des relations sexuelles avec un étudiant de 13 ans a reçu une peine de 5 ans de probation. Une autre avec un étudiant de 14 ans a obtenu 3 ans chez elle et 7 ans de probation. Une autre a eu des rapports sexuels avec un étudiant handicapé de 17 ans et a eu 3 ans de probation. Finalement, un (homme) enseignant ayant eu des relations sexuelles avec une étudiante de 16 ans a obtenu une sentence de 9 ans de prison. … Double standard?

Procréation

En Angleterre, il est illégal pour un père de demander un test de paternité sans la permission de l’enfant et de la mère, ce qui peut le forcer à payer des pensions alimentaires sans raison ou à élever un enfant qui n’est pas le sien. Pourtant il est estimé qu’un enfant sur 10 n’est pas le fils biologique du père inscrit sur l’acte de naissance. Un spécialiste en santé de l’Université de Toronto a déclaré que le taux de fausse paternité en Angleterre peut monter jusqu’à 30% dans certains cas.

Dans les années 70, une enseignante britannique a donné un projet de classe à ses étudiants. Ils devaient prendre des tests sanguins des parents pour ensuite déterminer le leur. 30% des enfants ont découvert que l’homme qu’ils croyaient être leur père en fait ne l’était pas.

50% des femmes enceintes d’un autre homme que leur partenaire de vie cacherait l’origine réelle de l’enfant afin de quand même rester avec celui-ci. 42% des femmes avouent que si elles voulaient un enfant mais que le conjoint ne veut pas, elles mentiraient concernant leur contraception (par exemple, ne pas prendre la pilule contraceptive alors qu’elle dit qu’elle la prend). Je rappelle que tout ceci est documenté et les sources sont disponibles plus bas.

Selon la Docteur Lipton, psychiatre au Swedish Medical Center in Washinton et co-auteure du livre « The myth of monogamy », entre 30 à 50% des femmes trompent sexuellement leur partenaire au moins une fois dans leur vie de couple. Elle est de l’opinion qu’une fausse paternité camouflée est similaire à un viol, et pire si le père non-biologique doit élever l’enfant jusqu’à ses 20 ans sans savoir qu’il n’est pas le vrai père. Finalement, 31% des femmes ont affirmé qu’elles ne diraient pas à un potentiel partenaire de qualité qu’elles ont une ITSS. Ce pourcentage monte à 65% dans le cas des femmes célibataires.

Les généticiens qui documentent les différentes populations en Amérique du Nord constatent que dans leurs études sur les recherches la génétique, dans 5 à 10% d’entre elles, le père présumé n’est pas le père biologique et il ne n’est pas au courant. Ils estiment que le ratio de 15% de fausses paternités présumées en Occident est fidèle. Selon une récente étude au New Hampshire, près de 30% des hommes qui paient des pensions alimentaires (et autres) ne sont pas le père de l’enfant impliqué. Finalement, la « American Association of Blood Banks » rapporte que 30% des hommes qui suspectent qu’ils ne sont pas le père biologique de l’enfant ont raison.

Salaires

Si on en croit la rhétorique féministe habituelle, les femmes recevraient 77% du salaire des hommes. Par exemple, une étude générale par le « US Current Population Survey » de 2009 plaçait le salaire des femmes à 36’278$ en moyenne et celui des hommes à 47’127$, soit une différence de 23%. Ce résultat est obtenu en mettant toutes les femmes dans le même panier et tous les hommes dans le même panier, tous facteurs confondus, sans contrôler les données et sans prendre en considérations les différents contextes. Comme par exemple tous ces hommes qui travaillent dans le grand nord canadien, dans des types d’emplois que les femmes ne choisissent généralement jamais, et qui sont très bien payés. Parmi les facteurs à considérer, il y a les heures supplémentaires (en plus des conséquences de la maternité). La proportion de femmes qui travaillent entre 1 et 34 heures est de 67%, comparé à 33% pour les hommes. La proportion des femmes qui travaillent 41 heures et plus est de 32% comparé à 68% pour les hommes. En tout et partout, 12% des hommes et 25% des femmes travaillent dans des emplois à temps partiel. De plus, 22% des hommes travaillent plus de 40 heures par semaine comparé à 11% de femmes.

Le « Fair and Labor Standard Act » américain force les employeurs à payer 1.5x le salaire en heures supplémentaires. Considérant que les hommes travaillent plus d’heures supplémentaires que les femmes, ceci est un des facteurs qui joue dans la différence. Les femmes ont plus tendance à travailler à temps partiel que les hommes et ceux qui travaillent à temps plein font en moyenne 5x plus d’argent que ceux qui travaillent à temps partiel. Les femmes mariées gagent en moyenne 708$ par semaine comparé aux hommes mariés, qui eux gagnent 936$ par semaine en moyenne. Les femmes célibataires gagnent 577$ par semaine comparé à 608$ pour les hommes célibataires. Le statut marital représente 78% de la différence dans ce débat des salaires. Finalement, concernant les morts accidentelles au travail, les hommes représentent 93% des victimes et 7% pour les femmes.

Un dernier point concernant la différence des salaires. Dans le domaine de la mode, les femmes sont payées énormément plus que les hommes. Dans cette sphère professionnelle, les femmes sont payées en moyenne 148% plus que les hommes (partant des postes les plus bas aux postes les plus hauts). Par exemple, les vedettes de mode féminines font 41’300 US$ par année alors que les vedettes masculines font 28’000$. La vedette masculine la mieux payée dans le domaine, Sean O’Pry, a reçu 1, 5 M$ en 2013-2014 alors que la vedette féminine la mieux payée, Gisèle Bundchen, à reçu pour la même période un salaire de 47 M$. (Je n’entend aucun groupe féministe se plaindre de cette « inégalité ».)

Culture du viol

Une récente étude du « Center for disease control » a démontré que 1’270’000 femmes et 1’267’000 homme ont été et seront victimes de viol dans leur vie, soit 1 sur 21 (et non 1 femme sur 3 ou 1 universitaire sur 2…). Une érection peut être causée ou peut survenir dans plein de conditions autres que par le désir, tout comme un vagin peut lubrifier pendant un viol. Dans les deux cas, ce ne sont pas des signes de consentement. En 2010, le Département de la statistique de la justice américaine a présenté une étude indiquant que 46% des hommes victimes de viols l’ont été par des femmes. Et de 1927 jusqu’en 2013, le FBI définissait le viol comme étant une agression sexuelle uniquement contre une femme (sans son consentement). Donc dans les études avec les données nationales, les hommes étaient pratiquement toujours exclus par défaut.

Dans une étude indépendante en 1985 sur une base militaire, 60% des 556 accusations de viol se sont avérées fausses. Le FBI a compilé des statistiques démontrant que les femmes mentent plus souvent concernant les accusations de viols que pour n’importe quel autre crime.

Le Département de la défense américaine estime qu’il y a 19’000 agressions sexuelles chaque année dans l’armée américaine mais que seules 17% sont rapportées. 8’600 femmes en seraient victimes contre 10’700 hommes. Parmi les 1.2 millions de militaires américains en 2010, 62’940 hommes ont été violés par d’autres hommes, ce qui représente plus de 5% de tous les militaires.

Une étude commandée par la Greater London Authority en Angleterre et publiée le 17 novembre 2015 rapporte que seuls 3,2% des hommes victimes de viol le rapporte à la police. Il est estimé selon eux qu’entre 2010 et 2014, 652’568 des 679’051 viols subits par les hommes n’ont jamais été divulgés à la police. Même si les viols sur les hommes sont commis à 46% par des femmes, la loi anglaise définit un viol comme étant «la pénétration d’un vagin, d’un anus ou de la bouche d’une autre personne par un pénis». Il est donc actuellement impossible pour une femme en Angleterre d’être légalement accusée de viol. Privilège mâle?

Des exemples des folies du féminisme

http://bit.ly/1RJ79lw: We must stop indoctrinating boys in feminist ideology;
http://bit.ly/1S5S1Ll: Les femmes veulent le retour du mâle;
http://slate.me/1OoR8zp: Spooning promotes male dominance;
http://bit.ly/1RLhl9b: Comment obtenir du capital de sympathie;
http://bit.ly/1SGutN7: La vérité sur les suffragettes et leur égoïsme;
http://bit.ly/1S5Sz3F: Les choses tolérées lorsque dites par des féministes;
http://bit.ly/1LcipAZ: Abolir les commissions scolaire, c’est sexiste;
http://bit.ly/1GvfHaN: L’environnement est une affaire de femmes seulement;
http://bit.ly/1PP7DDx: Pour McGill, « movember » est sexiste;
http://bit.ly/1OT5JTk: Des activistes féministes qui se pissent dessus pour « l’égalité »;
http://bit.ly/1PBowDj: Aucun groupe féministe ne se bat pour ceci;
http://bit.ly/1KEAsfP: Des féministes à l’ONU pour mettre fin à la liberté d’expression;
http://bit.ly/1kGCAif: La corruption dans la recherche sur la violence conjugale;
http://bit.ly/1MSutte: Elle veulent abolir la journée internationale des hommes;
http://bit.ly/214sFn4: Non aux légos par soucis d’égalité;
http://bzfd.it/1OGaZJV: Découvrir de l’eau sur Mars est misogyne;
http://bit.ly/1D3rsUx: L’air climatisé au bureau est sexiste.

Le déni des droits des hommes

(AJOUT, 20 novembre 2015.) Il existe une grande quantité de groupes féministes qui s’opposent à ce que les hommes aient leurs propres groupes de promotions des droits des hommes. Ces groupes féministes croient qu’ils se font des allié(e)s en attaquant les groupes d’hommes mais ils ne font qu’écoeurer les gens rationnels et empathiques, tout en entraînant avec eux ce que j’appelle des «victimes professionnelles». Une personne mature est capable de comprendre que quelqu’un d’autre peut vivre de la détresse tout en acceptant que cette détresse n’entre pas en compétition avec ce qu’elle-même vit. Une personne mature ne prend pas personnel les problèmes des autres. Une personne mature voit que chaque personne et chaque groupe ont leur lot de problèmes et est capable de naviguer au-travers de ces différences, de les accepter et de les adresser dans le respect et l’ouverture. Bref, une personne mature n’est pas une «victime professionnelle».

Les féministes qui nient les droits des hommes, leurs lots de problèmes et leur réalité sont des adultes immatures qui ont plutôt besoin de consulter un thérapeute afin de trouver quelles sont les raisons pour lesquelles elles se sentent autant menacées. Elles souffrent de différents conflits internes et au lieu de commencer par les accepter puis d’y faire face, préfèrent projeter leur immaturité et leurs problèmes personnels non-réglés sur les autres. De plus, elle iront jusqu’à dire que les groupes de droits des hommes ne devraient pas avoir le droit de s’exprimer. Donc ces groupes qui prétendent vouloir l’égalité vont utiliser leur liberté d’expression pour empêcher la liberté d’expression d’autres groupes. Ces féministes radicales ne voient même pas l’ironie.

À l’université Ryerson il y a actuellement un groupe d’étudiants qui tentent de faire reconnaître leur association des droits des hommes par leur institution d’enseignement mais ils ont vu leur demande rejetée. Ils font un deuxième appel et cette fois, les groupes féministes radicales (qui elles ont leur liberté d’expression et d’association) ont lancé des pétitions (http://bit.ly/1SEK7Zg) pour en empêcher l’existence.  Je ne vous donne pas leur lien mais si vous voulez signer la pétition en faveur de la création de l’association des droits des hommes et ainsi permettre à un groupe de gens d’utiliser les libertés qui leurs sont garanties au Canada, cliquez ici: http://chn.ge/1LruJdp.

En Australie, dans Queensland, il existe une plage non-officiellement nudiste depuis plus de 70 ans qui est visitée par des milliers de gens (hommes et femmes) chaque année. Depuis quelques mois, seuls les hommes se sont fait arrêter et poursuivis pour grossière indécence sous prétexte que «leurs parties génitales sont à l’extérieur», et ce même si la section de la loi qui traite de ce sujet mentionne «his or her genitelia». (http://dailym.ai/1O0pTp8, http://bit.ly/1TqT7Co.)

En 2014 à Détroit (Michigan), une conférence sur les droits des hommes était en train d’être mise sur pied (http://bit.ly/1kTgD9d). Mais elle n’a presque jamais vu le jour puisque de nombreuses pétitions ont été formées afin de la faire annuler sous prétexte qu’une telle conférence allait mettre en danger le féminisme et les droits des femmes, ce qui est un non-sens et un argument totalement irrationnel. De plus, les organisateurs ont reçu des milliers de menaces de mort, d’attaques personnelles, que des bombes seraient posées, etc. Une des raisons pour laquelle la conférence fut presqu’annulée est que les organisateurs ont du dépenser 25’000$ (http://bit.ly/1Lrw7ws) juste pour engager de la sécurité supplémentaire afin de protéger les participants et le public, une chose qui n’est tout simplement pas nécessaires pour les conférences des droits des femmes. Ceci est un exemple du double-standard classique du féminisme; les conférences sur les droits des femmes ne se font menacer d’attentats terroristes par des groupes de droits des hommes. Vous ne devriez plus être surpris d’apprendre qu’aucun groupe féministe n’a pris position publiquement contre le traitement subit par les organisateurs ainsi que contre les menaces proférées sur leurs vies.

Jeudi le 19 novembre 2015, le journal en ligne Huffington Post publiait dans ses blogues un billet (http://huff.to/1OV5esr) intitulé « L’absurdité de la Journée internationale des hommes. » Voici un passage: «Leur consacrer une journée spéciale pour célébrer leurs accomplissements constitue plutôt une insulte aux femmes et aux groupes marginalisés qui, contrairement aux hommes, doivent réellement lutter pour une société plus juste et égalitaire. Dans ce contexte, cette initiative ne tient pas la route puisque la Journée des hommes, c’est tous les jours de l’année…». J’espère qu’avec tout ce que vous avez lu dans ce billet vous ne doutez plus de l’importance d’une journée qui peut servir à jeter la lumière sur les différents problèmes qui concernent les hommes. Ces deux féministes (radicaux à mon avis) utilisent leur prestige social pour marginaliser à leur tour un groupe de gens qui ultimement, comme tout le monde, méritent d’être heureux & d’avoir une bonne vie.

Conclusion

Le féminisme ne cherche pas l’égalité, il cherche l’avancement de la condition féminine. Il n’existe aucun mouvement féministe (de 1ère, 2ème ou 3ème vague) qui ne place pas l’homme comme étant l’objectif à atteindre. Le féminisme est depuis sa création un outil qui utilise la culpabilité et la castration publique des hommes afin d’obtenir du contrôle et du pouvoir. Le féminisme ne s’intéresse pas aux personnes qui ne s’identifient pas « femme ».

Qui plus est, le féminisme radical fait activement la promotion de la violence et de la haine contre les hommes (http://bit.ly/1XfCutF). Je vous suggère de lire sur la vie d’Erin Puzzey, cette dame qui été la toute première à ouvrir une maison d’accueil pour femmes battus a éventuellement eu le courage d’affirmer que les femmes sont autant, et parfois plus, responsables de violence que les hommes. Ces propos lui ont valu d’être menacée de mort (ainsi que toute sa famille) et attaquée par des féministes. Elles ont tué son chien et l’ont forcée à fermer la maison puis à déménager (http://bit.ly/1nJxNut). 

Le féminisme est totalement égoïste. Il veut tous les avantages que l’homme possède mais aucun des désavantages. Il ne cherche pas à comprendre pourquoi les hommes se suicident 4x plus que les femmes; il ne cherche pas à rendre publique les facteurs qui explique la différence de salaire; il ne laisse pas de place aux hommes qui meurent du cancer du sein; il ne fait pas d’effort pour briser cette inégalité vis-à-vis la garde d’enfants ni pour mettre fin aux avantages des femmes vis-à-vis la justice; et j’en passe.

Il n’y a rien de mal à se dire féministe. Là où le problème se trouve est quand celle qui se dit féministe refuse de reconnaître que les hommes peuvent eux aussi souffrir.

Il existe un mouvement qui cherche l’égalité & l’équité et ce mouvement s’appelle l’égalitarisme. Il s’agit d’une idéologie qui reconnait les différences fondamentales entres tous les sexes & tous les genres et tente de les égaliser tout en prenant en considération les facteurs différentiels propres à chaque groupe et personne. Une féministe qui se dit égalitaire n’est donc pas une féministe mais bien une égalitariste. Féminisme et égalitarisme sont à l’opposé un de l’autre. Et si on veut un dialogue, il ne faut pas avoir peur d’appeler les choses par leur nom.

Je sais pertinemment que bon nombre d’entre vous direz que je suis misogyne d’écrire toutes ces choses. Sachez que si c’est ce que vous pensez, vous êtes probablement une victime professionnelle ou une « social justice warrior » et votre opinion ne m’intéresse absolument pas. Je ne suis pas féministe, je suis égalitariste et je désire la vraie égalité et la véritable équité. Mon respect ne se limite pas à un genre ou un sexe. (Et anyway, faut vraiment pas me connaître pour croire que je n’aime pas les femmes!)

Si les féministes du Québec voulaient réellement l’égalité entre les sexes et les genres et reconnaissaient réellement les différences, elles pourraient demander à ce que le ministère de la condition féminine et le Conseil du statut de la femme soient remplacés par un ministère de la condition humaine et/ou un Conseil du statut de l’Humain. (Mais entre vous et moi, on sait tous que ça n’arrivera jamais.) Si les féministes du monde parlaient réellement d’égalité, elles n’embarqueraient pas dans le mouvement « He for She » car elles réaliseraient immédiatement que le nom de la campagne veut dire « Lui pour Elle », ce qui n’est aucunement égalitaire mais vise plutôt directement les hommes comme ceux qui doivent changer et qui doivent être aux services des femmes. « All for All », ça c’est égalitaire.

À vous messieurs je souhaite une excellente journée internationale des hommes.

Vous le méritez.

  • Pas de chats icitte.

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03 - If the gender gap was true

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Comme d’habitude, si vous trouvez des fautes, svp dites-les moi.

Manifester inutilement devant le rideau

«Depuis les trois dernières manifestations, nous intervenons plus rapidement, a confirmé le sergent Jean-Bruno Latour, porte-parole du SPVM. Il ne faut pas prendre en otage les citoyens qui veulent venir au centre-ville de Montréal. La Charte [des droits et libertés] protège le droit d’expression, mais il n’y pas de droit de manifestation.»

«Notre boulot, à la police, c’est la repression (Yves Francoeur, président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal). Nous n’avons pas besoin d’un agent sociocommunautaire comme directeur, mais d’un général. Après tout, la police est un organisme paramilitaire, ne l’oublions pas.» 

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Introduction

Dans l’histoire du Magicien d’Oz, Dorothée et sa bande se font manipuler par les méchantes sorcières et le vilain magicien. Ces derniers utilisent la peur et la distraction pour contrôler Dorothée et sa bande afin de les manipuler comme bon leur semble.

 

Depuis quelques mois au Québec, on entend le mot «austérité» partout, sauf de la bouche du premier ministre. Il y a ceux en faveur de l’austérité, ceux contre l’austérité, ceux qui n’en ont rien à foutre, ceux qui ne savent pas ce que le mot «austérité» veut dire et « ceux qui sont contre l’austérité et qui frappent sur ceux qui sont aussi contre l’austérité ». Même s’ils ne prononcent jamais « le mot », le premier ministre Philippe Couillard et son gouvernement majoritaire ont commencé à couper dans les produits et services offerts aux québécois, sous prétexte qu’il faille se serrer la ceinture.

 

Il est de l’opinion personnelle de cet auteur que les mesures d’austérité telles qu’annoncées par Philippe Couillard ne règleront rien, même chose si le gouvernement cédait aux doléances populaires contre l’austérité. Je crois aussi que si le gouvernement plie devant les manifestations, ça ne serait qu’appliquer un petit plaster sur une hémorragie. « One way or the other, we’re fucked. » Les gens sont dans la rue afin de protester contre les coupures et demandent plus d’argent, sauf que la quasi-totalité de la population n’a absolument aucune idée d’où vient l’argent. Ce billet vise à présenter une troisième alternative, une qui ne fera pas les médias et dont pratiquement personne ne parle. Et pourtant, je crois que cette alternative a le potentiel de sauver la situation.

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Définition

Selon le dictionnaire Larousse, l’austérité est une «Politique économique visant à réduire l’ensemble des revenus disponibles pour la consommation, par le recours à l’impôt, au blocage des salaires, à l’emprunt forcé, aux restrictions de crédit et au contrôle des investissements. ». Donc, une période de réduction des dépenses, de coupures budgétaires.

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Le débat

Juste une petite liste de différents points ayant fait les manchettes dans les dernières semaines :

 

D’un côté, la droite soutient qu’il faut couper pour « sauver l’avenir », la gauche dit qu’il ne faut pas couper afin de « sauver l’avenir ». On peut s’entendre à un printemps chaud et nous savons déjà que les différents paliers de gouvernement ne veulent pas une répétition de 2012. Alors qu’on nous dit qu’au niveau des compressions, le pire est à venir, les doléances contre les coupures en éducation semblent se faire sur un fond de manque d’information puisque l’État versera plus en prêts et bourses en 2015-2016 que jamais auparavant. Peu importe qui dit vrai, les deux côtés s’obstinent pour le même but, mais ont simplement des approches différentes. Un bon exemple de démarche à ne pas suivre est celui de la Grèce.

 

À la base, c’est un problème d’argent. Spécifiquement qu’il n’y en ait pas suffisamment pour tout le monde. Mais les deux côtés ne s’attardent pas sur le détail le plus important : d’où vient cet argent.

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L’histoire

Il faut d’abord comprendre que pour avoir de l’argent, le gouvernement :

  1. le prend dans les poches de la population via les taxes, permis de toutes sortes, impôts, etc.,; et
  2. impose des tarifs commerciaux sur l’importation; et
  3. emprunte à la Banque du Canada.

Attardons-nous spécifiquement sur le point 3.

 

L’article 91 de la constitution canadienne de 1867 liste les pouvoirs du parlement fédéral, et entre autres ceux-ci:

  • 1A. La dette et la propriété publiques
  • 4. L’emprunt de deniers sur le crédit public.
  • 14. Le cours monétaire et le monnayage.
  • 15. Les banques, l’incorporation des banques et l’émission du papier-monnaie.
  • 18. Les lettres de change et les billets promissoires.
  • 19. L’intérêt de l’argent.

 

Allant à l’encontre de l’article 91, le gouvernement canadien décida d’accepter les recommandations d’une commission d’enquête et créa en 1934 la Banque du Canada. Selon le site de la Banque du Canada, celle-ci fût créée (sous sa forme actuelle) grâce à la Loi sur la Banque du Canada. (Je vous invite à lire ses 53 articles, c’est court et très révélateur.) Cette loi fût modifiée à maintes reprises pour être ce qu’elle est aujourd’hui.

 

À l’article 91 listé plus haut, il est écrit que le parlement fédéral a le pouvoir sur l’émission du papier-monnaie mais il a transféré ce pouvoir à la banque du Canada, tel qu’on peut le lire dans le préambule de la loi. C’est là que les choses se compliquent.

 

Avant tout, vous devez savoir que je pars de la présomption que la Banque du Canada est une institution privée qui n’appartient pas aux canadiens ni au gouvernement du Canada. J’ai déjà couvert ce sujet dans un autre billet et je vous invite à le consulter au besoin avant de continuer. Il est important de bien comprendre ce que vous venez de lire.

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La réalité

Une banque privée est une entité corporative qui existe entre autres pour faire des profits et non vivre de la charité. Quand la Banque du Canada imprime de l’argent, elle le vend au gouvernement. Celui-ci doit le rembourser avec des intérêts. Cette transaction est ce qui cause l’inflation. L’inflation est la dévaluation d’une monnaie par son impression constante et/ou en grande quantité. Quand on dit que les prix des biens augmentent, c’est faux. C’est plutôt la valeur de la monnaie qui diminue. Si une recette de crêpe vous suggère d’ajouter une tasse de lait mais que vous en ajoutez 4, vous diluez le reste de la recette. Le même principe s’applique ici.

 

L’inflation se traduit par l’appauvrissement constant des moins nantis et par l’écart progressif entre les riches et la classe moyenne. Mathématiquement parlant, ce n’est qu’une question de temps avant qu’il ne reste que peu de riches et beaucoup de pauvres. Or, l’État a le pouvoir de mettre fin à cet écart et ce, du jour au lendemain. Tel que mentionné dans l’article 91 plus haut, le gouvernement fédéral peut mettre fin au pouvoir de la Banque du Canada et reprendre le contrôle de l’impression de la monnaie et de la gestion économique. Actuellement, ce gouvernement n’est rien d’autre qu’un groupe de gestionnaires qui doit prioriser la banque avant ses bénéficiaires. Plus le temps passe, plus les intérêts augmentent, plus la dette augmente, moins l’argent est disponible et moins les « clients » vont recevoir de services. Jusqu’à ce que l’insolvabilité frappe à la porte.

 

Si le gouvernement reprenait le contrôle de son économie, il imprimerait la quantité nécessaire d’argent sans devoir l’acheter et le rembourser. L’inflation serait éliminée instantanément. Il suffit de mettre fin au dollar canadien tel qu’on le connait (une monnaie basée sur strictement rien) et de créer un nouveau « dollar » basé sur un panier de ressources renouvelables et non-renouvelables, telles que le bois, l’eau, le cuivre, le zinc, l’or, le fer, etc. Non seulement cette monnaie serait fiable et réaliste, mais elle résisterait aussi aux fluctuations économiques mondiales.

 

Donc, il y a une chose à savoir. Le gouvernement a le pouvoir de régler ses problèmes d’argent pratiquement en claquant des doigts mais refuse de le faire. Il préfère maintenir les gens dans la pauvreté et couper dans les services. Ainsi il se permet de se vautrer dans l’attention qu’il reçoit de ceux qui contestent le système. Les politiciens et le gouvernement sont des créatures qui ont besoin de se sentir désirées, et en créant les conflits & la division, le peuple se tourne vers ceux qu’il croit pouvoir le sauver : les politiciens. Ces politiciens, tel des psychopathes en déficit d’amour, ne voient pas l’émotion réelle dégagée par le peuple mais jouissent du plaisir obtenu par toute cette attention.

 

Il est inutile de demander au gouvernement de régler le problème car c’est lui le problème. Les politiciens ont besoin des doléances populaires pour se sentir vivants et tant que cette réalité existera, ils continueront à créer des conflits et des diversions. Imaginez-le comme un ver solitaire qui a besoin que vous mangiez pour qu’il survive. L’État dans sa forme actuelle n’est rien d’autre qu’un parasite qui détruit son hôte avec le temps. La journée où le peuple comprendra qu’il faut cesser de demander au gouvernement de régler les problèmes qu’il cause, peut-être aura-t-il le courage nécessaire de faire ce qu’il faut pour mettre fin à cet abus.

 

Entre-temps, Couillard profite de sa majorité parlementaire pour acheter la dignité des élus en leur donnant une augmentation de 14% et de 41% pour lui.

 

Le gouvernement, sciemment et volontairement, appauvri le peuple dans l’unique but de le rendre plus dépendant des politiciens. Cette pratique psychopathique cessera quand le peuple le réalisera et décidera d’y mettre fin. L’Islande l’a fait avec 300’000 personnes, imaginez ce que les 33 millions de canadiens peuvent faire s’ils décident que « c’est assez! »

 

Je vous invite à lire l’article suivant intitulé « Le Québec victime de l’étatisme depuis la révolution tranquille ». Il est rempli de données fort révélatrices qui permettent de comprendre la réalité québécoise actuelle.

 

Concernant cette fameuse austérité, je suis totalement d’accord avec le fait que le pire est à venir. Je m’explique. Dans les années 30-40-50, les familles de plus de 8 enfants n’étaient pas rares. Selon l’Institut de la statistique du Québec, « le nombre moyen d’enfants par femme est passé sous le seuil de remplacement des générations – de l’ordre de 2,1 enfants par femme dans les pays développés – en 1970 et a poursuivi sa décroissance jusqu’en 1987, année où il atteint le niveau le plus faible de son histoire, soit 1,36. » L’indice synthétique de fécondité s’établit à 1,65 enfant par femme en 2013 et est relativement stable. Au beau milieu du baby-boom, 144’000 naissances étaient enregistrées annuellement au Québec alors qu’aujourd’hui le taux de natalité est stable à autour de 88’000 par année. Donc à l’époque, il y avait beaucoup plus de gens pour supporter le fardeau fiscal et l’inflation était moins élevée.

 

Imaginez une pyramide avec les plus vieux en haut et les plus jeunes travailleurs dans le bas. Ceux dans le bas supportent le fardeau fiscal. Il y avait à l’époque plus de gens pouvant supporter le fardeau fiscal que de gens étant à leur retraite. Ensuite viennent les moyens contraceptifs plus performants, dont la pilule anticonceptionnelle. Les couples peuvent maintenant décider de quand ils auront un enfant, donnant ainsi une plus grande liberté. Les femmes vont sur le marché du travail en grand nombre et vont étudier plus longtemps. Les bébés se font de plus en plus rares.

 

Graduellement, la pyramide s’inverse et maintenant, il y a moins de gens pouvant supporter le fardeau fiscal, moins d’argent qui rentre, plus d’emprunts qui sont nécessaires pour subvenir aux besoins d’une population vieillissante, en plus d’une augmentation de l’inflation et d’une diminution des services. Mais puisque le Québec est sous le seuil de renouvellement des générations, il y aura de plus en plus de gens qui prendront leur retraite et encore moins de gens pouvant supporter le fardeau fiscal. Cela crée une dépendance progressive des services de l’État et celui-ci doit trouver de l’argent pour continuer à offrir ces services. Comme avec toute personne ayant un endettement élevé, un jour il ne pourra plus emprunter. Je laisse à votre imagination les conséquences potentielles de cet écrasement financier. Et donc, jusqu’à ce que ce jour arrive, effectivement, ça n’ira pas en s’améliorant.

 

Avez-vous déjà remarqué l’emphase subtile mise par le gouvernement sur les collèges professionnels, les certificats d’un an et les métiers spécialisés au détriment des programmes universitaires? Personnellement je crois que c’est parce que l’État, dans la planification de ses besoins à long terme, reconnaît qu’il fait face à un vieillissement de la population et doit se préparer en conséquence. Il aura moins besoin de physiciens que de préposés aux bénéficiaires. Si l’État veut survivre, il doit planifier pour ses besoins futurs réels.

 

Quand les gens vont dans la rue pour demander plus d’argent, tout ce qu’ils font est de dire « Empruntez de l’argent à la banque du Canada et nous feront rembourser le prêt et les intérêts par nos enfants. » Aujourd’hui, nous payons pour les générations passées et nous allons dans les rues pour faire la même chose avec les prochaines générations. Un jour, quelqu’un devra payer. Êtes-vous prêts à donner à vos enfants la responsabilité fiscale de vos envies actuelles? Ou est-il plutôt temps de mettre fin à cette forme d’hégémonie fiscale que l’État présume posséder sur le peuple?

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Conclusion

Ce n’est pas en manifestant pour avoir de l’argent et contre des coupures que nous régleront le problème car les politiciens sont dans le chemin. Je sais pertinemment qu’il y a des politiciens aux bonnes intentions et je généralise en les décrivant comme je le fais plus haut dans ce texte, n’empêche que c’est mon opinion que ces individus ont tout ce qu’il faut pour réellement régler la situation et ne le font simplement pas. Ce n’est pas en nous donnant un budget basé sur de l’argent fictif que ça va aller mieux dans le futur. Au contraire, il faut adresser le problème à sa source et reprendre le contrôle. En Islande, la population s’est révoltée et a expulsé les politiciens en place, a refusé de payer les dettes causées par des banquiers profiteurs et voleurs, a emprisonné ces banquiers, et depuis connait une excellente croissance économique. Même que le « Pirate Party », qui a fait son entrée au parlement islandais en avril 2013, est maintenant le plus supporté par la population islandaise.

 

Les islandais ont fait comme Toto, le chien de Dorothée, ils ont tiré le rideau et ont mis fin à l’imposture. Pourtant, tout ce que Dorothée avait à faire pour se sortir de sa situation était de claquer les talons de ses souliers d’argent ensemble. Elle avait ce pouvoir depuis le début, mais les maîtres de la distraction les manipulaient elle et ses compagnons comme des marionnettes dès le départ.

 

Vous voulez votre argent, vos services, vos avantages et le respect? Vous voulez une meilleure vie et un avenir réel pour vos enfants? Alors cessez de faire confiance aux médias de masse, cessez de vous faire manipuler par les distractions des politiciens et faites comme Dorothée, claquez ensemble ces souliers que vous possédez sans le savoir depuis le début.

 

  • Pasdechatsicitte.

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Forcer le vote…

«Si vous n’étiez pas forcé sous la menace d’une amende ou d’une sévère pénalité, iriez-vous quand même voter?»
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Introduction

Je fais un bref interlude dans ma série sur une société sans État pour partager une opinion concernant une nouvelle qui me tape sur les nerfs.

On apprenait récemment que le parti libéral du Canada étudie l’idée de rendre le vote obligatoire s’il était au pouvoir. Il forcerait les gens à aller voter et à exprimer leurs «opinions politiques». Comment les forceraient-ils, ça personne ne le sait pour l’instant mais si nous pouvons immédiatement conclure une chose, c’est qu’il utilisera son monopole de la violence pour imposer sa volonté sur la vôtre. Car l’État n’est efficace que dans une seule chose: la dispensation de la violence à ses propres fins.

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Ailleurs dans le monde

Il y a présentement 22 pays qui forcent les gens à voter mais pas tous punissent ceux qui ne votent pas. Certains vont donner une amende vacillant autour des 25$. Par contre, d’autres sont bien plus intransigeants. Au Pérou ou en Grèce, ceux qui ne votent pas ne peuvent plus obtenir de produits et services fournis par les bureaux de l’État (publiques) tels un permis de conduire, un passeport, etc.; au Brésil ils ne peuvent obtenir de passeport; en Bolivie ils se verront dans l’impossibilité de retirer leur salaire des banques pendant trois mois. Et il y a la Corée du Nord, où plus de 99% de la population a voté et 100% des votes ont été à Kim Jung-un (on se demande bien pourquoi…).

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Les incitatifs

Comme je l’ai mentionné dans un autre billet concernant la violence et l’État, l’être humain a besoin d’incitatifs, de motivation pour accomplir une action. S’il veut vivre, il sera incité à se nourrir. S’il veut s’acheter une voiture, son incitatif sera de ramasser des sous (ou de donner quelque chose en collatéral en échange d’un prêt bancaire). S’il ne va pas voter, c’est que les incitatifs ne sont pas suffisamment présents pour le motiver à agir. L’apathie politique de l’électeur moyen ne siège pas dans l’absence de désir de voter mais bien dans l’incapacité des élus à stimuler adéquatement l’électorat. Pour un individu qui ne s’arrête pas à la traditionnelle bullshit propagandiste «Moi je vote parce que c’est mon devoir de citoyen», il faut une motivation importante. Mais de façon générale, les politiciens sont simplement incompétents dans l’art de créer des incitatifs qui motiveraient toute une population à participer dans le processus électoral. En gros, si les électeurs ne sont pas motivés, c’est la faute des politiciens. (Bon, y’a plus que juste ça mais pour continuer sur ce sujet, il me faudrait tout un autre billet de blogue.)

Beaucoup disent que si tu ne vas pas voter, tu n’as pas le droit de te plaindre, mais ça c’est uniquement une phrase lancée dans le vide par des esprits aussi vides, en manque de reconnaissance et d’attention, qui préfèrent recracher l’opinion du Journal de Montréal au lieu de réfléchir à se construire leur propre opinion en en prenant la peine de réfléchir. Ces gens font partie de la garde d’honneur de l’apathie politique, ceux qui vont tenter de motiver les gens en tentant de les manipuler émotivement. Et quand ton arme est la manipulation émotive, c’est que t’es arrivé au bout de ton intelligence (comme le cerveau d’Homer Simpson qui quitte son corps). En fait, comme le grand George Carlin le disait, si tu as une population non-éduquée, et que les politiciens viennent de cette population, tu auras des politiciens non-éduqués. Et forcer les gens à voter ne motivera pas la population à s’informer et s’éduquer sur les plateformes électorales. Présentement, le vote est libre et prenez-vous réellement le temps de consulter toutes les plateformes électorales de tous les partis avant d’aller voter? J’en doute fortement. Et si vous le faites, vous représenter une minime portion de la population.

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Pourquoi voter?

Au lieu de forcer les gens à voter, faudrait peut-être leur demander pourquoi ils ne veulent pas voter. Causée par les politiciens qui mentent, volent, manipulent, ne tiennent pas leurs promesses, etc., et par le fait de ne pas trouver de représentant ayant des valeurs individuelles similaires à soi, l’apathie politique arrive en premier plan à mon avis. Par exemple, je suis un autarchiste abdiquant l’anarchie, je peux vous assurer qu’aucun candidat politique ne fait la promotion de l’anarchie dans mon coin… (Et de toute façon, ce serait paradoxal.) Ensuite il y a les raisons religieuses, la météo, ainsi que la capacité physique à se rendre au bureau de vote. De plus, forcer le vote est un argument en faveur de l’existence et de la nécessité de l’État, ce qui n’est clairement pas une raison pour moi. (Ce que vous devriez savoir si vous suivez moindrement ce blogue!)

La liberté d’expression offre les possibilités de s’exprimer et de ne pas s’exprimer. Ne pas donner son opinion est un droit tout aussi fort et intrinsèque à la liberté d’expression que son inverse. Forcer les gens à s’exprimer est la même chose que de les empêcher de s’exprimer. Quand tu empêches une population de s’exprimer et que tu le fais sous la menace, on appelle ça un régime totalitaire, et quand tu forces une population à s’exprimer et que tu le fais sous la menace, ça devient aussi un régime totalitaire. Dans les deux cas la liberté d’expression est anéantie et la démocratie (du moins l’apparence de démocratie) devient une dictature. De toute façon, la démocratie n’existe pas au Canada, c’est une aristocratie élue.

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Conclusion

Une loi pour forcer le vote ne créera pas d’incitatifs ou de motivation à voter, elle ne servira qu’à camoufler le réel désintérêt de la population et l’apathie encore plus grandissante envers la politique. L’apathie politique est à la base des phrases de psychopathes du genre «Les Canadiens et les Canadiennes se sont exprimés en majorité» alors que seuls 24.3% de l’électorat potentiel ont choisi cet individu en particulier. Le vote forcé ne changerait pas cette apathie car quand 100% de la population est obligé de voter, personne ne sait vraiment qu’est-ce qui ne fonctionne pas, étant donné que le vote est un barème ou un indicateur de satisfaction collective. C’est comme quand l’État fixe les prix pour les commodités, les commerces se retrouvent avec des tablettes vides parce que personne n’est en mesure de déterminer la vraie valeur. L’offre et la demande ne se rencontrent pas pour établir une référence.

Et finalement, avec une loi qui force la population à voter, nous verrons l’émergence d’une nouvelle question de sondage: «Si vous n’étiez pas forcé à voter sous la menace d’une amende ou d’une sévère pénalité, seriez-vous venu quand même?»

  • Pasdechatsicitte
Justin Trudeau et Kim Jung-un sont unanimes, «forcer le vote est vertueux!»

Justin Trudeau et Kim Jung-un sont unanimes, «forcer le vote est vertueux!»

Carlin on vote

Sooner or later

Les organisations de résolution de conflit

Introduction

Avant la fin de ce paragraphe, sans que j’aie à la nommer, vous aurez probablement trouvé le nom de cette entreprise qui est l’exemple le plus puissant de la capacité d’une organisation privée à gérer un marché public de vente et d’achats de toutes sortes d’items. Avec un chiffre d’affaires de plus de 16 milliards US$ en 2013 et ayant plus de 33 500 employés dans le monde, cette entreprise règle quotidiennement et sans violence tous les conflits qui surviennent entre leurs millions d’usagers, lesquels se trouvent dans tous les pays de la planète, et ce, sans égards aux frontières. Vous achetez un item en ligne et vous ne le recevez pas? Ouvrez une dispute sur le site et boom, vous avez votre remboursement. C’est l’entreprise qui s’occupera de régler la situation avec celui qui n’a pas envoyé l’item. Cette entreprise fondée le 3 septembre 1995 espère avoir d’ici 2015 près de 200 millions d’usagers et entend être l’intermédiaire pour près de 300 milliards US$ en valeurs transactionnelles. Étant donné que la sécurité financière et la tranquillité d’esprit sont importantes pour la majorité des gens, si cette entreprise n’avait pas en place un système de résolution de conflit fiable et efficace, croyez-vous qu’elle serait rendu aussi énorme?

Pouvez-vous nommer cette organisation de résolution de conflit? (Cliquez ici pour savoir, si vous n’arrivez pas à deviner.)

Lien court: http://wp.me/p4MO4u-5b

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La nécessité

Vous avez déjà entendu l’expression «La nécessité est la mère de tous les inventions»? Quand un besoin n’est pas satisfait, nous avons tendance à agir afin de le satisfaire. Si tu as faim, tu manges. Si tu veux une stabilité et une sécurité d’esprit dans ta nourriture, tu te fais un jardin. Sinon, tu vas à l’épicerie. Bref, notre nécessité est relatives aux besoins et au risque entourant ce besoin. Certains iront jusqu’à créer leur propre solution s’ils n’ont pas accès à une solution déjà existante. Par exemple, dans le but de donner des exemples à suivre aux policiers partout aux États-Unis, trois adolescentes de 14, 15 & 16 ans ont créé Five-O, une application pour téléphones cellulaires qui permet de documenter l’abus policier et de donner un «rating» aux agents de police. Certains diront que l’État policier qui est fermement installé dans ce pays affecte le besoin de sécurité de la population et donc la nécessité de changer la situation amène cette invention, laquelle est disponible depuis le 18 août.

C’est mon opinion que durant le printemps érable 2012 au Québec, la répression policière & l’incapacité des politiciens à gérer la crise ont fait en sorte qu’un très grand nombre de gens ont décidé de s’intéresser à la politique. L’adage «Occupes-toi à la politique si tu ne veux pas que la politique s’occupe de toi» a fortement résonné chez un grand nombre de gens, au point où nombreux sont ceux qui se sont radicalisés. Ce fût la même chose avec le G20 à Toronto en 2010, alors que la violence policière a atteint des niveaux inégalés dans l’histoire canadienne. Deux recours collectifs viennent d’être autorisés d’ailleurs à ce sujet. Ces gens qui sont intéressés par la politique cherchent simplement à vivre dans une société où la violence est absente, où la liberté d’opinion et la liberté de choix sont respectées et où l’abus par l’autorité est systématiquement éliminé. Certains croient que ce changement passe par l’État, moi je dis qu’on ne peut demander au «bully de la cour d’école» de s’occuper d’établir les règles sur le «bullying dans la cour d’école.» C’est mon opinion qu’il n’existe aucun «bully» plus grand et plus puissant que l’État.

Si nous voulons éventuellement vivre dans une société sans violence, il suffit simplement de laisser l’État aller. C’est lui qui est le plus efficace à semer les graines de sa propre destruction. Chaque abus qu’il accomplit génère son lot de victimes et de gens dorénavant conscientisés. À un certain moment, la masse critique sera atteinte et l’État va connaître la fin de sa vie. Et la journée où ça va arriver, les organisations de résolution de conflits (ORC) vont prendre la relève et s’occuper du vide (la nécessité) laissé par le système qui se sera effondré sous le poids de son obésité morbide étant donné qu’une population nécessitant une satisfaction de ses besoins sera fortement motivée à trouver des solutions. Et nous y verrons la magie du libre marché en action. Comme par exemple, l’histoire du crayon.

Une petite note avant d’entreprendre ce gros morceau sur lequel reposera tous les prochains billets de ce blogue: pendant 194 jours en 2007 & 2008 et pendant 541 jours en 2010-2011, la Belgique fût sans gouvernement. Il y avait quand même une forme de gouvernance présente mais il n’y a pas eu d’état de panique de la population, de fin du monde à la Mad Max, d’apocalypse post-étatique, etc.

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Les organisations de résolution de conflit (ORC).

Un aspect essentiel de la vie économique est la capacité de faire respecter les contrats et résoudre les différends entre les parties impliquées. Comment une société peut-elle assurer ces fonctions en l’absence d’un gouvernement?

La première chose à comprendre au sujet de contrats, c’est qu’ils sont une forme d’assurance, dans la mesure où ils existent pour minimiser les risques de non-respect de l’entente. Si je veux entrer en contrat avec ma banque pour un prêt hypothécaire sur cinq ans, je vais tenter de minimiser mes risques en exigeant que la banque me donne un taux d’intérêt fixe pour la durée du contrat. Ma banque, de son côté, permettra de minimiser son risque en conservant le titre de propriété de ma maison en garantie, dans le cas où je ne paie pas l’hypothèque. C’est la gestion du risque. Dans un monde sans risque, les contrats ne seraient pas nécessaires et nous ferions tous nos affaires sur une poignée de main. Cependant, parce que nous préférons tous minimiser le risque, nous exigeons des contrats dans lesquels sont décrites toutes les conditions et les conséquences du non-respect de ces conditions.

Dans les sociétés étatiques modernes, la majorité des contrats sont généralement appliqués non pas par le système judiciaire, mais plutôt par la menace de l’appareil judiciaire. La distinction est importante. Par exemple, la menace n’est pas tant: «Je vais faire appel au tribunal pour l’exécution de ce contrat», mais plutôt: «Je vais utiliser la menace de vous traîner devant les tribunaux afin de faire respecter ce contrat.» La perspective d’une longue et coûteuse action en justice est généralement suffisante pour forcer une résolution du différend. Il est très facile de constater que quand une système supposé régler les conflits est plutôt utilisé comme une menace afin de forcer une médiation privée, c’est que ce système a clairement échoué dans son «intention». Les tribunaux de l’État sont devenus la même chose que les compagnies d’assurance automobile quasi-privées – les menaces et inconvénients de leur utilisation a causé la plupart des gens à régler leurs différends en privé, plutôt que s’impliquer dans quelque chose qu’ils sont obligés de payer pour, mais qu’ils ne peuvent presque jamais utiliser, entre autre parce que les coûts de la «justice» sont impossibles à payer pour la majorité des gens. La «justice» au Canada (laquelle n’est rien d’autre que la subjectivité d’un juge basée sur comment il se sent cette journée-là) est, la quasi-majorité du temps, disponible uniquement à celui qui a le plus de moyens financiers. Combien de causes se terminent parce qu’une partie n’a plus d’argent? «And justice for all…». Yeah, right.

Bref, ce genre de «justice» est très motivante pour la création de solutions anarchiques permettant de régler les différends contractuels.

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L’évaluation financière du risque

Dans une société sans État, bon nombre d’entrepreneurs seront prêts et intéressés à fournir des solutions créatives aux problèmes de non-respect des clauses contractuelles. En tant que solution non-violente, les bénéfices seront maximisés si la non-conformité au contrat peut être évitée, plutôt que d’être adressée après le fait (mieux vaut prévenir que guérir). Pour prendre un exemple simple, prétendons que vous êtes un agent de prêts dans une banque, et je viens vous demander 10 000$. Naturellement, vous serez très heureux de me prêter de l’argent si je vais rembourser à échéance à la fois le principal et les intérêts, car c’est de cette façon que vous faites votre profit. Cependant, une telle garantie est tout à fait impossible, car même si j’ai l’argent et j’ai l’intention de vous rembourser, je pourrais me faire frapper par un autobus et mourir, vous laissant avec un déficit de 10 000$. Afin de bien évaluer le risque, vous voudrez savoir deux choses en particulier:

1 – Est-ce que j’ai toujours remboursé mes prêts dans le passé?

2 – Est-ce que j’ai une garantie pour le prêt?

Ces deux informations sont quelque peu apparentées. Si j’ai toujours remboursé mes prêts dans le passé, alors votre besoin de garantie sera diminué. Le plus de garanties que je suis en mesure de fournir pour le prêt, moins il est nécessaire pour moi d’avoir un bon historique de crédit. La raison pour laquelle un bon historique de crédit est nécessaire n’est pas seulement afin d’établir ma solvabilité, mais aussi pour aider la banque à évaluer à quel point je suis actuellement investi dans ma bonne réputation. Si j’ai fait plusieurs prêts importants dans le passé et que je les ai toujours remboursés à temps, il semble surprenant que je passe vous voir juste pour voler 10 000$.

Si ma bonne cote de crédit me fait sauver deux points de pourcentage sur mes paiements d’intérêts, et que je vais avoir besoin d’un autre 500 000$ de prêts au cours de ma vie (pour une entreprise par exemple), à elle seule ma bonne cote de crédit me fera sauver au minimum une dizaine de milliers de dollars. Ainsi, je perdrais de l’argent si je prenais un prêt de 10 000$ et que je ne le rembourse pas puisque les avantages financiers de ce vol ne couvriraient pas les pertes que me je pourrais subir suite à la destruction de ma cote de crédit. C’est pourquoi une garantie physique (du collatéral) est moins nécessaire, puisque j’ai la très réelle «garantie» d’une bonne cote de crédit.

Ces types de calculs économiques se produisent régulièrement dans une société étatique et ne disparaîtront pas comme la brume du matin dans une société apatride. Cependant, il y a certains types de prêts que plusieurs institutions financières seraient prêtes à faire malgré le niveau élevé de risque. Par exemple, les jeunes adultes qui commencent dans la vie et qui n’ont pas de garanties ou de cosignataires seraient dans une catégorie de risque plus élevé, de même que ceux qui n’auraient pas réussi à rembourser leurs prêts dans le passé. Comme nous pouvons le voir dans certaines publicités télévisées de concessionnaires automobiles, ne pas avoir d’antécédents de crédit, ou même posséder un mauvais historique de crédit ne sont pas nécessairement des obstacles à l’obtention de prêts. Une troisième chance au crédit?

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La couverture et l’assurance

Il y a deux façons principales de gérer le risque dans une situation complexe: la couverture et l’assurance. La «couverture» consiste à parier à la fois pour et contre un résultat particulier. Dans le marché boursier des devises, cela signifie parier un montant X que (par exemple) le dollar va monter, et un autre montant que le même dollar va baisser. Dans le monde des courses de chevaux, cela signifie parier sur plus d’un cheval. C’est aussi pourquoi les gens ont tendance à diversifier leurs portefeuilles d’actions. L’approche «assurance» tend à être utilisée lorsque la couverture est impossible.

Pendant quelques années j’étais partenaire et co-fondateur d’une petite entreprise en informatique. Mes partenaires et moi avions une assurance collective au cas où un de nous tombait malade ou décédait. Il était relativement impossible de «couvrir» ce risque car former des dirigeants et les conserver attachés dans le sous-sol n’était pas particulièrement rentable, sans parler que c’est immoral. L’assurance-vie est donc un exemple de stratégies parmi tant d’autres qui sont déjà bien établies sur le marché libre.

Cependant, dans les contrats d’un-à-un, les tribunaux de l’État conservent leur monopole. Si je suis un employé, j’ai un contrat d’un-à-un avec mon employeur. Il m’est impossible de mitiger les risques impliqués dans ce contrat et actuellement, il n’est pas possible d’acheter une assurance pour atténuer le risque que mon employeur fasse faillite en se sauvant avec mon dû. En l’absence d’un gouvernement, la nécessité d’atténuer rationnellement les risques par les contrats serait toujours présente et les entrepreneurs fourniraient inévitablement des solutions créatives et intelligentes pour y remédier. Mais tant que le gouvernement est dans les jambes du progrès, le risque existe.

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Le bris de contrat

Prenons un petit exemple de la façon dont les différends contractuels peuvent être résolus dans une société apatride (sans État).

Disons que je vous paie 15 000$ pour faire le paysage de mon jardin, mais vous ne vous présentez jamais pour faire le travail (un First World Problem, j’avoue, mais c’est un exemple). Idéalement, je voudrais ravoir mon 15 000$, ainsi que 5 000$ en compensation pour les inconvénients (ou dommages punitifs). Dans une société apatride, lorsque nous établissons le contrat, nous pouvons choisir un tiers parti impartial pour la médiation des différends. Si un conflit qu’il nous est impossible de résoudre nous-mêmes survient, nous pouvons amener notre cause devant ce médiateur pour ensuite se conformer à sa décision. Le médiateur agit alors en tant qu’organisation de résolution de conflits. Des médiateurs de la sorte, il en existe pour plein de domaines, surtout pour les règlements hors-cour, et c’est très commun puis ça se fait sans la nécessité d’une intervention de l’État. Ça n’a rien de nouveau.

Puisque je ne suis pas un expert dans le domaine de courir après les gens pour leur argent, si j’ai des doutes sur vos motivations, capacités et sur votre honnêteté, je prendrais une assurance auprès d’une organisation de résolution de conflit pour me rembourser si le contrat n’était pas respecté. Si vous vous sauvez sans faire le travail, je soumets tout simplement ma demande à l’ORC qui me paie 20 000$ et ce sera celle-ci qui se chargera de vous réclamer 25 000$ pour couvrir les frais associés à votre manquement au contrat. Au même titre que sur eBay, si le vendeur ne vous envoie pas l’item, eBay vous remboursera et ils s’occuperont eux-mêmes du vendeur, me fournissant satisfaction et tranquillité d’esprit.

Lorsque je soumets une application pour obtenir cette assurance, l’ORC me facturera une certaine somme d’argent basée sur leur évaluation du risque que je prends en faisant affaires avec vous. Si vous avez fraudé vos dix derniers clients, l’ORC n’assurera tout simplement pas le contrat, m’informant implicitement du risque que je prends. Si vous avez un dossier inégal, l’ORC peut me facturer quelques milliers de dollars pour assurer votre travail – encore une fois, me donnant une excellente idée de votre fiabilité. D’autre part, si vous êtes en affaires depuis 30 ans, et que vous n’avez jamais fraudé une seule fois un client ou même n’avez jamais reçu de plainte, l’ORC chargera un frais minime juste en cas de retard causé par un accident ou un décès inattendu. Il peut me charger autour de 50$ par exemple pour cette éventualité.

Cette forme d’assurance contractuelle est une excellente indication de l’honnêteté en affaires. Le coût de l’assurance d’un contrat étant directement ajouté aux coûts de faire des affaires, s’ils peuvent être maintenus aussi bas que possible, les avantages financiers pour tous les partis sont évidents. De plus, le coût d’assurance d’un contrat peut être encore plus bas si vous êtes prêt à fournir des garanties en avance. Par exemple, dans l’entente il peut être demandé de fournir les informations de comptes bancaires des partis impliqués. Ainsi, si je vous paie le 15 000$ et que vous ne faites pas le travail, l’ORC me rembourse 20 000$ tel qu’entendu et prendra le 25 000$ directement de votre compte bancaire. De cette façon, les contrats peuvent être appliqués sans recourir à la violence et sans longues et incroyablement coûteuses batailles juridiques comme c’est actuellement le cas avec le «système de justice» de l’État. Imaginez ne pas avoir à payer de frais faramineux d’avocats, pas de paperasse inutile, pas de présence en cour. C’est à se demander qui profite le plus le système actuel

Les risques associés à une entente contractuelle sont clairement communiqués à l’avance et donc les gens honnêtes sont directement récompensés par des coûts d’assurances plus faibles, tout comme les non-fumeurs sont directement récompensés en payant des primes inférieures d’assurance-vie. Dans une société sans État, l’honnêteté et le respect en affaires seraient la norme, et faire affaires coûterait moins cher, laissant plus d’argent à tous les partis pour l’investir ailleurs, comme par exemple dans l’économie locale, dans les dons aux œuvres de charité, pour aider son prochain, etc.

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Le non-paiement

Supposons que j’ai un contrat avec une organisation de résolution de conflit et que je doive verser un dédommagement de 25 000$ parce que je n’ai pas respecté mon obligation contractuelle mais que je ne peux pas ou ne veut pas payer cette somme, que ce passe-t-il?

Actuellement, l’État utilise la violence pour me forcer à payer. Bien que cela puisse être une forme de vengeance médiévale, ça ne m’aide pas du tout à rembourser les 25 000$. Dans une société sans État, quelles options sont disponibles pour l’ORC afin qu’elle réussisse à obtenir son argent?

Dans une économie complexe comme la nôtre, tout au long de leur vie les individus sont liés par des dizaines d’obligations et de contrats, par exemple un bail locatif, une adhésion à un centre sportif, un plan de paiements mensuels pour l’achat de meubles dans un grand magasin ou encore des conventions d’assurance-voyage avec les compagnies de cartes de crédit. Les coûts de faire affaires avec des gens reconnus pour honorer leurs contrats étant beaucoup plus faibles, une société sans État offrirait non seulement des services d’assurances de contrats (les organisations de règlements de conflits, ORC) mais aussi des agences de notation financière, aussi connu sous le nom d’agence de crédit.

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Les conséquences du non-respect des contrats

Les agences de notation financières seraient des entités indépendantes qui évalueraient objectivement la conformité d’une personne vis-à-vis ses contrats. Si j’acquiers une réputation d’homme qui rompt régulièrement ses contrats, il deviendra de plus en plus difficile pour moi de fonctionner efficacement dans une économie complexe car je serai refusé partout. Cette forme d’ostracisme économique est un très puissant – et surtout non violent – outil pour la promotion de la conformité aux normes sociétales et aux règles morales. Elle aide à garder les gens «droits» car, quand toute la société refuse de vous offrir des services, la vie peut commencer à être difficile. Dans mon billet sur la violence et l’État, je propose que l’humain est une créature qui répond (entre autre) aux incitatifs. Et l’incitatif de ne pas être ostracisé par toutes les sphères de la société peut être suffisant pour bon nombre de gens à rester droits et honnêtes.

Il est apparent que je décris d’un scénario hypothétique ici mais en réalité, ces agences existent déjà. Vous les connaissez sous les noms d’Équifax, de TransUnion ou Experian. Elles sont spécialisées dans les dossiers de crédits des entreprises et des particuliers. Quand la banque vérifie votre crédit pour un prêt, elle consulte ces agences en temps réel. Tout porte à croire que dans une société sans État, ces entreprises seraient encore plus utilisées.

Si une personne viole les normes sociales de façon flagrante (nous allons couvrir la question de la criminalité violente plus tard), une option incroyablement efficace que la société a est de simplement cesser de faire affaires avec un tel individu. Si je fraude ou ne respecte pas mon entente avec mon ORC, ou un autre individu, l’agence de notation de crédit pourrait tout simplement révoquer ma cote de contrat, me classant dans son système comme «à éviter» par exemple. Les ORC auraient probablement des clauses disant qu’elles ne sont pas intéressées à contracter avec toute personne dont la cote de contrat a été révoquée. Par exemple, si je dirige un hôtel et qu’un individu ayant eu sa cote de contrat révoquée voulait louer une chambre, je serai immédiatement au courant de sa situation après avoir fait les vérifications d’usages et je serai informé rapidement qu’aucun contrat ne peut être honoré avec cet individu. Autrement dit, s’il met le feu à mon hôtel, vole ou détruit des biens, ou s’il harcèle un autre invité, mon ORC ne m’aidera pas à régler la situation car je n’aurai moi-même pas respecté mon entente avec elle. Alors, vais-je être tenté de louer une chambre à cet homme, ou vais-je lui dire que, malheureusement, l’hôtel est complet?

Dans une société apatride fonctionnant sur le respect des contrats et où tenir parole sont des conditions essentielles pour l’acquisition de biens et de services,  les épiceries, les taxis, les compagnies d’autobus, les fournisseurs d’électricité, les banques, les restaurants et autres organisations et commerces seront très peu susceptibles de vouloir faire affaires avec des individus ayant démontré qu’ils ne sont pas de confiance car ils n’auront aucune protection si ces individus se conduisent de façon irresponsable. Les interactions économiques sont bien sûr purement volontaires et aucun homme ne peut être moralement obligé de faire affaires avec un autre homme. Les gens qui fraudent, volent et mentent seront clairement identifiés dans une société apatride, et vont rapidement réaliser que les autres membres de la société vont leur tourner le dos assez souvent, à moins qu’ils ne changent leurs habitudes, comme dédommager les gens à qui ils ont causé des torts. Beaucoup de gens y penseront à deux fois avant de manquer à leurs contrats quand les propriétaires se fient à la cote de respect des contrats pour louer leurs appartements. Le prospect d’être forcé à vivre dans la rue sera un incitatif puissant à respecter sa parole.

Un tel «outcast», ou paria, pourrait voir sa cote de contrat restaurée s’il est prêt à rembourser ceux qu’il a lésé. S’il obtient un emploi et que son salaire peut être partiellement saisi jusqu’à ce que ses dettes soient payées, sa cote de contrat peut être restaurée, au moins au niveau minimum nécessaire pour qu’il puisse profiter d’autres services. Une organisation de règlement de conflits, laquelle est toujours financièrement plus intéressée par la prévention que par la récidive, peut également réduire le fardeau du paria si celui-ci est prêt à participer à des cours de psychologie en lien avec sa problématique (pour changer sa façon d’agir) et des conseils de crédit.

Ah, et si un « paria » est injustement traité et est soumis à du chantage par une ORC ou par l’agence de notation de crédit? Eh bien, rappelez-vous que l’anarchisme est toujours une négociation à deux côtés. Si vous êtes une organisation de règlement de conflits ou une agence de notation de crédit, afin d’amener les gens à s’inscrire à vos services, quelles protections mettrez-vous dans vos contrats pour satisfaire les craintes de vos clients potentiels? Ne vous en faites pas, le libre marché saura suffire à cette demande de sécurité.

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Conclusion

Bref, de cette façon, les contrats peuvent être respectés sans recourir à la violence, l’ostracisme social et économique étant franchement plus efficaces pour contrôler ceux qui violent de manière répétée les règles sociales et de moralité que l’emprisonnement. Nous n’avons pas besoin d’envoyer les gens dans des prisons économiquement improductives ou d’envoyer des hommes armés pour les kidnapper et les incarcérer. Tout ce que nous avons à faire est de publier leurs crimes aux yeux de tous et de laisser la justice naturelle de la société prendre soin du reste.

Alors, commencez-vous à voir comment on pourrait vivre dans une société sans État? Commencez-vous à réaliser que tout ce que nous avons besoin pour une société sans État est déjà en place? Commencez-vous à comprendre qu’au fond, en plus d’être inutile, l’État est dans le chemin du progrès? Dans les prochains billets, nous mettrons les organisations de résolution de conflits à l’épreuve en voyant comment gérer la santé, l’éducation, les prisons, etc.

  • Pasdechatsicitte

Keep calm and google voluntarism

P.S. : Ce billet est basé sur les ouvrages de Stefan Molyneux sur l’anarchie. J’ai choisi et traduit certains passages de son livre disponible gratuitement en PDF et en livre audio ici et sur Youtube ici. J’ai aussi modifié et ajouté des passages représentant mon opinion.

La violence et l’État – 2/2

S’il n’y a pas d’État, qui peut déclencher une guerre?

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Introduction

En concluant mon article intitulé «L’anarchie, Israël, Harper et les bombes…», je disais que «sans État, il n’y a pas de taxation et sans taxation, y’a pas d’argent pour faire la guerre.» Suite à une demande d’une amie d’expliquer pourquoi je pense cela, j’ai écrit la première partie d’un article et voici la dernière. Évidemment, c’est mon opinion et vous êtes invités à vous faire votre propre opinion. Avant d’entâmer cette deuxième partie, je suggère fortement de lire la première.

Lien court: http://wp.me/p4MO4u-41

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La guerre et les profits de l’État

Il a souvent été dit que la guerre est la santé de l’État (War is the Health of the State) mais à mon avis, l’inverse est bien plus vrai: «l’État est la santé de la guerre». En d’autres termes, que la guerre – le pire de tous les maux humains – est impossible sans l’État.

Le grand économiste autrichien Ludwig von Mises s’est un jour vu demandé ce que la définition centrale caractéristique du marché libre était selon lui – c’est-à-dire puisque chaque économie est plus ou moins un mélange de liberté et de contraintes étatiques, quelle institution pouvait séparer un marché libre d’une économie dirigée – et sa réponse fût «l’existence d’un marché boursier». Grâce au marché de la bourse, un entrepreneur peut externaliser le risque, c’est-à-dire qu’il peut en partie transférer ses pertes potentielles aux investisseurs. Sans risque, la croissance d’une entreprise est pratiquement impossible.

Lorsque le risque pour une chose particulière diminue, la demande pour celle-ci augmente. En l’absence d’un marché boursier, une économie stagnante st une preuve de la réticence des entrepreneurs à assumer eux-mêmes tous les risques d’une activité économique. Par contre, lorsque le risque devient «partageable», de nouvelles possibilités émergent. La révolution industrielle est peut-être l’exemple le plus spectaculaire de ce genre de partage du risque.

Malheureusement, parmi ces possibilités il y a la guerre, dans toute son horreur, sa corruption, sa brutalité et ses génocides. Nous verrons ici pourquoi, dans sa capacité à réduire les coûts et partager les risques de la violence, l’État est «le marché boursier de la guerre».

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Le sophisme de «la vitre cassée»

Tous les économistes connaissent le «sophisme de la vitre cassée», sophisme qui prétend que la stimulation de la demande causée par un vandale brisant une fenêtre n’ajoute pas à la croissance économique, mais qu’au contraire il impacte négativement la croissance économique locale puisque l’argent dépensé pour le remplacement de la fenêtre est déduit d’autres achats potentiels. Un exemple de cette évidence est que nous ne cherchons pas à augmenter nos revenus en lançant nos voitures des falaises ou en brûlant nos maisons. Bien que cela puisse plaire aux constructeurs automobiles et les constructeurs de maisons, ce n’est pas plaisant pour nous ni pour les personnes qui auraient eu accès à cette nouvelle voiture et à cette nouvelle la maison car nous en avons déjà besoin pour nous-mêmes. La destruction matérielle détourne toujours les ressources qui serviraient à autre chose et provoque toujours une hausse des prix, donc tout le monde se partage la facture. Par exemple, briser une fenêtre qui coûte 100$ à remplacer supprime bien plus que 100$ de l’économie parce que le temps passé à remettre la fenêtre à son état d’origine – l’appel au réparateur, décider du remplacement, nettoyer les éclats de verre, le temps perdu, etc – est également soustrait de l’économie dans son ensemble.

Il y aura toujours des accidents, bien sûr, et les réparations sont un aspect légitime de tout marché libre. Cependant, la guerre ne peut jamais être considérée comme un accident. Elle ne fait pas partie de l’économie de marché et pourtant, il est encore cru que la guerre est généralement bonne pour l’économie. En tout cas, elle doit l’être au moins pour certaines personnes, car elle est si souvent demandée… Comment ces oppositions peuvent-elle logiquement être réconciliées? Comment la destruction peut être économiquement avantageuse quand elle est si horrible pour l’économie dans son ensemble? Demandez-vous si la destruction que l’Allemagne a subit lors de la première guerre mondiale était bonne pour son économie. En fait, la destruction qu’elle a subit et les obligations fortement contraignantes du Traité de Paris ont créés les conditions ayant mené à la deuxième guerre mondiale, guerre qui à l’époque a éliminé 2.5% de la population mondiale.

Nous pouvons facilement imaginer une réparateur de fenêtre qui fracasse les fenêtres de son quartier afin d’augmenter la demande pour son entreprise. Ce aiderait certainement son revenu à court terme, mais pourtant, pourquoi dans une économie de libre marché ne voyons-nous pas plus de ce genre de comportement dans la vie de tous les jours? Une réponse évidente pourrait être que les chefs d’entreprises préfèrent ne pas se retrouver en prison. C’est certainement un risque, mais pas il n’est pas très grand. Les incendiaires sont difficiles à attraper et il y’a plein d’autres formes de sabotages difficiles à résoudre qui peuvent être entrepris. Un poison peut être ajouté à l’alimentation en eau potable d’une ville; ça incriminerait un fournisseur d’eau pour un temps, ça prendrait possiblement des mois à résoudre et à un moment donné, toute piste pourrait être perdue. Des pirates informatiques étrangers pourraient être payés pour infiltrer les réseaux d’un concurrents ou monter une attaque de déni de service sur leurs sites Web. Que dire de eBay? Si vous avez un concurrent qui attire toute votre clientèle, pourquoi ne pas simplement demander à une centaine de vos amis de lui donner une mauvaise évaluation de service, pour ensuite voir sa réputation en ligne souffrir?

Toutes ces pratiques sont très rares sur le marché libre pour trois raisons principales. La première est qu’elles sont coûteuses; la seconde est qu’elles augmentent les risques et la troisième est la crainte de représailles. Voyons les plus en détails.

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Les coûts de la destruction

Si vous voulez engager un pyromane pour détruire l’usine de votre concurrent, vous devez devenir un expert dans la négociation avec les criminels. Vous pourriez payer un pyromane et le voir se sauver dans un autre pays avec votre argent au lieu qu’il mette le feu à l’usine de votre concurrent. Vous courez également le risque que votre pyromane amène l’offre à votre concurrent et qu’il lui demande plus d’argent pour ne pas mettre le feu, ou, pire, qu’il s’en fasse offrir encore plus pour incendier votre usine à la place! Ça vous coûtera cher pour vous engager dans la voie du vandalisme et vous n’avez aucune garantie que votre investissement sera rentable. De plus, il y a d’autres coûts tertiaires à poursuivre la voie de la « destruction de la concurrence. » Vous ne pouvez cibler qu’un seul concurrent à la fois, ce qui n’est que partiellement utile puisque la plupart des entreprises font face à de nombreux concurrents simultanément – certains sont locaux et certains sont à l’étranger et donc probablement hors de portée. (Imaginez que toutes les usines de vos concurrents se font détruire par le feu… sauf la vôtre.) Même si vous réussissez à détruire votre concurrent, vous avez créé une opportunité sur le marché pour d’autres entrepreneurs, et qui sait, peut-être seront-ils encore plus féroces avec vous. Détruire une petite entreprise informatique, par exemple, pourrait donner une bonne raison à Microsoft de combler ce nouveau vide.

Aussi, si vous êtes propriétaire d’une entreprise, la concurrence est très utile. Tout comme une équipe sportive devient paresseuse et molle si elle ne joue jamais contre un adversaire compétent, une entreprise sans concurrence devient rapidement non productive, paresseuse et inefficace – une invitation garantie pour des entrepreneurs intéressés à combler le vide que vous avez créé. Les entreprises ont besoin de concurrence pour rester en forme.

Finalement, qu’arrive-t-il si vous parvenez à saboter vos adversaires? Si vous le faites bien, personne ne sait que vous êtes derrière la vague soudaine d’incendies criminels. Qu’advient-il de vos coûts d’assurance? Ils explosent et ils vous chargeront beaucoup plus cher, et ça c’est s’ils décident de vous assurer! De plus, vous ne serez pas en mesure de répondre tout de suite à la nouvelle demande, ce qui assure que vos clients tenteront de trouver ailleurs des alternatives qui sont hors de votre contrôle. Ainsi, vous aurez augmenté vos dépenses, incité les clients à chercher des solutions de rechange et vous aurez alarmé vos employés, créant une situation dangereuse où de potentiels concurrents pourraient être très motivés d’entrer dans votre domaine d’affaires au moment où vous êtes le plus vulnérable à la concurrence! Bref, pas vraiment une bonne idée…

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Les risques de destruction

Disons que vous décidez d’engager Stanley pour mettre le feu à l’usine de votre concurrent. La réalité est que Stanley, étant pyromane professionnel, sait comment faire tourner la situation à son avantage beaucoup mieux que vous, puisque vous êtes un nouveau dans le domaine. Après tout, c’est lui l’expert. Stanley sait que peu importe ce qu’il fait, vous ne pouvez aller à la police pour obtenir de la protection. Que faites-vous s’il filme vos conversations et vous fait du chantage? Votre petite expérience en concurrence immorale devient soudainement une vie de cauchemar, de culpabilité, de peur et de rage. Comme mentionné plus haut, si Stanley décide d’aller voir votre concurrent et de lui révéler vos plans, que faites-vous? Sûrement que votre concurrent payera un bon prix pour cette information, car il pourrait alors aller à la police et vous détruire légalement encore plus complètement que vous espériez le détruire lui illégalement. Et si Stanley fait le travail mais qu’il vous menace de tout dévoiler, allez-vous engager quelqu’un pour «régler le dossier de Stanley»? Qu’advient-il de celui que vous engagez si lui vous fait du chantage?… Dans le domaine des activités criminelles, une fois que les gants sont tombés, les résultats deviennent très difficiles à prévoir.

Et si Stanley va voir votre concurrent et lui dit: «Pour 25 000$, je devais brûler votre usine, donc pour 30 000 $, je peux brûler son usine à la place.» Cette guerre «d’appel d’offres» peut rapidement se transformer en situation fort coûteuse pour tout le monde… sauf Stanley, bien sûr. Et comment prouver que Stanley est un pyromane «légitime»? Qui dit qu’il n’est pas un infiltrateur policier? Que faire s’il a été envoyé par quelqu’un d’autre afin de pouvoir faire du chantage par la suite? Que faire si c’est un coup monté de votre concurrent? Comment pouvez-vous le savoir? Bref, ce scénario est très risqué! Ce sont les risques de la destruction.

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Les risques de représailles personnelles

Admettons que tout ce qui précède fonctionne exactement comme vous le voulez et Stanley incendie avec succès l’usine de votre concurrent; qu’arrive t’il ensuite? Vous venez de créer  en votre concurrent un ennemi acharné qui soupçonne un acte criminel, sait que vous avez un bon motif pour incendier son usine et n’a plus rien à perdre. Il pourrait se plaindre à la police, embaucher des enquêteurs privés et mettre une annonce dans tous les journaux offrant une récompense d’un million de dollars pour toute information menant à la preuve de votre implication et ainsi il peut vous poursuivre et récupérer beaucoup plus qu’un million de dollars.

Soit votre nouvel ennemi trouvera des informations utiles à la police, soit il trouvera des informations circonstancielles, comme des indices mais pas de preuves et il peut décider de se venger contre vous. Puisque vous avez été en mesure de le faire d’une manière qui ne peut être prouvée, il sait maintenant comment faire aussi. Vous venez de montrer à un homme en colère la façon d’incendier votre usine et de ne pas se faire prendre. Allez-vous bien dormir? Allez-vous vous sentir en sécurité dans votre lit? Êtes-vous certain qu’il se limitera seulement à votre usine?

Ça ne vaut vraiment pas la peine de tenter de s’enrichir en visant la destruction de biens d’autrui- et c’est très bien ainsi. Nous aimerions que les gens soient bons & honnêtes bien sûr, mais nous voulons aussi de forts incitatifs économiques favorisants la vertu et l’intégrité du libre arbitre.

Comment est-ce que les risques de représailles personnelles sont liés à la guerre & à l’État? Les liens sont forts mais avec des effets très différents.

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L’économie de guerre

L’économie de guerre est composée de trois principaux acteurs: ceux qui décide de faire de la guerre; ceux qui profitent de la guerre; ceux qui paient pour la guerre.

Ceux qui décident de faire la guerre sont les politiciens; ceux qui profitent de la guerre sont ceux qui fournissent l’équipement militaire ou sont payés pour leurs compétences militaires; ceux qui paient pour la guerre sont les contribuables. Évidemment, les premier et deuxième groupes se chevauchent. Autrement dit, une entreprise qui fournit des armes et du matériel militaire à l’armée est payée directement par la prédation par l’État sur les citoyens, à travers les impôts. Autrement dit, sans l’État pour assumer les risques de récolter l’argent par la force, ce genre de transaction est en aucun cas économiquement impossible puisque les risques potentiels de destruction de l’entreprise, tels que décrits plus haut, sont égaux ou supérieurs aux bénéfices que cette transaction pourrait rapporter. C’est d’ailleurs pourquoi les entreprises privées canadiennes qui fabriquent et vendent des armes ne vous forcent directement pas à payer pour ces armes, contrairement au gouvernement canadien, ils connaissent très bien les risques de le faire et donc transfèrent ce risque sur l’État.

Si ceux qui décidaient de faire la guerre étaient également ceux qui devaient payer pour cette guerre, je peux vous assurer qu’il n’y en aurait plus jamais. La guerre suit les mêmes incitatifs économiques et les mêmes coûts que ceux mentionnés plus haut. Et le plus drôle est qu’au fond de vous, en lisant cette phrase, vous vous êtes dit «ouin, c’est vrai». Mais étant donné que ceux qui décident de faire la guerre ne sont pas ceux qui paient pour elle, cette tâche fort désagréable est transférée de force aux contribuables sous la forme d’impôts, d’inflation directe et aux générations futures sous forme de dette nationale. Rappelez-vous ce que je disais dans la première partie concernant la proximité à la violence: plus les gens sont éloignés de la violence, plus cette violence a tendance à augmenter. Le politicien confortablement assis dans son cabinet n’est PAS celui qui se lève pour aller vous demander votre part des impôts forcés, tout comme il ne va pas lui-même pilonner les positions ennemies.

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Les frais de la destruction militaire

Pour faire la guerre, il faut une armée qui doit également être formée et maintenue en période de paix. Et maintenir une armée coûte cher. En 2011, le coût de maintien pour l’armée canadienne fût de 22.8 milliards, soit 691$ par canadien (pas par contribuables là…). Sauf qu’il n’y a tout simplement aucun moyen de récupérer les coûts de cette armée en envahissant un autre pays, sinon le marché libre financerait directement les armées et les invasions, ce qui n’est jamais le cas. Une autre façon de voir les choses est que vous ne pouvez envahir un autre pays sans détruire une bonne partie de celui-ci (richesse matérielle) et en tuant un grand nombre de ses citoyens (revenus en taxes et impôts). Puis ensuite vous devez lutter contre une insurrection sans fin. Faites juste regarder les États-Unis et l’Irak depuis 1990. Ça fait maintenant 24 ans que le conflit sévit et Obama vient encore d’annoncer que du nouveau personnel militaire vient d’arriver en Irak. Mais quand est-ce que cette folie cessera?!?!? Compte tenu des coûts d’invasion et d’occupation – toujours dans les centaines de millions ou des milliards de dollars (il est estimé que la guerre en Irak a coûté 1 700 000 000 000 000$ jusqu’à présent) – pensez-vous réellement être en mesure d’extraire suffisamment de bénéfices économiques du pays que vous bombardez et occupez pour compenser pour vos dépenses? Absolument pas! Ce serait comme demander à un voleur de faire de l’argent en bombardant la maison qu’il veut cambrioler, y habiter et garder ses occupants en otages. C’est de la pure folie! Les voleurs ne fonctionnent pas de cette façon – et la guerre ne pourrait pas non plus fonctionner de cette façon sans la présence de l’État qui peut extraire autant d’argent qu’il ne le désire des contribuables.

Puisque ce sont les contribuables qui paient pour la guerre, les coûts de destruction pour ceux qui décident de faire la guerre sont très faibles. Combien croyez-vous que George Bush et Barack Obama ont payé personnellement de leur poche pour l’invasion de l’Irak? Même s’il est vrai que ceux qui profitent de la guerre paient (peut-être) aussi des impôts qui servent à soutenir l’effort de guerre, le montant qu’ils paient est infiniment moins grand que ce qu’ils reçoivent en retour. Et ça, nous le savons car il y a toujours des gens prêts à fournir du matériel à l’armée…

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Les risques d’annihilation

Ceux qui décident de faire la guerre et ceux qui profitent de la guerre ne sont jamais ceux qui initient une guerre s’il y a un réel risque de ne pas s’en tirer vivant. Jamais dans l’histoire moderne une puissance nucléaire a déclaré la guerre à une autre puissance nucléaire. Les États-Unis ont donné de l’argent et du blé à l’URSS mais ont envahi la Grenade, Haïti, l’Irak, pour ne nommer que ceux-là, en plus de fomenter des coups d’État dans des dizaines de pays. En fait, une des preuves irréfutables que l’Irak n’avait pas d’armes de destruction massives capables de frapper les États-Unis est que les dirigeants américains étaient justement prêts à envahir. Éviter le risque d’annihilation a été la raison pour laquelle l’URSS et les États-Unis (pour prendre deux exemples évidents) se sont livrés à des «guerres par procuration» dans des lieux éloignés comme l’Afghanistan, le Vietnam et la Corée au lieu de s’attaquer directement. Comme nous le verrons ci-dessous, le fait que les risques de destruction sont transférés aux contribuables (et aux soldats financés par les contribuables qui vont aller y mourir) change considérablement l’équation économique.

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Le risque de représailles militaires

Le «risque de représailles» dans les calculs économiques concernant la guerre ne doit pas être considéré comme un risque général, mais plutôt un risque spécifique – à savoir spécifique à ceux qui décident de faire la guerre et qui en profitent. Par exemple, pendant la 2ème guerre mondiale, Roosevelt savait pertinemment que le blocus contre le Japon au début des années 1940 portait un grand risque de représailles, mais seulement contre du personnel civil et militaire inconnu dans le fin-fond du Pacifique, loin des États-Unis, et non contre ses amis et sa famille à Washington. (En fait, ce blocus a été spécifiquement créé pour forcer le Japon à attaquer les États-Unis afin que ceux-ci soit amenés dans la seconde guerre mondiale car la population américaine était majoritairement contre l’entrée en guerre. Ainsi le gouvernement américain passait pour une victime au lieu de passer pour un agresseur, et le peuple s’est rallié derrière son président sauveur.)

Si ce sont d’autres personnes qui sont exposées au risque de représailles, d’un point de vue économique ce risque devient discutable. Si je fume, mais qu’un parfait inconnu pourrait potentiellement avoir un cancer du poumon, disons que je risque bien plus de simplement continuer à fumer.

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L’externalisation du risque militaire

La capacité de l’État de pouvoir fondamentalement se décharger des coûts et des avantages de la violence est un pilier central de la guerre, ainsi que la raison principale de son existence. Comme nous l’avons vu plus haut, si celui qui désire déclencher une guerre afin d’en tirer les profits risque de lui-même directement subir les conséquences de cette guerre (voir y laisser sa peau), il n’a presque pas d’intérêt économique à le faire. Toutefois, s’il peut transférer les risques et les pertes à d’autres – mais conserver les bénéfices pour lui-même – la situation change complètement. Par exemple, par cette approche il devient rentable de taxer les citoyens et les forcer à payer pour plus de 800 bases militaires américaines partout sur la planète, incluant sur les terres sacrées de d’autres peuples, tant et aussi longtemps que ce sont des inconnus à New York qui sont les premières victimes des inévitables représailles. Il devient aussi rentable d’envoyer plein de jeunes hommes non scolarisés se battre en Irak qui subiront les conséquences de l’insurrection qui accompagnera inévitablement l’invasion…

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L’externalisation du malaise émotionel

Le fait que l’État transfère les coûts & le fardeau du risque aux contribuables & aux soldats est très important sur le plan émotionnel. Si l’exemple d’incendie volontaire plus haut pouvait être modifié afin d’assurer un bénéfice, par exemple en réduisant les risques de chantage ou de représailles, les autres risques pour l’homme contemplant une telle violence seraient quand même présents à son esprit. À moins d’être un sociopathe, ces risques lui causeraient sûrement de l’inconfort émotionnel, et les émotions telles que la peur, la culpabilité et l’inquiétude exigerait de lui encore plus de profit (afin de calmer son esprit) que ce que le modèle peut raisonnablement générer.

Donc, puisque l’État externalise presque tous les risques et les coûts, c’est une autre motivation pour ceux qui voudraient profiter de sa puissance & sa violence pour leurs propres fins. Si on y ajoute toute la propagande pro-guerre et l’assurance que ce seront des inconnus qui paieront, les inconforts émotionnels d’origines se voient remplacés par des incitatifs positifs, une recette qui garantit que les guerres continueront jusqu’à ce que l’État s’effondre ou qu’il ne reste plus personne de vivant sur la Terre.

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Autrement dit, l’État EST la guerre

Si vous saisissez bien tout ce que vous avez lu jusqu’à présent dans ces deux parties, alors vous devez certainement mieux comprendre l’hostilité des anarchistes envers l’État. Selon le point de vue anarchiste, l’État est une créature moralement et fondamentalement «evil» (maléfique), non seulement parce qu’il utilise la violence pour atteindre ses objectifs, mais aussi parce que c’est la seule organisation sociale capable de rendre la guerre économiquement avantageuse pour ceux ayant le pouvoir de la déclarer et d’en tirer profit. En d’autres termes, c’est uniquement à-travers le pouvoir gouvernemental de la taxation (obligatoire et par la force) que la guerre peut être subventionnée au point où elle devient rentable pour une petite portion de la société. La guerre devient seulement rentable quand on peut transférer aux contribuables les coûts et les risques de sa violence car ses avantages profitent seulement à une petite portion d’individus, soit ceux qui contrôlent ou influencent directement l’État.

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Conclusion

Cette distorsion violente des coûts, des incitatifs et des récompenses ne peut être contrôlée ou atténuée, car une déséquilibre artificiel des incitatifs économiques se perpétuera et s’intensifiera toujours, du moins, jusqu’à la faillite inévitable du trésor public ou l’écrasement de l’État sous son propre poids. Ou, pour le dire d’une autre manière, tant que l’État existe, nous vivrons toujours avec le spectre de la guerre. S’opposer à la guerre est s’opposer à l’État & s’opposer à l’État est s’opposer à la guerre. La guerre et l’État ne peuvent être deux idées examinées individuellement car l’État et la guerre sont les deux faces d’une même pièce sanglante.

C’est pourquoi «sans État, il n’y a pas de taxation et sans taxation, y’a pas d’argent pour faire la guerre

  • Pasdechatsicitte

 

Merci de votre patience. Si jamais vous considérez que ce qui est écrit ici est important pour vous, n’hésitez pas à le partager car plus il y a de gens qui comprennent comment l’État nous utilise pour financer les guerres, plus les chances que ça cesse augmentent. Collectivement, nous avons bien plus de pouvoir qu’on le pense.

 

Dans le prochain article, j’aborderai les Organisations de Résolutions de Conflits, c’est-à-dire ces organisations qui existent déjà et sur lesquelles reposeront les bases d’une société sans État. Ces ORC peuvent s’occuper de tous les aspects d’une société, de l’éducation à la santé, en passant par la défense et la gestion de la criminalité. Et tout ça sans violence. Si le sujet vous intéresse et que vous voulez prendre de l’avance, googlez «Dispute Resolution Organisations».

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Lesleigh Coyer, 25, of Saginaw, Michigan, lies down in front of the grave of her brother, Ryan Coyer, who served with the U.S. Army in both Iraq and Afghanistan, at Arlington National. www.euronews.com

Lesleigh Coyer, 25, of Saginaw, Michigan, lies down in front of the grave of her brother, Ryan Coyer, who served with the U.S. Army in both Iraq and Afghanistan, at Arlington National. http://www.euronews.com

 

P.S. : Ce billet est basé sur les ouvrages de Stefan Molyneux sur l’anarchie. J’ai choisi et traduit certains passages de son livre disponible gratuitement en PDF et en livre audio ici et sur Youtube ici. J’ai aussi modifié et ajouté des passages représentant mon opinion.

La violence et l’État – 1/2

Est-ce que PLUS de gouvernement veut dire MOINS de violence?

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Introduction
En concluant mon dernier article, j’ai écrit «sans État, il n’y a pas de taxation et sans taxation, y’a pas d’argent pour faire la guerre.» Une amie m’a demandé d’expliquer pourquoi je pense cela mais étant donné que cette explication nécessite une déconstruction d’idées préconçues et de propagande bien ancrée, je me dois de le faire une étape à la fois. Alors voici la partie 1 de 2. L’autre partie sera publiée dans les prochains jours.

Lien court: http://wp.me/p4MO4u-3r

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Les incitatifs
Quand le sujet d’une société sans état est soulevé, une réponse classique souvent entendue est que la violence augmentera automatiquement en absence d’un État centralisé. «Mais ce sera le chaos et l’anarchie partout!!!» de dire les partisans de «l’argument à l’apocalypse». Cette conclusion totalement émotive est une conséquence directe des mécanismes de défense personnels nourris par la somme de toute la propagande que nous subissons depuis notre enfance.

L’humain est une créature qui répond (entre autre) aux incitatifs. Si le gain potentiel est intéressant, la motivation augmente au point où un intérêt d’agir suffisant est généré. Si je vous propose 10$ mais que pour l’avoir vous devez subir 30 minutes d’un recruteur militaire américain qui vous cri après (comme dans certains films), pas certain que vous serez nombreux à accepter. Mais si je vous propose 1 000$ pour ce même 30 minutes, est-ce plus intéressant? Un autre exemple avec la loterie: les gens réagissent aux incitatifs de gagner des millions de dollars tout en dépensant le minimum de ressources possible (l’achat d’un billet).

Il existe plusieurs circonstances où le recours à la violence augmentera ou diminuera et elles ont tendance à correspondre avec les principes fondamentaux d’économie. Comme je disais, les gens ont tendance à répondre aux incitatifs et sont généralement attirés par les circonstances dans lesquelles ils peuvent gagner le plus de ressources possibles en dépensant le moins d’effort possible. Mais parmi les circonstances où la violence aura plus tendance à augmenter plutôt qu’à diminuer on retrouve le risque, la proximité, l’externalisation des coûts, le report de la dette et la propagande. Comme nous le verrons ci-dessous, un État centralisé crée et exacerbe toutes ces circonstances.

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#1: Le risque
Économiquement parlant, le risque est toujours proportionnel à la récompense. Si un cheval est moins susceptible de gagner une course, le gain (l’incitatif) doit être plus élevé afin d’inciter les gens à parier sur lui. On s’attend des investissements spéculatifs qu’ils rapportent plus que les «blue-chips». Les fraudeurs de fonds spéculatifs risquent moins de conséquences physiques que les agresseurs de rue. L’agresseur de rue peut tomber par hasard sur un expert en arts martiaux et se retrouver rapidement dans une très fâcheuse position contrairement à un pirate informatique qui siphonne des fonds électroniquement.

En général, ceux qui volent la propriété des autres gravitent toujours vers des situations où les risques de représailles sont moins élevés. Un des meilleurs moyens de réduire les possibilités de représailles est en utilisant une force grandement supérieure. Par exemple, si cinq énormes agresseurs encerclent un homme de 98 livres et exigent son portefeuille, les possibilités de représailles de la victime sont vraiment faibles. L’existence d’un État centralisé crée exactement cette énorme disparité de puissance et toute résistance contre la prédation du gouvernement est, à toutes fins utiles, impossible. Un homme en conflit avec la mafia peut déménager, mais il ne peut rien faire pour s’opposer à l’expansion des pouvoirs de l’État, lequel est partout. L’existence d’un État centralisé, en ce qui concerne la violence, crée les problèmes suivants:

  1. L’utilisation de la violence a tendance à augmenter lorsque les risques de son utilisation diminuent;
  2. Plus la disparité de pouvoir entre deux groupes augmente, plus les risques associés à l’initiation de la violence diminuent;
  3. Il n’y a pas plus grande disparité de puissance que celle entre un citoyen et son gouvernement;
  4. C’est pourquoi il n’y a pas de meilleure façon d’augmenter l’utilisation de la violence que de créer un système centralisé comme l’État.

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#2: La proximité

Le recours à la violence est une tâche brutale et fort désagréable pour la plupart des gens. Ils ne sont pas physiquement ou mentalement équipés pour utiliser continuellement la violence, que ce soit en raison d’un manque de force physique, un manque de compétences martiales, une absence de tendances sociopathiques, etc. Cependant, le gouvernement a un énorme système en place, fort efficace et bien organisé afin d’initier l’utilisation de la force contre une population largement désarmée (la violence est d’ailleurs une des seules choses dans laquelle l’État excelle…). Ainsi, ceux qui ne sont pas physiquement ou mentalement équipés pour utiliser la violence mais qui souhaitent satisfaire leurs envies de violence – conscientes ou non – peuvent le faire en joignant le gouvernement et une de ses nombreuses sections responsables de son application. De cette façon, ils n’ont pas à infliger eux-mêmes directement la violence; d’autres le feront à leurs places et ils pourront récolter les bénéfices.

On peut généralement dire que les chances d’utiliser la violence ont tendance à augmenter à mesure que la proximité et la visibilité de cette violence diminuent. En d’autres termes, plus vous pouvez ordonner à d’autres personnes de faire «la job sale», plus les chances que se fasse «la job sale» augmentent. Si tous ceux qui rêvent de récolter les fruits de la violence de l’État devaient eux-mêmes tenir une arme à la tête des gens pour extirper leur richesse, la quasi-totalité d’entre eux finiraient par abandonner cette idée de brutalité.

Ainsi, un État centralisé permet à ceux qui veulent bénéficier des fruits de la violence d’à la fois créer une distance par rapport à ceux qui la subisse et de s’en cacher, assurant ainsi que l’utilisation de la violence aura toujours tendance à augmenter. Par exemple, si tous ceux qui veulent un appareil électronique passaient une seule journée à en fabriquer dans les usines chinoises (comme Foxconn qui dans le contrat d’embauche interdit aux employés de se suicider sur les lieux de l’entreprise), combien parmi eux choisiraient de plutôt s’en passer?

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#3: L’externalisation des coûts
Dans une société sans état, il est impossible de «sous-traiter» la violence de la police ou de l’armée, car les sous-traitants ne sont pas financés par la coercition (la taxation). Par contre, quand il y’a un gouvernement, ceux qui souhaitent bénéficier des options offertes par la violence de l’État (l’imposition de taxes, la réglementation sur la concurrence, le blocage de certaines importations, etc) peuvent faire pression sur le gouvernement pour demander l’application de restrictions (bénéfiques pour eux) sur le libre marché et sur les choix individuels. Ils auront bien sûr à payer pour cet effort de lobbying, mais ils n’auront pas à financer directement la police, l’armée et/ou le système judiciaire et les gardiens de prison pour forcer les gens à obéir à leurs caprices. Donc en échange de quelques dollars et en achetant un ou plusieurs politiciens au passage, ils en récoltent tout plein. Et en faisant travailler l’État à leur place, ils se dissocient des risques.

Cette «externalisation des coûts» est un ingrédient essentiel dans l’expansion de l’utilisation de la violence. Par exemple, imaginez que vous êtes un fabricant d’acier et vous voulez bloquer les importations d’acier d’autres pays. Combien ça vous coûterait pour construire votre propre armée navale, votre propre système de radar, votre propre garde côtière, embaucher vos propres inspecteurs portuaires et ainsi de suite? Comment voulez-vous convaincre tous les expéditeurs et les propriétaires de quais & les transporteurs à inspecter chaque conteneur en votre nom? Allez-vous les payer? Allez-vous les menacer? Et même si c’était économiquement viable pour vous de faire tout ça, pourriez-vous garantir qu’aucun de vos concurrents ne ferait la même chose? Est-ce que ce serait vraiment économiquement avantageux de vous retrouver dans une course aux armements avec l’ensemble de vos compétiteurs? Et si vos clients découvraient que vous utilisez votre propre armée privée pour bloquer les importations d’acier des concurrents, quelles sont les chances qu’ils n’apprécient pas votre utilisation de la violence et qu’ils décident de vous boycotter? Non, en l’absence d’un État centralisé sur lequel vous pouvez décharger tous les coûts relatif à un tel projet, il vous en coûtera franchement moins de concurrencer ouvertement plutôt que développer votre propre armée privée.

Dans un contexte où les coûts de l’utilisation de la violence peuvent être payés par un tiers parti (comme l’État, à travers la taxation forcée des citoyens), son utilisation aura toujours tendance à augmenter. Le déchargement dans les poches des contribuables du fardeau fiscal de la violence sera toujours profitable pour certaines agences et organisations spécifiques – qu’elles soient privées ou publiques. Et donc, nous pouvons voir que l’existence de l’État aura toujours tendance à accroître l’utilisation de la violence.

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#4: Le report de la dette

Combien pensez-vous que vous dépenseriez si vous saviez que vous seriez mort depuis longtemps au moment où la facture arrivera? Le report de la dette est le principe de base du financement du déficit. Pour l’État, ça veut dire qu’il emprunte de l’argent maintenant et qu’il laisse la prochaine génération payer la dette. C’est peut-être la forme la plus insidieuse de fiscalité gouvernementale qui soit. L’extraction forcée de la richesse future de ceux qui ne sont même pas encore nés est peut-être la plus grande «externalisation» de coûts que l’on peut imaginer, en plus d’être complètement immorale! Et naturellement, les risques de représailles de l’enfant à naître sont tout à fait inexistants, tout comme la violence directe utilisée contre eux. Ainsi, le principe de «report de la dette» est peut-être un des plus puissant exemple que l’existence d’un État centralisé augmente l’utilisation de la violence.

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#5: La propagande

Il est bien connu dans les régimes totalitaires que pour amener les gens à accepter l’utilisation de la violence, celle-ci doit toujours être recadrée afin d’apparaître noble et nécessaire. La violence du gouvernement ne peut jamais être considérée comme étant simplement «l’utilisation de la force brute pour assurer le gain matériel des politiciens et des bureaucrates». Au contraire, pour sauver les apparences, elle doit toujours représenter la manifestation des valeurs sociales ou culturelles fondamentales, comme le soin des pauvres, des malades, des personnes âgées, etc. Donc pour atteindre une position dite «morale» (selon l’État évidemment), la violence doit toujours être cachée de la vue directe du public et ses conséquences doivent être sentimentalement élevées en accord avec la rhétorique du moment (le «zeitgeist»). (Pour ceux qui l’ont vécu, rappelez-vous la rhétorique de l’État (entre autre) pendant le «printemps Érable» québécois et comment le gouvernement et la police justifiaient l’utilisation massive de la violence sous prétexte que c’était la chose morale à faire.) Conséquemment, cesser l’utilisation de la violence doit toujours être présenté comme étant catastrophique. Ainsi, l’élimination de l’État-providence entraînerait une horrible famine; l’élimination des subventions médicales tuerait des milliers de gens dont plein «de femmes et d’enfants»; l’élimination de la guerre contre la drogue entraînerait l’effondrement social et une augmentation drastique de «drogués» et l’élimination de l’État lui-même créerait un monde cyberpunk post-apocalyptique cauchemardesque de guerres sans fin contrôlé par des gangs sanguinaires aux tendances cannibales. (Ceci dit, j’ai quand même hâte de voir le prochain Mad Max)

La propagande est différente de la publicité en ce que tout ce que la publicité peut faire est de vous inciter à essayer un produit pour la première fois (l’incitatif est le produit, le risque est le coût d’acquisition de ce produit). Si la qualité du produit ne répond pas à vos besoins ou à vos attentes, alors vous ne l’achèterai plus. La propagande, quant à elle, est totalement différente. Alors que la publicité fait appel au choix et à l’intérêt individuel; la propagande utilise la rhétorique pour moralement justifier l’absence de choix et d’intérêt individuel. Par exemple, on vous dira que vous n’avez pas le choix de payer vos impôts car c’est noble de donner cet argent aux pauvres, alors que ce serait noble même si vous aviez le choix. C’est du «double-speak» Orwélien. La publicité ne peut stimuler la demande que pour un moment; la propagande supprime définitivement la rationalité. La publicité utilise généralement l’argument de l’effet (vous voulez être/vous sentir mieux); la propagande utilise toujours l’argument de la morale (c’est mal de douter).

Le financement privé de la propagande n’est jamais économiquement viable car la quantité de temps et d’énergie nécessaire pour enfoncer profondément la propagande dans l’esprit de la personne moyenne est beaucoup trop grande pour justifier son coût. Si vous en doutez, cherchez des exemples d’entreprises privées qui font des profits avec de la propagande à long terme et qui ne sont pas payées par l’État pour le faire (comme Hill & Knowlton par exemple). Dans un système volontaire comme le marché libre, payer année après année pour de la propagande (qui peut seulement servir à l’achat d’un bien ou d’un service pour «une première fois») ne vaut simplement pas la peine. La propagande vaut le coût seulement quand elle peut être utilisée afin de garder les gens passifs dans un système coercitif, comme dans l’imposition par l’État d’une réglementation quelconque. Par exemple, ici au Canada, la médecine socialisée est toujours décrite par le gouvernement comme étant une «valeur canadienne fondamentale» et ne peut faire l’objet d’aucune analyse publique rationnelle, morale ou économique. (Bien sûr, si c’était vrai que c’est une «valeur canadienne fondamentale», nous n’aurions absolument pas besoin de l’État pour l’appliquer…)

Parce que le système actuel est si inefficace et si monstrueusement obèse, il faut de nombreuses années de propagande par l’État – principalement destinée aux enfants dès leur entrée dans le système scolaire – pour faire oublier aux gens la puissance des expériences réelles et vécues vis-à-vis les catastrophes du système. On tente de vous faire croire que l’inefficacité du système que vous expérimentez régulièrement est fausse. La propagande est toujours nécessaire dans les situations où les gens ne choisissent pas volontairement ce que la propagande tente de promouvoir. Par exemple, nous avons une propagande sans fin vantant les vertus de l’État-providence, de la médecine socialisée et des médicaments, tandis que les vertus de se nourrir uniquement de mauvaise nourriture sont proportionnellement négligées. En gros, l’État préfère investir dans le traitement que dans la prévention, parce que c’est dans le traitement que ce trouve «le cash».

La propagande du gouvernement destinée aux enfants dans les écoles de l’État s’exprime entre autre par l’absence de sujets spécifiques. Par exemple, la nature coercitive de l’État n’est jamais enseignée, pas plus bien sûr que les avantages financiers qui reviennent à ceux qui contrôlent l’État. Même au secondaire, ça ne fait pas partie du programme d’éducation gouvernementale d’expliquer pourquoi un haut fonctionnaire qui siège pendant 1 an sur une organisation publique quelconque peut recevoir le double de son salaire en prime de départ (et autres aberrations du genre). Ah mais par contre, on enseigne constamment aux enfants que l’État protège l’environnement, nourrit les pauvres et guérit les malades! Cette propagande rend ces futurs adultes aveugles à la vraie nature de la violence de l’État, garantissant ainsi que cette violence augmentera avec relativement peu ou pas d’opposition.

Et le pire dans tout ça est que les parents sont obligés de payer pour la propagande des écoles publiques à travers l’impôt, et ce peu importe leur position idéologique sur le sujet de l’éducation. Ainsi, une situation qui dépasse l’entendement est créée dans laquelle les contribuables sont obligés de payer pour leur propre endoctrinement ainsi que pour l’endoctrinement de leurs enfants. Et c’est «impossible» de ne pas payer de plein gré car l’État utilisera toutes les mesures à sa disposition pour vous forcer à payer, même si ça veut dire qu’on vendra votre maison de force et qu’on enverra la police vous en sortir, au péril de votre vie. Le monopole de la violence de l’État fait en sorte que le choix de ne pas payer est inexistant. Cette «externalisation des coûts» est peut-être l’outil le plus important que le gouvernement utilise pour assurer que l’augmentation de la violence d’État soit soumise à peu ou pas d’opposition ou d’analyse rationnelle. Ce ne serait pas économiquement viable pour une compagnie privée de payer pendant 12 ans pour un programme d’endoctrinement de milliers d’enfants; l’État, cependant, en forçant la facture de cet endoctrinement dans la gorge des parents (et autres non-parents) crée une situation où les esclaves sont obligés de payer pour leurs propres chaînes. Et comme l’histoire moderne a su nous le prouver, posséder des esclaves devient économiquement viable quand ils ne résistent pas.

On ne peut s’attendre d’un enfant ayant grandi dans un environnement islamique d’être chrétien. On ne peut s’attendre d’un enfant ayant été battu toute sa vie d’être empathique et sans conflits internes. Et on ne peut s’attendre d’un enfant ayant été élevé par l’État et son système d’éducation de vouloir protéger l’État et se battre pour. La propagande et le lavage de cerveau sont deux côtés d’une même pièce de monnaie.

Petit ajout: «How to recognize propaganda

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Conclusion de la première partie

Évidemment, ce blogue en est un d’opinion et c’est mon opinion que les 5 raisons ci-dessus démontrent que l’existence d’un État centralisé augmente considérablement à la fois les bénéfices & la prévalence de la violence. Le fait que la violence soit masquée par la distance & l’obéissance civile en aucune façon diminue la brutalité de la coercition. Seriez-vous intéressé à prendre une arme et à faire du porte à porte dans votre quartier pour exiger de tous et chacun qu’ils vous donnent 50% de leur revenus, ou si vous préféreriez donner ce mandat à une organisation centrale? En n’ayant pas à le faire directement, appréciez-vous cette distance que vous avez vis-à-vis la violence nécessaire à l’accomplissement d’une telle tâche? Admettons que vous deviez faire cette besogne, est-il possible que vous changeriez d’idée sur la réelle nécessité d’une telle opération? Seriez-vous intéressé à trouver une solution non-violente et respectueuse?

La violence «privée» (celle qui n’est pas utilisée par l’État, comme par exemple les agression de rue, la mafia qui demande «votre dû» pour «votre protection», etc.) est une situation négative, mais gérable. Cependant, comme nous pouvons le voir dans d’innombrables exemples à travers l’histoire, la violence publique dégénère toujours jusqu’à ce que la société civile devienne sérieusement menacée et se révolte. Et puisque l’État est une créature ayant un désir de vivre, elle se défend en utilisant tous les outil qu’elle possède (police, armée, canons à eau, grenades assourdissantes, gaz lacrymogène, balles en caoutchouc, espionnage, arrestation de masse, arrestation préventive, violation des droits et libertés, etc.). Combien d’exemples de ceci avons-nous ici et ailleurs dans le monde depuis une dizaine d’années?

Parce que l’État bénéficie directement et de façon grossière de la violence, l’élimination de l’État ne pourra jamais augmenter l’utilisation de la violence dans la société. Bien au contraire; puisque les entreprises privées ne bénéficient pas autant de la violence, en éliminant l’État, nous assisterions à une diminution de la violence d’un degré sans précédent dans l’histoire humaine. Parce que l’État peut venir voler tout l’argent qu’il veut dans nos poches, il peut financer ce qu’il veut et s’acheter tous les jouets qu’il désire pour contrôler la population (généralement sous prétexte qu’il faut penser à protéger les enfants…). Et c’est en partie pourquoi éliminer l’État, ce qui éliminerait à la taxation, mettrait fin aux conflits entre les nations. Comme l’expression anglaise le dit, «No money, no candy», ou comme moi je le dis en ‘franglais’, «no bidou, no can do.»

L’État ne peut survivre sans propagande. Plus l’État prend de l’expansion, plus la propagande augmente en importance. Par exemple, suite aux attentats du 11 septembre 2001, les budgets militaires et de défense ont explosés. Les corps de police ont engagé plus de gens, l’armée a pris de l’expansion, les compagnies privées de défense et de technologie militaire ont eu un nombre faramineux de contrats et le FBI a vu son nombre d’employés augmenter de façon importante (comme les autres agences de renseignement d’ailleurs). Mais plus le temps passe, moins la population américaine est sensible à ces histoires de terrorisme et pour éviter que le FBI ne doive couper dans son personnel, il devient nécessaire de montrer à la population américaine à quel point «le FBI est important pour la défense des américains.» (Réaction naturelle d’un organisme qui se sent menacé.) Donc la machine à propagande est démarrée et depuis des années, le FBI annonce plein d’arrestations de «gros méchants terroristes full pas fins qui voulaient tuer du monde!…». Mais il s’avère que la quasi-totalité de ces événements sont faux. Mais chaque faux événement ajoute à la peur du public et au besoin du public de se sentir protégé, alors celui-ci accepte, au nom de la sécurité, de perdre plus de liberté et d’argent. Mais entre vous et moi là, nous le savons très bien que n’importe quelle compagnie privée qui se ferait prendre à créer de faux attentats terroristes pour faire des profits verrait ses actions s’envoler en fumée, ses dirigeants envoyés en prison et le public ne l’oublierait jamais. Ce serait un scandale et on exigerait que «des têtes roulent!» Ah mais par contre, quand c’est l’État, ah là c’est ok! …

Sans propagande, il serait impossible pour l’État de faire avaler de tels mensonges. Mais étant donné que l’État force les citoyens à endurer pendant 12 ans son système d’éducation étatique, gratuit & obligatoire avec lequel il transforme à sa guise le cerveau des futurs citoyens; et étant donné qu’il a un accès illimité aux poches et à la richesse des citoyens, il peut voler autant d’argent qu’il ne le désire afin d’inventer toute sorte de propagande lui permettant de continuer à voler les gens, tout en transférant aux victimes les coûts de cette propagande.

 

Cliquez ici pour la suite (et fin).

 

  • Pasdechatsicitte

Without government, who would start the wars

P.S. : Ce billet est basé sur les ouvrages de Stefan Molyneux sur l’anarchie. J’ai choisi et traduit certains passages de son livre disponible gratuitement en PDF et en livre audio ici et sur Youtube ici. J’ai aussi modifié et ajouté des passages représentant mon opinion.

L’anarchie, Israël, Harper et les bombes…

Introduction

Admettons que vous êtes chrétien et que vous prétendez vivre selon les écrits de la bible. Si la bible dit «Tu ne commettras pas d’adultère» et que tu trompes ta femme, on s’entends-tu que t’es un hypocrite? Et si la bible dit «Tu ne voleras pas» et que tu profites de ta position pour voler, est-ce qu’on s’entends pour dire que t’es un hypocrite en plus d’être un voleur? Et si ta bible dit «Tu n’auras pas droit à une terre» et que tu essaies de voler la terre de quelqu’un d’autre, à mes yeux t’es un menteur, un voleur, un agresseur et un hypocrite.

Les juifs (je parle de la religion ici) qui se disent religieux et suivants les écrits bibliques, ceux qui veulent saisir la Palestine pour eux, sont des menteurs, des voleurs, des agresseurs et des hypocrites. (Le «pourquoi» plus bas.)

Je travaillais sur mon autre billet de blogue sur l’anarchie quand j’ai réalisé quelque chose: dans une anarchie, nous n’aurions pas à endurer un premier ministre qui coupe dans la science pour des raisons religieuses, qui envoi des bateaux dans le grand nord pour empêcher les russes de prendre du territoire, ou qui dit que les civils palestiniens qui meurs sous les bombes israéliennes (ou plutôt américaines…) sont responsables de leur mort.

Le 30 juillet 2014, un autre tir de mortier israélien détruit une école, tuant des civils. Le gouvernement américain declare «Nous condamnons cette action et la mort de ces civils!» puis se retourne et approuve la vente pour plus d’un milliards US$ en mortiers 120mm et munitions à Israël «to further their campaign on the war-ravaged city» (pour continuer leur campagne sur cette ville ravagée par la guerre).

 

Alors ce billet se glisse bien entre le précédant et le prochain.

Lien court: http://wp.me/p4MO4u-2Q

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«Ze book»

Voyons ce qui est écrit dans la bible hébraïque (l’ancien testament), à Deutéronome 30:3-5 & 30:20

3alors l’Eternel, ton Dieu, ramènera tes captifs et aura compassion de toi, il te rassemblera encore du milieu de tous les peuples chez lesquels l’Eternel, ton Dieu, t’aura dispersé. 4Quand tu serais exilé à l’autre extrémité du ciel, l’Eternel, ton Dieu, te rassemblera de là, et c’est là qu’il t’ira chercher. 5L’Eternel, ton Dieu, te ramènera dans le pays que possédaient tes pères, et tu le posséderas; il te fera du bien, et te rendra plus nombreux que tes pères.… /… / 20pour aimer l’Eternel, ton Dieu, pour obéir à sa voix, et pour t’attacher à lui: car de cela dépendent ta vie et la prolongation de tes jours, et c’est ainsi que tu pourras demeurer dans le pays que l’Eternel a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob.

«Google it» si tu en doutes.

(En gros, ça veut dire que Dieu à forcé les juifs à s’installer parmi toutes les nations du monde jusqu’à ce qu’ils soient sauvés, moment où ils seront tous individuellement magiquement téléportés dans un pays flambant neuf par God Almighty lui-même (pas Alanis Morissette ou Jim Carrey là!) et en attendant, ben ils n’ont pas droit à un pays… (Tsé, ils se moquent de la scientologie avec Xenu, mais ça par contre, «c’est full vrai!»…)

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La vidéo

Il y a plusieurs jours, un ami m’a demandé mon opinion sur cette vidéo. On y voit des enfants palestiniens qui tentent de provoquer des soldats israéliens à les frapper pour que les familles mettent en ligne des vidéos de soldats qui frappent ou abattent des enfants. Le restant de cette section est ma réponse adaptée pour ce blogue. Et avant d’aller plus loin, je suis totalement conscient que pas tous les hébreux sont juifs et pas tous les juifs sont hébreux. Tout comme je distingue religion de spiritualité.

Ce qu’on voit dans cette vidéo n’est qu’un symptôme d’un problème bien plus grand. Comme je l’ai écrit plus haut, c’est écrit dans la Torah que le peuple juif, en guise de punition (par Dieu), n’a pas droit à une terre propre à lui (voir Deutéronome 30). Mais l’enseignement religieux, comme dans toutes les grandes religions, est interprété à la façon de l’entendeur. Certains juifs le savent et ils tentent de stopper la colonisation. Mais comme une des forces principales qui nous dirigent est le désir de s’identifier à un groupe (quel qu’il soit), la majorité refusent de voir ce qui est écrit dans la Torah et donc clame un droit absolu. Puisque Jérusalem et la Terre Sainte (je parle en leurs termes ici, moi je ne crois ni en Dieu ni en aucune religion) est désirée par plus d’une religion, les conflits ne cesseront pas. Et pourtant, entre le 10ème siècle et le 19ème siècle, les juifs et les palestiniens y cohabitaient pacifiquement et dans le respect.

C’est difficile de blâmer tout le monde mais il ne faut pas se surprendre des réactions des gens s’ils ont été élevés dans un environnement extrémiste et de violence constante. L’instinct de survie embarque et s’exprime de plein de façons. Et une de ces façons est l’utilisation des enfants par les parents (si c’est vrai évidemment) afin de provoquer la colère internationale. Une sorte de «false flag». Et de toute façon, c’est tout à l’avantage des palestiniens qui veulent habiter là où ils veulent d’agir ainsi. Suffit d’un soldat israélien qui se laisse emporter pour mettre le feu aux poudres et provoquer l’ire internationale.

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L’antisémitisme

Mais depuis des décennies, on dirait qu’il n’y a presqu’aucun crime qui est pire que de se faire traiter d’antisémite. Un politicien important peut frauder, ce n’est pas grave, mais s’il se fait traiter d’antisémite, c’est une toute autre histoire. Les politiciens hébreux sont les champions de la «loi de Godwin». Ils ont réussi tout un tour de force en faisant croire que c’est un grave crime que d’être antisémite parce qu’après, on peut le comparer subtilement à Hitler (et personne n’aime le «argumentum ad Hitlerum»). Étant donné la puissance du lobby juif, surtout aux États-Unis, t’es clairement mieux de montrer que t’es de leur bord que de ne rien monter du tout. C’est entre autre pour ça que les américains donnent et vendent autant d’armes à Israël et qu’ils leurs donnent autant d’argent à chaque année. Ne pas le faire serait un suicide politique et en politique américaine, si tu veux survivre, t’es mieux d’être pro-juif (ou d’être fait fort).

Il faut se rappeler ce que dit la Torah vis-à-vis le non-droit à une terre. Même si c’est écrit, Harper doit prétendre être de leur bord. Il doit dire qu’Israël possède le droit de se défendre car de ne pas se prononcer publiquement l’amènerait au suicide politique. (Mais bon, ça ne doit pas être un problème pour cette marionnette d’être de leur bord, lui dont le cabinet est infiltré par l’Opus Dei & la droite religieuse.)

Il n’y a absolument personne ni aucun peuple actuellement sur cette terre qui, à mes yeux, est autant hautement spécialisé dans l’art de l’auto-victimisation que le peuple juif (je généralise ici). Sous la menace (même si non-annoncée) de l’antisémitisme, ils obtiennent tout ce qu’ils veulent. À force de repasser en boucle les images de camps de concentation (les plus vieux s’en rappeleront), on finit par avoir pitié et être émotif & sensible à leurs demandes. Et à force de repasser en boucle les images des avions qui entrent dans le World Trade Center, on devient émotif & sensible à un besoin de sécurité. Ceux qui comprennent comment utiliser ce genre d’événements à leur avantage sont capables de grandes manipulations. Ahhh, les plaisirs de la propagande… Goebbels n’aurait pu faire mieux… (Oups, le point Godwin est atteint! Oh well…)

Depuis 1948, Israël obtient plus de 3 milliard par année par les États-Unis sous forme d’aide internationale. D’habitude, quand les américains donnent de l’aide à l’international, elle est donnée en quatre versements, l’étalement permettant de faire des intérêts sur l’argent restant à donner. Mais pas pour Israël. Eux, ils reçoivent tout l’argent d’un coup en début d’année. Puis, chaque année, un congressman américain présente une motion afin de faire annuler la dette et les intérêts d’Israël envers les États-Unis. Guess what, ça passe toujours systématiquement. Imaginez si ça ne passait pas, soudainement ils deviendraient antisémites!! (Quelle horreur!)… L’AIPAC a le pouvoir de création et de destruction de politiciens américains et ils se financent par la menace implicite. (En fait, c’est ironique de voir une organisation qui se finance par l’utilisation de la violence, la menace et la force (l’État), se faire extraire de l’argent par une autre organisation qui utilise la menace implicite (l’AIPAC)…)

Anyway. Les États-Unis sont aussi un pays qui empruntent de l’argent de plein d’autres pays et parmi eux, qui leur en prête vous croyez? Ben oui, Israël. Mais est-ce que la Knesset «pardonne» les prêts vous croyez? Ben non. Passe-t-elle une motion pour éliminer les intérêts? Non. Additionnellement, chaque année, Israël reçoit entre 10 à 15 milliards des États-Unis sous forme de garanties de prêts, d’équipement militaire ou sous toute autre forme. Donc, les contribuables américains ont donné en tout et partout pour près de 3 000 milliards depuis 1948 à Israël. La Palestine peut-elle en dire autant? Non. Les États-Unis ont donné environ 500 fois plus d’argent à Israël que ce que l’Allemagne a été forcée de donner en réparations suite à la deuxième guerre mondiale. (Pour plus d’infos.) Comme l’a dit Jon Stewart au Daily Show: «We cannot be Israel’s rehab sponsor and its drug dealer!»

Si on remplaçait le lobby israélien par un lobby palestinien, je parie qu’Harper et compagnie diraient que «La Palestine a le droit de se défendre» au lieu de l’inverse.

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Conclusion

Le succès de l’accusation d’antisémitisme est que tu n’as même pas besoin de la mentionner, même tout bas, car la menace est implicite. Elle fait partie du trauma social maintenant. Tout ça pour une terre à laquelle ils (les croyants) n’ont même pas droit. Pour moi, ce n’est pas une question du droit à une nation de se défendre car je souhaite la disparition de l’État sous toutes ses formes.

J’en conviens, il y a beaucoup d’angles à ce conflit (qui ne se réglera probablement pas avant des décennies encore), mais si en tant qu’humains nous n’accordions pas autant d’importance à des colisses de lignes imaginaires dans le sable ou à des êtres imaginaires dans le ciel, ces génocides au quotidien (Palestine, Israel, Congo, Irak, Afghanistan, etc.) n’arriveraient juste pas. Seule l’anarchie, la vraie, peut mettre fin à cette violence car sans État, il n’y a pas de taxation et sans taxation, y’a pas d’argent pour faire la guerre.

 

  • pasdechatsicitte

 

Ajout (16 août): Je suis tombé sur ce quiz qui invite le lecteur à tester ses connaissances sur «l’holocauste». Je vous invite à l’essayer, et surtout à lire la documentation fournie. http://12bytes.org/articles/test-your-holocaust-knowledge

 

Propagande

Démocratie et anarchie

Introduction

Il y a cette idée persistante qui dit que sans démocratie, le chaos régnerait, que ce serait l’anarchie. Et si c’était la meilleure chose qui pouvait arriver à une société? Car l’anarchie est ce que vous désirez tous, que vous le sachiez ou non. Et si vous en doutez, c’est que vous ne connaissez pas la réelle définition de l’anarchie. Cliquez ici pour la découvrir. Et par la suite, je vous invite à lire le reste de ce billet.

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«Les gens…»

Avez-vous déjà entendu cet argument (ou toute autre variante) disant que «les gens» sont trop «épais» pour s’occuper d’eux-mêmes tous seuls et que c’est pour ça qu’il faut un gouvernement? Peut-être le pensez-vous?

Cet argument, ou plutôt ce sophisme, suppose que «les gens» sont immatures et ne peuvent collectivement déterminer ce qui est bon pour eux et donc il est nécessaire de donner le pouvoir à un groupe de gens qui vont s’occuper d’eux, tels des enfants; un «gouvernemaman».

Cet «argument» est présenté par les étatistes comme une vérité absolue, une justification pour l’existence de l’État et du «système», sa raison d’être. Ils ont raison en disant que c’est un argument, car en réalité c’est un argument rhétorique fallacieux. Prenons donc un moment pour analyser logiquement ce que l’argument «il faut un gouvernement car les gens sont trop épais lorsque laissés à eux-mêmes» veut réellement dire.

  1. «Les gens» sont trop épais et un gouvernement est nécessaire.
  2. Cela suppose que «les gens» manquent d’intelligence et donc ils ne peuvent déterminer par eux-mêmes ce qui est bon pour eux.
  3. S’ils ne peuvent déterminer ce qui est bon pour eux, ils n’ont pas la capacité de déterminer ce qui est bon pour les autres.
  4. S’ils n’ont pas la capacité de déterminer ce qui est bon ni pour eux ni pour les autres, ils sont incapables de choisir avec compétence qui peut les représenter.
  5. S’ils sont incapables de choisir de façon compétente qui peut les représenter, ils ne sont donc pas en mesure d’exercer un droit de vote en pleine connaissance de cause, de façon libre et éclairée.
  6. S’ils ne sont donc pas en mesure d’exercer un droit de vote en pleine connaissance de cause, de façon libre et éclairée, ils sont incapables de choisir les bons individus qu’il faut pour composer un gouvernement efficace.
  7. Le gouvernement est donc composé de n’importe quoi parce que «les gens» qui votent sont totalement incapables de voter de façon intelligente.
  8. Si les gens sont incapables de former un gouvernement efficace, peut-être qu’il serait mieux de ne pas en avoir du tout, d’avoir une société sans État car cet État serait la pire chose qui pourrait arriver à «ces gens», ce qui est un argument contre la démocratie.
  9. Donc ceux qui utilisent cet argument pour justifier une démocratie font, en réalité et sans le savoir, la promotion de l’anarchie (un système d’auto-gouvernance individuelle responsable fonctionnant sans intervention de l’État dans les sphères de sa vie).

Si «les gens» sont incapables de choisir les politiciens qui peuvent bien les représenter, peuvent-ils se permettre de leur donner la direction des affaires publiques, de la loi, de la santé, de l’éducation, etc? Après tout, ces «politiciens» viennent du peuple, lequel est composé de gens incapables de savoir ce qui est bon pour eux. Alors quelles sont les chances que parmi ces politiciens, la majorité soit de purs incapables, comme «le reste du peuple»? Dans ce cas, la majorité des politiciens sont de purs incapables et ils se retrouvent avec la gestion des affaires publiques, ce qui empire et exacerbe la situation pour tous et sert d’argument contre la démocratie et en faveur de l’anarchie.

Donc le sophisme «que les gens sont trop épais pour s’occuper d’eux-mêmes tous seuls et que c’est pour ça qu’il faut un gouvernement» est en réalité un argument en faveur de l’anarchie. La vraie. Car si vous ne croyez pas que «les gens» sont si épais, c’est qu’ils sont capables de s’organiser entre eux et n’ont pas besoin d’un gouvernement, d’une démocratie ou tout autre idéologie politique.

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 Les questions classiques

Le simple fait de proposer la possibilité d’une société sans gouvernement provoque sans surprise un bombardement des mêmes questions qui reviennent toujours: «Qui va construire les routes?», «Comment les pauvres vont être éduqués?», «Comment une société apatride peut se défendre?», «Qui va éduquer les enfants?», «Comment une société sans gouvernement peut s’occuper des criminels violents?», etc. (Toutes des questions qui seront traitées dans de prochains billets et en temps et lieu.)

Même s’il obtient toutes les réponses, pratiquement jamais l’interrogateur dira «Ha, je suppose que ça pourrait vraiment marcher alors.» Au contraire, il tentera de trouver une question dont la réponse n’est pas suffisante à son goût afin qu’il puisse s’asseoir, mettre ses pieds sur le bureau, les croiser et dire triomphalement, «Tu vois? La société ne peut juste pas fonctionner sans un gouvernement!»

Le plus drôle est qu’en prenant cette approche, ces individus pensent qu’ils s’opposent à l’idée de l’anarchie, alors que c’est tout le contraire. Voyons pourquoi.

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Les demi-dieux

Un simple fait fondamental de la vie est que personne – ou aucun groupe d’individus – ne peut être suffisamment sage ou avoir suffisamment de connaissances pour diriger efficacement la société. Dans notre fantaisie collective de ce qu’est le «gouvernement», nous imaginons qu’à quelque part, dans une grande pièce ensoleillée, décorée de tables en acajou laqué et de luxueux fauteuils en cuir, il existe un groupe d’hommes et de femmes qui sont si sages, si bienveillants, si omniscients et si incorruptibles que nous devrions nous tourner vers eux pour l’éducation de nos enfants, la préservation de nos personnes âgées, le salut des pauvres, la fourniture de services essentiels, la guérison des malades, la défense du royaume et de la propriété, l’administration de la justice, la peine des criminels, bref la réglementation de presque tous les aspects de cet énorme système social et économique, lequel est infiniment complexe et en constante évolution. Ces demi-dieux vivants ont une telle connaissance et une telle sagesse que nous devons leurs remettre nos armes de destruction massive et la puissance infinie de taxer, d’emprisonner et d’imprimer l’argent – et s’attendre qu’absolument rien d’autre que de l’abondance et de la vertu en résulteront.

Et puis, bien sûr, nous prétendons que les «citoyens», entassés et bêlants, ne pouvant atteindre une telle sagesse et une telle vertu (pas même dans leurs rêves les plus fous), devraient se réunir et voter l’abandon de la moitié de leurs revenus, de leurs enfants et des personnes âgées et de l’avenir lui-même, en mettant tout ça entre les mains de ces demi-dieux. Évidemment, il nous est impossible de voir et de converser avec ces divinités. Lorsque nous écoutons réellement les politiciens, tout ce que nous entendons sont de pieux sentiments, des évasions sans fin, des discours pompeux et tous les trucs de manipulation émotive d’un parent alité et abusif.

L’anarchie est la  reconnaissance que nul homme, femme ou groupe ne sera jamais suffisamment sage pour déterminer la meilleure façon d’organiser la vie de milliers, voir de millions de gens. Tout comme il n’y a personne qui peut vous forcer à marier le ou la partenaire de mariage de son choix ou vous obliger à suivre la carrière de son choix, personne ne devrait être en mesure de forcer ses préférences d’organisation sociale sur vous. (De toute façon, à mon avis, seul un psychopathe peut prétendre avoir LA solution pour tout le monde.)

Ainsi, quand on s’attend de l’anarchiste qu’il répondre à toutes les questions possibles sur la façon dont la société sera organisée en l’absence d’un gouvernement, tout incapacité à répondre parfaitement à même l’une de ces questions valide complètement la position de l’anarchiste. Si nous reconnaissons qu’aucun individu ne possède la compétence requise pour diriger à lui seul la société («dictature»), et nous reconnaissons qu’aucun groupe «d’élites» ne possède la capacité de diriger la société («aristocratie»), pourquoi devrions-nous être obligés de défendre l’absurdité morale et pratique de la «démocratie»?

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La démocratie

La démocratie est fondée sur l’idée que la majorité possède suffisamment de sagesse pour à la fois savoir comment la société doit être dirigée et rester dans les limites des règles morales fondamentales. Les électeurs sont généralement considérés comme aptes à juger des politiques économique, éducatives, monétaires, de soins de santé, militaires et autres propositions avancées par les politiciens. Ces électeurs choisissent alors judicieusement parmi le buffet des diverses propositions politiques et la majorité accepte que ce qui est alors adopté est en fait une politique sage et aucune partie de ces propositions nécessite de compromis moral. En outre, la majorité est suffisamment vertueuse pour respecter les droits de la minorité, même si elle les domine politiquement. Peu d’entre nous appuieraient l’idée d’une démocratie où la majorité pourrait voter pour mettre la minorité à mort ou encore de voler tous leurs biens. Parallèlement, pour que l’idée même d’une démocratie fonctionne adéquatement, la minorité doit elle aussi être considérée comme suffisamment sage et vertueuse pour accepter et respecter les décisions de la majorité. En bref, la démocratie est fondée sur les principes que:

  1. La majorité des électeurs sont suffisamment sages et vertueux pour juger d’une très large variété de propositions complexes par des politiciens;
  2. La majorité des électeurs sont suffisamment sages et vertueux pour s’abstenir du désir d’imposer leur volonté arbitraire à la minorité et de respecter certains idéaux moraux universels;
  3. La minorité des électeurs qui sont dominés par la majorité sont suffisamment sages et vertueux assez pour accepter d’être dominés, sauront patiemment attendre la prochaine élection pour essayer d’avoir leur mot à dire une fois de plus et vont se conformer aux idéaux moraux universels de la société.

Ceci, bien sûr, est une contradiction absolue. Si la société est si bourrée à craquer d’une telle sagesse, d’individus brillants, vertueux et patients, qui respectent tous les idéaux moraux universels et sont prêts à mettre de côté leurs propres préférences particulières pour le bien commun, pourquoi donc aurions-nous besoin d’un gouvernement et d’une démocratie?

Mais, chaque fois que cette question est soulevée, l’image rayonnante de la «noblesse citoyenne» sage et vertueuse disparaît mystérieusement et toutes sortes d’idées sans substances sont proposées. «Eh bien, sans gouvernement, tout le monde serait à la gorge les uns des autres, il n’y aurait pas de routes, les pauvres serait incultes, les vieux et malades mourrait dans les rues» et autres sottises du genre. La démocratie est valide parce que presque tout le monde est sage et moral, nous dit-on. Lorsque nous acceptons cela, et que nous questionnons la nécessité d’un gouvernement, l’histoire s’inverse brusquement et on se fait dire que nous avons besoin d’un gouvernement parce que presque tout le monde est amoral et égoïste.

Voyez-vous comment nous avons une relation ambivalente pas seulement avec l’anarchisme, mais avec démocratie elle-même?

Et de toute façon, selon le professeur au Département de science politique de l’UQAM Francis Dupuis-Déry, le Canada n’est pas une démocratie et ne l’a jamais été, c’est une aristocratie élue.

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Que des contradictions

De la même manière, chaque fois qu’un anarchiste parle d’une société sans État, il est immédiatement appelé à produire des preuves que tous les pauvres auront leurs soins de santé couverts grâce à la charité volontaire.

Encore une fois, il s’agit d’une contradiction flagrante qui implique la démocratie. L’État-providence, les pensions de vieillesse et l’éducation «gratuite» pour les pauvres sont des concepts considérés dans une démocratie comme étant des conséquences valides de la volonté d’un peuple vertueux. Après tout, les programmes gouvernementaux ont été offerts par des politiciens, volontairement acceptés par la majorité (qui a voté pour eux et leur programme) et aussi volontairement accepté par la minorité qui ont accepté d’obéir à la volonté de la majorité. N’est-ce pas ça la démocratie? D’ailleurs, combien de fois entendons-nous «si ça ne fait pas notre affaire, on changera le tout aux prochaines élections!», validant au passage la volonté, la sagesse et la vertu du peuple…

La majorité de la société est tout à fait disposée à renoncer à un énorme morceau de son revenu afin d’aider les malades, les vieux et les pauvres – et nous savons cela parce que ces programmes ont été votés et créés par des gouvernements démocratiques!

«Ah, dit l’anarchiste, nous savons déjà que la majorité des gens seront parfaitement prêts à aider les malades, les vieux et les pauvres dans une société apatride car la démocratie est une preuve empirique et incontestable de ce simple fait!» Encore une fois, quand cet argument basique est mis de l’avant, le mythe de la noblesse citoyenne s’évapore et le sempiternel «mais il nous faut un gouvernemeeeeeeeennntt!!» se fait entendre.

«Sans un gouvernement pour forcer les gens à être charitable, personne ne lèverait le petit doigt pour aider les pauvres! Les gens sont si égoïstes, ils ne se soucient pas des autres!» Encore un autre paradoxe. Si un gouvernement démocratique doit forcer un peuple égoïste et peu disposés à aider les pauvres, alors les programmes gouvernementaux ne reflètent pas la volonté du peuple et la démocratie est alors un mensonge qu’il faut rapidement se débarrasser – ou au moins arrêter de faire semblant de voter. Par contre, si la démocratie n’est pas un mensonge, alors les programmes gouvernementaux existants représentent fidèlement la volonté de la majorité, et donc les pauvres, les malades et les vieux n’auront rien à craindre d’une société apatride. Ils seront, et pour de nombreuses raisons, pris en charge bien plus efficacement par les organismes privés de charité que par les programmes gouvernementaux.

En résumé, la réalité est simple à saisir: soit «les gens» sont capables de s’aider et de se respecter, et donc nous n’avons pas besoin d’un gouvernement; soit les «les gens» sont incapables de s’aider et de se respecter, et donc c’est encore plus important de ne pas avoir de gouvernement central car il permettrait à ceux qui ne veulent rien respecter d’en plus avoir accès à un monopole de la force & de la violence afin de satisfaire leurs envies personnelles.

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Conclusion

Il est certainement facile de simplement ignorer les contradictions ci-dessus et dire qu’à quelque part, d’une certaine manière, il doit y avoir une juste réponse à ces objections. Bien que de trouver des réponses simples peut être une chose agréable à faire à court terme, ce n’est pas quelque chose que je trouve agréable à faire à long terme. Ces contradictions reviennent toujours mais c’est une bonne chose car je pense que le progrès de la pensée humaine dépend totalement du fait que nous ne devrions rien prendre pour acquis.

La première vertu est toujours l’honnêteté et nous devrions être assez honnêtes pour l’admettre quand nous ne trouvons pas de réponses raisonnables à ces objections raisonnables. L’incapacité de trouver une réponse sur le coup ne veut pas dire qu’il n’y a pas de réponse. Cela ne signifie pas que nous devons immédiatement trouver de nouvelles réponses, mais plutôt de s’asseoir avec ces questions pour un moment et méditer & rechercher les faiblesses & les contradictions dans nos objections. Et seulement lorsque nous sommes convaincus que ces objections sont valables devrions-nous commencer à chercher des réponses rationnelles et empiriques aux «solutions existantes» (la démocratie, l’État), même pour les plus anciennes et les plus généralement acceptées.

Ce processus de cesser de croire aux «non-réponses» est fondamental pour la science et la philosophie. Et c’est la première étape vers l’anarchisme, c’est-à-dire l’acceptation de l’idée que la violence n’est jamais une solution valable aux problèmes non-violents.

Et si vous voulez voir un exemple concret de ce que des anarchistes peuvent faire quand ils sont au pouvoir, je vous invite à lire cette histoire sur ce parti anarchiste qui a remis Reykjavik (une ville de près de 300’000 habitants)  sur pied.

  • Pasdechatsicitte

 

Ajout: Ce post sur Reddit est un excellent indicateur de comment l’État corromp l’emploi et crée l’apathie politique.

 

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P.S. : Ce billet est basé sur les ouvrages de Stefan Molyneux sur l’anarchie. J’ai choisi et traduit certains passages de son livre disponible gratuitement en PDF et en livre audio ici et sur Youtube ici. J’ai aussi modifié et ajouté des passages représentant mon opinion.

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Vous êtes tous anarchistes

Vous êtes tous anarchistes, tous. Vous en doutez?

 Lien court: http://wp.me/p4MO4u-23

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Introduction
Les mots sont utilisés autant pour faire le bien que pour faire le mal. On peut être un terroriste ou un combattant pour la liberté. Un athée est un non-croyant, un croyant est un superstitieux. Un homme de conviction est un extrémiste; un homme modéré est un lâche. Un esprit libre est un libertin, un introverti prudent est prude. Les mots servent aussi comme jugements moraux. Par exemple, on peut dire d’un homme qu’il est sauvé s’il accepte Jésus; on peut aussi dire qu’il est sauvé de l’irrationalité s’il ne le fait pas. Un homme patriotique dira qu’un soldat sert sa nation; d’autres pourraient dire qu’il obéit sans réfléchir. Tuer un homme en temps de paix est un meurtre alors que c’est noble en temps de guerre.

Certains mots ne devraient jamais être réhabilités, par exemple nazis, inceste, abus, viol, meurtre. Ces mots décrivent les impulsions les plus noires de l’humain et ne peuvent jamais être utilisés pour décrire une situation vertueuse.

Le mot « anarchie » fait partie de ceux qui n’ont pratiquement aucune chance d’être « réhabilités ». Toute tentative de trouver du bon dans ce mot peut sembler complètement futile.

Peut-être que le mot « anarchie » a été si abusé dans son passé qu’il ne pourrait jamais être « réhabilité » de tout ce « mal » qui semble l’entourer. Quelles images vous viennent en tête en entendant le mot « anarchie »? Des manifestations violentes? Le chaos?  Un monde post-apocalyptique où les puissants criminels dominent les faibles? Ou peut-être que pour vous c’est un agenda politique qui camoufle un désir pour le vol, la terreur, le meurtre, où des hommes secrets placent des bombes sous les véhicules des dirigeants politiques ou de l’aristocratie? Peut-être que vous voyez l’anarchie comme étant un concept philosophique où l’avenir existe sans structure et sans règles? Si votre ami vous annonce soudainement qu’il est anarchiste, vous allez peut-être l’examiner pour voir s’il n’a pas teint ses cheveux, ajouté des piercings, un anneau dans son nez, du mascara tout sale sous les yeux, des aiguilles souillées dans son sac, etc. Les mots « intervention », médication », « traitement », « centre de réhabilitation » et « thérapie intensive » résonneraient peut-être dans votre esprit, accompagnant votre pouls soudainement plus élevé?

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Définition
Selon le Oxford Dictionary, la définition du mot « anarchie » est :
1) Un état de désordre dû à l’absence ou la non-reconnaissance d’une autorité ou de systèmes de contrôle (désordre politique);
2) Absence d’un gouvernement et liberté absolue de l’individu, vu comme un idéal politique.
Son origine étymologique se retrouve dans le latin médiéval précédemment tiré du grec, de « anarkhos », an (without, sans) & arkhos (chef, dirigeant). Donc le mot « anarchie » veut dire « sans dirigeant ».

On peut voir que le mot « anarchie » a deux sens principaux. 1) une absence de gouvernement accompagné d’ordre sociétal; 2) une absence de gouvernement sans implication de désordre sociétal.

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En pratique
L’absence d’un gouvernement. Qu’est-ce que ça veut dire en pratique?

Il y a deux types de dirigeants dans ce monde; ceux qui mènent avec des incitatifs et ceux qui mènent par la force. Ceux qui mènent avec des incitatifs vont vous offrir un salaire pour travailler pour eux; ceux qui mènent par la force vont vous envoyer en prison si vous ne prenez pas les armes afin de combattre pour eux. Ceux qui mènent avec des incitatifs vont tenter de vous convaincre d’envoyer vos enfants dans leurs écoles en offrant des prix raisonnables, des classes stimulantes et en démontrant du succès vérifiable; ceux qui mènent par la force vont vous simplement vous dire que si vous ne payez pas les taxes pour financer leurs écoles, vous irez aller en prison. C’est la différence entre le volontarisme et la violence.

Le mot « anarchie » ne signifie pas « sans règles », « tuer les autres pour le plaisir », « sans organisation », il veut simplement dire « sans dirigeant politique. » La différence entre la politique et tous les autres aspects de la vie est qu’en politique, si tu n’obéis pas au gouvernement, on t’envoie en prison. Si tu tentes de te défendre contre les gens qui viennent pour te mettre en prison, ils vont te tirer et te tuer. Alors, que veut réellement dire le mot « anarchie »? C’est simplement un moyen d’interagir avec les autres sans les menacer de violence. Le mot « anarchie » veut donc dire « sans violence politique. »

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Inconsistence
La différence entre ce mot et les mots comme « meurtre » et « viol » est que nous ne mélangeons pas meurtre et viol avec leurs exacts opposés dans nos vies en considérant ces actions comme étant normales, morales et saines. On n’étrangle pas un homme le matin, puis plus tard aider une vieille dame à traverser la rue pour finalement se dire « bon ». Nous acceptons tous que les vraies actions qui sont « mal » – viol, agression, meurtre, vol – ne sont jamais considérées comme des parties centrales et nécessaires de la vie d’une « bonne » personne. Un homme reconnu coupable de meurtre n’obtient pas sa liberté en disant qu’il a passé toute sa vie « sauf 5 secondes » sans tuer personne.

Par ces actions que nous reconnaissons comme étant « mal », une seule transgression change le caractère moral d’une vie entière. Nous ne verrions plus jamais un ami de la même manière s’il était reconnu coupable de viol.

Par contre, ce n’est pas le cas avec le mot « anarchie ». Il n’entre pas dans cette catégorie de « mal ». Quand on pense à une société sans violence politique, sans gouvernement, les spectres du chaos et de la brutalité ressurgissent toujours, immédiatement, et, on dirait, irrévocablement. Et pourtant, il ne faut qu’un moment pour réaliser que nous vivons la grande majorité de nos vies en complète et totale anarchie et nous décrivons cette anarchie comme « moralement bonne ».

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L’anarchie quotidienne
Prenons par exemple, les rencontres amoureuses, le mariage et la famille.

Dans une société raisonnablement libre, ces activités ne tombent pas dans le domaine de la coercition politique. Aucune agence gouvernementale ne choisit qui vous devez marier ou avec qui avoir des enfants, puis vous emprisonne pour avoir désobéi. Le volontarisme, les incitatifs et les avantages mutuels sont les points centraux d’un marché libre de l’amour, de la sexualité et du mariage.

Qu’en est-il de votre carrière? Est-ce qu’un agent gouvernemental vous a dit à la fin de votre secondaire que vous alliez devenir un médecin, un avocat, un employé d’usine, un serveur, un acteur, un programmeur, un philosophe? Bien sûr que non. Vous avez été libre de choisir la carrière qui vous intéressait.

Et dans vos décisions financières majeures? Est-ce qu’à chaque mois un agent du gouvernement vient chez vous pour vous dire exactement combien vous devez sauver, combien dépenser, si vous pouvez vous permettre d’acheter ce nouveau sofa ou cette vieille peinture? Avez-vous eu besoin de demander au gouvernement pour acheter votre maison, votre voiture, votre télé ou votre brosse à dent?

Non. Dans toutes les sphères de vos vie mentionnées plus haut – amour, mariage, famille, affaires, carrière – vous faites vos propres décisions dans l’absence complète de coercition politique. Donc, si l’anarchie est si mauvaise, pourquoi est-elle la valeur par défaut de vos vies et dans vos décisions de tous les jours?

Si demain matin le gouvernement vous disait qu’il choisirait pour vous où vous devez vivre, comment gagner votre vie et qui marier, est-ce que vous tomberiez à genoux en remerciant le ciel que vous avez été sauvé de cette terrible anarchie, cette anarchie qui vous permet de faire vos propres décisions en absence totale de coercition politique? Bien sûre que non! Ce serait l’opposé; vous seriez horrifié et vous résisteriez une telle dictature avec toutes vos forces. Si on vous disait qu’il vous faille faire une demande à l’état pour avoir des enfants, vous résisteriez cette tyrannie et vous feriez tout ce que qui est en votre pouvoir pour retourner à « l’anarchie ».

Donc on peut conclure que les humains sont férocement ambivalents vis-à-vis l’anarchie; nous la voulons désespérément dans nos vies personnelles et nous en avons politiquement peur. Autrement dit, nous aimons l’anarchie que nous vivons et nous avons peur de l’anarchie que nous imaginons.

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Conclusion
L’anarchie est un concept teinté de peur car ceux qui vous l’ont enseigné – l’état à travers son programme de lavage de cerveau scolaire étalé sur 12 ans – se sont assuré qu’ils en contrôlaient la définition. L’anarchie est en fait ce que nous désirons le plus et dans les prochains articles, je vous expliquerai comment on peut en arriver à vivre dans une société libre de toute forme de coercition, de violence étatique ou de système imposé de force par un gouvernement. Et ne vous en faites pas, vos objections naturelles telles que « sans l’état les pauvres n’auront pas d’éducation », « sans l’état, qui va construire les routes » & « sans l’état, personne n’aura de soins de santé » seront répondues.

L’anarchie est le seul moyen d’éviter les abus de l’État et les crimes contre l’humanité perpétrés par les différents gouvernements, comme nous l’avons vu par la mort de plus de 250 millions de personnes dans le 20ème siècle. Je ne fais que mon travail, je ne fais que suivre les ordres

« As soon as you say the topic is civil disobedience, you are saying our problem is civil disobedience. That is not our problem…. Our problem is civil obedience. Our problem is the numbers of people all over the world who have obeyed the dictates of the leaders of their government and have gone to war, and millions have been killed because of this obedience. » Howard Zinn (Lien ici)

 

  • Pas de chats icitte

P.S. : Ce texte est basé sur les ouvrages de Stefan Molyneux sur l’anarchie. J’ai choisi et traduit certains passages de son livre disponible gratuitement en PDF et en livre audio ici et sur Youtube ici, et j’ai aussi ajouté des passages représentant mon opinion.